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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 1125

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Chapitre 1125

Chapitre 1125

Chapitre 1125/117995%~7 min de lecture1 279 mots

L'établissement du système de purification d'eau par howōro progressa sur un rythme soutenu. À cela, les conseils que prodiguait le Daijō-ō Ribon à chaque occasion avaient une efficacité remarquable. Il était sérieux. Jour et nuit, il étudiait pour faire aboutir cette technique.

Lorsque des résultats tangibles apparurent, on décida de tenter l'expérience sur le terrain et l'on choisit d'édifier l'installation dans le duché de Niza. Le duc-roi n'avait aucune objection à formuler ; il l'accueillit avec une joie manifeste, promit de ne ménager aucun effort et afficha un large sourire.

Vint le moment de construire l'installation, et le Daijō-ō Ribon lui-même se présenta dans le duché de Niza pour en surveiller le chantier. Toujours aussi casse-pieds, les ouvriers en eurent maille à partir, mais ses indications étaient justes et ils n'eurent d'autre choix que de s'y plier, non sans maugréer.

Shidī et moi avions conseillé au duc nain de laisser ce vieil homme tranquille, mais comme il s'agissait de l'ancien roi du royaume de Fradime, le duc-roi n'avait pas pu se résoudre à l'ignorer. Il avait convié le Daijō-ō au palais et organisé un banquet en son honneur. Le Daijō-ō, qui n'apprécie guère ce genre de choses, avait décliné, mais le duc-roi l'avait forcé à y participer en insistant lourdement.

Nous, nous aurions aisément imaginé que cela provoquerait la colère du Daijō-ō et engendrerait par la suite des complications, mais le duc-roi l'ignorait visiblement. Comme prévu, les deux hommes s'engluèrent dans une dispute technique d'une rare violence.

D'un côté, le duc-roi qui se targuait d'être le numéro un mondial en matière de technique ; de l'autre, le Daijō-ō qui ne se croyait pas en reste sur le plan du savoir. Aucun ne céda d'un pouce et ils oublièrent le temps à argumenter. Interrogé après coup, le chancelier Yuri rapporta que le même débat tournait en boucle depuis des heures, au grand stress de l'entourage. En l'apprenant, Shidī et moi échangeâmes un hochement de tête résigné.

Selon Shidī, ces deux-là entretiennent une relation de « haïssables mais adorables ». Ils reconnaissent mutuellement leur génie, mais aucun ne peut accepter de perdre ; dès qu'ils se rencontrent, c'est invariablement ce scénario qui se rejoue. Pourtant, s'ils ne se voyaient plus du tout, ils en ressentiraient un vide. C'est d'une complication extrême, mais on en vint à la conclusion qu'il valait mieux ménager une occasion de dialogue, une fois l'an environ, en choisissant le bon moment.

« Hé hé~. Papa non plus n'avait donc pas d'ami intime de ce genre ? »

Le roi Maintia, informé de l'anecdote, prit la parole avec un air réjoui.

« Un ami intime ? »

« Un ami intime, oui. Puisqu'ils peuvent discuter librement sans se soucier l'un de l'autre, comment appellerais-tu cela sinon ? »

« C'est une façon de voir les choses. »

« C'est ça. Du coup, Papa n'a qu'à rester indéfiniment au duché de Niza sans se formaliser. »

« Ça risque de poser problème aux gens qui servent le duc-roi. »

« Certes, c'est vrai. Kukkuku. »

Une fois rentré à Fradime, ce roi reprit le chemin de la capitale chaque week-end pour passer du temps avec les artistes qui l'admirent. La popularité de ce « Tia-sama » est considérable : ils ne sont pas nombreux, mais ceux qui le vénèrent le traitent peu ou prou comme une divinité. Je suis prêt à parier que s'il leur ordonnait de mourir, ils s'exécuteraient avec le sourire.

