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Itsudemo Jitaku Ni Kaerareru Ore Wa, Isekai De Gyoushounin O Hajimemashita

Chapitre 37 : Le vrai nom du mal

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Chapitre 37

Chapitre 37 : Le vrai nom du mal

Chapitre 37/5074%~5 min de lecture920 mots

Plaider ma cause devant les trois autres a été un travail de longue haleine.

Aina, qui s'inquiétait simplement de voir sa mère pleurer.

Karen, qui s'avançait sur moi avec un visage sévère.

Rolf, qui serrait sa masse d'armes sans un mot.

Sans les explications de Stella, je me demande bien où tout cela aurait fini…

Rien que d'y penser, j'en frissonne.

Mais une fois le malentendu dissipé, tout est redevenu normal.

L'attention de chacun est passée de mon innocence au moyen de guérir la pourriture vivante.

« Cette pourriture vivante, chez moi, on l'appelle le béribéri. »

« Le béribéri ? »

Les quatre voix se sont superposées parfaitement.

J'ai hoché la tête et j'ai commencé mon explication.

« Le béribéri, c'est une maladie qu'on attrape quand on ne se nourrit pas suffisamment. »

Pour vivre, l'être humain a besoin de différentes vitamines, et quand elles viennent à manquer, il tombe malade.

Le représentant par excellence de ces carences en vitamines, c'est justement ce que l'on appelle ici la pourriture vivante : le béribéri, celui-là même qui rongeait Stella à cet instant.

Pour savoir s'il s'agit d'un béribéri, il existe un test : on frappe le creux sous le genou pour voir si la jambe se détend d'un coup.

Chez une personne en bonne santé, un coup sous la rotule provoque un réflexe qui fait sauter la jambe ; chez un malade du béribéri, cette réaction devient très faible.

Comme la jambe de Stella n'avait pas bougé quand j'avais frappé sous son genou, j'ai eu la certitude que la maladie appelée ici pourriture vivante était bien le béribéri.

Le béribéri, en progressant, engourdit et paralyse les membres, et finit par arrêter le cœur.

Au Japon aussi, à l'ère Taishô, cette maladie terrifiante a fait plusieurs dizaines de milliers de morts par an, mais le traitement est on ne peut plus simple.

Il suffit d'apporter la vitamine qui manque.

Et des comprimés de vitamines, au Japon, on en trouve non seulement en pharmacie, mais jusque dans les supérettes.

« Voilà pourquoi je vais faire un aller-retour à la boutique pour rapporter le remède. »

« Shirô, tu veux dire qu'il existe un remède contre la pourriture vivante ?! »

Karen était stupéfaite.

À côté d'elle, Rolf, toujours si souriant, écarquillait les yeux d'étonnement.

« Grand frère Shirô… il y a un médicament pour guérir maman ? »

Aina me le demandait d'une voix tremblante.

Dans ses yeux pleins de larmes brillait une petite lueur d'espoir.

Je me suis accroupi pour me mettre à sa hauteur.

« Oui, bien sûr qu'il y en a. Je vais chercher le remède en vitesse, alors attends-moi ici. »

« Oui. Aina attend. »

« Bien. J'y vais. »

J'ai fait mine de retourner à la boutique et je suis rentré chez moi.

J'ai récupéré ce que je voulais et je suis revenu chez Aina.

« Désolé de l'attente ! »

L'aller-retour avait pris du temps : le soleil était couché et la lumière de la lune entrait par la fenêtre.

Sous les regards de tous, j'ai ouvert la main que je tenais fermée.

« Stella, avalez ceci. »

Là-dessus, j'ai sorti de la petite fiole un comprimé orange.

« Cette chose orangée ? »

« Oui. L'aspect a peut-être quelque chose d'inquiétant, mais c'est bel et bien le remède qui guérit la pourriture vivante. »

« Cette petite pilule… ? »

« Oui. »

Stella dévisageait le comprimé au creux de ma main.

Car ce comprimé, il faut le dire, est la dernière bouée de sauvetage du salarié qui s'use la vie au travail, et le complément de vitamines le plus célèbre du Japon : le Chocolata BB.

Ça vient à bout d'un aphte en un rien de temps : autant dire que son efficacité est établie.

Un produit que je peux recommander en toute confiance.

« Shirô, ce n'est pas que je doute, mais… cela agit vraiment ? »

…m'a demandé Karen.

En tant que maire, elle ne pouvait pas ne pas poser la question.

« Une seule prise ne suffit pas à guérir. Mais en le prenant chaque jour, l'état s'améliore, et à terme la guérison est complète. »

« Ce médicament, tous les jours… »

Stella l'a dit avec un air préoccupé.

C'était la couleur, finalement ?

Cet orange criard la rebutait ?

C'est ce que je me disais quand…

« …Un médicament, cela veut dire que c'est cher, n'est-ce pas ? »

…a demandé Stella.

Ah, c'était ça qui l'inquiétait.

J'ai secoué la tête.

« Ne vous souciez pas du prix. »

« Mais… »

« Et puis je compte bien me faire payer plus tard, jusqu'au dernier centime. En sourires d'Aina. »

« … »

Stella est restée sans voix et m'a regardé.

« Depuis que je suis arrivé dans cette ville, Aina m'a énormément aidé. C'est mon tour de l'aider. Allez, avalez. »

« Shirô… »

« Maman, prends le médicament. »

« Aina… »

« Vite, vite. »

Aina a porté jusqu'au lit un verre rempli d'eau.

« …Oui. Je le prends. »

Avec l'aide d'Aina, Stella a avalé le comprimé de vitamines.

« Ce médicament, prenez-en un le matin et un le soir. »

« Entendu. »

Stella a hoché la tête.

Le problème de sa carence en vitamines pouvait être considéré comme réglé.

Sauf que, d'après Karen, ce faubourg comptait encore beaucoup d'autres carencés.

Dans ce cas…

« Tant qu'à faire, on va tous les soigner. »

…ai-je murmuré, avant de passer à l'action sans attendre.

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