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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 651

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Chapitre 651

Chapitre 651

Chapitre 651/73189%~7 min de lecture1 345 mots

Ron Esrotel se tenait au sommet de la tour de la porte du temple papal, haranguant d'une voix forte les soldats qui grouillaient en contrebas.

« Nous avons été élevés selon la doctrine de l'Église de Crimiana ; pour ainsi dire, le Dieu suprême est à la fois notre mère et notre sœur aînée. Pourquoi donc avez-vous commis un tel acte d'ingratitude envers ce bienfait ? En y repensant, j'ai bénéficié du traitement réservé aux cardinaux au sein de la théocratie pendant quarante-neuf ans. Durant cette période, j'ai reçu une éducation dépourvue de tout calcul, et nous aussi, nous avons aimé l'Église de Crimiana de tout notre cœur, rêvant ici même d'un "véritable paradis" qui n'existe pas au-delà des barrières de ce pays. »

La voix de Ron Esrotel résonnait. À ce son, les soldats retenaient leur souffle, se contentant d'écouter attentivement.

« Cependant, l'ancien pape, Juvansel Vielle, a vendu le paradis que nous avons bâti de notre sang, de notre sueur et de nos larmes à Agartha et j'en passe, pour s'en mettre plein les poches. Qui plus est, cette femme a osé, dans cette bataille, arborer l'emblème de l'Église de Crimiana en arrivant à Aphrodité. Cela n'est rien d'autre qu'un sacrilège envers l'Église de Crimiana, et par extension, envers le Dieu suprême ! »

On voyait clairement depuis le sommet de la tour que les soldats acquiesçaient. Ron Esrotel éleva encore la voix.

« Ils avanceront sûrement en se retranchant derrière l'emblème de l'Église de Crimiana. Ne fléchissez pas ! Absolument ne fléchissez pas ! L'emblème que l'ennemi brandit est souillé, souillé par leurs mains ! Tranchez ! Brûlez ! Brûlez tout jusqu'au bout ! Je donnerai le coup d'envoi ! Vous, vous n'aurez qu'à me suivre ! Tuez les traîtres ! Tuez-les ! »

Des acclamations s'élevèrent des soldats. Ron Esrotel observait la scène avec un sourire satisfait.

« Je rapporte ! »

Un jeune cardinal en armure s'approcha à pas rapides. Il reprit son souffle et déballa tout d'une traite.

« L'armée rebelle a commencé à débarquer au port ! »

« C'est ça, ils sont venus. »

En portant son regard vers le port, on voyait effectivement des gens s'amasser les uns après les autres. Ron Esrotel s'adressa à nouveau aux soldats en contrebas.

« Enfin notre guerre sainte s'ouvre ! Attirez bien l'ennemi, puis frappez d'un seul coup ! Le signal de l'attaque, c'est la flèche enflammée que je tirerai moi-même ! Tous, à vos postes ! »

Sur son ordre, les soldats rassemblés se mirent à bouger en masse.

Les forces de Vielle avaient débarqué au port, mais ne bougeaient pas immédiatement. Ron Esrotel fixait le port tout en s'adressant à quelqu'un qui se tenait à ses côtés.

« L'ennemi viendra sans faute vers ce temple papal. Quand je leur tirerai ma flèche enflammée, lancez immédiatement les feux d'artifice. »

Le jeune soldat s'inclina respectueusement. Depuis la position de Ron Esrotel, on ne voyait pas les pays suivant l'État ecclésiastique de Crimiana déployés en mer. Mais il savait par les rapports de ses subordonnés qu'ils restaient ancrés en mer comme avant.

Malgré le premier feu d'artifice, les pays ne bougèrent pas. Ce fait choqua passablement Ron Esrotel, mais il finit par comprendre qu'ils adoptaient une attitude attentiste.

L'adversaire, c'est cette Vielle. Si par malheur nous perdions contre elle, Vielle n'hésiterait pas à purger ceux qui l'ont trahie. Cela vaut même au niveau des pays. Même si ce n'est pas immédiat, on peut aisément imaginer qu'ils seront exposés à une tempête de purges féroces à l'avenir.

Les pays venus en renfort n'ont l'intention de passer à l'attaque que s'ils jugent que Ron Esrotel et les siens gagneront à coup sûr. Mais cela arrangeait au fond les affaires de Ron Esrotel et des siens.

