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Isekai Ryouridou

Chapitre 628

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Chapitre 628

Chapitre 628

Chapitre 628/67094%~8 min de lecture1 542 mots

Une fois le repas achevé, ce fut un moment de conversation joyeuse.

Les cuisiniers, Valcas en tête, se retirèrent dans la cuisine pour le nettoyage, et la vieille femme servit thé et alcool. La majorité choisit le thé, mais l'entrain de la tablée n'en fut pas diminué.

« Puisque l'ambiance est si animée, on ne peut plus discuter qu'avec ses voisins immédiats. C'est un peu maladroit, mais changeons librement de places, voulez-vous ? »

Dès que Poraus eut fait cette proposition, se leva la première. On vit bien où elle allait : droit vers Diar et Rabisu.

« Excusez-moi, pourriez-vous libérer la place à côté de vous ou en face ? »

En face de Diar étaient assises Tour=Din et Gueoru=Zaza, et à côté, Yun=Sudra. À peine eut-elle entendu les mots d', qu'Odifia s'accrocha au bras de Tour=Din.

« Alors, je vais bouger. Je voudrais saluer Rifureia et les autres. »

Yun=Sudra, lisant l'air, se leva, et Reyna=Ruu et Sheila=Ruu la suivirent. Elles ont dû faire attention à moi et Rimi=Ruu qui accompagnions .

Une fois assise, s'adressa à Rabisu par-dessus Diar.

« Rabisu, permettez-moi de vous remercier à nouveau pour l'autre jour. »

« ... Je vous dis que ce n'est pas quelque chose qui mérite des remerciements. »

Même Rabisu semblait un peu lasse. En la regardant, Diar pouffait de rire.

« C'était encore une belle réunion aujourd'hui. Ça valait le coup d'insister auprès du marquis de Genos. »

En face de nous, Eurifia souriait satisfaite. Poraus aussi, du reste.

« Tout à fait. Sans l'affaire de la capitale, nous aurions pu inviter plus librement les gens de Moribe... Mais ce n'est plus qu'une question de temps. Melfried saura sûrement tisser des liens solides avec les gens de la capitale. »

« Alors, pourra-t-on à nouveau inviter au bal ? J'ai hâte de revoir et les autres dans leurs tenues de fête de la ville-château. »

, qui faisait face à Rabisu, se tourna vers Eurifia.

« Les autres femmes, peu importe, mais je suis chasseuse. Je ne pense pas qu'un tel événement me convienne. »

« Ah, alors on pourrait inviter Asta tout seul ? Il ne me semble pas qu'Asta soit exclu quand on convie les gens de Moribe à la ville-château. »

Au sourire d'Eurifia, fit la moue. Lors des bals, si l'on ne vient pas en couple, on risque d'attirer des avances.

« D'ailleurs, au bal précédent, Tour=Din et les autres étaient invités comme cuisiniers. Cette fois, j'aimerais les convier en tant qu'invités, qu'en pensez-vous ? »

« Moi, en invitée ? Mais c'est bien trop au-dessus de mes forces... »

« Pas du tout. Mais si on vous invite comme invitée comme aujourd'hui, on ne pourra plus goûter à vos gâteaux, vous savez. »

En disant cela, Eurifia porta son regard vers sa fille.

« Odifia, toi aussi, tu serais heureuse de profiter du festin avec Tour=Din, non ? »

« Oui. »

« Mais tu dois aussi vouloir manger les gâteaux de Tour=Din, non ? »

« Oui. »

« Alors, lequel te rendrait le plus heureuse : profiter du festin avec Tour=Din, ou savourer les gâteaux de Tour=Din ? »

Odifia, qui serrait encore le bras de Tour=Din, s'immobilisa net.

Dans sa petite tête, les idées devaient tourner à toute vitesse. Au bout du compte, elle s'affaissa comme une poupée sans piles.

« Je sais pas... Faut choisir qu'un seul ? »

« C'est ça. En tout cas, on ne peut pas choisir les deux le même jour. »

« ... Odifia veut les deux. »

Et elle serra encore plus fort le bras de Tour=Din.

Cette dernière, d'abord déconcertée, posa sur la fillette un regard empli de tendresse.

« Alors, il n'y a qu'à inviter Tour=Din plus souvent. À un bal, on l'invite comme invitée, à un autre, on lui demande de faire des gâteaux. »

« Oui. Si on parvient à bâtir des relations apaisées avec les gens de la capitale, on pourra l'inviter autant de fois qu'on veut. »

Poraus sourit en portant sa coupe de bière de Jagar à ses lèvres. Alors Diar, ses yeux vert émeraude brillants, se pencha en avant.

« Dans ce cas, moi aussi, j'aurai le droit d'inviter Asta à la ville-château ? Quand j'en ai parlé avant, vous m'avez dit d'attendre un peu, non ? »

« Ah, la proposition de Diar-kun remontait au bal, c'est ça ? Oui, dès que les relations avec la capitale s'apaiseront, ce ne sera pas difficile. »

Poraus répondit avec aisance.

