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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 555

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Chapitre 555

Chapitre 555

Chapitre 555/69180%~7 min de lecture1 221 mots

Les bâtiments d'un blanc uniforme s'alignaient dans la cité sacerdotale d'Aphrodité. Au cœur du temple du pape, dans une pièce du palais papal, Vielle serrait les lèvres.

Le bureau du pape. Dans cette vaste pièce luxueuse, personne n'était présent hormis elle. C'est pourquoi elle put laisser affleurer cet effroi qu'elle ne montrait jamais en public.

Comble de malchance, un assassinat venait d'être perpétré sur le sol même d'Agartha. Pour ce qui concernait ce pays, elle en avait interdit toute activité sans sa propre autorisation en tant que pape. Pourtant, l'acte avait été commis. Et c'était sous forme de rapport a posteriori qu'on le lui avait transmis.

Elle fixa le rapport des yeux. Elle le lut mot à mot, comme pour en mâcher chaque caractère. La tentative de justification de ses auteurs transparaissait entre les lignes, palpable. La femme qu'elle croyait avoir envoûtée avait été écartée par sa propre famille et expédiée à Agartha. C'était là le parfait exemple de l'artificier pris à son propre piège.

À cette pensée, elle esquissa un sourire amer. Moi non plus, je ne peux guère jeter la pierre aux autres…, songea-t-elle avec une pointe d'autodérision.

Envoûter l'autre, lui voler son cœur, le manipuler à sa guise… Telle était la méthode que Vielle avait déployée à travers le monde. Grâce à son sens aigu de l'observation et à ses recherches approfondies, elle avait réussi à classifier les « mouvements du cœur humain » en plusieurs schémas et à établir une réponse pour chacun. Elle les avait intégrés à ses techniques de prosélytisme. Si l'efficacité était grande, ce fut aussi la source de bien des déboires.

En particulier, ceux qui avaient confiance en leur apparence, une fois qu'ils avaient envoûté quelqu'un, tendaient à concentrer toute leur attention sur cette unique relation pour la maintenir.

Le cœur de l'homme se forge sous l'influence de son environnement… Cette thèse que Vielle avait dégagée au fil de maintes épreuves… Même en la transmettant avec soin, une forme de négligence finissait par s'installer, et l'observation de l'entourage devenait lacunaire. L'affaire Mataka et Cellroit était exactement le fruit de cette surveillance omise.

Le plus grand imprévu pour Vielle fut l'intervention de Gillet, le second de la garde rapprochée. Laissons de côté son physique : quant à ses compétences, c'était l'homme en qui elle avait une confiance absolue parmi ses subordonnés. Et c'était lui qui s'était déplacé personnellement pour assassiner Cellroit. Gillet aurait dû mener l'opération à bien. Mais le théâtre de l'action était le territoire d'Agartha. Même avec ce spécialiste des basses œuvres, Vielle n'avait aucune certitude qu'il parvînt à tromper la vigilance de ce roi.

« Cela dit, je ne crois pas que l'affaire en restera là… »

Vielle ne put s'empêcher de murmurer. Une angoisse indéfinissable montait en elle.

Honnêtement, elle ne se sentait pas capable de vaincre ce roi d'Agartha. À leur rencontre, elle l'avait jugé tout banal, un simple bel homme sans histoire. Mais plus elle s'en approchait, plus son existence lui semblait s'éloigner. En fait, Vielle s'était fait constamment devancer par ce roi, et elle n'avait jamais réussi à élaborer une contre-mesure efficace. La ligne de conduite actuelle de la théocratie de Crimiana était d'éviter tout conflit avec Agartha et de se consacrer purement au renseignement ; elle venait à peine de donner cet ordre à ses subordonnés.

À présent, la nouvelle théocratie de Crimiana que dirigeait Vielle s'activait fiévreusement pour combler l'énorme brèche ouverte à l'ouest. Le royaume de Subkurina, mené par Lacker, était déjà tombé dans un état hors de contrôle.

