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Isekai Ryouridou

Chapitre 543

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Chapitre 543

Chapitre 543

Chapitre 543/61089%~16 min de lecture3 033 mots

Le lendemain, alors que nous travaillions dur à notre étal, Zashuma fit son apparition vers le milieu du jour.

« Salut. Ça a dû être rude hier. Je t’apporte un message de lord Melfried. »

« Hein ? C’est pour moi ce message ? Pas pour les membres de la famille Ruu ? »

« Un envoyé officiel se rendra au village des Ruu. Quant à moi, je comptais bien déjeuner ici même, alors j’ai récupéré ce message qui te concerne directement, Asta. »

En prononçant ces mots, Zashuma eut un sourire joyeux.

« Ce n’est pas spécialement une nouvelle destinée à toi seul, mais autant en profiter. Tu n’es pas sans curiosité non plus, Asta, j’imagine ? »

« Vous parlez des soldats de la capitale qui pénètrent dans la forêt de Morga ? Oui, si vous connaissez les détails, je serais ravi de les entendre. »

« Bien sûr. Les gens du Moribe ne peuvent pas rester insensibles à ça. …Les soldats quittent la ville-relais aujourd’hui à midi pile. Ils sont cinquante. Leur commandant est un certain Dag, surnommé “Cent Lions”, comme hier. »

Dans ce cas, il n’avait donc pas été dépouillé de son grade de commandant.

C’était une bonne nouvelle en soi, mais on ne pouvait guère s’en réjouir au vu des conséquences de cette mission.

« C’est suicidaire. Qu’ils soient excellents soldats ou non, la chasse au giba demande des compétences totalement différentes. Comptez-vous vraiment entrer dans la forêt avec ces armures ? »

« Eh oui, c’est le cas. Sans armure, ils risqueraient d’être percés d’un coup de défenses avant même d’avoir pu réagir face à un giba. »

« Mais avec cet équipement, même face à un giba affamé, ils ne pourront ni grimper aux arbres pour fuir ni esquiver. Même si cette armure bloque les défenses et les cornes, un simple choc frontal pourrait leur coûter la vie. »

« On t’a déjà entendu râler là-dessus hier, Donda=Ruu aussi. Enfin, les inspecteurs n’ont apparemment pas prêté attention à nos avertissements. »

Zashuma se grattala vigoureusement la tête couverte d’un tissu semblable à un turban.

« À propos, les inspecteurs ont même refusé l’accompagnement de chasseurs moribe. Tu en as déjà entendu parler ? »

« Oui. J’en ai appris l’existence hier soir, après notre retour de la ville-relais. Apparemment, les soldats de la capitale visent des zones que les chasseurs moribe évitent. »

« Ouaïs. Ils emprunteront la nouvelle route creusée et partiront vers l’est pour pénétrer dans la forêt à un endroit quelconque. Il paraît qu’une heure de course de toto suffirait pour éviter tout contact avec les territoires de chasse des clans. »

Cette région était réputée pour compter moins de gibias. Pourtant, lors des travaux d’aménagement, des gibias affamés étaient apparus, attaquant les habitants du nord et les gardes. Normalement, une troupe de cinquante personnes marchant groupée devrait dissuader toute approche, mais la faim aveugle les gibias et rend ces règles inefficaces.

« Néanmoins, cette fois-ci, des gens de Genos les accompagnent en tant que témoins. S’ils dévastaient les richesses de la forêt ou, pire, pénétraient dans les hauteurs, ce serait désastreux. Pour eux, la montagne de Morga est un sanctuaire interdit, tu crois ? »

« Oui. On dit même que piétiner la montagne de Morga entraînerait la chute de Genos. Je ne l’ai entendu qu’à la légère, pourtant. »

« Les Trois Bêtes de Morga, le loup de Valb, le grand serpent Madarama et l’homme sauvage écarlateincarneraient la colère de la montagne. Moi qui suis originaire de Dabag voisine, je n’ai connu que leurs contes de fées. Oh, je viens d’apprendre que toi, Asta, tu aurais effectivement croisé le serpent Madarama. »

Zashuma rit avec amusement sur ces mots.

