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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 588

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Chapitre 588

Chapitre 588

Chapitre 588/73180%~7 min de lecture1 249 mots

Un mois plus tard, la capitale de la Nouvelle Théocratie de Crimiana, Aphrodité, était déserte.

D'ordinaire, de nombreux fidèles vêtus de blanc vont et viennent, donnant à la ville une animation constante, mais à présent, on n'y apercevait pas une seule silhouette.

C'était dû à l'interdiction stricte de sortir imposée à la capitale sur ordre de la papesse Vielle. Pour le dire simplement, la loi martiale régnait sur la cité, et les habitants ne pouvaient plus quitter librement leur domicile.

La raison allait de soi : les fleurs de l'amitié qui poussaient çà et là dans la capitale. Elles s'étaient multipliées sur une trentaine de sites et étendaient inexorablement leur emprise.

Face à cela, Vielle n'était pas restée les bras croisés. Elle avait engagé sans compter des mages capables de manier la magie de feu de niveau 5 pour les éradiquer. Parallèlement, elle avait ordonné à l'Institut de recherche médicale de Crimiana d'établir d'urgence une méthode d'éradication. Mais l'élimination par le feu, initialement jugée efficace, avait très vite échoué, et la recherche d'une méthode s'était heurtée à un mur. Au sein de la théocratie, le sentiment que tout avait été tenté en vain gagnait du terrain, et certains cardinaux allaient jusqu'à proposer d'abandonner cette capitale pour en transférer le siège ailleurs.

Pourtant, l'idée d'abandonner cette cité ne traversait pas l'esprit de Vielle, pas même une once. Tout en consacrant toutes ses forces à l'éradication des fleurs, elle avait pris les mesures maximales pour empêcher leur propagation. La plus marquante était l'interdiction de sortir frappant les résidents de la capitale.

Ce que Vielle craignait, c'est que la curiosité des gens ne les pousse à emporter les fleurs, qui prendraient ensuite racine ailleurs. En réduisant au minimum les déplacements et en brûlant sans cesse les fleurs qui apparaissaient, elle était parvenue à contenir l'expansion.

Seule, l'intelligente Vielle le savait : ce moyen ne porterait pas ses fruits indéfiniment. Pour résoudre le problème, il fallait établir une méthode d'éradication au plus vite.

Parallèlement, elle surveillait les mouvements du Grand-duché de Foaru. Ce pays, qui avait jusqu'ici gardé le silence, avait soudainement retourné sa veste pour adopter une posture dure envers Crimiana. La mesure la plus frappante était l'expulsion des fidèles de l'Église de Crimiana hors du territoire. Chasser un cardinal, on pouvait encore comprendre. Mais chasser ses propres ressortissants, c'était clair comme le jour : le Grand-duc envisageait une rupture avec Crimiana.

Vielle estimait que cette attitude découlait probablement de l'établissement d'une méthode d'éradication des fleurs de l'amitié. Il était aisé d'imaginer le soutien d'Agartha derrière cela. Quel procédé avaient-ils bien pu employer ? Agartha compte, à commencer par l'épouse Meiriasu, des savants qui ne le cèdent en rien à ceux de Crimiana. Vielle était convaincue qu'en conjuguant leurs lumières, ils avaient mis au point une méthode d'éradication non magique. Simplement, même son esprit ne parvenait pas à imaginer quelle pouvait bien être cette méthode.

Chaque jour, à toute heure, des rapports sur la situation des fleurs de l'amitié parvenaient jusqu'à elle. Aucun n'était encourageant, et son irritation grandissait.

« Sainteté, j'ai une requête. »

Soudain, une voix d'homme retentit. Celui qui se tenait devant elle était le cardinal Ron Eslotel. Il la fixait comme toujours droit dans les yeux. Pour ne pas laisser paraître son trouble ni son hésitation, elle afficha une aisance estudiée et lui parla d'un ton posé.

« De quoi s'agit-il ? »

« C'est avec beaucoup de crainte que je vous demande d'envoyer le cardinal Mataka à Agartha. »

Le sens des paroles de Ron Eslotel lui échappant quelque peu, Vielle resta sans réponse.