Inutile de le dire, le roi Lacker était devenu le captif de Sairyûsu, la femme venue d'Agartha. On dit que cette race, d'une beauté parfaite, excelle dans l'art d'envoûter les hommes. La rumeur n'avait rien d'exagéré : elle tenait en laisse ce Lacker qui semblait une bête.

Subkurina était une monarchie absolue. Le roi détenait la plénitude du pouvoir et l'exerçait librement. Aussi, pour la théocratie, tenir le roi suffisait à rendre le royaume tout entier libre à sa guise.

Mais cette fois, cette facilité se retourna contre elle. L'incapacité à manipuler le roi Lacker équivalait à la perte d'un État vassal.

De Subkurina à la cité sacerdotale d'Aphrodité, il n'y a qu'une journée de mer. Un trajet sans obstacle, en ligne droite… Si Lacker se retournait et lançait ses trente mille hommes d'élite sur Aphrodité, la cité que Vielle avait bâtie de tout son cœur ne tiendrait pas un jour avant de retourner en cendres.

Vielle, de son côté, multipliait les mesures pour empêcher un tel scénario. Elle donnait des directives directes et indirectes aux dirigeants politiques et militaires du royaume pour les garder attachés. Mais l'intéressé, Lacker lui-même, refusait d'acquiescer. Ses multiples convocations à Aphrodité avaient été rejetées sous prétexte de troubles intérieurs.

Certes, Subkurina subissait actuellement les retombées de la grande éruption du volcan Reis sur l'île de Ruwazan, qui ravageait les cultures. Il n'était pas aisé pour le roi de se rendre à Aphrodité. Mais l'ancien Lacker, quelles que fussent les circonstances, accourait dès qu'on l'appelait. Son refus actuel avait, cela va sans dire, choqué les cadres de la théocratie.

Lacker passait toujours ses nuits avec Rizia. Pourtant, quelques heures le matin et l'après-midi, il expédiait les affaires courantes, traitant les dossiers avec une capacité de traitement stupéfiante. Il semblait avoir décidé de consacrer des créneaux fixes à la gouvernance, fixant des priorités pour valider les dossiers. C'est sans doute pour cela que Subkurina maintenait tant bien que mal son équilibre actuel sans grand désordre.

D'après le rapport de la directrice générale du harem, Lacker prenait systématiquement un bain avant de rejoindre Rizia. Il ne se lavait pas seulement lui-même ; il frottait le petit corps de Rizia comme on polit un trésor. Ces mains velues, dignes d'un blaireau, couraient sur tout son corps. Pour Vielle, c'était d'un glauque à faire dresser les cheveux sur la tête. Néanmoins, cela atténuait quelque peu l'odeur corporelle tenace de Lacker. C'était évidemment Rizia qui l'y poussait. Lacker était en train de se laisser manipuler non plus seulement par le corps, mais par le cœur même, par cette Sairyûsu.

Au moment où la défense de l'ouest d'Aphrodité devenait urgente, l'attention se porta sur le grand-duché de Foal. Ce pays était en état de fermeture depuis longtemps, et ses relations avec la théocratie s'étaient limitées au strict minimum. Pour la théocratie, ce n'était qu'un petit pays insulaire sans puissance, qui ne méritait guère d'attention. Mais il se trouvait exactement à mi-chemin entre Subkurina et Aphrodité. Si Lacker lançait ses troupes sur la capitale, ce pays serait le seul rempart possible. La théocratie decise d'utiliser le grand-duché de Foal comme bouclier.

Certes, face aux troupes d'élite de Subkurina, ce petit pays ne tiendrait qu'une demi-journée, une journée tout au plus. Mais ce délai suffirait pour que les renforts des pays voisins arrivent. Pour la théocratie actuelle, c'était le seul moyen de défense qui restait.

Heureusement, il y avait une faille à exploiter chez Foal. Comme cela ne nécessitait pas l'intervention personnelle de Vielle, elle en avait chargé ses subordonnés, mais l'opération s'était retournée contre elle.

« Que faire… Je ne peux pas laisser les choses en l'état… »

Elle s'enfonça lentement dans son fauteuil et ferma les yeux. À cet instant, une image traversa l'esprit de Vielle. C'était le visage de son grand-père, l'ancien pape Juvansel Seine…

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