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Isekai Ryouridou

Chapitre 784

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Chapitre 784

Chapitre 784

Chapitre 784/86091%~14 min de lecture2 670 mots

Le lendemain.

Shimiral=Lilin et Vina=Ruu=Lilin se dirigèrent comme prévu vers la maison des Fa.

« Alors, nous y allons. Nous ferons attention pour ne pas rentrer trop tard. »

« Ne t'en fais pas. La barre de la porte ne sera pas fermée, rentre à l'heure qui te conviendra. »

Le chef de famille Guilan=Lilin les raccompagna avec un sourire.

À sa jambe droite s'accrochait l'aîné, à sa gauche l'aînée. Enlevant les yeux vers Shimiral=Lilin, l'aîné laissa échapper un « cheh » mécontent.

« Moi aussi je voulais aller chez les Fa. Je voulais goûter le curry d'Asta ! »

« Si vous débarquez à cette foule, Shimiral et les autres ne pourront pas parler tranquillement. Nous, nous irons les déranger à notre tour, le moment venu. »

« Vraiment ? Tout le monde ensemble ? »

« Oui. Une fois la fête de la renaissance calmée. Ou alors on invite Asta et les siens chez les Lilin pour leur demander de cuisiner au kamado. »

Guilan=Lilin rit en soulevant légèrement les deux enfants.

« Allez, partez. Transmettez mes salutations à et Asta. »

« Oui. Alors, nous y allons. »

Shimiral=Lilin enfourcha le toto et tendit la main à Vina=Ruu=Lilin.

Vina=Ruu=Lilin sauta avec une légèreté surprenante sur le dos de la bête. De son apparence délicate, on n'imaginait pas qu'elle possède de telles capacités physiques.

Après avoir fait signe aux enfants, Shimiral=Lilin fit avancer le toto hors de la place.

Une fois sur le chemin de la lisière, elle donna un coup de talon et l'animal démarra d'un trait vigoureux.

« Au fait, on parle d'un concours de force entre totos... Si tu y participais, tu le remporterais jusqu'au bout, non ? »

Serreant Shimiral=Lilin contre elle, Vina=Ruu=Lilin murmura dans son dos.

Profitant du vent frais, Shimiral=Lilin répondit : « Comment savoir. »

« Les nobles possèdent de beaux totos. Leur force m'est inconnue. »

« C'est vrai... Quand Shin=Ruu a gagné le tournoi d'escrime, Lara a été ravie... Est-ce présomptueux de ma part de vouloir la même joie... »

Nul oreilles étrangères n'étant présentes, la voix de Vina=Ruu=Lilin portait une note de tendresse.

Sentant une chaleur dans sa poitrine, Shimiral=Lilin répondit : « Pardon. »

« Moi, au festival des moissons, au tournoi, gagner, je ne peux pas. Je voudrais donner de la joie à Vina=Ruu, mais promettre l'impossible me chagrine. »

« Ne t'en fais pas... Ou plutôt, tu prends tout trop au sérieux... »

Vina=Ruu=Lilin pouffa en la serrant plus fort encore.

« Juste être avec toi me rend heureuse... Bon, ce bonheur ne durera qu'un petit mois de plus... »

« Oui. Vina=Ruu, blague, méchanceté. »

« Eh bien, je suis une femme méchante à la base... »

Mais Vina=Ruu=Lilin déguisait ainsi en plaisanterie la longue séparation qui les attendait.

C'était sa gentillesse, et sa force.

« Au fait, on est parties bien tôt... Asta est déjà rentré à la maison ? »

« Oui. En cette période, il a arrêté les séances d'étude pour se concentrer sur la préparation. Il doit être chez les Fa. »

Il était au plus la quatrième heure de l'après-midi. Comme ils avaient abattu beaucoup de giba plus tôt que d'habitude, le travail s'était terminé plus tôt.

Ils passèrent devant le village de la lignée Ruu et continuèrent vers le nord.

Peu après, l'entrée de la maison des Fa apparut.

« Arrivée. Descendons, toto. »

Shimiral=Lilin sauta à terre la première, puis tendit à nouveau la main à Vina=Ruu=Lilin.

Elles posèrent le pied sur la place de la maison des Fa. Plusieurs charrettes y étaient garées.

« Oh... Il y a pas mal de monde réuni, on dirait... »

« Oui. Plus que je ne l'imaginais. »

On m'avait dit que divers clans prêtaient main-forte au commerce des Fa. Néanmoins, c'était un nombre considérable.

