« Oh, te voilà, te voilà. Qu'est-ce que tu fous dans un coin pareil ? »
Interpellée de la sorte, Mirano=Masu se retourna.
C'était la cour arrière de *l'Auberge Queue de Kimusu*. En se retournant, elle aperçut les propriétaires d'auberges familiers, alignés là.
« Ce que je fais chez moi ne te regarde pas. Et vous, vous faites quoi, le cou tendu comme ça ? »
« Disons qu'on voudrait te demander un petit conseil. »
Mirano=Masu était en train de réparer le hangar.
Avec le mois vert, un groupe de charpentiers arriverait de Jagar. Elle confierait les gros travaux à ces professionnels, mais elle avait décidé de régler elle-même les menues réparations d'ici là.
Mirano=Masu s'essuya le visage avec son tenugui et parcourut du regard les propriétaires présents.
« Je sais pas ce qui vous prend, mais c'est un beau parterre. Vos auberges sont donc bien calmes ? »
« À cette heure, tout le monde est dehors, alors on a du temps. C'est pour ça que toi aussi, tu joues aux architectes dans un coin pareil ? »
« Hmph. Je ne peux pas gaspiller mes précieux koban. »
Il y avait trois propriétaires réunis. Ce n'était pas une réunion officielle, et le fait qu'ils se rassemblent ainsi n'avait rien d'anodin. Mirano=Masu comprit qu'elle devait les écouter posément.
« Donc, c'est quoi, ce conseil ? Si vous voulez, on peut en parler dans la salle à manger. »
« Ah, non, ici ça va. Enfin, disons qu'on préférerait éviter que des gens sans rapport n'entendent. »
« Chez moi aussi, les clients sont tous partis acheter à manger aux étals, mais… l'ambiance a l'air lourde. Vous venez vous plaindre de mon commerce ? »
Devant le regard noir de Mirano=Masu, l'un des propriétaires agita les mains en disant « Non, non ».
« On n'a aucune plainte contre toi. C'est juste qu'on voudrait ton avis. Sur… la viande de giba. »
« La viande de giba ? Si vous en voulez, allez au marché. Il devrait y en avoir de la fraîche en vente dès maintenant. »
« Non, on en a déjà, tous les trois ici. »
« Tous les trois ? » Les sourcils de Mirano=Masu se froncèrent.
« J'ai ouï dire que seules quatre auberges avaient pu acheter de la viande de giba au marché. Les propriétaires de trois d'entre elles sont donc ceux qui sont réunis ici ? »
« Exact. La seule absente, c'est la vieille Jize de *l'Auberge Spirale de Lamuria*. Cette grand-mère est réputée pour sa cuisine, elle doit pouvoir se débrouiller seule pour faire de bons plats de giba. »
« Hmph. En gros, vous galérez parce que vous n'arrivez pas à faire de la cuisine de giba correcte. »
« C'est ça », fit l'un des propriétaires en laissant tomber les épaules.
« La viande de giba, grillée ou mijotée, c'est déjà délicieux, non ? Du coup, on n'imaginait pas qu'on allait autant ramer. »
« Pareil chez moi. Sans faire le fanfaron, on avait une petite confiance en notre cuisine, pas au niveau de Jize ou Naudis, mais quand même. »
« Et pourtant, ça veut pas marcher. »
Tous les propriétaires avaient l'air abattus.
Mirano=Masu ne put s'empêcher de pencher la tête.
« C'est si compliqué que ça ? Au moins, ça devrait donner de meilleurs plats que la viande de kimusu sans peau ou la cuisse de karon, non ? »
« C'est ça qui est bizarre. Depuis qu'on arrive à travailler plus de produits, les plats à base de kimusu ou de karon plaisent bien. Mais la cuisine de giba, c'est non. »
« Pourquoi non ? Je pige pas. »
« Ben voilà, c'est ça. À l'étal des Moribe, comme chez les auberges qui ont eu de la viande de giba avant vous, on a servi des plats de giba superbes, non ? Du coup, on est comparés à ça. Si on sort un truc au niveau de nos plats de kimusu ou de karon, les clients ne sont pas satisfaits. »
L'un des propriétaires le dit d'un air résigné.
