Aller au contenu principal

Isekai Ryouridou

Chapitre 612

Isekai RyouridouIsekai Ryouridou
Chapitre 612

Chapitre 612

Chapitre 612/67091%~8 min de lecture1 446 mots

Ainsi prit fin le long bonheur qui avait duré si longtemps.

Sous le regard aligné des gens de Moribe, les artisans du bâtiment montèrent sur les chars. Sur les banquettes des cochers prenaient place les chasseurs de la famille Ran, arrivés tout à l'heure au village des Fou.

« Nous nous chargeons de raccompagner les invités à l'auberge en toute responsabilité. Soyez tranquilles, . »

Jou=Ran, l'un d'entre eux, me lança un sourire depuis sa banquette. Un chasseur par char, soit deux au total, et un troisième char prévu pour les ramener à Moribe. Pour remplir cette mission, les chasseurs des Ran étaient restés en attente jusqu'à cette heure tardive.

« Merci beaucoup pour aujourd'hui ! Et vraiment pardon pour le petit incident en cours de route ! Râbis et moi restons à Genos dès demain, alors restons amis ! »

Diâru s'inclina profondément avant de grimper dans le char.

Râbis fit un signe de tête au visage indéchiffrable et le suivit.

Les treize membres qui restaient à Genos étaient déjà installés dans les chars.

Ceux qui regrettaient le plus le départ étaient, comme attendu, les sept qui quitteraient Genos demain.

« Alors, salut . Tous les gens de Moribe sont vraiment reconnaissants. Prenez soin de vous jusqu'à l'an prochain, quand on se reverra. »

Aldas me tapa l'épaule de sa grande main avant de monter sur la plate-forme.

Puis Meitôn agita les bras en tous sens, passant tout le monde en revue.

« Je prierai le dieu du Sud pour que vous restiez en bonne santé. Porte-toi bien, toi aussi. »

Les gens de Moribe les regardaient partir, le sourire aux lèvres.

Les sept membres disparurent l'un après l'autre, et ne resta plus que le patron Baran.

Le patron posa le pied sur le marchepied de la plate-forme et se retourna vers nous.

« L'an prochain, quand je reviendrai à Genos, j'ai hâte de voir en quel état est devenue l'ossature que nous avons bâtie. » Il fit une pause. « Alors, portez-vous bien. »

Au moment où le patron montait sur le char, j'avançai aux côtés d' et de Reyna=Ruu. Le patron remarqua qu' tenait une énorme caisse en bois et fronça les sourcils. « Hum ? »

« Quoi, encore une commission ? »

« Oui. C'est un cadeau des gens de Moribe pour vous tous. Mangez-le en route, s'il vous plaît. »

« Oh, ce ne serait pas de la viande séchée de giba, par hasard ? »

Aldas passa la tête par-dessus l'épaule du patron. Je lui adressai un « Oui » en souriant.

« La viande séchée de giba a tellement monté qu'on ne peut plus se l'offrir facilement. Mais je voulais que vous puissiez en goûter pendant le voyage, alors j'en ai préparé. »

« Après nous avoir offert un banquet, on reçoit encore un cadeau si beau… ça me met un peu mal à l'aise. »

Tout en disant cela, Aldas affichait un large sourire ravi.

Le patron grattait sa tête, l'air boudeur.

« C'est vrai. Recevoir ça sans contrepartie, c'est une drôle de sensation. »

« Ne vous en faites pas. Ça compte aussi comme remerciement pour avoir pris en charge le travail du sanctuaire. »

« Oui. C'est qui a proposé, mais les chefs de clan de Moribe ont validé. Je vous en prie, acceptez-le. »

Reyna=Ruu ajouta, elle aussi en souriant.

Jiza=Ruu observait la scène en silence, un peu en retrait. Ce travail avait été laissé à ma discrétion et à celle de Reyna=Ruu, en tant que responsables du stand.

« Il y a aussi de la saucisse dans la caisse. Elle a été soigneusement dessalée, donc vous pourrez la manger même après votre retour. Si vous voulez, faites-en profiter vos familles. »

« Ça, ils vont être aux anges ! La réputation de la cuisine au giba est arrivée jusqu'à Neruia, tout le monde veut en manger. »

Meitôn approuva lui aussi.

Le patron poussa un petit soupir, puis hocha la tête vers .

« Refuser une telle attention serait maladroit. Je la prends avec gratitude. »

« Um. Le giba-bacon, il faut le cuire avant de le manger. »

déposa la lourde caisse aux pieds du patron.