De plus, hormis les Fa et la lignée Ruu, aucun clan n'avait acheté de totos ni de charrettes, m'avait-on dit. Cela signifiait donc que tout cela avait été acheté par les Fa puis prêté aux autres clans.

(Maintenant, n'importe quel clan pourrait s'offrir des totos et des charrettes... Mais avant cela, c'est Asta qui a réuni tout ce matériel. C'était l'investissement nécessaire pour emprunter de la main-d'œuvre aux autres clans, et surtout, il a dû penser que la commodité des totos enrichirait la vie en lisière.)

Telle était la pensée de Shimiral=Lilin tandis qu'elle avançait aux côtés de sa compagne.

Sur le côté de la maison principale, les totos libérés des charrettes étaient attachés aux arbres, broutant les feuilles. Après avoir joint le sien au groupe, elles s'apprêtaient à se diriger vers le kamado quand une voix tomba d'en haut : « Hé. »

« Toi, c'est Shimiral=Lilin. Tu arrives drôlement tôt. »

Avec ces mots, le propriétaire de la voix descendit de l'arbre.

Vina=Ruu=Lilin poussa un « kyaa » mou en s'agrippant au bras de Shimiral=Lilin.

« C'était Tia... Tu m'as fait peur en sautant comme ça... »

« Je vois. Tu as l'air surprise, mais ton visage ne le montre guère. »

Posée au sol, Tia baissa la tête avec un air sérieux.

« Nous n'avons pas eu l'occasion de nous saluer. C'est une vieille histoire, mais je te remercie profondément d'avoir soigné ma blessure. »

« Non. Toi, Asta, sauver pour, blessure, reçue. Moi, forces, épuiser, naturel. »

« Soit. Quoi qu'il en soit, sans toi, Tia aurait rendu l'âme. Ma gratitude ne change pas. »

Tia était une habitante du sanctuaire vivant dans la montagne de Morga. Son petit corps semblait avoir retrouvé une vitalité bien supérieure à la dernière fois.

« Tia, en forme, tant mieux. Blessure, encore, pas guérie ? »

« Oui. Seule l'épaule droite reste gênante. Le reste a presque totalement récupéré. »

Elle fit tournoyer légèrement son épaule droite.

« J'ai dû abîmer un tendon important. Dans cet état, je ne peux pas affronter un Madarama. »

« C'est vrai. Vie, perdre niveau, blessure grave, inévitable. Repos, nécessaire. »

« Oui. Je ferai de mon mieux pour retrouver ma force de chasseur. »

Sur ces mots, Tia esquissa soudain un sourire.

Un sourire qui ébranle le cœur de quiconque le voit. Shimiral=Lilin, en rencontrant les gens de la lisière, s'était demandé s'il existait au monde un clan au cœur aussi pur. Tia allait encore plus loin.

Mais ce n'était pas si étrange.

Elle était une habitante du sanctuaire.

Avec le sommeil du grand dieu Amusuhorn, ils avaient scellé leurs arts magiques pour choisir une vie de bêtes des champs, des êtres quasi mythiques. La signification des marques gravées sur leurs joues, le dos de leurs mains et de leurs pieds s'était perdue depuis longtemps dans le royaume.

(Que Radjidd et les autres soient surpris n'a rien d'étonnant. On ne le crie pas trop fort, mais... pour les gens de l'Est, les habitants du sanctuaire sont quasi des objets d'adoration.)

Lorsque la civilisation magique s'effondra et qu'une nouvelle civilisation d'acier et de pierre advint, ce sont les gens de l'Est qui s'y accrochèrent le plus obstinément. C'est pourquoi le nouveau modèle peina à s'implanter dans le royaume d'Est, qui frôla la ruine. Sans le clan Rao qui rebâtit la Cité de Pierre, ils seraient restés des barbares des confins, méprisés de tous, ni sujets du royaume, ni gens du sanctuaire, ni même colons libres.

(Pet-être que... les gens de la lisière étaient une existence proche de cela.)

Récemment, Shimiral=Lilin y pensait.

La raison tenait aux récits sur la « Troupe de Gamurei » entendus des Ruu et des Lilin.

Un barde de cette troupe aurait offert à Asta les chants du « Sage blanc Misha » et du « Roi noir et Reine blanche ».

Shimiral=Lilin, native de l'Est, connaissait les deux chants. Mais elle n'avait jamais pensé à les relier aux gens de la lisière.

Le choc fut surtout grand pour le « Roi noir et Reine blanche ».

On n'aurait jamais imaginé que le clan Gaze, peuple des nuages de ce chant, soit identique à la lignée fondatrice des gens de la lisière.

De plus, l'aînée des Ruu, Jiba=Ruu, avait souligné que la lignée de la Reine blanche pourrait être celle des habitants du sanctuaire.

