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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 597

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Chapitre 597

Chapitre 597

Chapitre 597/73182%~7 min de lecture1 242 mots

Dans le grand hall, une foule compacte s'entassait. Tous revêtaient des vêtements blancs, un genou à terre, la tête baissée. Face à eux, sur un trône d'or, une femme arborait un sourire satisfait. Inutile de le dire : c'était Vielle.

« Votre Sainteté le Pape. »

Un homme d'un certain âge s'avança respectueusement devant elle. Ron Esrotel. Il s'inclina profondément devant Vielle et commença son rapport d'une voix posée.

« Concernant le problème des Fleurs de l'Amitié qui nous inquiétait, grâce à l'appui de Votre Sainteté, la question est entièrement résolue ici, à Aphrodité. »

Vielle acquiesça avec aisance, un sourire aux lèvres. Son teint était frais, tout son être rayonnait de vitalité.

« C'est bien. Tant mieux. »

« Ha. »

« Pour cette affaire, je n'ai rien fait. Au contraire, nous devons notre gratitude aux chercheurs de l'Institut médical qui se sont plongés dans leurs travaux jour et nuit. J'aimerais que les principaux membres de l'Institut restent en permanence dans cette Aphrodité pour y poursuivre leurs recherches. Qu'en pensez-vous ? »

À ces mots, tous baissèrent encore la tête. Quelque part, on entendit des sanglots étouffés. Ce devaient être les gens de l'Institut médical, qui pleuraient de joie.

Pouvoir résider à perpétuité dans la capitale ecclésiastique d'Aphrodité représentait, pour un fidèle de Crimiana, le vœu d'une vie. Dans la longue histoire, on les comptait sur les doigts d'une main. Qu'ils sanglotent de bonheur allait de soi.

« Votre Sainteté, j'ai un autre rapport. »

Ron Esrotel poursuivit. Vielle tourna lentement son regard vers lui.

« Une lettre est parvenue du roi d'Agartha, Bâthâm Dâke . Il demande le retrait pur et simple des clauses concernant les Fleurs de l'Amitié qui avaient été présentées à Votre Sainteté. »

À ces mots, Vielle afficha une légère surprise.

« Le roi d'Agartha qui ferait une chose pareille… S'il s'agissait de l'argent à verser, il n'y aurait eu aucun problème…… C'est bien. Transmettez-lui que c'est notifié. Et… dites-lui aussi que je souhaite m'entretenir tranquillement tous les deux dans un proche avenir. »

« Ha. »

Vielle parcourut des yeux les fidèles prosternés, puis se leva lentement du trône. Machinalement, son regard se porta vers la fenêtre : au-dehors, l'océan s'étendait sous un soleil éclatant. Elle s'approcha lentement de l'ouverture.

Devant elle se dessinait une ville d'un blanc pur, d'une beauté saisissante. Les bâtiments renvoyaient la lumière du soleil, éblouissants. Le paysage, avec l'océan en arrière-plan, formait un tableau d'une harmonie parfaite. On avait l'impression de pénétrer dans un tableau.

…… De retour, une fois encore, en ce lieu. Je deviendrai la souveraine du monde, coûte que coûte.

Agartha proposait l'annulation du traité. Ainsi Crimiana et Agartha retrouvaient une relation d'égalité. Bientôt, le monde serait sommé de choisir son camp : Crimiana ou Agartha. Comment manœuvrer dans ce monde bipolaire… Marcher au pas d'Agartha n'était pas une mauvaise option. Tant qu'aucun mouvement ne menaçait l'ordre du monde, le roi d'Agartha n'attaquerait pas. La certitude acquise lors de cet épisode constituait un gain majeur.

Elle avait traversé bien des enfers, mais jamais elle n'avait ressenti une telle terreur.

La Fleur de l'Amitié, développée pour rallier le grand-duché de Foal, se retournerait contre sa propre créatrice : elle n'y avait même pas songé. Et elle n'avait pas imaginé une seconde qu'Agartha utiliserait cette fleur pour tenter de la soumettre, elle le pape, et Crimiana avec.

Mais la crise était passée. La méthode d'éradication de la Fleur de l'Amitié était établie. Une fois qu'on la connaissait, c'était simple. Le moyen d'éliminer cette fleur était…

« Votre Sainteté. »

Interpellée, Vielle se tourna vers la voix. Comme toujours, Ron Esrotel était là, un genou à terre, en attente.