« Croiser des créatures de légendes, c’est incroyable. Vraiment, Asta, tu sembles voué à vivre selon un destin mystérieux. »

« Hmm, peut-être bien. »

Dan=Rutim avait d’ailleurs affirmé avoir été sauvé deux fois par le loup de Valb. Du moins, pour les gens du Moribe, les Trois Bêtes de Morga n’étaient certainement pas de simples habitantes de contes.

« Voyons ce que ça donne. Si les soldats tombent par hasard sur un faible giba et parviennent miraculeusement à l’abattre, ça pourrait vite compliquer les choses. »

« Vous voulez dire transférer les gens du Moribe hors de la forêt pour en faire des vassaux des Turan ? Dans ce cas, ils devraient migrer vers une autre forêt. »

« Le marquis de Genos s’y oppose fermement, alors ça devrait finir par trouver une issue. D’ailleurs, dans leur intérêt, je préférerais que les soldats échouent dans leur chasse. »

Disant cela, Zashuma s’éloigna vers le restaurant en plein air, bras chargés de plats au giba.

Yamile=Rei me lança la parole depuis l’étal voisin, remarquant que je ne pouvais m’empêcher de soupirer.

« Tu as l’air abattu. Est-ce que tu t’inquiètes de voir les soldats se faire attaquer par les gibias ? »

« Euh, oui. Il est cruel de les voir se blesser sur un ordre aussi déraisonnable. Mais impossible de souhaiter qu’ils réussissent… Quelle impasse totale. »

« C’est parce que tu tiens trop aux gens de la capitale. Mon patriarche riait en disant que ta gentillesse n’a aucune limite. »

Tant mieux si ça ne va pas plus loin. Rudo=Ruu, par exemple, bouillonnait encore la veille : « Tu prends vraiment leur défense, toi ! »

'Les soldats menés par Rudo ne sont que des instruments qui exécutent des ordres, Drag n’est lui-même qu’une marionnette manipulée par Talon… Autrement dit, le seul obstacle réel est Talon. Ce dossier devrait déjà parvenir au marquis de Genos par l’intermédiaire de Kamyua ; s’il trouvait enfin une parade pour sortir de cette impasse…'

Tandis que je réfléchissais ainsi en préparant le plat du jour, le ‘giba frit’, une silhouette inattendue apparut devant notre étal.

« Bonjour Asta-san, ça fait longtemps. Bien qu’il y ait beaucoup d’agitation en ce moment, je suis rassuré de te voir en pleine forme. »

C’était un grand homme des gens de l'Ouest rappelant Aldas. Il s’agissait en réalité de Bozzul, l’apprenti de Valkas.

« Ah, salut. Ça faisait plaisir. Tu viens pour acheter de la viande ? »

« Oui. J’ai réussi à acheter d’occasion des oiseaux Barobaro rares. La livraison a pris du retard, d’où notre rencontre à cette heure avancée… Mais grâce à ça, je peux enfin redéguster des plats au giba après tant de temps. »

Bozzul possédait à la fois la franchise propre aux gens du sud et la courtoisie des résidents de la ville-château. Depuis notre dernier repas à l’« Étoile d’Argent », il affichait toujours ce large sourire bienveillant.

« On m’a dit que tu avais cuisiné en ville-château récemment. Valkas a beaucoup regretté de n’avoir pas pu être présent pour goûter tes plats. »

« Vraiment ? Ce jour-là, j’ai partagé les cuisines avec Timaro de l’« Auberger Lance de Seruva ». »

« Ouais, j’en ai entendu parler. Valkas doit avoir perdu ses droits simplement parce qu’il a déplu aux nobles de la capitale par le passé. »

« Hein ? C’est vrai ? Je n’en savais rien. »

« Lors d’une précédente invitation du marquis de Genos envers des officiels de la capitale, on lui a jeté des assiettes en criant comment accepter un aliment aussi méconnaissable. Les plats de Valkas ayant une présentation et un arôme singuliers, certains semblent les refuser purement et simplement. »

Aurait-ce été Drag, ce gentilhomme ivrogne, qui avait orchestré cette indécence ? Avec ses habitudes, rien n’imposait d’ailleurs que ce soit impossible.

