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Isekai Ryouridou

Chapitre 92

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Chapitre 92

Chapitre 92

Chapitre 92/17054%~10 min de lecture1 907 mots

« … et donc, j'ai fait divers calculs. »

Après le dîner, j'expliquai à le plan que j'avais élaboré dans ma tête.

« Les ingrédients utilisés sont l'aria, le poïtan, le tino et le tarapa, ainsi que le giigo mélangé au poïtan. Si on ne pense qu'au profit, il vaudrait mieux se limiter à l'aria et au poïtan qui sont moins chers, mais je me suis dit que ça risquait de rebuter les gens de la ville. J'ai donc décidé délibérément de m'aligner sur les goûts des citadins. »

« Hum. »

« Et comme l'a dit Kamyua, ce n'est pas un dîner mais une collation pour la journée, donc je ne pense pas qu'on doive se soucier des apports nutritionnels requis en aria ou en poïtan. Du coup, l'aria sert presque uniquement de condiment, et on n'utilise qu'un seul poïtan par portion. En échange, on utilise du tarapa et du tino, donc la valeur nutritive ne doit pas trop différer des nikuman que j'ai mangés. »

« Hum. »

« En calculant grossièrement le coût des ingrédients par unité, ça donne environ 0,65 pièce de cuivre rouge. Avec seulement l'aria et un demi-poïtan, c'était 0,55 pièce de cuivre rouge, donc l'augmentation n'est pas si drastique. Je pense donc qu'il vaut mieux utiliser divers ingrédients pour améliorer le goût et l'apparence. »

« … Hum. »

« En plus, ce coût est calculé pour une production de dix portions par jour. À ce rythme, le tarapa serait pas mal gaspillé. Même si on en fait vingt par jour, la quantité de tarapa n'augmenterait que de 1,5 fois. Comme le tarapa est l'ingrédient le plus cher, en produisant vingt portions par jour, le coût unitaire descendrait sous les 0,6 pièces de cuivre rouge. Et plus on monte à trente, quarante portions par jour, plus le coût des ingrédients baisse graduellement. »

« ………… Hum. »

« Ensuite, les autres frais. La location de l'emplacement et la location de l'étal pour dix jours font deux pièces de cuivre blanc, soit vingt pièces de cuivre rouge en conversion. S'ajoute la rémunération pour Vina=Ruu. Ce coût n'est pas négligeable. Une dent et une corne par jour, converties en cuivre, font six pièces de cuivre rouge, donc soixante pièces pour dix jours. Avec les frais initiaux, ça fait quatre-vingts pièces de cuivre rouge. À ce stade, il faut écouler au minimum quarante portions pour ne pas être en déficit. »

« Hum. »

« En calculant avec le coût d'ingrédients le plus haut, 0,65 pièce de cuivre rouge, si on écoule soixante portions en dix jours, on n'est pas en déficit ! Six par jour, c'est un objectif bien modeste. … Mais si on n'écoule que ça, impossible de faire connaître le goût du giba dans la ville-relais. Et puis, la viande de giba est évitée par les citadins. Les premiers jours, il faudra tenir bon même si ça ne vend pas, et attendre que la réputation se propage par le bouche-à-oreille. »

« … . »

« Même si le premier ou le deuxième jour on n'en vend qu'une ou deux, si on vise le complet les trois derniers jours avec vingt portions à chaque fois, on sera dans le vert. Ce n'est pas un si mauvais pari. D'après mon enquête, les vendeurs de collations là-bas écoulent tous entre vingt et cinquante portions par jour. On vise au moins ce minimum. »

« . . »

« Cela dit, même si le pari n'est pas défavorable, l'aléa reste inévitable. Ce n'est pas qu'une question de goût, l'enjeu est de savoir jusqu'où on peut renverser les préjugés contre le giba et les Moribe. Si on rate ça, on risque de ne pas en vendre une seule jusqu'au bout. Donc au début, je ne préparerais que dix portions, pour limiter les frais de matières premières… »

« ! »

« Hein ? Qu'est-ce qu'il y a ? »

Je m'aperçus qu' s'agrippait au mur, le cou tordu, me fixant d'un regard noir.