« Quelqu'un demande une audience. »

« C'est bien. Faites-le entrer. »

À ses mots, ceux qui patientaient devant elle s'effacèrent d'un mouvement net.

« Cela fait longtemps. »

« …… ! »

Vielle émit un son inarticulé et se figea. Son visage se glaça. Devant elle apparaissaient son grand-père, Juvansel Seine, et son cousin, Cassel.

« Sœur. Enfin. Allons, deviens mienne ! »

Sans la moindre hésitation, Cassel s'approcha d'elle à grands pas et lui serra la gorge. Il avait bien ses deux mains.

« Gu… na… »

« Sœur, je ne te laisserai pas partir ? Sœur, sœur ! »

De sa main restante, Cassel attrapa le col de Vielle et lui déchira les vêtements avec une force terrifiante. Une poitrine bien faite apparut à nu. Cassel l'agrippa brutalement.

« Aïe, ça fait mal… arrê… arrête… »

Soudain, elle se réveilla. En reprenant conscience, elle se trouvait dans sa propre chambre. Sa main droite serrait sa propre gorge, sa main gauche agrippait son propre sein. Pour une raison quelconque, elle ne portait pas son pyjama ; elle gisait nue sur le lit.

Elle se redressa en hâte : son pyjama gisait au pied du lit, jeté là.

« Un… un rêve… »

Un soulagement monta du fond de son être. Mais l'instant d'après, son esprit lucide commença à saisir la réalité.

…… Le consistoire extraordinaire.

La veille, un consistoire extraordinaire avait été convoqué à Aphrodité. Vielle y avait exposé le traité conclu avec Agartha. Naturellement, la séance avait tourné au chaos. Certains restaient hébétés, d'autres pleuraient de rage, d'autres encore réclamaient une bataille décisive contre Agartha… Les réactions variaient, mais tous, sans l'exprimer, la tenaient pour responsable : cela sautait aux yeux. Et Ron Esrotel, au premier rang, la fixait d'un regard froid. Vielle ressentit instinctivement que cet homme la trahirait.

La séance reprenait aujourd'hui. Pour Vielle, c'était la ligne de crête : rester pape ou non. Elle quitta le lit en traînant son corps lourd.

***

« Une chose si simple, confie-la à quelqu'un d'autre. »

Devant , le dragon noir Chario affichait une mine dubitative. Elle vivait avec son frère Tsune au plus profond de la forêt de Runoa. Près de là se trouvait le village des Sairyūsu, et tous deux avaient pour mission de le protéger.

« Mouais… c'est vrai, mais… »

se grattait la joue. Tsune le regardait en silence.

« C'est sur la recommandation de mon épouse Shidī. Chario, même si le Dieu-Dragon t'a pris tes pouvoirs, ton intelligence reste exceptionnelle. Tu calcules vite. C'est pour ça que je te le demande. »

« C'est une affaire qu'un enfant pourrait régler. »

« Certes… mais comment dire… toi, tu ne te laisses pas influencer par la compassion, n'est-ce pas ? »

« La compassion ? Qu'est-ce que c'est ? »

« Le cœur qui trouve l'autre pitoyable. »

« Qu'est-ce que c'est ? Il faut manger pour vivre. Le fort mange, le faible est mangé. Ce n'est que ça, non ? »

« Voilà. C'est ça, mais… on n'arrive pas à trancher si net, nous… »

Chario afficha une air perplexe. À ce moment, son frère Tsune prit la parole.

« Essaie. Cela ne manque pas d'intérêt. »

« Frère. »

« Si ce n'est pas intéressant, tu n'as qu'à revenir. »

« …… Compris. »

Sur la réponse de Chario, acquiesça satisfait, promit de prévenir le Roi-Dragon, et quitta les lieux.

Plus tard, Agartha annonça le responsable chargé de la Théocratie de Crimiana. Son nom : Chario. Sans la moindre once de pitié, elle ne cessa d'énoncer les ordres à la limite de ce que le pays pouvait supporter, gagnant dans la théocratie le surnom de « Femme de fer ».

Le long calvaire de la Théocratie de Crimiana allait commencer…

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