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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 353

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Chapitre 353

Chapitre 353

Chapitre 353/40188%~7 min de lecture1 241 mots

Je poussai un petit soupir. Je venais tout juste de prendre contact avec Ohiisama par Pensée.

Elle n'avait pas ordonné de ramener Heiz vivant. Elle avait dit qu'il suffisait d'apporter sa tête.

Heiz grimaçait, pourtant on devinait un sourire sur ses lèvres. Avait-il déjà fait son deuil, ou possédait-il l'assurance absolue de ne pas être tué ? Son for intérieur demeurait impénétrable. Une chose était certaine : si l'on laissait vivre ce renard démoniaque, il continuerait à traquer Rico pour l'éternité. Pis, il ne reculerait devant rien pour s'en prendre à Mei, Shidī, Soleil ou les autres.

Un instant, j'envisageai de le « corriger », mais j'y renonçai aussitôt. Ce type avait déjà eu la vie sauve grâce à Ohiisama. Il avait maintes fois frôlé la mort par sa propre faute. Pourtant, sa façon de penser n'avait pas changé d'un iota, et il continuait d'agir au gré de ses désirs. Je ne l'avais pas passé au crible de l'Expertise, mais il était aisé d'imaginer le nombre de vies qu'il avait brisées.

« Dis, on ne pourrait pas faire un marché, toi et moi ? »

Heiz m'interpella sans crier gare. Son attitude arrogante d'il y a peu avait fait place à une posture humble.

« Qu'est-ce qui te prend ? Tu viens quémander ta vie à cette heure ? »

« Ah… oui. Finalement, la vie me devient précieuse. Qu'en dis-tu ? Si tu m'épargnes, je te donnerai tout ce que tu voudras. De l'or, des femmes, du pouvoir… Tu connais ma force. Ça t'intéresse ? »

« Désolé, mais rien de tout cela ne m'attire. »

« Vraiment… Mais je te jure ceci : je ne m'en prendrai plus jamais à ta famille. Je ne toucherai plus à une autre femme. Je vivrai caché avec Meik, tous les deux, en toute discrétion. Je te laisse tous mes objets. Je partirai d'ici nu comme un ver, avec Meik seule. Tu choisiras notre destination. Qu'en penses-tu ? »

« Cette princesse elfe a l'air d'être ta favorite, au fait. »

« Bien sûr. C'est la femme que j'ai aimée de tout mon cœur. Celle que j'ai élevée selon mes goûts. Je ne veux pas la lâcher. »

« Si tu l'aimes tant, pourquoi as-tu tenté le coup avec Riko ? »

« Meik, c'était le plaisir de la modeler à mon image. Mais Rikolet, elle, c'était mon idéal. Sa couleur de cheveux, son visage, sa silhouette, sa voix… tout correspondait à mes goûts. »

« Donc, seulement l'apparence ? »

« L'intérieur, ça n'a aucune importance. Une fois qu'elles sont à moi, les femmes sont toutes pareilles. Je les refais à mon goût. L'amour, ça finit par naître. Et puis, le fait qu'elle soit mariée, c'était encore mieux… La ravir à son mari de force, piétiner son cœur et son corps… Il ne manquait qu'un pas… un seul petit pas… »

« Quel putain d'idiot. »

Je gardai en moi l'envie de vomir et balayai la pièce du regard. Là-haut, dans une sorte de mezzanine, une jeune elfe aux longues oreilles gisait, inerte.

« Hop. »

Je la pris dans mes bras et l'assis sur la chaise près du lit où se trouvait Heiz. Je déployai une Conclusion pour l'immobiliser, puis la réveillai.

« Qu-quoi ! Mon corps ne bouge pas ! Mon corps ne bouge pas, dis-je ! Ugyaaa~ ! »

Loin de l'image d'une princesse, elle hurlait en se débattant de tout son corps paralysé. Devant ce spectacle, je m'adressai à Heiz d'un ton narquois.

« On dirait une bête. »

« Qu-que comptes-tu faire ? »

Heiz me fixa, le visage crispé. Je continuai sans me démonter.