Qu'est-ce qui lui prend ? Elle était assise en tailleur, mais maintenant elle est en position assise sur les talons, comme une fillette. C'est terriblement mignon.

« … Est-ce que tu essaies délibérément de me faire souffrir, avec une intention claire ? »

« Hein ? De quoi tu parles ? » répondis-je en inclinant la tête.

Il fait sombre, difficile de voir, mais j'ai l'impression qu' a les yeux humides.

« Je ne comprends rien à ce que tu dis ! J'ai de plus en plus mal à la tête ! »

« Ah, mon explication était confuse ? Désolé, désolé. En termes simples… »

« C'est bon ! Je te laisse tout faire ! J'ai mal à la tête ! »

Une explosion de colère digne de Lara=Ruu.

Même pour qui est expressive, c'est rare.

« M-mais… c'est toi qui m'as demandé d'expliquer, non ? C'est notre travail à tous les deux, donc je pensais qu'il valait mieux que tu comprennes les détails… »

« Je t'ai dit que c'était bon ! J'ai mal à la tête ! »

Tara !?

Tara, t'as dit tara tout à l'heure !?

Qu'est-ce qui lui prend ? La régression infantile de Dan=Rutim serait-elle contagieuse ?

Devant moi qui paniquais, plaqua son front contre le mur et s'effondra en glissant le long de la paroi.

« … J'ai mal à la tête… »

« Eh, ça va pas ? Hé, ! »

Je redressai le corps mollement affaissé d'.

En posant la main sur son front, je sentis une légère fièvre.

« C-c'est de la fièvre de fatigue ? Hé, ça te fait mal ? Je t'apporte de l'eau ? »

« Non. … Ne crie pas… »

fronça les sourcils avec douleur et ferma fortement les yeux.

« Ne me bouge pas… J'ai mal à la tête… »

« Com-compris. »

Avec le corps d' dans les bras, assis sur mes genoux, j'attendis patiemment qu'elle récupère.

Bien sûr, dans cette situation, aucune pensée inconvenante ne m'effleure, mais c'est la première fois qu'on est aussi proches physiquement, et la chaleur de son corps me met mal à l'aise.

« … Ça va ? »

« … Encore un peu. » répondit-elle en agrippant fortement mon T-shirt.

Sa poitrine se soulève amplement.

Elle a vraiment l'air de souffrir.

« Désolé. J'ai trop expliqué dans les détails. … T'as pas à t'inquiéter pour les comptes. Moi non plus je sais pas chasser le giba, alors laisse-moi gérer l'argent. »

ne répondit pas, et frotta sa tête contre ma poitrine.

Elle a encore mal à la tête, probablement.

« En cas d'échec, je limiterai les dégâts au maximum. Pour ne pas gâcher ne serait-ce qu'une dent ou une corne des gibas que tu as chassés au péril de ta vie. »

« … Si on échoue, combien de dents et de cordes perdrons-nous ? »

La voix d', qui a repris contenance, me questionne.

Je soufflai un peu soulagé. « Si on n'en vend pas une seule jusqu'au bout, au minimum douze gibas. C'est pas rien, hein ? » répondis-je.

« C'est pas rien. »

« Ouais. Mais dedans, la location de l'emplacement et de l'étal ne fait même pas deux gibas. Le reste, c'est moitié matières premières, moitié rémunération pour Vina=Ruu. Donc la seule marge de réduction, c'est les matières premières. »

« … Hum. »

« Mais dans cette ville-relais, y'a presque pas de plats uniques à base de viande seule. Y'avait bien un stand qui vendait des pattes d'oiseau grillées avec un peu de légumes, mais c'est apparemment pour accompagner l'alcool. Si on se lance, je pense qu'il faut le faire avec un vrai menu de collation. … Si on veut juste gagner du cuivre vite fait, on pourrait vendre de la viande grillée ou séchée, mais bon. »

« Ça n'aurait pas de sens. Pour juste vivre toi et moi, on n'a pas besoin de cuivre. »

Et fit tinter son collier de la main libre.