« Toutefois, seuls les nobles de Genos peuvent délivrer des laissez-passer aux gens de Moribe. Pour garder les apparences, il faudra sans doute que je sois moi aussi invité. »

« Bien sûr. Mon père doit venir à Genos lors de la Lune grise ou de la Lune noire, alors je comptais lui faire goûter la cuisine d'Asta à ce moment-là. »

Le père de Diar, patron de la ferronnerie, vient à Genos tous les six mois environ. Enfin, ce format commercial a commencé il y a un an, donc sa deuxième visite approche.

« Deux mois vont bientôt s'écouler depuis le départ de Melfried pour la capitale. Il sera de retour au plus tard pendant la Lune grise. Prions pour que le père de Diar-kun n'arrive pas avant. »

« Alors, au lieu de prier, je vais convaincre mon père moi-même. »

Sur ces mots, Diar m'adressa aussi un sourire.

Quelle que soit sa retenue, la franchise de son sourire ne changeait pas. Je lui rendis son sourire par un hochement de tête.

Derrière nous, on entendait les voix de Reyna=Ruu et les siennes échangeant avec Rifureia et les siennes, et celles de Rudo=Ruu et les siens avec Musuru et les siens. Tour=Din et Odifia continuaient leur conversation à voix basse, et Gueoru=Zaza, le menton sur la main, observait la scène en penchant sa coupe de vin de fruit.

Lors des festins de Moribe, les occasions d'inviter des citadins s'étaient multipliées, et l'autre jour, on avait même convié Rifureia et Sanjura, qui sont des gens de la ville-château. Et maintenant, ce sont les gens de Moribe qui sont invités en tant qu'invités pour approfondir leurs liens avec les citadins. Si l'on parvient à se réconcilier avec les gens de la capitale, de telles occasions ne feront que se multiplier.

(Nous avons réussi à nous rapprocher de Dreg, après tout. Quoi qu'il arrive ensuite, on s'en sortira.)

En y pensant, je tournai les yeux vers .

Rimi=Ruu discutait avec Eurifia, alors buvait son thé en silence. Ses yeux bleus me regardaient avec calme.

« Qu'est-ce que tu as ? Tu as l'air tout sérieux. »

« Non, je me disais juste qu'il faut qu'on continue à s'accrocher. »

« C'est ça. » dit-elle, puis elle porta sa bouche à mon oreille.

« C'est une louable résolution, mais moi, je n'ai pas du tout le ventre plein. Une fois rentrés, tu me feras quelque chose à manger, non ? »

« Ouais, j'ai appris la leçon du dernier festin. J'ai préparé le casse-croûte de nuit en même temps que la mise en place pour le commerce. »

fit mine de se coiffer, cacha son visage aux gens d'en face, et sourit avec joie.

« Bien. Alors, avant que la réunion ne se termine, on va aller échanger nos places avec Rudo=Ruu et les siens. »

« Hein ? Tu te donnes du mal. Qu'est-ce que tu comptes faire cette fois ? »

« Évidemment, parler à ce Musuru. À chaque fois que je remercie Rabisu, lui doit se sentir rongé par la culpabilité. »

À ces mots, je pouffai malgré moi.

« Je vois. Toi aussi, tu pensais que t'étais un peu trop allée dans la colère. »

« Ma colère était légitime. Je n'ai pas l'intention de céder sur ce point. »

pinça légèrement les lèvres et me donna un coup de pied sous la table.

« Allez, on y va. ... Rimi=Ruu, on va échanger avec Rudo=Ruu et les autres, tu peux rester là un moment ? »

« Oui, c'est bon ! À plus tard ! »

Rimi=Ruu se retourna, me fit un grand signe de la main en souriant.

Je lui rendis son geste et suivis Ai= Fa. En regardant sa silhouette alerte, je sentis une profonde émotion m'envahir.

(Qu' soit celle qui bouge le plus après la proposition de Poraus, c'était inimaginable il y a peu.)

Et l'attitude d'Ai= Fa me rappelait inévitablement celle qu'elle avait eue en cherchant Dei=Ravittsu lors du festin de Moribe.

, qui était maladroite dans les relations humaines et ne courait pas après ceux qui partent, a beaucoup changé ces derniers temps. Pourtant, sa façon d'agir dès qu'elle a pris une décision n'a pas changé.

Avec le temps, des choses changent. Mais d'autres ne changent pas. Musuru a beaucoup changé, mais sa loyauté envers Rifureia est intacte. Yumi aussi, sans perdre ce qui fait d'elle Yumi, s'apprête à vivre un grand bouleversement. Moi aussi, sans trop m'en rendre compte, je dois être dans le même cas.

Et au bout de ce pas à pas, quel avenir nous attend ?

C'est avec une attente plus grande que l'inquiétude que je souhaitais l'accueillir.

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