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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 388

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Chapitre 388

Chapitre 388

Chapitre 388/40197%~7 min de lecture1 317 mots

« Une telle chose ! La princesse nous ordonne de mourir ! »

« C’est bien ce que je pensais… »

Celle qui soupire ainsi est Considie, l’épouse du roi d’Agartha, Rinos. Devant elle, trois nains se tiennent, tous trois affichant une expression de colère.

Il y a une raison à cette situation. Le mari de Considie, Rinos, convoite un certain objet, et elle, pour sa part, est prête à tout pour se l’assurer.

L’origine de l’affaire remonte à quelques jours, lorsque le roi Maintia de Fradime a proposé de peindre un portrait. Il a soudainement déclaré qu’il était anormal qu’Agartha ne possède pas de portrait de son roi. Certes, dans le duché de Niza, la famille de Considie, les portraits des générations successives de ducs et d’époux ducaux sont exposés, et la plupart ont été peints à l’époque où le duc était dans la force de l’âge. Le roi Maintia a affirmé que c’était précisément maintenant que le roi d’Agartha se trouvait à son apogée, et qu’il convenait d’en fixer l’image pour la postérité.

Mais Rinos lui-même a rechigné. Il a dit que ce n’était pas encore le moment, refusant obstinément la proposition du roi Maintia. Pourtant, le vent a tourné quand on a suggéré de peindre aussi les portraits des épouses. Riko s’est montrée enthousiaste.

Elle a déjà dépassé la trentaine, mais sa beauté ne montre pas la moindre altération ; bien au contraire, le charisme qui émane d’elle plonge son entourage dans une torpeur admirative. Pourtant, elle vieillit inexorablement. Vouloir conserver l’image que son mari trouve belle aujourd’hui est tout à fait naturel.

Finalement, Rinos a cédé à la persuasion de Riko et accepté la proposition du roi Maintia. Considie, qui n’avait pas émis d’opinion officielle sur le portrait mais y était en réalité favorable, a poussé un soupir de soulagement en apprenant la nouvelle.

D’ailleurs, la fille de Considie, Piatrice, est promise à Onsaru, le fils du roi Maintia. Heureusement, les deux s’entendent bien pour l’instant et jouent souvent ensemble. On ignore quelle relation ils auront plus tard, mais Considie a perçu l’intelligence d’Onsaru et apprécié sa douceur. Mieux vaut cela qu’un inconnu… Pour Considie, cette proposition de portrait était l’occasion idéale de resserrer les liens avec le roi Maintia, et par extension avec le royaume de Fradime.

Le roi Maintia pensait de même ; par son intuition particulière, il avait compris qu’unir sa famille à la maison royale d’Agartha passait impérativement par les épouses de Rinos. Tandis que ces arrière-pensées s’entrelançaient, la réalisation des portraits de la famille royale d’Agartha a débuté.

Le roi Maintia peint vite, et possède un don : une fois un paysage ou une personne gravés en mémoire, il ne les oublie jamais et peut les reproduire à tout moment. Aussi, Rinos et les autres modèles n’ont-ils eu qu’à se présenter devant lui, vêtus de leurs tenues préférées, pendant une trentaine de minutes chacun.

Sur la parole de Rinos qui disait « je passerai après », les portraits ont commencé par les épouses. La première fut Riko, et le résultat fut si magnifique qu’elle en a rougi. Puis vinrent les portraits de Mei, Considie, Soleil et Matkal, et ce fut enfin le tour de Rinos. Lui non plus n’était guère emballé ; il a même commencé à dire qu’on attendrait que les enfants soient plus grands pour faire un portrait de famille… Considie devinait vaguement, à son attitude, que son mari manquait d’assurance sur son physique, tout en éprouvant une gêne à se faire représenter plus beau qu’il ne l’était, mais à ce stade, reporter n’était plus possible.

C’est alors que Considie, sur les conseils de Riko, eut une idée : lui faire porter l’armure qu’il affectionne. Ce fut seulement ainsi que Rinos se décida à bouger.