« Faisons un pari. »

« Un pari ? »

« Es-tu sûr que cette princesse elfe t'aime ? »

« Bien sûr. Meik mourrait pour moi avec le sourire. »

« Soit. Si tu prouves qu'elle t'aime, je te laisse vivre tes vieux jours avec elle, comme tu le souhaites. »

Le visage de Heiz se déforma d'un rire sordide, confiant. Il ne doutait pas un instant de l'amour de la princesse.

Je m'avançai lentement vers Meik, qui continuait de crier et de se débattre, et posai ma paume sur sa tête.

« Uu… haa… uwaa… haaaa… »

Au bout d'un moment, son expression de fureur se mua en extase. Les yeux vitreux, la bouche entrouverte. Heiz poussera un cri de stupeur.

« Qu… qu'est-ce que tu fais ! »

« Je manipule son esprit par la magie mentale. Je lui procure en ce moment même un plaisir suprême. »

« Quoi ? »

« Je ne crois pas une seconde que vous soyez liés par l'amour. Ce qui vous unit, c'est le plaisir. S'il s'agissait d'amour, ce lien serait indéfectible, mais le plaisir… il suffit d'en donner davantage. C'est là tout l'enjeu du pari. Si tu es vraiment aimé de cette princesse, tu survivras. … Je me trouve moi-même cruel d'avoir imaginé un tel châtiment. D'ordinaire, je ne suis pas du genre à concevoir ce genre de choses. Mais bon, j'ai bien été Grand Roi-Démon par le passé, alors peut-être que ça laisse des traces ? »

« Grand Roi-Démon !? Toi, tu ne serais pas… »

« Tais-toi et regarde. »

J'ignorai sa question et retirai lentement ma main de Meik. Peu après, elle parut désemparée et me supplia désespérément.

« P-pourquoi tu t'arrêtes ? Je ne veux pas que tu t'arrêtes. Je veux encore, encore plus. S'il te plaît. Tout à l'heure, encore… encore plus. »

« C'est bon, va. »

« Haa, vite, fais-le. Vite, vite. »

« Si tu veux revivre ça, tue cet homme. »

Je levai sa Conclusion et sortis une corde de ma poche pour la lui glisser dans sa petite main. Elle fonça sur le lit de Heiz comme une lapine effarouchée. Elle grimpa sur son dos, à quatre pattes, et enroula la corde autour de son cou. Voyant cela, je dissipai la Conclusion qui entourait le cou de Heiz.

« Gu… guaa… ya… arrête… Meik… Meik… »

Sans la moindre hésitation, sans la moindre pitié, Meik tira la corde de toutes ses forces, continuant d'étrangler Heiz. Peu à peu, les yeux de Heiz se révulsèrent, sa bouche s'ouvrit et sa langue pendit mollement.

« On dirait que tu as perdu ton pari. Ça n'absoudra pas tes péchés, mais dors maintenant, renard démoniaque Heiz. Mourir des mains de la femme que tu as le plus aimée… C'est la fin qui te va le mieux, toi qui as fait pleurer tant de femmes. »

À peine eus-je achevé ces mots que la lumière s'éteignit dans les yeux de Heiz. Meik continuait pourtant de serrer de toutes ses forces. La scène était d'une atrocité glaçante.

Je m'approchai d'elle doucement et lui ordonnai d'arrêter.

« Ça va ? Ça va ? Il est mort ? Alors vite, celui d'avant. Celui d'avant, vite, vite. »

Les yeux embués, léchant ses lèvres de la langue, Meik me suppliait. Je murmurai « soit » et reposai ma paume sur sa tête pour l'endormir.

« Tu en as bavé, hein. À présent, vis vraiment avec quelqu'un que tu aimes et qui t'aime. Repose-toi un bon moment. »

Je la soulevai, activai la Conclusion de Transfert et disparus de l'endroit. Il ne restait plus que le cadavre au visage hideux et déformé, ne conservant aucune trace du beau parleur qu'il avait été.

Ainsi s'acheva la vie du renard démoniaque Heiz.

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