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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 55

Kekkaishi e no TenseiKekkaishi e no Tensei
Chapitre 55

Chapitre 55

Chapitre 55/10154%~8 min de lecture1 470 mots

« Maître, c'est terminé. »

À ces mots de remerciement de ma part, la harpie s'envola dans les airs.

Le soleil d'été éblouissait. Au loin, l'horizon tremblait dans la chaleur. Je sentais l'arrivée de l'été tout en regardant les écuries.

Dans les écuries se tenaient dix hommes vêtus en aventuriers. Je me tenais silencieusement devant eux.

Tout avait commencé ce jour de congé, pendant que je déjeunais tranquillement. Une dizaine de marqueurs rouges étaient apparus sur ma carte. J'avais alerté tout le monde et mis tout le monde en alerte. Le groupe s'était divisé en trois au cours de sa progression. Deux groupes de quatre, et un duo.

Le duo se dirigeait droit vers ce manoir. Les deux autres groupes se dirigeaient vers les écuries et le jardin arrière du manoir. Apparemment, ils comptaient prendre le manoir en tenaille.

Sans même attendre mes instructions, une harpie vint me signaler l'arrivée d'intrus. J'ordonnai de mobiliser tout ce qui pouvait bouger.

Nos préparatifs étaient terminés, et les intrus semblaient avoir fini de se positionner, car deux hommes se tenaient maintenant à l'entrée de mon manoir.

« La demeure du Maître des barrières, Linos, est-elle ici ? »

Je m'avançai jusqu'à l'entrée pour accueillir les intrus.

« C'est bien la demeure du Maître des barrières Linos, mais que puis-je pour vous ? »

« La princesse Ricoret vous appelle. Veuillez nous accompagner. »

« La princesse Ricoret ? Quel peut bien être le motif ? »

Piiiîîîîîî ! Un cri perçant de harpie retentit. Du côté des écuries, des cris humains — aaaah, guwaaah — s'élevèrent. Les deux hommes, surpris, sortirent à l'extérieur. Je les suivis.

« Quoi ! Des harpies ! Pourquoi y a-t-il des harpies dans un endroit pareil ? »

« Hé, vous là-bas. Ne les tuez pas. Capturez-les vivants. »

« Qui es-tu au juste... ? »

« Ne serait-ce pas un démon ? »

L'un des aventuriers brandit son épée vers moi. Je l'évitai légèrement et lui assénai un coup d'arrêt qui l'assomma. Pendant ce temps, l'autre homme était déjà maîtrisé par les harpies. Alertés par le tumulte, les hommes du jardin arrière arrivèrent. Eux aussi furent neutralisés sans pouvoir rien faire par les harpies.

« Bon, la princesse Ricoret, quel est exactement son motif ? »

Les hommes ne répondirent pas.

« Vous voulez tous devenir la pâture des harpies ? »

« At-attendez ! Je parle ! »

L'homme qui m'avait abordé à l'entrée prit la parole. Je m'approchai de lui.

« ... Vous êtes un chien de Gremont, et vous nous gênez. »

« Que comptez-vous faire une fois que je serai éliminé ? Même si je disparais, rien ne changera. »

« On nous a dit que si vous mourrez, la barrière de Gremont sera levée. C'est pour ça ! »

Apparemment, ils visaient l'assassinat du Premier ministre. Une histoire bien dangereuse.

« Gremont, tout en occupant le poste de régent de l'Empire, s'enrichit personnellement, et qui plus est, il tente d'usurper le trône. On ne peut pas le laisser en vie ! »

L'homme, maintenu au sol par les harpies, débitait tout ça avec ardeur. À en juger par son apparence, il semblait assez jeune. Je lui demandai son âge : il dit avoir vingt ans.

« Le trône, voyons... L'Empire a un prince héritier, non ? Usurper le trône serait difficile. »

« Il compte placer son petit-fils, le prince Vailas, sur le trône, et en devenir le régent ! »

C'était n'importe quoi. Par précaution, je jetai un œil à son passé.

« Hé, hé, la princesse Ricoret n'a rien à voir là-dedans. Arrête de mentir. »

Le corps de l'homme tressaillit.

« Hein ? L'Empereur est décédé ? Hou, profitant de l'occasion, vous assassinez le Premier ministre et placez la princesse Ricoret comme régente du nouvel empereur ? Et vous, vous comptez en tirer profit ? Vous êtes vraiment des pourritures. »

« Ta-taisez-vous ! Ne dites n'importe quoi ! Dans l'Empire actuel, les talents ne sont pas exploités correctement ! Avec Gremont, l'Empire s'effondrera ! »

« Donc vous, vous prendrez la place. T'es con, toi. Avec tes compétences, tu penses pouvoir remplacer le Premier ministre ? »

« Chien de Gremont ! »

Bon, je ligotai ces agresseurs pour l'instant. Pour éviter les complications ultérieures, je posai une barrière sur eux, effaçai la mémoire des harpies, et la réécrivis pour qu'ils croient avoir été battus par moi. Ensuite, je les emmenai vers le point de transfert. C'était l'occasion idéale : de bons cobayes pour tester si le transfert supporte dix personnes. J'activai le transfert. Destination : ma boutique à la capitale impériale.