Pendant que Mei et Considie l’aidaient à l’enfiler, il a immédiatement affiché un sourire ravi. Pour Considie aussi, cette armure a une valeur sentimentale. Fruit du savoir-faire ultime des nains, elle revendique la meilleure défense au monde. En effet, lors de la récente guerre contre le royaume de Tanā, elle a joué un rôle majeur et contribué à la victoire d’Agartha.

Son mari bien-aimé va être peint revêtu de cette armure. Cela prouvera pour l’éternité l’excellence de la technologie naine. Considie, tout en l’aidant à l’ajuster, ressentait une joie montante.

Après un long moment, l’armure enfin en place, Rinos s’est précipité devant le miroir pour admirer son reflet avec une joie d’enfant.

« Hum… Quand je me vois, je suis trop stylé. Sous n’importe quel angle, c’est du pur C〇rnicorne. Wahou, vraiment trop classe. »

Voir Rinos s’émerveiller comme un gamin a comblé Considie de bonheur. Ça valait la peine de se donner du mal avec Mei et les nains pour forger cette armure. C’est alors, tandis que cette pensée la traversait, que Rinos a prononcé des mots inattendus.

« Excalibur ! »

Entendant cela, Considie a affiché un air stupéfait. Elle s’est tournée vers lui en hâte : il se tenait devant le miroir, le bras droit tendu vers le ciel, qu’il a abaissé d’un geste ample.

« Ex… calibuuur ! »

Certes, il a bien dit Excalibur. Quelle imprudence… Considie est restée saisie.

Certes, l’armure qu’on a forgée pour lui est la meilleure du monde. Mais qu’en est-il de son épée ? Il porte bien le Holy Sword, forgé par Mei avec toute son âme, mais si on demande si c’est la meilleure épée du monde, on ne peut pas répondre par l’affirmative. Car il est de notoriété universelle que la meilleure épée est Excalibur, et qu’elle est le trésor secret du roi des Elfes.

Pourtant, Considie ne voulait pas renoncer. Cette armure mérite Excalibur. Si les deux sont réunis, son mari possédera la meilleure arme et la meilleure armure du monde. S’il est peint ainsi… Le cœur de Considie battait la chamade.

Mais quand elle s’en est rendu compte, il était déjà trop tard : Rinos, tout joyeux, s’était dirigé vers la pièce du roi Maintia. Abattue, Considie a tenté le tout pour le tout en demandant aux nains d’Agartha s’ils ne pouvaient pas forger une épée équivalente à Excalibur, mais la réponse était courue d’avance.

« Princesse, c’est impossible. Forger Excalibur demande une puissance magique colossale, et en plus il faut du sang d’elfe. »

« D’après la légende, il faut aussi le bois parfumé du Revolver que les Elfes gardent jalousement. »

« En tout cas, seuls les Elfes peuvent forger Excalibur. Et on dit que le bois de Revolver s’épuise. Même si on essayait, ce serait un travail d’une difficulté extrême où l’échec n’est pas permis. »

« C’est bien ce que je pensais… Mais vous, vous n’avez pas envie d’essayer ? De forger Excalibur. Cette épée qui dit-on tranche n’importe quoi. »

« Bien sûr, Princesse, si la question est de savoir si on veut ou pas, nous, on veut bien. Mais sans matériaux ni méthode, on n’a d’autre choix que d’abandonner. »

« Pas de matériaux, pas de méthode… Alors pourquoi n’iriez-vous pas au village des Elfes, pour obtenir les matériaux et qu’on vous apprenne la méthode ? »

« Ne dites pas n’importe quoi, Princesse ! »

« C’est ça. Le village des Elfes est au sommet d’une montagne très haute. En plus, c’est une falaise à pic. Nous, on ne peut même pas en approcher. Et là-bas, il fait d’un froid terrible. Si nous, les vieux, on y va, on gèle tous à coup sûr ! »

« Faites quelque chose, s’il vous plaît… »

« Même si c’est l’ordre de la Princesse, nous devons refuser. Ou bien la Princesse nous ordonne-t-elle de mourir ! »

Devant cette réplique des nains, Considie n’eut d’autre choix que de se retirer. Mais au fond d’elle, l’idée de l’épée Excalibur ne la quitta plus.

Plus tard, cette affaire allait dégénérer en un tumulte impliquant toute la maison royale d’Agartha… Mais c’est une autre histoire.

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