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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 63

Kekkaishi e no TenseiKekkaishi e no Tensei
Chapitre 63

Chapitre 63

Chapitre 63/10162%~9 min de lecture1 677 mots

Mis de côté mon bras en guise d'oreiller, je décidai d'abord de manger.

Le menu du jour : riz sauté, tempura de plantes des montagnes, sauté de légumes et de viande, omelette roulée. Et en dessert, je sortis mon chef-d'œuvre : un flan.

« Oh, c'est délicieux ! C'est la première fois que je mange quelque chose d'aussi bon ! Ce que Ras a dit était vrai ! »

Comme prévu, Félicia mangea bien. Comme elle n'avait presque rien mangé ces deux derniers jours, elle engloutit en un rien de temps le riz sauté servi en montagne. À ce rythme, tous les plats allaient y passer, alors je dus me résoudre à faire des karaages en supplément.

Elle finit aussi le dessert, mais avait encore l'air d'en vouloir. Je sortis alors vingt ohagi de mon stockage infini, et elle les avala d'une traite avant d'être enfin satisfaite.

Après le repas, j'appris d'elle des nouvelles de Ras. Il est toujours un pleurnichard, mais il a l'air de faire de gros efforts. Il partirait même à la chasse de sa propre initiative, et s'il continue comme ça, il deviendra un excellent guerrier. J'aimerais le revoir une fois sa mue terminée et s'il prend la route.

Apparemment, Félicia entendait parler de nous par Ras presque tous les jours. Ils n'ont passé qu'une semaine ensemble, mais le récit était fortement exagéré, et mêlé aux fantasmes, aux attentes et aux interprétations arrangeantes de Félicia, j'avais été élevé au rang de figure quasi divine.

Le soir, il fut décidé que je logerais dans la chambre de Péris. Quand je fis chauffer le bain, elle parut le découvrir pour la première fois et les yeux lui brillèrent de mille feux.

« Le bain, c'est super agréable ! Entrons ensemble ! »

Puisque Péris fait bien office de grande sœur, je lui laissai la gestion de la situation.

Nous regagnâmes l'annexe et prîmes notre bain.

« Félicia, qu'est-ce qu'on fait ? »

« Maître a déjà pris sa décision, non ? »

« Mmh, c'est la sœur de Ras, alors... Je ne peux pas la rejeter comme ça. »

« Cependant, avec un tel appétit, Péris-san et Rico-sama vont en voir de toutes les couleurs. »

« Mmh. Et si on apprenait à cuisiner à Félicia ? »

« Ce serait le minimum. »

Une fois sortis du bain, Gon vint nous voir dans notre chambre. C'était rare qu'il passe le soir.

« Cette fille-dragon, Félicia... Selon les conditions, on pourrait peut-être la garder ici. »

« Ah, on en parlait tout à l'heure. Elle mange bien, hein ? Je pensais lui faire faire la cuisine. Et elle pourrait aussi chasser pour son compte. »

« Ce n'est pas le plus important. Il y a quelque chose de bien plus crucial. Si elle est là, peut-être pourrons-nous traverser la chaîne de Juka sans encombre. »

« Je vois ! »

Je ne rentrais pas au royaume de Juka, non par manque d'envie, mais parce que c'était impossible. La distance depuis l'empire de Hiideta posait problème. Comme on doit contourner la chaîne de Juka, le trajet de la capitale impériale à Juka prend environ deux mois. L'aller-retour fait perdre quatre mois. Laisser le manoir vide pendant près de six mois est hors de question, et le chancelier ne verrait pas ça d'un bon œil. Mais en traversant la chaîne, ce n'est que quelques jours. Avec Iremo, on peut faire le trajet en deux jours tout au plus. C'est énorme.

Nous décidâmes d'en parler dès le lendemain matin et allâmes nous coucher.

Mais Rico avait un air bizarre depuis tout à l'heure. Elle n'avait pas dit un seul mot. Sentant ça, Mei rentra dans sa chambre.

« ... Rico ? »

« ... »

« Rico-chan ? L'oreiller de bras, c'est bon ? »

« ... »

Elle me tournait le dos sans rien répondre. Je glissai mon bras sous sa nuque pour lui faire un oreiller. Elle se retourna brusquement vers moi :

« Pourquoi gardez-vous cette fille-dragon au manoir ? »

« Tu es contre, Rico ? »

« Je ne peux pas l'accepter. Quel culot de se comporter comme ça. En plus, sans invitation, elle a mangé à s'en faire éclater le ventre et elle donne du fil à retordre à Linos. »

« C'est encore une gamine, c'est normal. »

« Et puis, pourquoi faire un oreiller de bras... »

« Ah, quand j'ai ramené son petit frère à la montagne, je lui ai fait un oreiller de bras pour qu'il s'endorme. Pour les femmes, c'est seulement toi et Mei. »

« Vous en avez fait à d'autres qu'à moi ? »

« C'est un jeune dragon mâle. Sans ça, il n'arrivait pas à dormir. »

« Une gamine comme elle au manoir... ah. »

Sans lui laisser le temps de réagir, je l'enlaçai et lui volai ses lèvres.

« Fuh, hah, hah... Moi, je... »

« Je sais. L'oreiller de bras, c'est pour toi seule. Ça ne va pas ? »

« Si c'est ça... c'est bon. »

« Merci, Rico. »

Les yeux humides, le visage écarlate, Rico était vraiment belle. Je l'enlaçai à nouveau.

