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Kekkaishi e no Tensei

Chapitre 1094

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Chapitre 1094

Chapitre 1094

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Combien de temps s'était-il écoulé ? En réalité, il ne s'agissait que de quelques minutes, mais pour les officiers d'état-major, cela avait paru durer des dizaines de minutes. Un silence inquiétant, indescriptible, s'était installé là.

Ils étaient tous perplexes, mais ne se lançaient pas le moindre regard en coin, se contentant de fixer sans relâche l'homme qui se tenait devant eux.

Peu après, un messager accourut à grandes enjambées. Un navire de nationalité inconnue approchait au large dans leur direction.

« Commencez par mettre un canot à l'eau pour en savoir plus. »

Almond prononça ces mots et referma les yeux.

L'information parvint également à l'armée de Horolado.

Dès qu'ils surent qu'un navire de nationalité inconnue s'approchait, ils le déclarèrent ennemi sans la moindre hésitation. Selon leur logique, pour s'amarrer au port appartenant au royaume de Horolado, une autorisation était impérative, et à cette occasion, il fallait obligatoirement hisser le pavillon national ou le peindre sur la voile ; or, le rapport indiquait que rien de tout cela n'avait été fait. Pire encore, le navire n'avait même pas de voile déployée.

Le commandant sur place soupçonna une épave, mais rejeta vite cette idée. Le navire filait droit sur la ville d'Erlio sans donner l'impression d'avoir le moindre problème. Par conséquent, l'information ne fut pas transmise au commandant en chef Toryaros, et sur la seule décision de ce commandant, l'ordre fut donné d'attaquer immédiatement pour le chasser, voire le couler.

Les soldats de l'armée de Horolado, ayant reçu l'ordre, se déplacèrent sur la falaise dominant la mer, s'alignèrent en une ligne et bandèrent leurs arcs. Au moment même où l'armée de Lamaron s'apprêtait à mettre ses canots à l'eau, l'ordre de tir fut donné et une pluie innombrable de flèches s'abattit sur le navire.

Les flèches volèrent vers le navire avec un sifflement aigu, comme pour déchirer le ciel. Juste au moment où elles allaient le transformer en passoire, un phénomène étrange se produisit.

Les flèches s'étaient arrêtées net devant le navire. À première vue, on aurait cru qu'une multitude de flèches s'y étaient plantées, mais certaines restaient suspendues en plein vol. Une agitation parcourut les soldats, ne comprenant pas ce qui se passait. Le commandant ordonna à nouveau l'attaque. De nouveau, une multitude de flèches furent décochées vers le navire. Mais cette fois, avant d'atteindre leur cible, les flèches s'enflammèrent et tombèrent à la mer. Vu de l'armée de Horolado, cela ressemblait à une explosion. La scène était parfaitement visible depuis le camp de l'armée impériale de Lamaron commandée par Almond.

« Inutile de mettre les canots à l'eau. Rappellez les soldats. Seule cette personne au monde est capable d'une chose pareille. »

En disant cela, Almond afficha une expression apparemment déçue et s'assit sur son siège.

***

Trente minutes plus tard, Almond et les officiers d'état-major de l'armée de Lamaron baissaient la tête face à quatre militaires. Il y avait trois hommes et une femme. L'un d'eux était assis sur une chaise préparée, arborant une expression bienveillante. À sa droite se tenait une femme, à sa gauche deux hommes. Tous quatre étaient revêtus d'armures.

« Je n'aurais jamais imaginé que vous daigneriez vous déplacer jusqu'ici, Almond. Quel motif vous amène jusqu'à Erlio... Roi d'Agartha ? »

Une tension étrange saturait l'air. Au milieu de cela, 'ouvrit la bouche avec un air gêné.

« Non, il y a une chose qui m'inquiétait un peu, c'est pour cela que je me suis déplacé jusqu'ici. Je m'excuse d'être arrivé sans prévenir. Je n'aurais jamais cru que la navigation se passerait si bien... »

À ces mots, Almond afficha une expression dubitative. Eux, ils avaient peiné considérablement pour arriver jusqu'ici, bloqués par un fort vent d'est. Ce vent soufflait encore à l'instant même. Les conditions étaient identiques, et pourtant lui ne comprenait pas comment le seul navire d'Agartha avait pu faire une traversée aussi fluide. Mais, se dit-il avec un soupir intérieur, ce roi qui jusqu'ici avait rendu l'impossible possible et fait advenir des phénomènes au-delà de l'entendement humain, faire avancer un navire devait être un jeu d'enfant pour lui.

