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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 193

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Chapitre 193

Chapitre 193

Chapitre 193/33158%~7 min de lecture1 284 mots

Glarina Neve. Vingt-six ans. Elle avait rejoint l'Institut de recherche médicale de Crimiana il y a à peine deux ans.

Dans la théocratie de Crimiana, le renouvellement du personnel avait lieu tous les quatre ans, lors du Jimoku ; en dehors de cette période, les mutations étaient rares. Cela dit, les expulsions prononcées par la théocratie ne suivaient pas cette règle.

Glarina était entrée discrètement à l'Institut de recherche médicale de Crimiana en cours de carrière. Sa présence était si bien tenue secrète que beaucoup de ses propres collègues ignoraient jusqu'à son existence.

À l'origine, Glarina ne venait pas du monde médical. Elle était née au royaume de Corislin, à deux jours de bateau de la théocratie de Crimiana. Sa famille tenait un commerce de bois prospère et elle avait grandi sans connaître le moindre manque.

Dès l'enfance, elle aimait étudier et ses notes étaient excellentes. Ce qui l'avait passionnée, c'était l'alchimie : les tentatives pour créer de l'or à partir de divers minerais l'avaient captivée, et même à l'université royale, elle avait choisi cette spécialité.

Un jour, elle croisa la route d'un événement qui changea sa vie.

Un article de journal découvert par hasard à l'université. Il y était rapporté qu'Imani, de l'Institut de recherche médicale de Crimiana, avait mis au point une méthode pour guérir les pertes de substance du corps humain sans recourir à la magie.

Cette invention, cette découverte qui dépassaient les limites de l'humain, ébranlèrent profondément son cœur. Glarina abandonna ses recherches en alchimie pour se vouer à la médecine.

Son acharnement au travail devint légendaire à l'université royale de Corislin. Là où quiconque aurait mis quatre ans pour assimiler les connaissances médicales, elle les maîtrisa en une seule année. Et elle obtint l'autorisation exceptionnelle de participer aux recherches sous la direction du professeur Gadi, autorité médicale de l'université royale de Corislin.

L'université de Corislin rivalisait avec l'Institut de recherche médicale de Crimiana pour l'autorité en médecine. Les travaux du professeur Gadi, à la tête de la faculté de médecine, étaient remarquables ; en particulier, pour le traitement du Wehild — ce qu'on appelle le cancer —, réputé difficile même avec la magie de guérison de niveau 3, il avait obtenu un résultat majeur : en combinant magie de guérison de niveau 3 et médicaments, il parvenait à en supprimer dramatiquement la progression.

Environ un mois après qu'elle eut rejoint l'équipe du professeur Gadi, un événement fit que celui-ci porta très haut son estimation de Glarina. Tout commença quand Gadi demanda à ses assistants de compiler les derniers articles sur le traitement du Wehild et de les présenter en réunion de laboratoire une semaine plus tard.

Glarina lut cent articles avant l'échéance et livra une présentation impeccable : historique des traitements du Wehild, méthodes les plus récentes, problèmes posés et pistes de solution.

Dès lors, son intelligence fut saluée par le professeur Gadi et l'ensemble des assistants ; jointe à sa beauté diaphane, elle fit d'elle, en un clin d'œil, une célébrité de l'université.

Qui plus est, sous la direction de Gadi, elle signa une prouesse supplémentaire : une méthode pour freiner la progression du Wehild sans employer de magie. On broyait finement l'organe atteint, on le plaçait dans un bécher, on l'imbibait d'alcool titré qu'on portait à ébullition ; le liquide résiduel, utilisé comme médicament, inhibait la progression du Wehild avec une forte fréquence.

L'université de Corislin fut en émoi. Peut-être Glarina allait-elle développer une méthode menant à la guérison radicale du Wehild. Une rumeur d'une ampleur considérable se mit à courir dans l'enceinte universitaire.

C'est ici que l'université de Corislin commit une erreur. On ne creusa pas la raison pour laquelle le fait de faire bouillir de l'alcool freinait le Wehild ; on ne retint que le point « forte fréquence d'inhibition ».

L'université jugea que l'idée de Glarina — faire bouillir de l'alcool pour produire un médicament — était brillante et lui proposa de rester comme chercheuse supérieure à vingt mille G par mois, soit deux millions de yens.