« En plus, la viande de giba est chère, donc le prix du plat grimpe. Résultat, les clients font encore plus la tête… »
« Ouais. Les commandes de plats de giba, ça n'a duré que deux ou trois jours au début, après plus rien. »
« Moi aussi, je n'ai plus que des clients qui commandent du kimusu ou du karon. Ceux qui veulent manger du giba, ils vont tous chez toi ou à *l'Auberge Grand Arbre du Sud*. »
Le plus jeune des propriétaires faillait pleurer.
« À ce rythme, toute notre viande de giba salée va pourrir. On a claqué une fortune, c'est quand même pas possible un truc pareil ? »
« Ah, moi aussi, si ça arrive, ma femme me mettra un coup de pied dans le cul. »
« Alors… tu peux pas nous filer un coup de main ? »
« Aider ? » Mirano=Masu fronça à nouveau les sourcils.
« Qu'est-ce que tu entends par "aider" ? Vous voudriez pas que je vous donne la recette de mes plats de giba, par hasard ? »
Les propriétaires se turent, déconfits.
« C'est hallucinant », souffle Mirano=Masu en haussant les épaules.
« Quand bien même, ça tient pas la route. On est potes de beuverie, mais avant tout, on est commerçants. Moi aussi, j'ai galéré à mettre au point mes recettes, mais j'ai jamais pensé à venir vous quémander de l'aide, moi. »
« Non, c'est vrai, mais… mais toi, t'as pu faire de la vraie cuisine parce qu'Asuta t'a appris, non ? »
« C'est ça que je dis : vous vous trompez de personne à qui baiser les pieds. Si vous voulez qu'on vous apprenne, allez voir Asuta. Lui, il vous montrera avec plaisir. »
« C'est sûr ? » fit l'un des propriétaires en baissant les yeux.
« L'autre jour encore, on a eu droit aux cours pour les friandises sucrées, alors redemander, c'est pas un peu gonflé ? »
« Demander à un concurrent, ça, c'est gonflé ! Et puis, ce qu'on a appris d'Asuta, on peut pas le refiler à la légère à d'autres ! »
Les propriétaires s'affaissèrent encore plus.
Devant leurs mines défaites, une autre pensée traversa l'esprit de Mirano=Masu.
« Je pige toujours pas. C'est pas que vous avez la flemme de devoir un truc à Asuta, par hasard ? »
« Pas du tout. C'est même l'inverse.… On a tellement craché sur les Moribe, alors se faire aider encore par eux, ça la fout mal, non ? »
« Hmph. Celui qui les a le plus haïs, ici, c'est moi. »
« Mais toi, t'as tout le temps filé un coup de main à Asuta ! Quand l'affaire du grand criminel des Moribe a éclaté, t'as même mis ton corps en jeu pour le protéger… »
« C'est vrai », renchérit un autre propriétaire.
« Moi, je suis même allé gueuler chez toi pour dire de pas louer l'étal aux Moribe. Tu t'en souviens, forcément ? »
« Vous ressortez des histoires vieilles comme le monde. Vous croyez qu'Asuta ou moi, on s'en soucie encore ? … Enfin, je croyais que l'affaire était réglée quand vous avez baissé la tête à la réunion de la guilde marchande. »
« Même si c'est réglé, on peut pas passer pour des types qui profitent d'Asuta sans rien rendre, ça la fout mal ! »
Un autre propriétaire poussa un profond soupir.
« Toi, t'as aidé Asuta sans attendre de retour. Normal qu'il te dise merci en t'apprenant la cuisine. Mais nous, c'est pas pareil. »
« Ouais. De l'extérieur, ça a l'air qu'on a retourné notre veste juste pour notre gueule. »
« En plus, on a insisté pour qu'on nous vende de la viande de giba, et on en est là. Je me sens minable. »
Mirano=Masu ressentit un malaise complexe, indéfinissable.