« Quoi qu’il en soit, nous aimerions sincèrement qu’ils rentrent au plus vite. Tant qu’ils campent à Genos, il deviendra difficile pour nous de recevoir Asta-san en ville-château, et pour vous de venir au village du Moribe, n’est-ce pas ? »

« Effectivement. Le marquis de Genos nous a conseillé de garder nos habitudes, mais inviter des hôtes pour un banquet devient tout de même inconcevable dans l’état actuel… »

« Quel dommage. Shiri=Rou et moi-même hâtons le jour où nous serons conviés à votre village du Moribe. De plus, on a livré une grande quantité de shaska récemment ; nous souhaiterions que vos compatriotes veuillent bien les essayer. »

« Ah, c’est ça ? Moi aussi, j’ai hâte. …Je compte aussi avec impatience le jour où nous pourrons accueillir Bozzul et les vôtres au Moribe. »

Alors que nos échanges se poursuivaient, il était midi pile.

C’était l’heure où Dag et les autres partiraient pour le Moribe. Ne sachant même pas quoi ni comment prier pour la forêt, je sentis un soupir m’échapper une nouvelle fois.

« Allons-y. Apportez les récipients, veuillez patienter un instant. »

Bozzul avait garé son chariot contre la route. Devant l’énorme quantité de bols qu’il en sortit, mes yeux s’écarquillèrent.

« Tu es très bien préparé. Tu ne venais pas juste par hasard aujourd’hui, si ? »

« Exactement. Chaque fois que j’emprunte la ville-relais pour l’approvisionnement en viande, j’embarque systématiquement cette vaisselle. Comme les transactions se font généralement à l’aube ou au crépuscule, il est rare que je passe vous saluer, mais je suis prêt pour ce genre de circonstances particulières. »

C’était finalement une aide précieuse.

Pendant que j’enfourçais curry de giba et ragoût crémeux dans ces récipients, il m’en apportait joyeusement de nouveaux. Il devait les avoir achetés spécifiquement pour Valkas et ses compagnons en attente à l’« Étoile d’Argent ». Peu importe la forme, savoir que Valkas allait enfin manger de la cuisine au giba me réjouissait énormément.

« Bien sûr, je rachèterai aussi les plats de Maimu-san. Ce serait parfait si vous pouviez y laisser un peu plus de sauce, est-ce possible ? »

« Avec plaisir. Merci de transmettre mes salutations à Valkas et aux autres. »

Maimu sourit avec joie en versant généreusement un bouillon à base de lait de karon dans les récipients. Personnellement, j’aurais aimé inviter Bozzul au Moribe au plus vite pour le présenter à Mikel.

'Pour cela, il faut d’abord résoudre le problème des gens de la capitale. Si seulement je pouvais aider… Que puis-je bien faire ?'

Par la suite, de nouveaux clients affluèrent rapidement et je me retrouvai débordé.

Certains, ayant vu les soldats filer vers le Moribe hier et aujourd’hui, s’enquièrent inquiets du motif réel. Je dus me contenter de réponses toutes faites. Bien que Marstein ait systématiquement répété que la vérité était la meilleure arme, je ne savais pas exactement jusqu’où je devais divulguer les faits compte tenu de ma position.

Mais mes préoccupations allaient se dissiper vingt minutes plus tard.

Les constructeurs, venus un peu en retard, furent ceux qui me mirent au courant.

« Vers midi, un crieur public de la ville-château a parcouru la place. Il paraît que les soldats de la capitale partent chasser le giba au Moribe ? »

Selon mes informations, un envoyé de la ville-château y avait lu un décret.

Le texte traitait des événements d’hier et d’aujourd’hui. Hier, les soldats avaient été dépêchés pour enquêter sur le quotidien du village du Moribe ; à cause d’un malentendu autour de l’autonomie locale, les inspecteurs de la capitale avaient dû présenter leurs excuses. Puis, ce jour, afin d’étudier l’écologie des gibias, des troupes de la capitale pénétraient désormais dans la forêt de Morga.

