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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 377

Kekkaishi e no TenseiKekkaishi e no Tensei
Chapitre 377

Chapitre 377

Chapitre 377/40194%~9 min de lecture1 662 mots

« Heu… celui… enfin… »

« Pourquoi tergiverses-tu ? Allez, comme on en a parlé tout à l'heure, du entendu-dire ça va très bien. Hein, frère aîné ? »

Le roi Maintia proclame ça en faisant briller ses yeux. À côté de lui, le roi Poséidon acquiesce avec aisance. Ma retraite est complètement coupée. Ici, je n'ai d'autre choix que de raconter quelque chose. Je réprime l'envie de coller une baffe au seigneur crétin tout en fouillant désespérément ma mémoire.

« Alors… c'est une histoire d'autrefois, de très anciens temps… »

Je m'en souviens vaguement, ça doit être un truc qu'on a appris en cours…. Oui, le prof de japonais, M. Imoto, ou peut-être M. Morio…. Non, attends, c'était peut-être un cours d'université…. Tout en songeant à ce genre de choses, je remonte le fil de mes souvenirs et commence à parler lentement.

« Il était une fois, un certain don Juan. »

« Hou, on dirait moi ou mon frère aîné. Ce don Juan va se faire larguer ? Ça promet d'être drôle. »

« Non, ce n'est pas l'histoire de cet homme, mais celle d'une femme de chambre qui le servait. »

« Hou, une histoire de chagrin d'amour féminin ? C'est intéressant, ça. »

« Un jour, une lettre d'amour fut remise à cette femme de chambre. »

« Hou hou, et puis ? »

« Mais la femme était encore jeune et n'avait jamais connu l'amour. »

« Hou, c'est bien. Continue, continue. »

« Évidemment, par politesse, après avoir reçu une lettre d'amour, elle devait y répondre. Mais comme c'était sa toute première fois, elle n'arrivait pas à rédiger sa réponse. »

« Mouais, c'est normal. Si le mec l'intéresse pas, elle dit qu'il l'intéresse pas, et s'il l'intéresse, qu'ils se voient au bal ou un truc comme ça. Bordel… c'est quoi les gens autour qui foutaient ? »

« Naturellement, ses collègues plus âgées lui disaient de répondre vite, mais elle était décontenancée et n'arrivait pas à écrire. Qu'elle décide de le voir ou de le rejeter, sans réponse correcte, elle passerait pour une fille légère. Si des rumeurs bizarres se mettaient à courir, ça nuirait à sa vie future, donc être prudente était inévitable. »

« Je vois ! Y a du vrai. Mouais. Une femme qui pense jusque-là, c'est forcément une fille intelligente. J'aimerais bien la rencontrer une fois, causer avec elle. »

« Non, roi Maintia. C'est juste une histoire. Y a pas de personne précise derrière. »

« Qu'est-ce que tu dis ! Pour une "juste histoire", c'est vachement réaliste ! …… Ah, je pige. Tu veux pas que ta femme le sache, hein ? Ouais, je comprends. Moi aussi, quand le Daijō-ō l'apprend, la galère, je la connais dans ma chair. Je comprends les sentiments du roi d'Agartha. Je comprends, je te dis. »

« Non, c'est pas ça. C'est juste une his… »

« Les histoires chiantes, c'est bon. La suite. »

Une voix grave résonne dans mon ventre. Je regarde : le roi Poséidon me fixe d'un air sérieux. Sous la pression, mon corps tremble. Flipant….

« … Hm. Bon, je continue. …… Euh, comme la réponse de la femme de chambre tardait trop, son maître, le don Juan, l'a rédigée à sa place. »

« Hou, je vois, comme ça. Et il a écrit quoi comme réponse ? »

« Le contenu, je m'en souviens pas… enfin si, un peu, mais en gros, le don Juan a écrit un modèle de réponse, elle s'en est inspirée pour écrire la sienne. Le mec qui l'a reçue a dit "Quelle réponse magnifique !" et s'est réjoui… c'est ce dont je me souviens. »

« Hou, le contenu m'intrigue. Il a répondu quoi ? Vas-y, balance, garde pas ça pour toi. »

« Euh, je crois que la lettre d'amour reçue disait : "Je t'aime tant que mes larmes coulent comme une rivière et mouillent mes vêtements. Ne pas pouvoir te voir est une souffrance." En réponse, il a écrit : "Vous dites que vos vêtements sont mouillés, mais vos sentiments pour moi ne vont pas plus loin ? Si vous disiez que vos pensées sont si profondes que vos larmes débordent et menacent d'emporter votre propre corps, alors là, je m'intéresserais à vous." C'est ce qu'il a envoyé, de ce dont je me souviens. »

« Hou, pas mal comme réponse. Mais pourquoi faire si compliqué !? C'est un homme et une femme, y a que "j'aime" ou "j'aime pas" ! Si j'aime, je l'entraîne au lit, si j'aime pas, je la drague jusqu'à ce qu'elle m'aime, et si elle accepte pas, je l'entraîne au lit et je l'aime à fond jusqu'à ce qu'elle m'aime… y a que ça ! »

… Dans les deux cas, il l'entraîne au lit. C'est jusqu'où la bête, ce crétin de seigneur ?

