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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 296

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Chapitre 296

Chapitre 296

Chapitre 296/40174%~8 min de lecture1 470 mots

« Hmm… »

Celle qui grognait en levant les yeux au ciel était Considie, l'une des épouses de Rinos. Elle tenait sa fille bien-aimée, Piatrisse, dans ses bras, tout en creusant un sillon impossible à effacer entre ses sourcils. À première vue, on aurait cru qu'elle s'inquiétait pour l'éducation de son enfant, mais il n'en était rien. Piatrisse dormait paisiblement dans les bras de sa mère, son visage rayonnant de bonheur.

Considie ruminais la même pensée depuis le matin. Une phrase prononcée par Rinos lui restait en travers de la gorge. C'était plus tôt, alors que Rinos et Gon discutaient ensemble ; elle avait surpris par hasard ces mots :

« De toute façon, les méchants, ils utilisent le "nomuu", non ? »

Le mot « nomuu » lui était totalement inconnu. D'ordinaire, même face à un terme qu'elle ne connaissait pas, son intuition lui en soufflait le sens ; mais cette fois, rien. Elle avait mobilisé toutes les connaissances accumulées au fil de sa vie, sans trouver la moindre trace de « nomuu », ni même l'avoir déjà vu écrit.

Il aurait suffi de demander à Rinos pour être fixée, mais le malheur voulait qu'il soit parti à Agartha. Impossible d'aller le déranger en pleine séance de gouvernance pour lui demander : « Maître Rinos, qu'est-ce que le "nomuu" ? » Elle n'était pas une femme à ce point incapable de lire l'air.

J'attendrai son retour et je lui demanderai alors… Elle s'était dit cela une première fois, pourtant l'inquiétude persistait. Plus elle essayait de ne pas y penser, plus l'idée l'obsédait. Elle avait désormais l'impression que chacune de ses cellules lui hurlait de découvrir ce qu'était ce « nomuu ».

L'indice était dans la phrase de Rinos : les méchants utilisent le « nomuu ». Donc, c'était sans doute quelque chose qu'employaient les voleurs. Qu'est-ce que les voleurs utilisent ? Tournevis, fils de fer, scie à métaux… Toutes sortes d'outils lui traversaient l'esprit, sans qu'aucun ne s'impose. À force de réfléchir, elle finit par avoir mal à la tête. Considie posa Piatrisse sur le lit, lui caressa tendrement le visage et lui remonta la couverture.

« … Mon dieu, qu'avez-vous ? »

Alors qu'elle descendait vers la salle à manger en se massant les tempes, Riko remarqua son état et l'interpella. Considie affirma que tout allait bien, mais l'œil de Riko ne se laissa pas duper.

« Vraiment ? Il ne faut pas forcer. Allongez-vous un peu. »

« Non, ça va. Vraiment, je vous assure. »

« Maman, jouer ! »

« Jouer, jouer ! »

Dès qu'elles aperçurent Considie, Eril et Alilia réclamèrent à corps et à cris qu'on joue avec elles. Ces derniers temps, leur vocabulaire s'était considérablement enrichi. Tandis qu'elle trouvait cela adorable, Considie prit la main des deux fillettes. Jouer avec elles la distrairait. Pourtant, le mal de tête ne cédait pas, continuant de lui marteler le crâne.

« Tss, tss, tss… »

« Maman, ça va ? »

« Ça va, ne t'inquiète pas. »

« Ce n'est pas raisonnable, Considie. Si vous restez ici, Eril et Alilia ne manqueront pas de vous réclamer. Je m'occupe d'elles et de Piatrisse, alors allez voir Mei pour qu'elle vous donne un remède. »

« Mais… »

« C'est bon, allez-y. »

Sur ces mots, Riko appela Fairy et lui ordonna de divertir Eril et Alilia. Considie, touchée par cette attention, se transféra au laboratoire de Mei.

« … Merci, Mei-chan. Je me sens beaucoup mieux. »

Considie posa sa tasse sur la table avec lenteur. Mei la regardait d'un sourire doux.

« Tant mieux. Considie-chan, quand tu te prends trop la tête, ça te donne mal au crâne, alors ménage-toi, d'accord ? »

« Oui, merci. »

Pour Considie, Mei était à la fois une sœur et une amie proche. Le fait de partager le sang des nains y était pour quelque chose, mais simplement lui parler l'apaisait. Depuis son arrivée dans la famille de Rinos, Considie avait vécu dans une tension constante ; c'est Mei qui l'avait soutenue, tant dans l'ombre que dans la lumière. À l'origine, elle aurait dû lui vouer du respect, mais Mei lui avait demandé de ne pas utiliser le langage honorifique, et Considie en avait profité pour se comporter en amie.