Douze gibas… ça a l'air gérable. Le double de quand on s'est rencontrés. Franchement, ça rivalise avec les hommes de la famille Ruu.

Pour une famille de deux personnes, chasser un giba tous les deux jours, c'est le résultat logique.

Mais ça prouve que les gibas se multiplient dans la forêt, et qu' met sa vie en danger encore plus qu'avant.

C'est avec ces dents et ces cordes, récoltées au prix de sa vie, qu' parie pour défier la ville-relais.

Pour apporter la prospérité aux Moribe… pour les compatriotes anonymes qui souffrent comme l'était autrefois la famille Fa.

« Je n'ai pas les mots pour exprimer de grands idéaux comme Gazlan=Rutim. … Mais même si je perds beaucoup de dents et de cornes, je n'aurai pas de regrets. Alors toi, comme quand tu as fait face à Donda=Ruu, comme quand tu as assumé le banquet de noces, donne tout ce que tu as, . »

« Ouais. Sur l'honneur de la famille Fa, je donnerai tout. … Ça va mieux la tête ? Si c'est soulagé, on se couche tôt, aujourd'hui ? »

« … Hum. » acquiesça-t-elle, sans bouger.

« Euh… je te repose par terre ? »

« Si je suis lourde, repose-moi. »

Non, même si elle est lourde, c'est un poids incroyablement agréable.

Si elle ne veut pas descendre, je ne la reposerai pas.

« … La boutique, elle ouvre quand ? »

« Dans quatre jours. Dans trois jours, y a les courses chez les Ruu, je profiterai de l'occasion pour faire les démarches d'ouverture. D'ici là, je vais tester des améliorations sur le menu d'aujourd'hui. … Au fait, t'as juste dit "c'est bon" tout à l'heure, mais t'as pas relevé de point à améliorer ? »

« Non. »

« Vraiment. … Entre le hamburger normal et celui-là, lequel était le meilleur ? »

« … Les deux sont bons. »

« Si tu devais absolument en choisir un ? »

« … Tu veux encore me faire mal à la tête ? »

Elle le dit sur un ton fâché, et fit un tour sur elle-même sur mes genoux.

Mais vers l'intérieur, pas vers l'extérieur.

« Si tu dises que c'est pas bon, alors tous les gens de cette ville ont la langue pourrie. Dans ce cas, oublie la boutique et cuisine juste pour moi. »

« Ça serait une vie heureuse, ça. … Mais d'abord, je vais tout donner pour réussir. »

« Hum. » fit-elle en hochant la tête, et posa sa tête contre ma poitrine.

« Ta joie est ma joie, . »

« Ouais. »

« Et ta réussite… est ma fierté. »

Comme pour murmurer directement à mon cœur, dans cette position, le dit d'une voix basse.

(… Ça va aller.)

Probablement qu'après l'ouverture, plein de problèmes surgiront.

Autant, on s'engage dans un combat insensé.

Soixante-dix ans de regards préjugés et de discrimination envers les Moribe et le giba… jusqu'où peut-on renverser le bon sens de la ville-relais ?

Faisons tout ce qu'on peut.

Pour les gens qui me sont le plus chers maintenant, et pour leur foyer.

Pour pouvoir dire fièrement que j'en fais partie.

Et quand je m'en rendis compte, s'était endormie dans mes bras.

(… Tant que tu es là, ça ira sûrement.)

En sentant ce poids et cette chaleur agréables tout le long de mon corps, je pus le penser.

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