L'affaire fit le tour du pays en un instant. Pire : la rumeur traversa la mer et parvint aux pays voisins. La théocratie de Crimiana en faisait partie ; chaque nation tenta d'attirer la brillante chercheuse Glarina par tous les moyens, et toutes essuyèrent un échec. De là naquit le bruit, murmuré avec conviction dans les pays environnants : « L'université de Corislin et le professeur Gadi ne lâchent pas le bas de la blouse de Mme Glarina. »

C'est la théocratie de Crimiana qui la voulut. Pour être précis, le directeur de l'Institut, Imani, la désirait ardemment. La théocratie usa de toute l'influence de l'Église de Crimiana pour exiger du royaume de Corislin qu'il laisse Glarina étudier à Crimiana. Le royaume de Corislin parvint d'abord à esquiver, mais lorsqu'une lettre de requête signée de la main même du pape lui fut présentée, il n'eut d'autre choix que de céder.

L'université de Corislin, elle, ne voulait pas se séparer de Glarina. Elle imagina un compromis : lui décerner un doctorat et l'envoyer à Crimiana en tant que chercheuse post-doctorale. Qui plus est, les frais de voyage et de séjour seraient pris en charge par l'université de Corislin.

Cette attitude visait à prévenir le débauchage et constituait, en quelque sorte, un camouflet adressé à Crimiana ; mais elle ne fit qu'attiser davantage l'intérêt de la théocratie. La réputation appelait la réputation.

La théocratie, de son côté, commettait une autre erreur : elle ne rendit pas l'existence de Glarina publique.

Mme Glarina a des idées formidables. Ces idées ne doivent pas être connues. Si on les exploite pour créer une nouvelle méthodologie, elle deviendra la propriété de Crimiana. Tel était le calcul qui prévalut.

Dès son entrée au laboratoire, elle produisit des résultats. Elle découvrit qu'en ajoutant une infime quantité de sel au liquide de régénération corporelle mis au point par Imani, on en potentialisait l'effet.

À ce moment, deux hommes tombèrent sous le charme de sa recherche. L'un était le directeur, Imani. L'autre, la sous-directrice, Darina.

Ils l'intégrèrent au projet, alors à l'arrêt, de mise au point de médicaments spécifiques contre le kirisurei, le gaisha et le rurowansu, et relancèrent les recherches. En matière de développement de médicaments spécifiques, nul ne surpassait Darina à l'Institut. Celui-ci mit en œuvre l'idée de Glarina — utiliser la bile d'hommes-moutons sur des patients atteints de chacune de ces maladies — et obtint des guérisons, des suppressions de progression, voire des améliorations symptomatiques.

Crimiana commit là une nouvelle erreur. On dissimula que les patients avaient été pris en charge par Glarina. Darina lui-même n'avait fait qu'employer la bile « parce qu'on lui avait dit : "Utilisez-la, s'il vous plaît" » ; comme cela avait abouti à des résultats, il les avait publiés, rien de plus.

Pourquoi ces maladies s'infectent-elles via les fluides corporels de certains hommes-bêtes spécifiques ?

Preuve de la voie d'infection.

Preuve de l'efficacité du médicament spécifique.

Les questions s'accumulaient, mais la présence à ses côtés de grands chercheurs comme Imani et Darina fit que le personnel de l'Institut accorda sa confiance. L'affaire prit une ampleur croissante. On ne portait plus l'attention sur la vérification expérimentale, mais sur la manière de s'approprier pour la théocratie les découvertes et les développements de Glarina. Après tout, elle n'était qu'un prêt du royaume de Corislin. Comment empêcher que ses découvertes, ses résultats ne retombent dans l'escarcelle de Corislin… C'était sur cette recherche-là qu'on s'employait avec zèle.

Personne n'avait regardé le contenu de ses recherches.

Et lorsque, sur la poursuite de la reine d'Agartha, Meiriasu, et la demande de Roini de Poesehai, Imani et Darina revérifièrent les cahiers d'expérience de Glarina, ils reçurent un choc terrible.

Le cahier d'expérience soumis n'était qu'un unique volume.

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