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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 335

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Chapitre 335

Chapitre 335

Chapitre 335/40184%~7 min de lecture1 393 mots

« Vous avez dit... mourir ? »

« Ah, c'est ça. »

Le roi Maintia arbore un sourire satisfait, l'air de bonne humeur. L'envie me prend de lui crier « Qu'est-ce que tu racontes ! » en lui assénant un coup sur la tête, mais je réprime cette impulsion de toutes mes forces et m'efforce de garder mon calme pour lui parler.

« C'est un suicide, ça ? »

« Su-i-cide ? Qu'est-ce que ça veut dire ? »

« Enfin... s'ôter la vie... »

« Absolument pas ! Qu'est-ce que tu dis, toi ? J'ai des femmes que j'aime, et des enfants. Je n'ai pas encore fini de peindre, et je veux encore partir à la découverte de bien plus d'ingrédients délicieux. Mais ma position actuelle de roi est trop guindée. Je réfléchissais à comment m'en sortir, et j'ai enfin trouvé la parade. »

« Donc ça veut dire... mourir ? »

« C'est ça. Je le répète : je ne vais pas vraiment mourir. Je vais faire *semblant* de mourir. »

« Euh... pourriez-vous m'expliquer un peu plus clairement ? »

Il rit « kukkuku » en s'esclaffant, les yeux pétillants de malice, et m'adresse la parole. Je grimace involontairement. Quand cet homme a les yeux qui brillent, il ne sort jamais rien de bon.

« Je vais annoncer à Crimiana que je suis mort. Je leur dis que je suis malade. Si ils envoient une délégation de médecins, le faux malade sera démasqué, voilà pourquoi. »

« Heu... pourquoi faire un truc aussi compliqué... »

« Ils doivent me prendre pour un idiot. Alors je veux les convaincre que je le suis *vraiment*. Comme ça, ils baisseront leur garde... c'est ce que j'ai pensé. »

« ... Ça va aller ? »

« En plus, c'est pour Onsaru, et c'est pour toi aussi. »

« Pour Onsaru et pour moi ? »

« Exact. Le prochain roi de Fradime, ce sera Onsaru. »

« Hein !? Qu'est-ce que tu fabriques, toi ? Onsaru a deux ans... non ? »

« Oui. »

« Et Fradime... »

« Mon père, le Daijō-ō, assurera la régence. Le chancelier Aussa est encore bien vaillant, et je compte placer Paterson auprès de lui. Même si le chancelier tombe, le dispositif tiendra. »

« Haaa... »

« J'ai déjà l'accord de mon père. Lui-même semblait trouver bizarre de gérer la politique pendant que moi, le roi, j'étais là. Mais comme je n'ai aucun intérêt pour la politique, on en était resté à ce système. Si je disparais et qu'Onsaru hérite du trône, mon père pourra gouverner sans retenue en tant que régent de son petit-fils. Et il lui transmettra tout ce qu'il a. Ça arrangera tout le monde : mon père, moi, mon fils, et in fine le peuple de Fradime. »

« Mais les autres enfants... »

« Aucun problème. Tant que mon père est en vie, l'idée de succéder au trône est hors de question, et ce sont plutôt les mères qui s'y opposeraient. En plus, c'est une période délicate où Crimiana nous a à l'œil. Personne n'a envie de monter sur le trône maintenant. »

« C'est si simple que ça !? Bon, comme c'est une affaire de Fradime, je ne vais pas trop m'immiscer... Mais vous disiez que c'était pour moi aussi, qu'est-ce que vous voulez dire ? »

Jusqu'ici, le roi Maintia avait le sourire. Soudain, son visage se durcit, il devient sérieux.

« Si Onsaru monte sur le trône, le mariage avec Piatrice-dono sera plus facile à arranger, non ? »

En entendant ces mots, je ferme les yeux et lève les yeux au ciel...

