Le marché débordait déjà de monde.
Huit esclaves étaient prévus pour la vente, moi y compris. Tous étaient jeunes. Ce qui attirait l'œil : deux hommes aux muscles saillants, un beau garçon d'une beauté d'idole. Et il y avait aussi un homme-bête chat. Comme il avait un corps assez impressionnant, lui aussi devait être fait pour le combat. J'étais le seul enfant.
Le maître discutait avec un responsable du marché. Apparemment, il fixait mon prix de départ.
« Commencez à 1000 G. S'il n'y a pas d'acheteur, baissez, peu m'importe. Les vêtements... laissez-les tels quels. Quoi qu'il arrive, vendez-moi ça. S'il ne part pas... débarrassez-vous-en. »
... Je n'avais donc absolument aucune valeur, moi. Bon, un gamin qui ne savait rien faire, normal qu'on ne l'achetât pas. « Débarrassez-vous-en » s'il ne se vendait pas... Là, c'était peut-être vraiment la fin pour moi.
On m'a saisi le bras d'un coup. Ça fait mal, ça fait mal ! On me traîne en raclant le sol. Traitez-moi avec un peu plus de douceur, bordel, je suis un gamin !
Quand j'ai repris mes esprits, j'avais été tiré sur la scène.
« En premier, le numéro 1, un garçon ! 6 ans ! On commence à 1000 G ! »
Les gradins, si bruyants tout à l'heure, se sont plongés dans le silence. Personne ne cherchait à m'acheter.
Depuis la scène, on voyait bien les gradins. Personne ne croisait mon regard. Normal, ils ne me regardaient même pas. La plupart des clients fixaient l'entrée par où j'étais sorti. Leur intérêt s'était déjà porté sur les esclaves qui allaient suivre. Les autres consultaient leurs notes ou discutaient avec leur voisin. Pas le moindre intérêt pour moi.
« Et à 900 G alors ?... 800 G !... 700 G ! »
Le décompte a commencé. Sûrement qu'au moment où ce prix atteindrait zéro, ma vie s'arrêterait. Réincarné sans rien comprendre, et direct esclave. Le dernier paysage que je verrais, c'est un marché aux esclaves...
Je regardais les gradins en songeant à ça, hagard. À ce moment, mon regard a croisé celui d'une vieille femme. Petite, mais des yeux qui dégageaient une forte volonté. Pourtant, elle a détourné les yeux de moi et s'est mise à parler à l'homme aux cheveux blancs et à la barbe qui était à côté d'elle.
« Voilà 500 G ! C'est le prix plancher !... Y a-t-il un amateur ? »
C'était foutu, complètement.
« Ça va ? Alors, le numéro 1 est clos ! »
On m'a saisi le bras pour me faire descendre de la scène. Toujours aussi brutal. J'aurais voulu me dégager et fuir, mais une poigne incroyable me tenait le bras. Il semblait que je ne puisse même plus m'enfuir.
On m'a entraîné brutalement dans une pièce. J'allais mourir ici, moi...
« Voici l'article que vous demandez, madame Bâsām. »
La vieille des gradins était là.