« J'ai compris votre point de vue. Quand même, venir me demander des cours, c'est à côté de la plaque. Si la viande de giba se vend plus à cause de ça, Asuta et les siens y perdront gros. Vous feriez mieux d'aller les voir eux, en premier. »
« Non, mais… »
« Pas de "mais". Des grands gars qui se tiennent le cou tendu pour ne faire que geindre, c'est pathétique. Asuta et sa bande vont bientôt rentrer de l'étal. Prenez votre courage à deux mains et allez vous excuser. »
Lâchant ça, Mirano=Masu reprit son travail.
Asuta et les siens revinrent environ un demi-koku plus tard.
Les propriétaires, qui avaient passé ce temps à tergiverser, avaient visiblement réussi à se décider, car ils s'approchèrent d'Asuta pour lui exposer leur problème.
« Euh ? C'est une situation inextricable, ça ! C'est bon, on va arranger ça. »
Dès qu'il eut entendu l'histoire, Asuta trancha.
Les propriétaires se tortillaient comme des gamines timides.
« N-non, désolés. On pensait pas que ça se vendrait aussi mal… »
« Non, c'est nous qui avons manqué de prévoyance. On aurait dû anticiper ce genre de truc. »
En disant ça, Asuta sourit gentiment.
« Avant de rentrer à la forêt, je vais voir Tapas de *l'Auberge Bénédiction de Tinto*. Comme pour les friandises, je vais lui demander si on peut organiser une session d'étude dans sa cuisine. »
« M-mais c'est nous qui l'avons demandé de notre plein grès, alors y a pas de récompense, hein ? Ah, non, bien sûr qu'on peut payer les frais de déplacement… »
« Frais de déplacement, hors de question. Si plein de viande de giba se vend au final, ça nous rentre dans la poche. Faites pas attention à ça. »
Reyna=Ruu, qui se tenait à côté d'Asuta, hocha la tête en disant « C'est ça ».
« Si la viande de giba devient invendable, la viande qu'on a préparée sera gâchée. Pour continuer à vendre de la viande de giba à la ville-relais, c'est une étape nécessaire. »
L'affaire fut close ainsi.
Les trois propriétaires partirent, tout confus. Une fois leurs dos disparus, Asuta souffla un coup.
« Heureusement qu'ils sont venus consulter tôt. Effectivement, comme la cuisine de giba coûte plus cher, l'idéal des clients monte en flèche. »
« Hmph. Puisque vous leur avez vendu de la cuisine de giba de haut niveau tout ce temps, c'est logique. Pour le dire autrement, vous vous êtes fait pendre par votre propre corde. »
« Ahaha. Si grâce à ça tout le monde cherche une cuisine de giba encore meilleure, moi je suis content, par contre. »
Sur ces mots, Asuta sourit à nouveau, innocent.
« Et puis, voir les propriétaires d'auberges capables de se parler franchement comme ça, ça me fait plaisir. Vu l'ambiance d'avant, c'est comme un rêve. »
« … C'est le fruit de votre obstination à continuer votre commerce, peu importe à quel point on vous haïssait. »
« Oui. C'est grâce à Mirano=Masu qui ne nous a pas lâchés à l'époque la plus critique. »
Et Asuta baissa la tête vers Mirano=Masu.
« Bon, je file voir Tapas. À demain, alors, Mirano=Masu. »
« Ouais. Fais gaffe à pas te faire avoir par des hors-la-loi. »
Asuta en tête, le groupe de la forêt s'éloigna.
Mirano=Masu marmonna un « Bon, bon » à personne en particulier.
(Ils n'avaient qu'à parler à Asuta dès le début.)
Tout en pensant ça, Mirano=Masu reprit sa scie pour couper une planche.
Sa poitrine se gonfla d'une satisfaction indicible.
***
La compagne de Mirano=Masu avait rendu l'âme il y a une dizaine d'années déjà.
Elle n'avait jamais été très robuste, mais après avoir perdu son unique parent — son frère — en dehors de Mirano=Masu et de leur fille, son moral s'était effondré d'un coup, et la maladie l'avait emportée.
C'étaient les gens de la lisière de forêt qui avaient tué le frère de sa compagne.