*** *** *** *** *** *** *** *** *** *** ***

Dans la capitale de la Théocratie de Crimiana, Aphrodite. Au cœur du temple du pape, dans une pièce, un garçon est assis, le nez collé sur son bureau. En y regardant de plus près, il lui manque le bras gauche, et c'est de sa main droite qu'il tourne habilement les pages d'une lettre. Inutile de le nommer : c'est Kassel. Une fois la lecture terminée, il pousse un profond soupir et marmonne en crachant les mots :

« Qu'est-ce que c'est que ce roi ? Il est fou... »

Qu'il reste bouche bée n'a rien d'étonnant. L'expéditeur de cette lettre, c'est le roi Maintia de Fradime. Tous les deux ou trois jours, il envoie un courrier au pape. Au début, Kassel croyait qu'il s'agissait de demandes de report de sa venue à Aphrodite, mais en lisant le contenu, il en est resté sans voix. Y figuraient des choses comme ceci :

« Depuis peu, mon état empire et je ne peux plus partager la couche de mes concubines. Déjà vingt nuits à vide, je n'en peux plus. Je vous prie de bien vouloir m'envoyer au plus vite un remède. Je souhaite aimer mes concubines encore plus qu'auparavant. D'ailleurs, de nouvelles servantes sont récemment arrivées au château d'Arisun, et j'aimerais en choisir trois pour partager leur couche. Je leur porte un intérêt tout particulier et compte bien leur faire faire des expériences variées. Pour cela, il faut augmenter la fréquence de nos ébats bien au-delà d'avant. Je vous saurais gré de bien vouloir comprendre ma détresse et d'y donner suite. »

Qu'on ose écrire et envoyer pareille chose sans la moindre pudeur, à découvert, dépasse même l'imagination de Kassel. Il étale sur son bureau toutes les missives reçues de Maintia jusqu'ici et les passe une à une, dans l'ordre d'arrivée.

« Il m'est poussé une tumeur dans le dos, j'ai essayé divers médicaments sans le moindre effet. Ne pourriez-vous pas m'envoyer l'un des vôtres, ceux que possède la Théocratie ? Précisons que la tumeur se loge sous l'omoplate droite, fait grosso modo la taille d'un poing, et est légèrement tiède. Ne sachant que faire, je vous saurais gré de me guider. »

La première lettre de Maintia, c'était ça. À l'époque, Kassel l'avait prise pour une simulation et l'avait balayée d'un rire.

Puis, trois jours plus tard, arriva une nouvelle missive où était écrit ceci :

« L'enflure dans mon dos ne montre aucun signe de régression. Est-ce dû à mon alimentation ? S'il existe des aliments favorables à la guérison, je vous prie de me les indiquer. Je m'engage à manger ce que vous me direz. »

Même à ce stade, il ne doutait pas de la supercherie. Mais d'un autre côté, l'envie lui prit de se moquer un peu de ce roi. Il répondit donc en listant au hasard quelques noms d'herbes et d'ingrédients réputés rares, sans oublier de fixer une date de comparution à Aphrodite.

Mais dès l'envoi de cette lettre, il se mit à recevoir du courrier de Fradime presque chaque jour. Le contenu : des rapports sur la consommation des ingrédients indiqués, ce jour-là sautés, ce jour-là mijotés, des comptes rendus d'une banalité confondante rédigés avec le plus grand sérieux.

Kassel était sidéré, et exaspéré. D'ordinaire, quand un ordre de comparution tombe de Crimiana, les rois s'aplatissent, chargent des tributs et se pressent à Aphrodite. Ceux que la Théocratie marque comme cibles de討伐 sont quasi systématiquement anéantis. La terreur de Crimiana, il pensait qu'elle imprégnait tous les pays du monde.

L'unique exception, c'est Agartha, qui ignore complètement les injonctions, et dont la soumission ne pourra passer que par une invasion militaire et un écrasement total. Mais Agartha est un pays neuf, dont le roi lui-même est un ancien esclave — bref, il « ne sait pas », et c'est pour ça qu'il peut ignorer la Théocratie. En revanche, Fradime vénère Crimiana depuis des générations, avec plus ou moins de ferveur ; impossible qu'ils ignorent sa redoutabilité. Et pourtant, pas la moindre excuse, ils envoient ces lettres en sifflotant, et pour finir cette lettre indécente à souhait. Kassel ne sait plus sur quel pied danser face à l'humanité de ce Maintia.

« C'est peut-être un vrai crétin, au-delà de ce que recense le Livre de Sukurei. »

Pourtant, Fradime compte le Daijō-ō Ribon, un homme d'exception. Est-ce que le Daijō-ō ignore les agissements de son fils ? Inconcevable. C'est lui qui gérait la politique jusqu'ici ; impensable qu'il laisse partir pareilles lettres indécentes sans réagir.

« Et si j'envoyais une équipe médicale à Fradime, pour voir ? »

Il lève les yeux au ciel et marmonne, sans s'adresser à personne.

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