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Itsudemo Jitaku Ni Kaerareru Ore Wa, Isekai De Gyoushounin O Hajimemashita

Chapitre 9 : Combien vaut une allumette ?

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Chapitre 9

Chapitre 9 : Combien vaut une allumette ?

Chapitre 9/1090%~5 min de lecture999 mots

« Mon gars, c'est quoi ce truc ?! Comment t'as fait ?! »

Le jeune homme était surexcité.

Il criait si fort que les passants s'arrêtaient et regardaient dans notre direction.

Au Japon, un tel niveau de stupéfaction m'aurait fait passer pour un complice payé.

« R-refais-le voir ! »

« Avec plaisir. »

J'ai éteint l'allumette enflammée et j'en ai sorti une autre de la boîte.

« Regardez bien. »

J'ai frotté la tête du bâtonnet contre le flanc de la boîte : le feu a pris.

« Oooooooh ! »

Cette fois, les passants ont fait chorus dans un même murmure de stupeur.

C'étaient surtout des aventuriers, mais quelques citadins s'étaient joints à eux.

« C'est quoi, ce machin ?! »

« Il a juste frotté et ça a pris feu, hein ? Hein ? Hein ? »

« Comment il a fait ? C'est de la magie ?! »

« Mais non, idiot. Qui irait gâcher de la magie pour allumer un feu ? Le gars, là, il a fait du feu avec son outil. »

« Menteur ! J'ai jamais vu ni entendu parler d'un outil pareil ! »

« Je viens de le voir de mes propres yeux ! »

Et ainsi de suite.

Mes allumettes provoquaient un joli petit attroupement.

« Mon gars, ce truc qui fait du feu… moi aussi je pourrais ? »

Le jeune aventurier me posait la question avec le plus grand sérieux.

J'ai hoché la tête.

« Bien sûr que oui. Regardez ici. Vous voyez que le bout du bâtonnet est rouge ? Cette partie rouge est enduite d'un produit inflammable, conçu pour s'enflammer quand on le frotte contre la bande rugueuse de la boîte. Vous voulez essayer ? »

« J-je peux vraiment ?! »

« Bien sûr. Ce genre de chose, il faut l'essayer soi-même. Allez, ne vous gênez pas. »

« Tu dis ça, mais tu vas pas me faire payer ensuite ? »

« Haha, certainement pas pour ça. Allez, essayez. »

Je lui ai tendu une allumette et la boîte.

Il l'a saisie d'une main tremblante et l'a frottée d'un coup sec.

« …Ça a pris pour de vrai. Même moi, j'ai fait du feu ! »

« Oooooooooooooh ! »

Nouveau murmure dans la foule.

Un murmure qui tenait plutôt de l'ovation, d'ailleurs.

« Vous voulez essayer, vous aussi ? »

À ma question, tout le monde a répondu « oui ! » d'une seule voix.

J'ai distribué des allumettes et je les ai laissés faire du feu chacun leur tour.

Certains ont raté leur coup, d'autres ont cassé le bâtonnet, mais même ceux-là y arrivaient à la deuxième ou la troisième tentative.

Autrement dit, toutes les personnes présentes venaient d'éprouver par elles-mêmes l'utilité des allumettes.

« Faire du feu aussi facilement… c'est prodigieux. »

Le jeune aventurier en tremblait d'émotion.

J'ai enchaîné aussitôt sur l'argumentaire de vente.

« Avec un silex, ça prend du temps de faire partir le feu, non ? »

« Ouais. T'as raison, mon gars. Moi, je suis pas patient, alors le silex, c'est pas mon fort. Et j'ai pas les moyens de m'offrir un outil magique. »

Il approuvait mes paroles d'un signe de tête.

« Voilà, exactement. Alors que ces “allumettes”, elles permettent à n'importe qui de faire du feu sans effort. La petite boîte en contient quarante, la grande huit cents. Ça vous tente ? »

Il a dégluti.

Puis :

« T'as raison, avec ces “allumettes”, l'aventure serait vachement plus simple. Mais dis-moi… tu les vends combien ? Un truc aussi pratique, ça doit coûter une fortune, non ? »

La question que j'attendais venait enfin de tomber.

Sur le visage des gens attroupés autour de l'étal, on lisait exactement la même interrogation.

Je me suis approché de lui et j'ai demandé :

« À votre avis, combien ? »

C'était une question posée à dessein.

Je lui renvoyais la fixation du prix, histoire de mesurer la valeur d'une allumette dans ce monde.

« Vu comme c'est pratique… et en plus y a un produit sur la tête, c'est ça ? Alors ça doit valoir plus cher qu'un silex, non ? »

En parcourant le marché la veille, j'avais vu des kits d'allumage à silex à cinquante pièces de cuivre — cinq mille yens — pour les moins chers.

Les plus chers montaient à deux pièces d'argent, soit vingt mille yens.

Comme c'est un outil indispensable à la vie quotidienne comme à l'aventure, les prix se tenaient.

« Voyons voir… »

Le jeune homme a désigné la petite boîte de quarante.

« La petite boîte, elle en contient quarante, c'est bien ça ? »

« Oui, c'est ça. »

« Alors ça doit faire au moins quarante pièces de cuivre. »

Je vois.

Pour un aventurier, une allumette vaut donc une pièce de cuivre.

La preuve : les autres aventuriers présents hochaient la tête d'un air convaincu.

En revanche, les habitants de la ville — les femmes au foyer, surtout — avaient le visage sombre.

Au prix annoncé par le jeune aventurier, c'était clairement hors de leur portée.

Bien. C'est maintenant que tout se joue.

En gros, il existe deux manières de faire du commerce.

Vendre cher un produit rare, ou vendre en quantité un produit bon marché.

Dans le premier cas, chaque transaction rapporte gros, mais le prix élevé limite le nombre d'acheteurs.

Dans le second, beaucoup de gens peuvent acheter, mais la marge unitaire est faible.

Les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients.

Mon choix, c'était…

« Perdu. Complètement à côté. La petite est à quatre pièces de cuivre. Et la grande boîte de huit cents allumettes, habituellement à cinquante-cinq pièces de cuivre, est à quarante pièces pendant trois jours seulement, pour l'ouverture ! »

À ma tirade digne du téléachat, le jeune homme a hurlé sur-le-champ :

« J'achète ! »

[Bourse actuelle — pièces d'or : 00 · pièces d'argent : 01 · pièces de cuivre : 52]

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