La question du déplacement des Moribes vers la ville et celle de la formation d’une milice contre les gibias restaient scellées publiquement. Une telle annonce aurait provoqué un tollé violent chez les habitants de Genos ; Marstein avait donc choisi de temporiser.

'Même ainsi, si les gens de la capitale maintiennent leur proposition, il devra bien finir par tout officialiser. Ce sont les inspecteurs qui endosseraient la responsabilité… Mais si ça continue, les fissures ne feront que s’élargir.'

En tant que souverain de Genos, Marstein poursuivait inévitablement la réconciliation avec les autorités centrales. Mais les manœuvres coercitives successives de la capitale rendaient cet objectif de plus en plus illusoire.

'Que faire… ? » Tandis que je mijotais anxieusement un rôti de giba, Lyerfaam=Sudra m’appela depuis près.

'Une demi-heure après midi, quand l’engorgement commençait à retomber, Sanjura se présenta.

Il tenait un paquet carré dans la main.

'J’ai su que Rifureia désirait manger des plats en sauce, alors j’ai apporté des bols. Serait-il possible d’y faire servir vos mets ? »

'Bien sûr. …Rifureia va-t-elle bien ? »

'Oui. Elle a toutefois beaucoup tremblé hier en apprenant les rumeurs suggérant l’élimination des habitants du nord. »

Prononçant ces mots, Sanjura esquissa un sourire mélancolique.

'Cependant, apprenant que le marquis de Genos s’y opposait, elle a retrouvé du courage. Si son frère Shifon=Chel finissait par subir un châtiment, Rifureia aurait bien du mal à s’en relever. »

'C’est vrai. Moi aussi, je trouve cela inadmissible. Au fond, rendre les gens du Moribe sujets des Turan relève de l’inacceptable pour nous tous. »

'…Les soldats de la capitale sont partis pour la forêt de Morga, dites-vous ? Croient-ils pouvoir chasser le giba dans ces conditions ? »

À ces mots, Lyerfaam=Sudra s’exclama : « Arrête tes bêtises. »

'Même s’ils sont excellents militaires, cela suffit-il à accomplir une chasse au giba ? Les vrais chasseurs disposent de techniques spécifiques. »

'Je vois. N’étant familière ni avec les soldats ni avec la chasse… Cela m’inquiète un peu. »

'…Avec une telle armure, poursuivre le giba ou fuir est tout bonnement impossible. Peut-être pourraient-ils en abattre un en échange de plusieurs vies humaines. »

Ayant répondu sévèrement, Lyerfaam=Sudra vit Sanjura sigher doucement.

'J’y crois fermement. Je souhaite sincèrement qu’ils échouent. »

"Inutile de souhaiter explicitement le malheur d’autrui. C’est précisément cette mentalité qui te rend imparfait. »

Lyerfaam=Sudra détacha brutalement le regard.

Malgré cela, elle interagissait activement ainsi probablement pour sonder l’âme de Sanjura. Ses paroles étaient sévères, mais je percevais invariablement sa grande largeur d’esprit.

'…Bref, Rifureia affronte résolument son destin. Je suis prête à la soutenir coûte que coûte. »

Tout en gardant un visage serein, Sanjura fit cette déclaration.

Rifureia avait également subi d’intenses interrogatoires de la part des inspecteurs. On remuait sans doute ses fautes passées ainsi que celles de son père Cykléus ; quelle souffrance cachait-elle ? Cela restait une de mes plus grandes inquiétudes.

'Sanjura, j’aimerais aussi poser une question… »

'Dis-moi. »

'…Rifureia n’a pas de rancoeur envers moi ? »

Sanjura cligna des yeux.

Bien que son physique ressemblât aux gens de l'Est, ce citoyen des gens de l'Ouest n’évitait nullement les manifestations de ses émotions faciales.