Au même instant, Jou=Ran cria depuis sa banquette :

« On peut y aller ? Les totos risquent de s'endormir si on attend. »

« Ah, partez », répondit le patron avant de me jeter un dernier regard.

« Alors, à l'an prochain. »

« Oui. À l'an prochain. »

Le char se mit à avancer lentement.

Depuis la porte ouverte, Aldas et Meitôn agitaient la main. Leurs voix portaient aussi un « À l'an prochain ! »

« Prenez soin de vous sur la route ! À l'an prochain ! »

Je forçai ma voix et continuai à agiter grand la main jusqu'à ce que leur silhouette disparaisse.

Bientôt le char gagna le chemin de Moribe et s'effaça dans l'ombre des arbres.

Après un court silence, « Bon ! » l'épouse de Bâdu=Fou lança la suite.

« C'est à votre tour maintenant. Si l'alcool vous rend la main incertaine sur les rênes, n'hésitez pas à crier. »

C'est pour cela que les chasseurs des Ran et des Sudra étaient restés sur place. Mais il semble que seul le chef de famille des Ratts en ait fait la demande.

« Nous rentrons dans le même char que le clan de Gaz, mais tout le monde a trop bu. Désolé, mais on compte sur vous. »

« Oui, pas de problème. Chim=Sudra, tu peux t'en charger ? »

« Um. Je m'en occupe. »

Comme d'autres hommes avaient participé au banquet d'aujourd'hui, Chim=Sudra était sobre. Lui et Yun=Sudra devaient raccompagner les leurs avec mon char tiré par Giruru.

Par ailleurs, les visiteurs lointains des Zaza et des Sauti passeraient la nuit chez les Din et les Ruu. Ainsi les frères et sœurs Zaza pourront revoir Tour=Din dès demain matin.

Dari=Sauti s'en allait vers le char en discutant avec Jiza=Ruu. Rimi=Ruu lança un « À plus ! » à avant de les suivre.

Dei=Ravittsu ne nous accorda pas un regard, partant vers le char avec les gens de Nahamu et Mîmu. Marufira=Nahamu ne cessa de s'incliner vers nous jusqu'au bout.

C'est le spectacle de la séparation qui clôt tout banquet.

Je me retrouvai à porter en même temps une plénitude de bonheur et une solitude de même ampleur.

Mais c'est sûrement cette solitude qui engendrera un nouveau bonheur.

J'aurais voulu parler encore plus avec le patron, tisser des liens encore plus forts ; parce que ce sentiment reste si vivace, l'an prochain nous pourrons savourer une joie plus grande encore.

C'est en pensant ainsi que je me tournai vers .

« Bon, on rejoint Tia et Brave, et on file d'abord chez les Sudra. »

« Um. Il est drôlement tard. Tia doit être en train de pioncer à poings fermés. »

Vers la maison de la branche des Fou où Tia et les autres étaient gardés, et moi nous mîmes en route.

Vêtue de son habit de cérémonie, avait son allure habituelle. Elle avait bu un peu de vin de fruit, mais n'avait pas l'air aussi ivre que lors du conseil des chefs de famille. Seulement, son profil paraissait apaisé, pleinement satisfait.

( est à mes côtés. Alors la solitude ne m'écrasera pas.)

Tout en songeant ainsi, je levai machinal les yeux au ciel.

Le feu rituel s'était consumé, les feux de veille commençaient à baisser, si bien que les étoiles brillèrent nettes sur la voûte entière. La lune bleutée luisait elle aussi de son éclat clair, comme veillant doucement sur les gens d'en bas.

Les astrologues disent que l'étoile qui régit mon destin n'est pas sur cette terre.

Pourtant je suis un humain vivant. J'ai rencontré les gens nés ici, noué des liens, je vis mes jours. Ce fait ne changera pas.

(Que l'an prochain aussi je puisse revoir le patron… qu'ils restent en bonne santé d'ici là… Mère Forêt, Père Dieu de l'Ouest, et le dieu du Sud qui est le leur… je vous en prie, veillez sur eux.)

Quand je baissai les yeux, s'interposa dans mon champ de vision. En marchant, elle scrutait mon visage.

« Qu'est-ce qu'il y a,  ? »

« Non… je me disais que tu retenais encore tes larmes. »

« Hé, aujourd'hui je n'ai pas versé une seule larme. J'ai grandi, non ? »

« Idiot. C'était avant qui n'était pas normal, toi qui pleurais si facilement. »

Tout en disant cela, l'expression d' était d'une grande douceur.

Aux côtés d' au visage si doux, je continuai à marcher dans la nuit.

Swipez pour naviguer

Commentaires

0/2000

Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à en laisser un.