Le cardinal Mataka avait tenté de séduire Cellroite, la nièce du Grand-duc Teisto de Foaru, pour la manipuler à sa guise, mais avait échoué et s'était enfui en rampant jusqu'à cette Aphrodité. Il était actuellement en attente à son domicile, jusqu'à sa prochaine affectation. Et voilà qu'on proposait de l'envoyer, de tous les lieux, à Agartha. Que Vielle peine à comprendre était tout à fait naturel.

Ron Eslotel, comme s'il avait pleinement saisi son état d'esprit, continua sur un ton pédagogique, mâchant ses mots.

« D'après mes investigations, Cellroite se trouverait à Agartha. »

« D'où tenez-vous une telle information ? »

« Je ne peux pas le divulguer. »

« Dans ce cas, je ne peux accorder de crédit à cette information. Vous pouvez vous retirer. »

« Un instant, Sainteté.…… Très bien, je parlerai. Il s'agit du baron Bonoisao d'Agartha. »

« Le baron Bonoisao ? »

« Précisément. Ce même baron Bonoisao chez qui Jiletto menait des activités de renseignement sur ses terres. »

« Pourquoi le baron Bonoisao détiendrait-il une telle information ? »

« Le chef de section Freedman entretenait des contacts réguliers avec lui. Nous lui avions demandé de nous transmettre, par l'intermédiaire de Freedman, un maximum d'informations sur Agartha. Le baron s'est même déplacé jusqu'à la capitale pour recueillir des renseignements, et a appris qu'à l'université d'Agartha, l'épouse du roi d'Agartha, Meiriasu, était absorbée par quelque recherche. À ses côtés se trouverait une femme ressemblant trait pour trait à Cellroite. »

« Je vois. Mais pourquoi avez-vous jugé nécessaire de me cacher l'information provenant du baron Bonoisao ? C'est douteux. »

« Pardonnez-moi. Le baron Bonoisao relevait de Jiletto. Sans son aval, le chef de section Freedman et moi-même avons donné des instructions au baron. C'est, pour ainsi dire, un abus d'autorité. J'accepterai la sanction qui s'ensuivra. »

Ron Eslotel la contemplait d'un regard frais. Au fond d'elle-même, Vielle s'étonnait de cet homme qu'on ne pouvait pas cerner. Le punir maintenant, c'était punir celui qui avait rapporté une information précieuse ; l'effet sur les fidèles était trop évident pour qu'elle ait besoin d'y réfléchir.

…… Selon la crédibilité de cette information, la sanction de cet homme pourrait prendre n'importe quelle tournure.

Telle fut la pensée de Vielle tandis qu'elle faisait face à l'homme aux cheveux blancs.

« Concernant l'envoi du cardinal Mataka à Agartha, j'étudierai la question. »

À ses mots, Ron Eslotel s'inclina respectueusement. Une fois l'homme parti et l'assurance que plus personne ne se trouvait dans le bureau, Vielle frappa lentement deux fois dans ses mains.

« Vous m'avez appelée ? »

La femme servant de secrétaire à Vielle apparut. D'une voix ferme, elle lui ordonna :

« Préparez mes vêtements. Je sors. »

« Vous s-sortez…… ? Heu… où cela ? »

« Préparez mes vêtements, au plus vite. Et… faites appeler le seigneur Alon depuis l'institut de recherche. »

« Alon-sama ? »

« Celui qui travaille à l'institut de recherche médicale, Alon de Poesehai. »

« C… certainement. »

La femme s'inclina respectueusement et quitta les lieux.

***

« Maintenant ? »

« Oui. »

Je soupire en regardant le soldat en face. Il me fixe d'un air grave. Forcément. Vielle vient d'apparaître sans crier gare à l'entrée du quartier général de l'armée d'Agartha. Elle semble s'être téléportée là sans se soucier des soldats présents. À ses côtés se tenait apparemment un Poesehai l'air embarrassé. Il a dû subir une requête déraisonnable de la part de Vielle, en mode « fille gâtée » à fond. Je demanderai à Chiwan de lui accorder un congé et du temps pour se ressourcer.

Vielle a donné son nom aux soldats perplexes, affirmant qu'il s'agissait d'une urgence et qu'elle demandait à me voir. J'ordonne au soldat de la guider au salon et me lève lentement.

« Bon, l'heure de la correction a sonné, hein. »

Le ciel est couvert, une pluie imminente menace de s'abattre……

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