S'ils participaient activement à la bataille et réalisaient un grand exploit comme capturer Vielle, leur influence future s'en trouverait renforcée. S'il pouvait décider lui-même de l'issue du combat, il pourrait réduire les récompenses dues aux pays venus combattre. En un sens, la situation actuelle leur était favorable.

Il porta son regard sur les navires d'Agartha déployés au large. Belle formation, même chez l'ennemi. Depuis cette position, ils pouvaient aussi bien participer à l'attaque que battre en retraite librement. Même si les forces déployées en mer se mettaient en mouvement, ils pourraient largement échapper à leur portée d'attaque depuis là. Inversement, si Vielle jugeait la situation favorable et décidait d'attaquer, elle pourrait débarquer au port et se mettre en posture d'attaque en moins d'une heure. Selon les rapports des éclaireurs, les renforts dont Agartha n'avaient toujours pas l'air de vouloir débarquer. L'ennemi non plus ne semblait pas avoir l'intention de soutenir activement Vielle. Ce qui signifiait que la bataille à ce temple papal déciderait de l'issue des combats à venir.

Ron Esrotel avait l'absolue certitude de gagner cette bataille. La défense de ce temple papal était imprenable. Même si l'on perçait cette porte où il se tenait, l'intérieur du temple était un dédale de ruelles étroites. De plus, il était conçu pour permettre d'attaquer depuis n'importe où. Tant qu'ils tenaient cet endroit, ils ne pouvaient pas perdre contre eux.

Les forces de Vielle gravissent la pente et arrivent devant cette porte. On ferme hermétiquement la porte pour empêcher leur intrusion. Au moment où l'armée ennemie achève de gravir la pente, on lance l'attaque par la magie et les flèches. Les remparts où s'enchaînent les portes sont construits en éventail pour entourer la place. De là, en faisant pleuvoir magie et flèches à foison, l'ennemi amoncellera les cadavres sur la place. Alors apparaîtront des soldats qui décrochent et fuient. L'ennemi s'effondrera en un instant. Les soldats entameront une déroute. Ce sera le moment idéal pour passer à l'offensive. On ouvre la porte de la forteresse, et toute l'armée anéantit l'ennemi en fuite. Simultanément, les feux d'artifice s'élèvent. Les forces déployées en mer se mettent en mouvement toutes les premières. Les renforts d'Agartha et compagnie déployés au large du port font volte-face et battent en retraite. Si cela arrive, la victoire est acquise. Les forces en mer bloquent la retraite de l'ennemi. Reste à capturer la générale en chef Vielle, ou la laisser choisir le suicide. Mais il faut absolument sécuriser sa personne.

……La seule résistance qui reste à cette femme, c'est à peu près de se jeter à la mer.

En pensant jusque-là, Ron Esrotel ne put s'empêcher de laisser échapper un ricanement.

« Ron Esrotel-sama. »

Appelé soudain par son nom, il tressaillit involontairement. En tournant son regard vers la voix, un soldat au visage sévère se tenait là.

« C'est toi, Dill ? »

L'homme s'inclina net, et comme pour se soucier des alentours, lui parla à voix basse.

« Il y a une chose qui me préoccupe… »

« Une chose qui te préoccupe ? »

« Les éclaireurs que nous avons envoyés, pas un seul n'est revenu. »

« Quoi ? »

« Depuis qu'ils ont rapporté le débarquement de l'armée rebelle, aucun éclaireur n'est revenu. »

……

Les éclaireurs envoyés étaient une dizaine, tous passablement entraînés. De plus, on les avait habillés en fidèles pour les faire infiltrer complètement en civils. Qu'ils soient tous portés disparus sauf un, c'était une histoire qu'on ne pouvait pas croire.

« Relancez des éclaireurs. »

……

« Peut-être que les mouvements de l'armée ennemie rendent difficile de quitter leur poste. Relancez des éclaireurs pour vérifier la situation. »

« Compris. »

L'homme s'inclina et quitta les lieux. Ron Esrotel porta à nouveau son regard sur les forces du port. Rien de particulièrement changé par rapport à tout à l'heure. À ce moment, l'ennemi bougea.

Les forces du port se mirent à bouger lentement. Formaient-elles des rangs ? Depuis le haut de la colline, c'était un mouvement étrangement bien ordonné. Ron Esrotel serra involontairement le poing.

À ce moment, des acclamations s'élevèrent des soldats alentour. Qu'est-ce qui se passe ? Il regarda autour de lui. Les regards des soldats étaient rivés vers le port. En portant à nouveau son regard vers le port, un spectacle stupéfiant s'y étendait……

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