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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 1123

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Chapitre 1123

Chapitre 1123

Chapitre 1123/117995%~7 min de lecture1 345 mots

« Uuu… anou, eeto… »

Je bredouille. Je bredouille complètement. Alors que je devrais expliquer les choses au Daijō-ō avec une aisance aussi fluide que de l'huile d'olive, les mots ne sortent pas. Ah, c'est mauvais. Je risque de le mettre une fois de plus dans une colère noire.

Alors que j'y réfléchissais, Mei a ouvert la bouche.

« Quant à ce point, soyez tranquille. Considie mobilise actuellement l'ensemble de ses compétences techniques pour mener des expériences. Je suis convaincue que nous pourrons vous apporter de bonnes nouvelles dans un futur proche. »

Hein ? Mei-chan, qu'est-ce que tu racontes ? Les résultats ne sont pas encore sortis, non ? Ou plutôt, le laboratoire de Shidī a explosé et on est en pleine rénovation en ce moment même…

Je tourne involontairement mon regard vers Mei. L'ayant remarqué, elle me regarde en retour avec des yeux pétillants.

« Si cela est possible, je souhaiterais ardemment observer cette expérience. »

La voix de Reborn Daijō-ō résonne. Je le regarde : ses yeux brillent eux aussi. C'est donc ça, ce qu'on appelle…

« Certainement, veuillez la regarder. »

Mei répond avec un air ravi. Le Daijō-ō hoche la tête, satisfait. En observant la scène, je frémis en pressentant que ça va devenir un sacré bordel.

***

« …Bon ? Le vieux, il arrive quand ? »

Shidī reste plantée là, les bras croisés. Son visage légèrement rouge doit venir du bain qu'elle vient de prendre, je veux bien le croire. On dirait même qu'une sorte de vapeur s'élève de son corps, mais ça aussi, je préfère l'attribuer au bain.

La discussion avec le Daijō-ō s'est étirée en longueur. Bien sûr, c'était Mei qui parlait. Tous deux n'ayant pas eu leur compte dans la salle d'audience, ils ont été conduits dans la chambre privée du Daijō-ō pour continuer à palabrer. Bien sûr, le contenu dépassait entièrement mon entendement. À ce moment-là, j'avais sans doute les yeux morts. Enfin, dans ce genre de situation, il n'y a qu'à crever. Pour faire une comparaison, c'était l'état du mec qui accompagne sa copine au rayon cosmétiques. On ne peut qu'avoir les yeux morts.

La conversation à deux, ou plutôt le monologue unilatéral du Daijō-ō, n'en finissait pas, et on a même eu droit à un repas avant de rentrer. Les yeux brillants, il m'a serré la main vigoureusement en disant : « Je me réjouis de visiter le nouveau laboratoire d'Agartha. »

Rentré à la maison, j'ai cherché Shidī tout de suite, mais on m'a dit qu'elle était au bain avec les enfants. Impossible pour moi de débarquer là-dedans, me disais-je, quand elle est sortie pile au bon moment et a filé droit à la chambre. Bon timing ou mauvais timing, je me suis souvenu que c'était le tour de Shidī ce soir-là, et je me suis laissé guider vers le bain avant d'en ressortir vite fait. Elle m'attendait déjà au lit. Tout en me sentant coupable, je lui ai raconté la fin de l'histoire, et elle a bondi du lit comme un ressort.

« C'est mort pour un moment. Dis au vieux de reporter sa venue. »

« "Un moment", ça veut dire combien ? »

« Deux… trente ans. »

J'avale les mots : « Le papy va crever d'ici là. » Je sais pertinemment que dire « Ah come on, c'est pas drôle comme blague » ne ferait qu'l'énerver davantage, alors je me tais. Ou plutôt, l'ambiance qu'elle dégage laisse penser qu'elle le pense pour de bon.

Soudain, un frisson glacé me parcourt l'échine. Impossible de savoir si c'est la peur ou un simple coup de froid après le bain, alors je tente d'enlacer Shidī devant moi pour l'instant.

Une douce chaleur me parvient. Le bon parfum de sa sortie de bain me chatouille les narines.

« Nnnn ! »

Shidī grogne et secoue ma main. Je lève involontairement les yeux au ciel.