On connaissait désormais leur identité. C'étaient les grands criminels de la famille Sun, qui faisaient partie de la lignée légitime des chefs de clan des Moribe.
Le frère de sa compagne était vice-chef d'une grande caravane marchande. Il avait eu l'idée d'ouvrir une nouvelle route au pied du mont Morga pour pouvoir commercer plus souvent avec Shim.
Mirano=Masu, qui n'avait jamais mis les pieds hors de Genos, ne comprenait pas bien, mais la forêt qui s'étendait au pied du mont Morga était si vaste que pour la contourner et aller vers Shim, le trajet devenait terriblement difficile.
La caravane avait donc prévu de traverser la forêt de plein fouet. Ils avaient obtenu l'accord de nobles de la ville-château et demandé aux Moribe de servir de guides, dans l'espoir d'établir un passage sûr à travers la forêt de Morga.
Au final, ce fut leur perte.
À l'époque déjà, les grands criminels de la famille Sun attaquaient voyageurs et caravanes, et c'étaient des nobles de Genos qui leur servaient d'appui. Demander de l'aide à ce genre de types, c'était comme fourrer sa tête dans la gueule d'une bête affamée.
La caravane fut intégralement anéantie.
Sous prétexte qu'ils avaient été attaqués par des giba dans la forêt de Morga, les grands criminels les massacrèrent tous.
Le frère de sa compagne rendit l'âme.
Sa compagne, qui désespérait de ce monde, rendit l'âme à son tour.
Et à la même période, une autre personne rendit l'âme.
L'épouse du chef de cette caravane.
Cette femme était enceinte. Elle accoucha dans le chagrin de la perte de son mari — et sitôt l'enfant mis au monde, elle rendit l'âme elle aussi.
Pour Mirano=Masu, c'était une quasi-inconnue.
Mais il ne restait que des vieillards dans sa famille, ce n'était pas un environnement pour élever un nourrisson correctement.
Alors Mirano=Masu récupéra l'enfant. L'image de cette femme mourant dans le désespoir se superposa à celle de sa propre compagne, et il ne put pas l'abandonner.
Mirano=Masu venait de perdre sa compagne, et sa fille Teria=Masu était encore petite, mais grâce aux employés de l'auberge, il avait des liens profonds avec les gens du coin. Il choisit parmi eux quelqu'un de fiable pour élever l'enfant à l'auberge. Cet enfant devint plus tard le disciple de Kamyua=Yoshu, Leito.
(Il souriait tout le temps, mais il devait porter tout un tas de trucs dans son ventre.)
Une dizaine d'années plus tard, les grands criminels de la forêt et de la ville-château furent jugés. C'est le voyageur Kamyua=Yoshu qui y contribua. Sans rien dire à Mirano=Masu, Kamyua=Yoshu courut pour les faire condamner. Leito prêta aussi main-forte, paraît-il.
Leito devint disciple de Kamyua=Yoshu il y a environ trois ans.
Leito a maintenant douze ans, donc à neuf ans, il s'était déjà jeté dans le destin de disciple de *Gardien*.
Leito n'avait dit que « Je veux voir plus de monde », mais on ne quitte pas sa famille pour une raison aussi floue.
Un *Gardien*, c'est quelqu'un qui trace sa route avec sa seule lame. Leito a donc dû vouloir la force pour se frayer son propre chemin.
De plus, Kamyua=Yoshu semblait s'intéresser aux Moribe depuis longtemps. C'est sans doute pour ça que Leito a été attiré par lui.
Son père tué par les grands criminels des Moribe, qui restèrent impunis — Leito n'a-t-il pas cherché la force pour abattre lui-même le glaive du châtiment ? Mirano=Masu ne put s'en empêcher de le penser.
De son côté, Mirano=Masu n'avait rien pu faire, et une dizaine d'années s'étaient écoulées.
Le frère de sa compagne était mort en serrant le collier de chasseur. Alors, les gens de la caravane n'avaient-ils pas été attaqués non pas par des giba, mais par les Moribe ? — Mirano=Masu l'avait clamé, mais les gardes n'avaient pas bougé le petit doigt.
