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Itsudemo Jitaku Ni Kaerareru Ore Wa, Isekai De Gyoushounin O Hajimemashita

Chapitre 27 : Le droit de vente prioritaire

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Chapitre 27

Chapitre 27 : Le droit de vente prioritaire

Chapitre 27/5054%~6 min de lecture1 122 mots

« Je prendrai le droit de vente prioritaire » : voilà ce qui venait de sortir de la bouche de Gabus.

Devant une telle sortie, les mots m'ont manqué.

Après quelques secondes de blocage…

« …Pardon ? »

…c'est tout ce que j'ai réussi à extraire.

Et là, Gabus a soupiré en secouant la tête de droite à gauche.

« Vous êtes lent à comprendre. Et vous prétendez être marchand ? Pour votre pauvre cervelle, je vais le répéter une dernière fois. »

Gabus, cette fois, a articulé plus clairement.

« Je vous dis que nous, les Pillards du Labyrinthe, allons vous racheter la totalité de ces “allumettes” que vend votre boutique. »

« C'est-à-dire qu'il n'y aurait plus d'allumettes dans ma boutique ? »

« Évidemment. La totalité, ai-je dit. »

« M-mais cela pénaliserait les clients qui viennent en acheter. Ma boutique ne sert pas que les aventuriers, les habitants de la ville la fréquentent aussi. S'il n'y a plus d'allumettes… »

« Êtes-vous idiot ? S'il n'y en a plus dans cette boutique, ils n'auront qu'à en acheter à l'antenne des Pillards du Labyrinthe installée en ville. C'est parce que vous ne comprenez même pas des choses aussi simples que vous ne pouvez commercer qu'aux frontières. »

« Je comprends très bien. Et c'est en connaissance de cause que je le dis. Parce que si vous m'achetez mes allumettes, cela signifie qu'à la revente, le prix augmentera, n'est-ce pas ? »

« …Il faudra bien majorer un peu, en effet. »

…a répondu Gabus, sans le moindre embarras.

Ce visage… « un peu », mon œil.

D'accord, moi aussi je majore par rapport au prix japonais.

Mais le visage de Gabus n'annonçait rien de bon.

Il comptait à coup sûr revendre à un prix délirant.

« Un instant, messire Gabus. »

Karen, n'y tenant plus, s'est invitée dans la conversation.

Gabus a froncé les sourcils sans se cacher.

« Qu'y a-t-il, madame la maire ? Je discute avec ce crét— pardon. Avec le patron. »

« Si Ninorich a cette boutique, elle le doit entièrement à la bonne volonté de Shirô. Le développement de la ville a beau être en jeu, un droit de vente prioritaire… »

« Madame la maire, vous ne comprenez rien. Écoutez bien. Nous, les Pillards du Labyrinthe, avons des antennes dans tout le pays. Autrement dit, nous vendre ces “allumettes”, c'est pouvoir les vendre dans le royaume entier. Dans un trou perdu comme ici, les ventes resteront dérisoires. Tandis que… »

Gabus m'a fixé et a esquissé un sourire enjôleur.

« …nous les vendre, c'est les vendre à tous les sujets du royaume. Les profits n'auront plus rien à voir avec ceux d'aujourd'hui. »

« Je vois. Le réseau de distribution s'étendrait à tout le pays. »

« Exactement. »

« C'est une proposition séduisante, mais… désolé. Je vais devoir refuser. »

« Pour quelle raison ? »

« C'est très simple. Il m'est absolument impossible de me procurer assez d'allumettes pour approvisionner tout le royaume. »

Comme je le disais d'un air désolé…

« Tiens donc. “Vous procurer”, dites-vous. »

…Gabus s'est avancé sur moi.

Assez près pour que son ventre rebondi touche le mien.

Gabus ne me quittait pas des yeux.

« Comme je viens de le dire, nous avons des antennes dans tout le royaume. Les aventuriers nous font remonter toutes sortes d'informations : objets et productions propres à chaque région, notamment. »

« A-ah. »

Gabus a marqué une pause, guetté ma réaction, puis repris.

« Or, curieusement, aucune information ne nous remonte au sujet des “allumettes”. Ni de ce pays, ni des guildes des pays voisins avec lesquelles nous échangeons. Cela ne vous paraît pas étrange ? Qu'un objet qui n'existe nulle part sur le continent se trouve précisément dans un trou pareil. »

« Haha, l'artisan qui fabrique les allumettes est un peu particulier, il ne traite qu'avec moi… »

« Mensonge. »

Gabus m'a coupé avant que j'aie fini de noyer le poisson.

« Voyez-vous, ces derniers jours, nous avons chargé des aventuriers des Pillards du Labyrinthe d'enquêter sur vous. Vos allumettes ont été en rupture à plusieurs reprises, et pourtant vous n'êtes jamais sorti de la ville pour vous réapprovisionner. »

« Hmpf… »

L'aventurière venue à la boutique quelques jours plus tôt m'est revenue en tête.

Elle posait des questions à n'en plus finir sans rien acheter, ce qui m'avait intrigué… mais bien sûr. Elle était venue m'espionner.

Et s'il était arrivé avec tout ce retard, c'était parce qu'il me faisait surveiller.

Bon sang. Autrement dit, si Karen a pris un coup de soleil, c'est entièrement ma faute.

« Vous n'envisagez pas… que je puisse posséder un objet de rangement ? »

« Voilà qui serait plus étrange encore. Si vous aviez de quoi transporter des allumettes en masse, vous n'auriez aucune raison d'aller les vendre à la frontière. »

« Parce que j'aime cette ville, ça ne suffit pas ? »

« Hé hé hé… ne vous moquez pas de moi. À tout prendre, je croirais plus volontiers que vous vous êtes laissé embobiner par les charmes de la maire. »

Difficile de lui avouer « en réalité, je viens du Japon, je suis d'un autre monde ! » : je suis resté sans voix.

« De tout cela, on ne peut tirer qu'un très petit nombre de conclusions. »

Gabus s'est encore rapproché.

Nos nez allaient bientôt se toucher.

Je n'aurais jamais cru vivre un jour un face-à-face aussi rapproché avec un homme d'âge mûr.

« C'est vous, n'est-ce pas. L'artisan qui fabrique les allumettes. »

Gabus l'a dit avec une conviction totale.

Avec l'air triomphant de la femme de ménage qui résout l'énigme dans les téléfilms policiers.

Sauf que cette déclaration a stupéfié tout le monde dans la boutique — et tout le monde a aussitôt pris l'air de dire « mais bien sûr ».

« Vous devez être un alchimiste banni, quelque chose dans ce goût-là. Peut-être trouvez-vous les matériaux dans cette forêt, peut-être avez-vous une raison de ne pas vous montrer dans la capitale, à moins que ce ne soit les deux. »

Gabus empilait les malentendus avec majesté.

Résultat : sans m'en rendre compte, j'étais devenu alchimiste.

Bon… qu'est-ce que je fais ?

Comment désamorcer tout ça ?

Alors que je me creusais la tête, Karen s'est interposée d'un pas.

Elle s'est plantée devant moi comme pour me protéger, a soutenu le regard de Gabus et…

« Toutes mes excuses, messire Gabus. Impliquer Shirô dans cette affaire n'est pas mon intention. Si vous maintenez cette histoire de droit de vente prioritaire, alors considérons que la question de l'antenne n'a jamais été posée. »

…l'a dit clairement, nettement, sans trembler.

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