'Je ne pense pas que Rifureia puisse détester Asta. Lui seul a apporté une sérénité même à Cykléus. »

'Je n’ai fait que cuisiner conformément à ses souhaits… Mais je suis soulagé qu’elle ne me porte pas de rancune. »

'N’est-ce pas plutôt toi qui devrais la haïr ? Rifureia t’a kidnappé. Tu dois bien avoir des motifs de ressentiment. »

Pourtant, Rifureia purgéait déjà une peine de prison pour expier ses actes. Sa durée avait été considérablement réduite par rapport au jugement initial, mais ceci résultait de la nécessité de lui faire hériter du titre pour juger Cykléus ; les chefs du Moribe avaient fini par accepter à contrecœur.

Ainsi, les gens du Moribe pardonnaient superficiellement aux fautes de Rifureia et de Sanjura. Même , qui peinaient encore à lâcher leur hostilité et leur méfiance, y parvenaient par effort conscient.

'Faire un pas de plus dans cette direction ne contribuerait-il pas à apaiser cette crise ?'

Les inspecteurs de la capitale craignaient surtout que la chute de la maison comtale des Turan ne déséquilibre le pouvoir. Mettant de côté l’idée de placer Sanjura comme successeur, ne pourrait-on rassurer les inspecteurs en renforçant l’autorité actuelle de Rifureia ? Je souhaitais connaître l’avis de Kamyua=Yoshu sur ce point précis.

'…Rifureia parle souvent d’Asta à Shifon=Chel. Pour eux deux, Asta occupe une place immense. Si elle le détestait, elle n’en parlerait pas ainsi. Au contraire, elle craint probablement encore qu’Asta ne lui veuille pas mal. »

'Je vois. Je ne déteste absolument pas Rifureia. Peux-tu lui transmettre clairement ce message ? »

'Oui, Rifureia en sera ravie. …Bien qu’elle ne le montre probablement pas ouvertement. »

Prononçant cela, Sanjura eut un sourire léger.

Son sourire évoquait parfois Shimiral par le passé. Quoiqu’il fût un être hautement fragile, le fait que je considère Sanjura comme quelqu’un de fondamentalement bon – voire espère qu’il le soit – tenait peut-être précisément à cette douceur de ses expressions faciales.

'Au passage, concernant la ville-château… Ce jour, les comtes Dailem et Saturos doivent tenir conseil avec les inspecteurs. »

'Ah, c’est ça ? Des personnages lourds de l’État, alors. »

Le comte Dailem Paud et le comte Saturos Ludros. Nous entretenions peu de relations, mais dans Genos, ils constituaient les figures dirigeantes suivant immédiatement Marstein.

'Mais s’ils apprennent qu’on veut déplacer les Moribes hors de la forêt, ils vont s’indigner fortement. Surtout la terre du comte Dailem, la plus exposée aux dégâts directs des gibias.'

La construction de murs protégeant les champs de Dailem avançait progressivement. Toutefois, exigeant des coûts, des efforts et du temps considérables, on estimait sa finalisation probable à l’année prochaine.

'Même avec des murs achevés, si les Moribes cessent de chasser, la forêt va vite regorger de gibias. Nos fortifications seraient détruites, les dommages atteindraient la ville-relais, ou la sécurité des routes avoisinantes vacillerait.'

Le sort des Moribes déterminait en grande partie la prospérité future de Genos. Sachant cela parfaitement, Marstein aspirait nécessairement à coexister avec eux. Accepter dès le départ les propositions des inspecteurs visant à renverser cette base était impossible.

'Au pire, si les inspecteurs songeaient sérieusement à la ruine de Genos, toute réconciliation deviendrait chimérique. Je ne peux que prier pour que ce ne soit pas le cas.'

Impossible d’empêcher les scénarios catastrophes de déferler dans mon esprit.

Pour les Moribes, orienter leurs forces adéquatement demeurait une énigme ouverte à mes yeux.

'De toute façon, les inspecteurs multiplient les provocations à la chaîne. Nous devrions proposer nous-mêmes des idées facilitant la réconciliation entre Genos et la capitale… J’aimerais en discuter avec Gazlan=Rutim notamment.'

Tandis que je cogitais ainsi, mon regard dévia spontanément vers le ciel.

Indifférente à mes angoisses, le ciel de Genos restait d’un bleu limpide ce jour-là aussi.

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