Tout le monde arriva sans problème à ma boutique dans la capitale. Je les y laissai, remontai sur le point de transfert, et me transférai vers le point installé près de la demeure du Premier ministre. Puis j'entrai dans le manoir.

Le Premier ministre était absent. J'expliquai la situation au majordome de la maison Gremont, qui me demanda de rester ici, avant de partir pour le palais. Peu après, les gens du Premier ministre vinrent chercher mes agresseurs à ma boutique.

Peu de temps après, mes agresseurs furent amenés, escortés par les hommes du Premier ministre. Ils avaient dû résister lors de l'arrestation, car ils étaient tous en piteux état.

J'attendis longtemps, mais le Premier ministre ne rentra que la nuit. Je fis semblant d'aller me laver les mains, entrai dans une pièce individuelle, y créai un point de transfert pour retourner chez moi. Je prévenis Péris que je ne rentrerais peut-être pas ce soir, renforçai la barrière par précaution, et retournai aux toilettes du Premier ministre. J'annulai le point de transfert et revins au salon.

Le Premier ministre rentra au milieu de la nuit. Il avait l'air extrêmement fatigué.

« Vous avez l'air épuisé. »

« Mouais. Les problèmes s'accumulent. J'aimerais avoir le corps et la tête de Bâthème. »

« L'Empereur est décédé, dit-on ? »

« ! Comment savez-vous ça !? ... Ah, ils ont parlé. Des idiots. Me tuer ne changerait rien. »

« Que va-t-il leur arriver ? La peine de mort, j'imagine ? »

« Ce sont des troisièmes et quatrièmes fils de comtes et de vicomtes. Ils n'ont quasi aucune chance d'hériter. Leur avenir : devenir aventuriers, monter un commerce... ou sinon vivre des subsides de leurs aînés. Leurs familles ne lèveront pas le petit doigt pour les sauver. Au pire la peine de mort, au mieux l'exil, c'est ce qui leur convient. »

« C'est ce que je pensais. »

« Mais avant ça, il faut leur faire cracher le nom du meneur. Et aussi jusqu'où allait leur plan. »

« D'après ce que j'ai entendu, ils agissaient seuls, non ? »

« Non, le contenu de l'attaque contre vous était celui de gens entraînés. Il y a sûrement un meneur derrière. Et j'ai l'impression qu'une vaste rébellion est en préparation. »

« Croyez-vous qu'ils parleront ? »

« ... Il faut absolument leur faire cracher le morceau. »

« Puisque nous y sommes, Excellence, puis-je les rencontrer une fois ? J'ai aussi des questions à leur poser. »

« ... Soit. Suivez-moi. »

Le Premier ministre descendit lentement l'escalier menant au sous-sol. La distance était assez longue. Après avoir descendu les marches et marché un moment dans le couloir, une porte apparut au bout.

En entrant, je vis les dix hommes qui m'avaient attaqué, en plein interrogatoire. Tous étaient ligotés, le visage couvert d'hématomes. Ils avaient visiblement subi un interrogatoire musclé.

« Alors ? »

« Non, ils refusent absolument de parler. Ils maintiennent que c'était leur seul plan. »

« Utilisez n'importe quel moyen pour les faire parler. S'il le faut, tuez-les, peu m'importe. »

« Attendez un instant. »

Je m'approchai de l'un des prisonniers. Ce n'était pas celui que j'avais interrogé à mon manoir, mais lui seul avait croisé mon regard un instant. Je fouillai son passé.

« ... Kulmfal ? »

Le corps de l'homme tressaillit.

« C'est qui, ça ? »

« Je-je ne sais pas. Je ne connais aucun Kulmfal-sama ! »

« On n'ajoute pas "sama" à quelqu'un qu'on ne connaît pas, tu sais ? »

« Kulmfal... c'est le précepteur de la princesse Ricoret. Je vois, il était aussi votre précepteur. Donc le cerveau, c'est le comte Kulmfal ! »

Les yeux du Premier ministre se mirent à briller d'une lueur féroce.

« Linos-dono, c'est un exploit capital ! Grâce à ça, on pourra nettoyer les vermines qui pullulent dans l'Empire ! »

« Tant mieux... La princesse Ricoret n'y est pour rien, alors ? »

« Non, ce ne sera pas si simple. »

Hein ? Elle n'est pas concernée ?

« La princesse Ricoret devra aussi en assumer la responsabilité. Cette personne sera condamnée à mort. »

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