« Bon, qu'est-ce que t'as dit au vieux ? Raconte. »

Je rapporte à Shidī ce que Mei a dit. Son expression se transforme progressivement en un air embarrassé.

« Mei-chan… quelle bavarde… »

Une fois mon récit fini, Shidī lâche ça en levant les yeux au ciel. Je reste planté là, sans comprendre ce qui se passe.

« En effet. En effet, l'expérience a atteint un certain stade. J'avais le sentiment qu'en la répétant encore quelques fois, nous pourrions obtenir des résultats stables. »

« Heu, ça veut dire… ? »

« …C'est ça. »

« Ah bon. »

« Hey, ne te rassure pas. On n'a pas encore de vrais résultats. »

« Mais du point de vue de Shidī-chan, y a un certain stade… »

« Qui est atteint, mais si le vieux débarque, c'est une autre histoire. Tu crois qu'il va regarder et rentrer gentiment ? Absolument pas, il va poser des questions à tout-va. Surtout, comme il me prend de haut, j'ai l'impression qu'il va nous sortir des questions vicieuses. Si je ne peux pas y répondre, il me regardera encore plus de travers, donc je veux qu'il attende qu'on ait un stade solide. »

« Il regarde ça comme ça, lui ? Ce vieux a quand même un certain sens de l'observation, je trouve. »

« Ce vieux, il appelle Mei-chan "Meiriasu-dono", et moi "sonata". C'est clair qu'il pense que je ne vaux pas Mei-chan. »

« Comment dire… Moi, Mei dit que sa propre technique sera un jour dépassée par Shidī-chan. Et je pense que le Daijō-ō reconnaît aussi les compétences de Shidī. »

« Non. J'ai l'impression que ce vieux n'apprécie pas ma personnalité, pas ma technique. »

« Heu ? Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« C'est un vague ressenti, mais bon. »

« Par exemple, quel genre ? »

« Hum… Ma grossièreté ? Mon manque de tenue ? Mon incapacité à ranger ? Mei-chan, elle, range bien et a une bonne tenue, donc sur ce point elle me regarde de haut, je pense. »

« Anou… ce point-là, avec des efforts, on peut pas s'améliorer… ? »

À mes mots, Shidī affiche une mine manifestement désagréable.

« M-Mais moi, j'aime bien Shidī comme ça. Regarde, on dit que les humains trop parfaits n'ont pas de charme. C'est parce qu'on a des points forts et des points faibles que le charme humain ressort, non ? »

« …Moi, je suis une naine, ceci dit. »

« Moi, j'aime Shidī comme ça. »

En disant ça, j'enlace Shidī à nouveau. Cette fois, contrairement à tout à l'heure, son corps est froid. Elle risque d'avoir froid si ça continue, d'ailleurs moi aussi j'ai froid, me rappelé-je, et je la porte jusqu'au lit en la serrant contre moi.

***

Finalement, la visite du Daijō-ō a été fixée à un mois plus tard. En passant, on a calé le retour du roi Meintia qu'on héberge pour qu'il rentre au pays en même temps. Le bouffon de roi a accepté à contrecœur. Apparemment, il envisageait à moitié sérieusement de s'installer définitivement à Agartha. Je réalise à nouveau à quel point ce roi est effrayant.

Il fallait réparer le laboratoire de Shidī avant la venue du Daijō-ō, donc les travaux ont dû être menés à marche forcée. Je me suis mis à bosser dessus en heures supplémentaires après mon boulot quotidien. Au début, je pensais que ça prendrait un temps fou, mais en m'y mettant, la pièce s'est faite quasi instantanément. Les travaux en eux-mêmes ont pris deux heures grand max, et avec les réglages fins, trois jours ont suffi. La magie de terre est rudement pratique : une fois qu'on a lancé un sort, on peut le reproduire illico. Du coup, je n'ai presque pas fatigué, mais Riko et les autres ont dû croire que je faisais un travail de forçat, parce qu'à mon retour au manoir, tout le monde a été d'une gentillesse extrême avec moi.

Une fois la pièce prête, le matériel a été livré direct et le laboratoire a retrouvé son état d'avant. Shidī s'y est de nouveau enfermée pour donner la touche finale aux expériences…

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