Si les nobles de la ville-château couvraient les grands criminels, c'était normal. Depuis toujours, les Moribe pouvaient semer le trouble à la ville-relais sans être inquiétés. On murmurait aussi qu'ils avaient attaqué d'autres caravanes, mais les criminels exécutés étaient le *Parti de la Barbe Rouge*, célèbres comme voleurs justiciers qui ne tuaient pas.
Le chagrin de sa compagne ne venait pas seulement de la perte de son frère. C'était le désespoir de voir les grands criminels qui l'avaient tué courir encore libres, sans être jugés, qui l'avait poussée à renoncer à ce monde.
Les nobles sont les mandataires de dieu. Seruva est le nom du royaume, mais aussi le nom du dieu. Le roi de Seruva est l'élu du dieu de l'Ouest, et les nobles sont les dirigeants du peuple reconnus par ce roi.
Si dieu est absolu, le roi est absolu, les nobles sont absolus. Le commun des mortels ne peut rien contre les nobles. Le fait que les nobles aient pardonné les crimes des grands criminels était une vérité absolue : plus personne ne pouvait les juger.
Donc, Mirano=Masu n'avait aucun moyen d'agir.
Il perdit sa compagne, dut élever sa petite fille, et vécut tant bien que mal, portant en lui une colère épaisse et brûlante comme un bouillon, contre les grands criminels des Moribe et les nobles de Genos qui les laissaient faire.
Une dizaine d'années passèrent ainsi. Et puis, Mirano=Masu croisa un jeune homme étrange se présentant comme homme de la famille Fa : Asuta.
Asuta de la famille Fa était vraiment bizarre.
De l'extérieur, on n'y voyait qu'un homme de l'Ouest. Cheveux noirs, yeux noirs, une couleur un peu rare, mais pas introuvable chez les gens de l'Ouest. Et à Genos, où convergent des gens de partout, il y en a bien d'autres aux allures bien plus étranges.
Mais d'après ce qu'on apprit plus tard, Asuta semblait venir de l'extérieur du continent.
Les détails restaient flous, mais il se serait retrouvé effondré dans la forêt de Morga sans savoir comment.
Genos est une terre intérieure. Une telle histoire est impossible. Depuis la mer extérieure jusqu'à Genos, il faut bien plus d'un mois, quoi qu'on fasse. En changeant de toto à chaque ville sans faire tirer de charrette, on peut peut-être diviser le temps par deux, mais pour Asuta, ça ne collait pas non plus.
« Moi non plus, je n'y comprends rien. »
Asuta lui-même le disait.
Et quand il parlait de sa patrie ou de ses origines, il souriait toujours, mais au fond de ses yeux brillait une lueur de profonde tristesse.
Il ne sait pas comment il est arrivé, donc il ne sait pas comment repartir.
C'est pour ça qu'Asuta avait décidé de faire du village de la lisière de forêt sa dernière demeure.
(Pourtant, Asuta était destiné à venir à la lisière de forêt.)
Mirano=Masu en était convaincu.
Les Moribe, qui n'ouvraient jamais leur cœur aux étrangers, ne l'avaient fait qu'à Asuta. Et maintenant, ils faisaient du commerce à la ville-relais. Le procès des grands criminels de la forêt et de la ville-château n'aurait pas abouti sans l'effort d'Asuta.
Ainsi, les Moribe, qu'on méprisait tant, tissaient désormais de vrais liens avec les gens de la ville-relais.
Jusqu'à l'apparition d'Asuta, il y a environ un an, personne n'aurait pu imaginer une situation aussi miraculeuse.
(Le fait d'avoir pu juger les grands criminels, ce n'est pas le seul mérite d'Asuta. C'est parce que Kamyua=Yoshu, Leito, les Moribe et les nobles de Genos se sont tous mobilisés qu'on y est arrivés.)
Mais même so, l'artisan du lien entre les gens de Genos et les Moribe, c'est bien Asuta.
Mirano=Masu n'avait pas l'ombre d'un doute là-dessus.