En effet, le navire d'Agartha avait atteint la ville d'Erlio en suivant le courant, sans subir l'influence du vent. C'était bien entendu grâce à l'aide de Torichan, la reine des mers ; avant de partir en campagne, et les siens s'étaient rendus chez elle et lui avaient offert une montagne de friandises, nouvelles créations comprises, pour obtenir sa coopération.

« Simplement, la navigation a trop bien marché, on s'est trop approchés de la terre. Je n'imaginais pas qu'ils attaqueraient sans sommation. C'est l'armée de Horolado, j'imagine ? »

« Exactement. De notre côté, la première vague a été stoppée in extremis, et la seconde a semblé s'embraser, mais c'est sans doute l'effet de la barrière déployée par Votre Majesté le roi d'Agartha. »

« Oui, pour la seconde vague. »

« Alors, celle qui a stoppé la première vague... »

« Ce sont les mages que j'ai emmenés cette fois. Je ne m'attendais pas du tout à une attaque, alors la réaction a eu un peu de retard. Ce retard, les mages l'ont comblé en déployant rapidement une barrière défensive. C'était une barrière assez bien faite, non, Mat ? »

appela Matkal, qui se tenait à ses côtés. Sans changer d'expression, elle répondit :

« C'est parce que vous n'avez pas hissé les voiles qu'on a été attaqués. Vous n'avez pas écouté ce que je disais. »

« Ne te fâche pas comme ça. »

Tout en parlant, lui piquait les fesses du doigt. L'expression de Matkal devint celle de quelqu'un qui a mordu dans un insecte amer. Son visage rougit progressivement. Almond, observant la scène, songea en lui-même que ces deux-là avaient l'air diablement proches.

« Une belle occasion s'est présentée, dirait-on. »

Almond prit la parole. Ses mots parurent inattendus, car afficha une expression surprise.

« Une occasion ? »

« Oui. En fait, le royaume de Horolado a attaqué le navire d'Agartha. Horolado a ainsi clairement affiché son hostilité envers Agartha. »

« Mouais, c'est une façon de voir les choses. »

« L'ennemi ne souhaitait sans doute pas s'aliéner Agartha. Mais à présent qu'ils ont attaqué de la sorte, ils ne peuvent plus faire machine arrière. Ils ont attaqué Agartha non pas une, mais deux fois. Ils se sont fait un ennemi du pays qu'ils voulaient éviter d'avoir comme adversaire... L'armée de Horolado sera forcément secouée par la confusion. Pour nous, une excellente occasion vient de se présenter. »

« Oui. Mais justement, Almond, comment comptez-vous mener la bataille cette fois ? »

À la question de , Almond se tourna vers ses officiers d'état-major postés derrière lui et fit un signe de menton. Immédiatement, une table fut apportée et une carte étalée dessus.

« Excusez-moi. »

Almond se leva, désigna la carte du doigt et continua.

« Voici la ville d'Erlio où nous sommes en garnison. L'ennemi a divisé ses forces en cinq corps devant le troisième fort, de ce côté, et nous encercle la ville. Ce sont probablement les troupes campées du côté de la mer qui ont attaqué le navire d'Agartha. Et voici la capitale ennemie. D'Erlio à la capitale, c'est une journée de marche en ligne droite. Nos sept mille hommes de l'armée impériale de Lamaron attaqueront pendant que l'ennemi est dans la confusion. Nous ouvrirons les portes, percerons le front ennemi sous nos yeux et foncerons d'un trait sur la capitale pour la faire tomber. »

Britton, le commandant de la défense d'Erlio, qui écoutait depuis le bout de la table, avait le visage en feu. Le commandant en chef avait donc bien l'intention de prendre la capitale ennemie. Un militaire ne doit pas se contenter de défendre son camp. S'il voit une occasion, il doit viser la capitale ennemie. Il avait repoussé l'attaque, mais cela ne suffisait pas. Il aurait dû attendre que l'ennemi s'épuise pour lancer l'assaut sur la capitale royale. S'il avait rapporté ce plan à l'Empire, le commandant en chef n'aurait pas eu à se déplacer personnellement jusqu'ici. Britton honteux de sa propre passivité.

Mais, à rebours de ses pensées, prononça des mots inattendus.

« Je vois... Cependant, pourriez-vous surseoir à ce plan pour l'instant ? »

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