Le roi Maintia secoue la tête d'un air perplexe. Je jette un œil au roi Poséidon : il garde son expression d'à l'heure, le regard rivé sur moi. Nos yeux se croisent, il hoche lentement la tête. Il a l'air prêt à écouter.

« Il y a une raison pour une réponse aussi détournée. La femme ne pouvait pas sortir facilement de chez elle. Aujourd'hui, si on peut se voir librement, on se regarde, on discute, on jauge la valeur de l'autre et on décide de sortir ensemble ou pas. Mais comme elle ne peut pas sortir, et qui plus est, les rencontres avec des hommes sont extrêmement limitées, difficile de connaître l'autre. Du coup, on s'échange ce genre de lettres pour se jauger mutuellement. »

« Roi d'Agartha ! »

Soudain, le roi Maintia prend un air sérieux et me dévisage. Je le regarde, surpris.

« Cette femme de chambre, c'est pas… une dame de compagnie qui sert dans le harem du roi ? Non, cache pas. Effectivement, une dame du harem, elle peut difficilement côtoyer des gens de l'extérieur. Et puis cette femme, elle a vachement la confiance du roi et de la reine ? Ah, j'comprends sans que tu le dises. C'est une femme hyper compétente…. En plus, elle a l'air d'avoir un cœur magnifique. Ouais, avec ça, c'est normal d'être prudente. C'est clair maintenant. »

« C'est pas tout. Avec cette méthode, on peut aussi mesurer la profondeur de l'amour de l'autre. Ouais, bien pensé. Ça a l'air marrant. Et puis ? »

Le roi Poséidon me parle en souriant, mais ses yeux ne rient pas du tout, c'est flippant. Je toussote, me calme, et continue.

« Et ben, finalement, tous les deux se sont mis ensemble. »

« Oh ! C'est bien. Et puis ? »

« Après un moment ensemble, une lettre est arrivée de l'homme. »

« Hou, et ? Quel contenu ? »

« "Il a l'air de vouloir pleuvoir, j'hésite à aller chez vous aujourd'hui. S'il ne pleut pas, j'irai vous voir." Un truc dans le genre. »

« Quoi ? Juste pour un peu de pluie, il renonce à venir voir !? Un homme pareil, on peut même pas le mettre au niveau du vent ! »

« Hou, roi Maintia, vous dites que, même s'il pleut, même s'il tombe des lances, peu importe la situation, pour voir une femme, vous jetez tout aux orties et vous y allez, c'est ça ? »

« Ouais, ce sentiment, je l'ai. »

« Vous l'avez fait, en vrai ? »

« …… Non. »

PAS FAIT ! Je le regarde, ahuri.

« S'il pleut, les vêtements sont mouillés. Y a le plaisir de se réchauffer mutuellement les corps mouillés…. Pourquoi les mecs s'en rendent pas compte. Mouais… dommage. »

« La femme, elle a répondu quoi ? »

Wouah, les yeux du roi Poséidon font peur. Je me redresse et poursuis.

« Euh, la femme, elle a écrit… Je crois qu'elle a mis : "Je me demandais ce que vous pensiez vraiment de moi, mais en apprenant que c'est à ce point, mes larmes pleuvent de plus en plus." Elle a envoyé ça. Le mec, sans attendre, sous la pluie, trempé jusqu'aux os, a fui le manoir…. C'est l'histoire dont je me souviens. »

Là, je réalise un truc. Mince, ça, c'est une histoire de rupture ? Là, on sait pas s'ils se sont largués. J'ai raconté un truc hors sujet ? Tout en pensant ça, je jette un œil craintif au roi Poséidon. Il a les yeux fermés et ne dit rien.

« Kukuku, fufuffu, ahahahaha ! »

Soudain, le roi Maintia se met à rire. C'est si inattendu que je fige en le regardant.

« Hahaha ! Des larmes de pluie… trempé jusqu'aux os…. Hahahahaha ! Des larmes de pluie, dit-il ! Frère aîné ! Frère aîné ! »

Sans se soucier des alentours, ce crétin de seigneur se tient le ventre en riant. Je regarde le roi Poséidon : pour une raison quelconque, il baisse la tête.

« Fufu, toi… tu ris… tu ris trop… fuffuffu, ahahahaha. Fuahahahaha ! »

« Frère aîné ! Frère aîné ! »

« Haahahahaha ! »

Pourquoi, ils se tapent sur l'épaule tous les deux en explosant de rire. Qu'est-ce qui est si drôle ? Je pige pas du tout leur humour. Je suis perplexe, je regarde le général Lafayence à côté de moi. Il les regarde en souriant amèrement.

« Ge… Général… »

« Mais c'est bon, non, Rinos-dono. »

Il a l'air de dire : "Ça a pris, résultat OK, non ?" Il secoue lentement la tête vers moi. Puis il approche son visage et parle tout bas.

« Au fait, ce mec, il est devenu quoi après ? »

« Je sais pas, mais probablement qu'il s'est fait larguer. »

« Hou, pourquoi t'en es si sûr ? »

« Parce que les larmes, c'est salé (en-yen / ragots), et les trucs trop salés, on les aime pas. »

« Hahahaha »

Le rire sec de Lafayence résonna dans la pièce.

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