Ce seigneur fou a tout de même une qualité : il dépense sans compter pour les artistes qu'il juge dignes d'intérêt, agissant en véritable mécène. J'ai failli lui lancer : « L'argent que tu dépenses, ce n'est pas l'impôt prélevé sur les sujets de Fradime ? », mais il m'assura que c'était le fruit de la vente de ses propres tableaux. Les œuvres de Tia-sama ont fait boule de neige ; une poignée de collectionneurs achètent à des prix sans plafond, si bien qu'il est devenu immensément riche. Et comme il consacre cette fortune aux autres au lieu de la garder, c'est méritoire.

Logement, vêtements, outillage… jusqu'aux frais de coiffeur, il prend tout en charge. Et exclusivement chez des fournisseurs de premier ordre. « Sans côtoyer l'excellence, on ne peut créer l'excellence », tel est le credo de ce seigneur fou. Il recommande aussi de visiter les ateliers des artistes prometteurs, d'aller voir les pièces jouées au théâtre national.

Seulement, les artistes qu'il repère sont tous des inconnus qui ne vendent pas. Et ceux qu'il encense sont d'une sucherie telle qu'on en arrive à se demander « qui ? ». Au début, je me suis dit que, n'étant lui-même apprécié que d'une minorité de maniaques, il ne pouvait valoriser que des gens tout aussi marginaux. Mais sa logique était un peu différente.

Lorsque je lui demandai pourquoi il ne soutenait pas les artistes à la mode, sa réponse fut cinglante.

« Dès l'instant où ils deviennent à la mode, ils sont déjà foutus. »

Devant mon incompréhension, il secoua la tête avec un air d'exaspération.

« Ce qui est vraiment bon n'est pas compréhensible de tout le monde. Seuls ceux qui connaissent l'authentique peuvent le reconnaître. En tout cas, je me targue de posséder cet œil. »

J'arborai une mine à mi-chemin entre la compréhension et le doute. Face à moi, il adopta un ton pédagogique.

« Un véritable artiste, vois-tu, c'est quelqu'un qui se fiche éperdument de la critique du monde et de la société pour avancer obstinément sur la voie qu'il croit juste. Cela signifie qu'il n'obtient pas la reconnaissance du public. S'on les laisse faire, ils finissent par devoir cesser leur activité. Pour l'éviter, des gens comme moi sont absolument indispensables. »

« En résumé, c'est du mécénat, non ? C'est-à-dire que tu donnes de l'argent en échange de… quoi, déjà ? Une nuit ensemble ? C'est quand même limite. »

« Eh bien, pour les femmes, oui. Je suis un homme, moi aussi. Si une artiste touche ma corde sensible, il est naturel que je la courtise. Ne pas le faire serait une impolitesse. »

« Et si elle refuse, tu coupes les vivres ? »

« Comme tu y vas, toi. Tu me prends pour un homme sans cœur ? Ne me mets pas dans le même sac que les males ordinaires. Cela dit, pour l'instant, aucune femme que j'ai courtisée ne m'a refusé. C'est en approfondissant la relation qu'on peut approfondir le soutien. »

« Je ne saisis pas trop… Mais vous êtes le roi de Fradime, vous ne devriez pas négliger la politique de votre pays. »

« Pour ça, je laisse faire Patterson et les autres. Moi, je me contente de fixer le cap de la nation. Que le Père décide de tout tout seul, c'est une méthode trop dépassée. »

Sur ces mots, le roi Maintia éclata d'un grand rire kerakera. Et d'ajouter, satisfait, que cette Agartha regorgeait d'artistes à la hauteur de son exigence, ce dont le pays devait s'enorgueillir, et qu'il fallait les soutenir au niveau national.

Trouvant l'idée douteuse, je rentrai au manoir pour en référer à mes épouses. Contre toute attente, Riko et Soleil adhérèrent, et le royaume d'Agartha créa un fonds de soutien aux artistes. Le roi Maintia se réjouit de la mise en place de ce fonds et y apporta sa pleine coopération.

Les artistes qui purent poursuivre leur activité grâce à ce fonds finirent par fonder de leurs propres mains une université qui devint la première école d'art au monde, dont les diplômés récoltent aujourd'hui les plus hauts louanges à travers la planète. Mais ni moi, ni Riko, ni le roi Maintia n'avions même entrevu un tel avenir à l'époque.

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