Que les ancêtres des gens de la lisière soient le clan Gaze qui quitta le royaume d'Est et les gens du sanctuaire, une simple marchande comme Shimiral=Lilin n'aurait pu l'imaginer.

Bien sûr, rien n'était prouvé. Tout n'était que conjectures.

C'est pourquoi, dans la lisière, cette histoire n'était pas prise au sérieux, entendit-elle. Elle n'était pas parvenue non plus aux nobles de Genos ni au diplomate Fermès de la capitale.

(Mais... Si Misha, qui apporta maints savoirs au clan Rao, était vraiment une « Gens sans étoiles »... On ne peut s'empêcher de penser à un lien avec Asta.)

Les gens de la lisière étaient une existence instable. Ni tout à fait sujets du royaume, ni tout à fait gens du sanctuaire, une existence entre-deux.

Pourtant, en acceptant l'être singulier qu'est Asta, ils gagnaient en stabilité comme sujets du royaume.

Cela ressemblait trop au clan Rao qui rebâtit un nouveau royaume grâce à Misha.

(Finalement, l'arrivée d'Asta dans la lisière n'était-elle pas une nécessité plutôt qu'un hasard. C'est pour cela que... le diplomate Fermès de la capitale s'obstine sur l'existence d'Asta ?)

À cet instant, Vina=Ruu=Lilin serra fort le bras de Shimiral=Lilin.

« Qu'y a-t-il, toi... Tu t'es tue, Tia a l'air perplexe. »

Shimiral=Lilin leva les yeux. Tia la regardait, la tête penchée.

« Tia a-t-elle fait quelque chose d'impoli à Shimiral=Lilin ? Si c'est le cas, je m'excuse. »

« Non, rien de tel... Ton existence stimule mon imagination. »

« Hum, je ne comprends pas. En tout cas, si vous montrez vos visages, Asa sera ravi. Hier encore, il sautillait comme un gamin. »

Sur ces mots, Tia trottina vers un arbre proche.

Vina=Ruu=Lilin poussa un « ara... » en la voyant.

« Encore de l'entraînement à l'escalade ? Tu ne veux pas nous guider ? »

« Oui. Tia n'est pas de la maison des Fa. Je n'ai aucune obligation de guider. »

Laissant ces mots, Tia disparut dans les branches. On ne devinait pas son épaule handicapée.

« Côté là, pas aimable... Toi, ça va ? »

« Oui, ça va. Allons vers Asta. »

Shimiral=Lilin sourit et Vina=Ruu=Lilin parut soulagée.

Puis, à regret, elle se détacha du bras de Shimiral=Lilin.

« Toucher sa compagne n'est pas tabou, mais Asta et les autres ne sauraient où regarder, alors il faut se retenir... »

« Oui. Dommage. »

« Eh oui, bien dommage... J'étais ravie de venir chez les Fa, mais ce point seul me déçoit... »

Elle montra un instant un visage de nuit.

« Mais bon, on ne passe pas la nuit chez les Fa... Le dîner avec Asta et les autres sera un plaisir, et rentrer à la maison après aussi... »

« Oui. Sentiment, même. »

Shimiral=Lirin attira Vina=Ruu=Lilin et l'étreignit fortement.

« Ah... » souffla Vina=Ruu=Lilin.

« Encore... Tu fais quoi tout d'un coup... »

« Oui. Jusqu'au dîner fini, pour pouvoir patienter, étreinte. »

« ...Tu ne penses pas que ça ne fait qu'augmenter l'impatience de rentrer ? »

Vina=Ruu=Lilin se dégagea et la regarda de ses yeux humides, en coin.

« Vina=Ruu, ce regard, danger. »

« C'est ta faute, non ? Si Tia nous voyait, elle serait ahurie... »

Elles calmèrent un moment leur cœur, puis se dirigèrent vers le kamado.

Elles l'avaient déjà senti, c'était une belle animation. Du feu brûlait aux kamados extérieurs, et de nombreuses femmes s'activaient à la préparation.

« Ah, ... » commença Shimiral=Lilin, quand plusieurs ombres apparurent à leurs pieds. C'étaient les trois chiens de la maison des Fa.

« Vous arrivez enfin. Vous avez mis du temps, vous parliez avec Tia ? »

, qui causait avec l'une des femmes, les interpella ainsi. Même dans cette agitation, elle avait perçu leur présence.