« Dis… Mei-chan, si tu sais, tu pourrais me le dire ? »

« Bien sûr, si je peux t'aider. »

« Tu connais le "nomuu" ? »

« Le "nomuu" ? »

Les yeux de Mei se tournèrent vers le plafond. C'était l'expression qu'elle faisait quand elle ne savait vraiment pas.

« Ecoute, ce matin, Maître Rinos en a parlé avec Gon-san. Il a dit : "Les méchants utilisent le nomuu". »

« Les méchants… »

« Voilà. Si les méchants utilisent quelque chose pour faire le mal, ce sont des voleurs, non ? Qu'est-ce que les voleurs utilisent ? En y réfléchissant, plein de choses me viennent à l'esprit. Et à force de ruminer, j'ai fini par avoir mal à la tête… »

« Je vois. Oui, c'est vrai. Les voleurs… Quand j'étais petite, j'ai entendu une vieille histoire. Ne serait-ce pas la Clé de Crossover ? »

« La Clé de Crossover ? »

« Aussi appelée la Clé Ultime, c'est un objet magique. Elle peut prendre n'importe quelle forme, s'adapter à la serrure la plus complexe. Autrefois, un grand voleur l'aurait utilisée pour piller les trésors du monde entier… Mais on dit qu'elle a suscité la colère des dieux et a été plongée au fond des mers. Est-ce que ce ne serait pas cela ? »

Considie porta son index sous son menton, leva les yeux au ciel et réfléchit un moment. Puis elle reporta son regard sur Mei et parla lentement.

« Oui, c'est sûr, c'est ça. Merci, Mei-chan. Tu m'as sauvée. Un voleur a peut-être fait surface, utilisant la Clé de Crossover pour tout piller. »

« C'est grave ! Si on ne prend pas de contre-mesures, le trésor d'Agartha sera en danger. »

« C'est vrai… Bon, je m'en charge. »

« Hein ? Toi, Considie-chan ? »

« Je vais en parler à l'atelier des nains. Et je consulterai mon père et mon frère à Niza. Et puis, je mettrai au point une serrure que même la Clé de Crossover ne pourra pas forcer. Il n'y a rien que nous, les nains, ne puissions faire ! »

Sur ces mots, Considie remercia poliment Mei et regagna le manoir de la capitale impériale.

Cette nuit-là, Considie se dirigea vers la chambre de Rinos.

Sur le lit, elle saisit fermement les deux mains de Rinos, lui ouvrit grands les yeux et, comme pour faire une déclaration solennelle, lança d'une voix assurée :

« Maître Rinos, soyez tranquille. Ça va s'arranger. »

« Hein… ? Quoi ? »

« Le trésor d'Agartha est inébranlable. On peut fabriquer une serrure que même le "nomuu" ne pourra pas ouvrir ! J'en ai parlé à mon père et mon frère, ils m'ont dit que c'était faisable. Attendez-vous à une bonne nouvelle ! »

« Attends un peu, de quoi tu parles ? Le "nomuu" ? C'est quoi, ça ? »

« Mais si, ce matin, vous parliez tous les deux, Gon-san et vous. »

« Gon et moi ? »

« Vous avez dit : "Les méchants utilisent le nomuu". »

« Les méchants ? … Ah, mais c'est peut-être pas "nomuu tsukau", mais "nomu, utsu, kau" ? »

« Hein ? »

« Les méchants, c'est ceux qui ont les trois vices : boire, jouer, acheter… Enfin, un truc dans le genre, dont je parlais avec Gon. Ça doit être ça. »

« Heu… ? Moi… j'ai peut-être… »

« Quoi ? »

Considie lui expliqua, honteuse, qu'elle avait mal compris, qu'après concertation avec Mei, elles avaient conclu que c'était la Clé de Crossover, et qu'elle avait lancé tout le clan nain, roi compris, dans le développement d'une serrure inviolable.

Rinos, les bras autour du ventre, éclata de rire. Il riait aux larmes, disant qu'elle avait poussé la réflexion incroyablement loin. Considie, le visage écarlate, au bord des larmes, murmura d'une toute petite voix :

« Moi… je fais comment… ? »

« Non, reste comme tu es. »

« Qu'est-ce que vous voulez dire ? »

« Une serrure que personne ne peut forcer, c'est merveilleux, non ? Si ça aboutit à quelque chose d'utile pour les gens, c'est un succès total. Il n'y a pas de quoi s'en faire. Si quelqu'un ose se plaindre, c'est moi qui m'excuserai. Considie, tu n'as rien à regretter. »

« Ah, merciiiii… »

Considie pleura dans la poitrine de Rinos. Il continua longtemps de lui caresser doucement le dos. Enveloppée par la chaleur de son corps, elle jura au fond d'elle-même de l'aimer jusqu'à la mort…

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