Le matin, en allant à la salle à manger, Félicia y était déjà. Péris préparait le petit-déjeuner efficacement, et Rico alla l'aider en la voyant. Mei semblait s'occuper d'Iremo. Gon et moi nous assîmes face à Félicia. Elle se leva d'un bond :

« Hier, je vous ai causé bien des désagréments, je m'excuse. Si je peux être utile à quoi que ce soit, je ferai n'importe quoi, alors s'il vous plaît, laissez-moi rester ici. »

Elle baissa profondément la tête.

« Compris. Assieds-toi. Ici, « qui ne travaille pas ne mange pas ». Donc ceux qui ne foutent rien n'ont pas leur place. Pour que Félicia reste, je pose deux conditions. »

Félicia avala sa salive d'un geste sec.

« Première condition : tant qu'elle est ici, je veux qu'elle aide Rico et Péris. En clair, qu'elle apprenne à cuisiner. Si elle veut manger beaucoup, elle peut aussi aller chasser des ingrédients dans la forêt. La chasse en forêt est confiée aux harpies, alors elle peut faire équipe avec elles. C'est la première. Deuxième condition : si elle ne peut pas, tant pis. En fait, est-ce qu'elle pourrait arranger les choses pour qu'on puisse traverser la chaîne de Juka ? C'est un repaire de dragons, si on s'approche imprudemment, on se fait attaquer. Ne serait-ce que la zone gérée par sa meute, est-ce qu'elle pourrait faire en sorte qu'on passe sans encombre ? Voilà la deuxième. »

Félicia me fixa un instant, puis hocha lentement la tête.

« La chasse, je suis douée. C'est pour ça que je me suis entraînée. Et pour la traversée de la chaîne de Juka, ça ira. Si je suis avec vous, je pense que personne ne nous attaquera. »

« Bien joué. Alors tu peux rester ici autant que tu veux ! »

« A, merci bezaaaaaaaaah ! »

Elle se mit à pleurer. Comme son frère, elle a la larme facile.

« Tout le monde, rassemblez-vous ! À partir d'aujourd'hui, Félicia est notre nouvelle camarade. Prenez soin d'elle ! »

« Ravi de vous rencontrer ! »

« Yoroshiku. »

« Yoroshiku de gozaimasu. »

« Yoroshiku~ »

« Bi, binazan, yorojiku onegaijimazuuuuuu »

Félicia salua tout le monde en sanglotant. Mais elle avala quand même son petit-déjeuner jusqu'à la dernière miette.

« Bon, je vais au travail. Ce soir, on fête l'arrivée de Félicia. J'irai acheter les ingrédients à la capitale ! »

« Alors, du sucre, s'il vous plaît ! »

« Aujourd'hui, achetez du poisson, s'il vous plaît. Et du kombu, des crevettes et des calmars. »

« Maître, le nigari vient à manquer. »

« Roger, je fermerai la boutique plus tôt et je rentrerai. Mei, on y va ! »

J'enfourchai Iremo avec Mei.

La boutique fut assez calme aujourd'hui, mis à part quelques commandes juste après l'ouverture. On profita de l'occasion pour faire un gâteau.

On sortit du stockage infini une grande quantité d'œufs de harpie, de farine, de sucre, de beurre, et on acheta des fraises de saison au marché pour le préparer patiemment. En route, je faillis le brûler en mal dosant la magie de feu, mais on réussit tant bien que mal à finir un énorme gâteau rond avant la fermeture.

Le dîner de ce soir-là fut exceptionnellement somptueux. Viande, poisson, salades... la table croulait sous les plats, et tout le monde se régala. Félicia était déjà allée chasser et avait ramené huit énormes bestiaux bovins. Gon eut du mal à les dépecer, mais la viande avait un gras délicat et était délicieuse.

En dessert, on servit le gâteau fruit de notre travail avec Mei. Un gâteau luxueux garni de nombreuses fraises. Tout le monde le trouva délicieux et mangea avec enthousiasme. Sans doute grâce au goût des œufs de harpie, la texture était incroyablement fine. J'appris plus tard que les œufs de harpie sont un produit de luxe extrême, que même la royauté mange rarement. Pas étonnant que ce soit si bon.

Pour la chambre de Félicia, on lui donna celle à côté de Péris, celle que j'occupais à l'origine. Apparemment, elle reste en forme humaine en permanence, ce qui fait partie de son entraînement. Du coup, elle ne peut pas porter la même tenue tous les jours, et dès le lendemain, nous fîmes les allers-retours à la capitale pour lui acheter vêtements, armes et armures de chasse, literie et autres objets du quotidien.

Ses bagages d'origine ne contenaient presque que de la nourriture, presque rien d'autre. Qu'avait-elle prévu de faire si elle ne trouvait pas notre manoir ? Du coup, chaque fois qu'on rangeait des affaires dans sa chambre, de nouveaux besoins apparaissaient, et nous passâmes plusieurs jours à faire les courses à la capitale.

Une semaine après l'arrivée de Félicia, sa vie s'était enfin stabilisée. Et comme s'ils avaient attendu ce moment, Genéha et les autres revinrent. Le rapport qu'ils me firent alors fut un choc.

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