« Oui. Tia, salutations, fait. Visite, tôt, dérange ? »

« Si c'est de la gêne, j'en suis une aussi. Tout le monde a l'air si occupé que je ne peux rien aider. »

Une jeune femme à côté d' s'exclama : « Ara. »

« Y a pas un humain qui trouve gênante. Tu te rends pas compte à quel point tout le monde est excité ? »

« ... J'ai du mal à croire qu'il y ait des gens dont le cœur s'emballe rien qu'en me voyant plantée là. »

« C'est toi qui te trompes, . Bien sûr, pas seulement plantée là, mais si tu leur adresses la parole, elles seront encore plus heureuses. »

À ce ton familier, Shimiral=Lilin se souvint. C'était Sarisu=Ran=Fou, l'amie d'enfance d'.

« Cela fait longtemps, Sarisu=Ran=Fou. Vous allez bien, tant mieux. »

« Ara, vous vous souvenez de mon nom. Je suis honorée, Shimiral=Lilin. »

Elle observait les convenances envers l'invitée. C'était de nature très réservée.

Elles s'étaient croisées lors du traitement de Tia. À l'époque, Asta veillait sur Tia, et les femmes des environs menées par Sarisu avaient préparé les repas.

« Quoi qu'il en soit, vous ne gênez pas, mais Asta est en plein travail. Tant qu'il n'a pas fini, détendez-vous librement. »

« Oui. Seulement saluer, possible ? »

« Oui. Appelez depuis l'entrée de ce côté. »

Shimiral=Lilin fit un pas vers l'endroit indiqué par , tandis que les chiens lui tournaient autour.

plissa les yeux face à cette scène.

« Tu es drôlement appréciée par mes gens, Shimiral=Lilin. »

« Oui. Mon corps, odeur de chiens de chasse, doit porter. Tout à l'heure encore, ensemble, travail, fait. »

« L'odeur de congénères ne suffit pas pour qu'ils s'attachent autant. Je ne sais pas pour les chiens d'ailleurs, mais les miens savent flairer les humains au cœur pur. »

Vina=Ruu=Lilin pouffa discrètement.

« Alors, ces gamins qui collent seulement à Shimiral, c'est qu'ils flairent que mon cœur n'est pas pur ? »

« Non, je n'ai pas dit ça dans ce sens... Si je t'ai offensée, je m'excuse. »

« Toi aussi t'es sérieuse, ... Mes blagues, faut pas les prendre au sérieux... »

fit la moue et repoussa sa mèche. Voyant cela, Sarisu=Ran=Fou pouffa aussi.

Elles se dirigèrent alors vers l'entrée du kamado pour jeter un œil à l'intérieur.

Une dizaine de kamado-ban y travaillaient. Avec le feu des foyers, une chaleur étouffante régnait.

Au milieu, Asta donnait des ordres vifs.

Les femmes y obéissaient avec aisance.

La plupart étaient jeunes, mais il y en avait aussi d'âgées.venues de divers clans, sans doute.

Ce spectacle frappa Shimiral=Lilin.

Des scènes semblables, elle les avait maintes fois vues chez les Ruu ou les Lilin.

Mais là-bas, c'étaient presque exclusivement des gens de la lignée Ruu. L'exception, c'était quand Asta menait ces kamado-ban chez eux.

Que les gens de la lisière, qui valorisent le sang, travaillent ainsi sans distinction de clan, n'allait pas de soi.

Avant que Shimiral=Lilin ne devienne de la maison, c'était encore plus marqué, dit-on. C'est l'étranger Asta qui a soufflé ce vent nouveau et abattu ces barrières.

(C'est un acte juste. Cela seul est un fait immuable.)

Asta se retourna soudain.

Son visage s'illumina d'un sourire éblouissant.

« Shimiral=Lilin, Vina=Ruu=Lilin ! Vous êtes déjà là ? »

« ... Oui. Travail de chasseur, fini. »

« C'est vrai ! La préparation va bientôt se terminer, attendez un peu ! »

Une petite femme à côté d'Asta sourit avec malice.

« Mais une fois fini, ce sera la préparation du dîner, non ? Le travail s'empile, Asta. »

« Oui, je sais... »

« C'est une blague. Une fois la préparation finie, on gère le nettoyage. Avant de préparer le dîner, prenez le temps de discuter, sinon vous ne serez pas calme. »

« Merci, Yun=Sudra. »

Asta sourit et l'autre femme rayonna de bonheur. C'était Yun=Sudra, qui était allée à la ville-château récemment.

(Pas seulement moi, Vina=Ruu, , mais bien des gens reçoivent le bonheur d'Asta. Le plus important, c'est ce point unique.)

Ainsi pensa Shimiral=Lilin, et fit demi-tour pour l'instant.

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