Le lendemain.
J'étais arrivé au marché avec ma « marchandise » venue du Japon.
Il était encore tôt dans la matinée, et la rue était peu passante.
« Bon. On installe la boutique. »
Enfin, boutique… c'était un étal : j'ai étalé une bâche par terre et posé les articles dessus.
L'emplacement qu'on m'avait attribué faisait environ six tatamis.
Deux fois plus grand qu'un stand de brocante à Tokyo.
J'ai sorti la marchandise de mon sac à dos et aligné sur la bâche une série de boîtes de tailles différentes.
« Voilà. Fin prêt. »
Pile au moment où je terminais :
« Ah, c'est grand frère Shirô ! »
Aina est arrivée en courant à petits pas pressés.
« Bonjour, grand frère Shirô. »
« Bonjour, Aina. Encore les fleurs, aujourd'hui ? »
« Oui. Je me suis levée tôt pour les cueillir. »
Et elle m'a montré son panier débordant de fleurs.
Cueillir autant de fleurs avait dû lui demander un mal fou.
Elle avait dû se lever aux aurores.
« Ouah. Elles sont toutes magnifiques. Tu vas en vendre plein, c'est sûr. »
« Oui ! Aina, elle va en vendre plein, et comme ça maman se fatiguera moins ! »
Aina a serré les poings avec détermination.
Décidément, elle m'offrait beaucoup d'expressions différentes aujourd'hui.
Peut-être qu'on était devenus amis, tous les deux.
Ça me faisait plaisir.
« Alors à tout à l'heure, grand frère Shirô ! »
« Oui. À tout à l'heure. »
Aina m'a fait au revoir de la main, puis :
« Des fleurs, vous ne voulez pas de fleurs ? »
Elle a commencé à interpeller les passants.
J'espérais qu'elle en vendrait beaucoup.
Si une petite fille aussi mignonne vendait des fleurs dans une rue japonaise, son panier serait vide en un instant.
« Des fleurs… ah, pardon. …Euh, vous ne voulez pas de fleurs ? »
Elle marchait en hélant les gens.
À un moment, elle avait disparu de mon champ de vision.
Aina est si jeune, et elle se démène pour sa mère. Je trouve ça vraiment admirable.
Allez. Moi aussi, je vais me donner à fond pour vendre.
Le passage se faisait de plus en plus dense.
Quelques aventuriers apparaissaient ici et là.
« Dis donc, mon gars, tu vends quoi, dans ta boutique ? »
Un jeune homme qui avait tout de l'aventurier venait de m'interpeller.
Il a pris une des boîtes posées sur l'étal et l'a examinée sous toutes les coutures.
Quelle chance : un client avant même que j'aie commencé à racoler.
« C'est… une boîte en papier ? De l'artisanat, un truc comme ça ? »
Ma marchandise avait dû l'intriguer.
D'où sa question.
« Ah, ça ? Je vais vous montrer. »
J'ai pris une des boîtes et j'en ai sorti un petit bâtonnet fin.
« Ça s'appelle une allumette. La boîte contient des bâtonnets qui servent à faire du feu. »
L'un des produits que j'avais rapportés du Japon, c'était justement ces allumettes.
D'après ce qu'Aina m'avait raconté, dans ce monde, on allume le feu en frappant un silex, et c'est une corvée à chaque fois.
Il existe bien des outils d'allumage à base de « pierres magiques », mais ils coûtent une fortune, hors de portée d'un foyer ordinaire ou d'un aventurier débutant.
En apprenant ça, j'avais décidé d'apporter des allumettes, autrement plus pratiques pour faire du feu.
« Hein ? Une “allumette” ? Jamais entendu parler. Et comment ce bâtonnet fait du feu ? »
« Regardez bien. On frotte la tête du bâtonnet contre la bande rugueuse sur le côté de la boîte, et… »
J'ai frotté l'allumette contre le flanc de la boîte.
Et d'un coup, une flamme a jailli.
« Vous voyez ? Le feu prend tout seul. »
Ma petite démonstration terminée, le jeune aventurier a réagi :
« Q-q-q-quoi ?! C'est quoi ce truuuuuuuuuuuuc ?! »
Il était stupéfait au-delà du raisonnable.
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