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Isekai Ryouridou

Chapitre 493

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Chapitre 493

Chapitre 493

Chapitre 493/52095%~18 min de lecture3 485 mots

La participation au banquet de l'Étoile d'Argent fut officiellement acceptée le vingtième jour de la Lune jaune.

C'est Sheira, aide-cuisinière de Yan et femme de chambre du comté de Daleim, qui nous l'annonça.

« La date est fixée à deux jours d'ici, le vingt-deuxième de la Lune jaune. L'heure limite est le cinquième koku de l'après-midi. Le nombre de participants est limité à dix personnes, je vous prie de bien vouloir respecter cette condition. »

« Hein ? On nous autorise à venir avec autant de monde ? »

« Oui. La ville-château enverra le même nombre de convives, invités de l'Est compris. Il semblerait que l'Étoile d'Argent ait pour règle de ne pas dépasser vingt couverts par jour. »

Sheira, qui s'était donnée la peine de venir jusqu'à notre étal pour nous le dire, exposa cela avec un sourire distingué.

« C'est pourquoi on vous propose d'emmener les chasseurs avec vous, si cela vous arrange. … Enfin, plus précisément, le maître Valcas aurait demandé que les personnes n'étant pas des clientes s'abstiennent de se présenter. »

« Compris. Avec ce nombre, je ne pense pas qu'il y aura de problème. »

Même lors des précédentes réunions de thé, l'escorte se limitait à deux personnes. En y ajoutant Ai=Fa et Darumu=Ruu, il ne semblait pas que quiconque puisse s'en plaindre.

« Puisque vous avez confirmé la venue d'Asuta-sama, le maître Valcas se réjouirait beaucoup, m'a-t-on dit. Et, si possible, il souhaiterait également la présence de Maimu-sama. »

« Entendu. Je suis sûre qu'elle en sera ravie. »

Quand je répondis cela, Sheira poussa un petit soupir teinté de mélancolie.

« … Ce jour-là, Ai=Fa-sama sera sans doute de la partie, n'est-ce pas ? »

« Euh, ah, oui. Je crois bien… Mais Sheira, vous n'y assistez pas ? »

« Les femmes de chambre et les serviteurs doivent attendre dans le véhicule à l'extérieur. Dans ces conditions, il me sera difficile de saluer Ai=Fa-sama comme il se doit. »

Pourquoi elle s'accrochait ainsi à Ai=Fa restait un mystère.

Mais bon, vu la popularité d'Ai=Fa auprès des femmes, je ne pouvais que m'incliner devant l'évidence.

« Alors, transmettez mes salutations au chef de clan des Moribe. Excusez-moi de vous avoir dérangée pendant votre travail. »

« Oui. C'est nous qui vous remercions d'être venue exprès. »

Après avoir quitté Sheira et être revenu à l'étal, Tour=Din me fixa intensément.

« Porace a donné son accord aussi. On peut inviter jusqu'à dix personnes, parait-il. »

« Di, dix personnes ? Dans ce cas, celui… »

« Oui. Tour=Din, ta place est assurée. Mais comme les gardes comptent dans les dix, c'était peut-être juste. »

Tour=Din illumina son visage d'un large sourire.

Tandis que je faisais cuire les pâtes pour la carbonara, elle manifestait une joie à en verser des larmes.

« Ça fait longtemps qu'on n'a pas mangé la cuisine de Valcas. Moi aussi, je suis content. »

« Oui ! Quel genre de plats allons-nous avoir le droit de goûter ? »

« Je n'en sais rien, mais comme on a dit qu'on voulait l'avis des gens de l'Est, ce sera sûrement de la cuisine du Shim. D'ailleurs, le but principal est d'accueillir les Kukurueru. »

D'ailleurs, je me souvenais que Valcas perfectionnait le travail d'un ingrédient shim nommé chasca. Assez de temps s'était écoulé pour que ce soit au point.

(Pourtant, parmi les ingrédients qui arrivent de la ville-château, je n'ai jamais vu de chasca. Valcas l'achèterait-il par ses propres circuits ?)

Quoi qu'il en soit, nous trépignions d'impatience.

Il me semble que je n'ai pas croisé Valcas depuis la Lune d'argent. Nous nous rendions souvent à la ville-château pour les réunions de thé d'Eurifia ou le bal du comté de Daleim, mais les seuls disciples de Valcas que nous y avions croisés étaient Shirii=Rou, Roy et Bozuru.

« En vrai, j'aimerais bien qu'il goûte à notre cuisine aussi. Mais inviter Valcas aux Moribe, ça a l'air compliqué. »

« Oui. Le maître Valcas a l'air très occupé. »

« Ouais. Et puis, je n'arrive pas à imaginer Valcas debout dans le village des Moribe. Il finirait peut-être par se cacher le bas du visage avec un tissu, comme Shirii=Rou autrefois… »

Là, je me tus.

Justement, un individu suspect, le visage dissimulé sous la capuche de son manteau et une écharpe au niveau de la bouche, s'avançait vers nous.

Alors que je l'observais avec surprise, un autre homme émergea de la foule à sa suite et nous salua d'un « Yo ».

« Ça fait un bail. La dernière fois, c'était vers la fin de la saison des pluies… ça fait déjà deux mois, non ? »

Lui aussi portait une capuche, mais pas d'écharpe, si bien qu'on distinguait son visage allongé constellé de taches de rousseur.

« Ro, Roy ? Ça fait longtemps. Alors c'est bien Shirii=Rou, l'autre ? »

La femme mystérieuse à l'écharpe nous dévisageait de ses yeux brillants couleur thé. Cette silhouette menue et ce regard perçant ne laissaient aucun doute : c'était bien Shirii=Rou.

« Shi, Shirii=Rou, ça fait longtemps… »

Tour=Din baissa la tête, l'air inquiet.

Le regard de Shirii=Rou se figea sur Tour=Din.

Soudain, Roy lui tapa sur la tête par derrière.

« Qu'est-ce que tu fais à ne rien dire ? T'es pas foutue de rendre un salut ? »

« Ne, ne tapez pas la tête des gens si familièrement ! C'est vous qui êtes impoli ! »

« Hein ? Ne pas répondre au salut, c'est pas impoli, ça ? »

Shirii=Rou se mit à trembler et baissa les yeux vers ses pieds.

Ici, Tour=Din et moi échangeâmes un regard.

Lors de la dernière réunion de thé en ville-château, Shirii=Rou avait pleuré de rage. Parce que Tour=Din avait remporté une victoire écrasante lors du concours de dégustation des princesses.

En partant, Shirii=Rou avait hurlé comme une gamine : « Je ne perdrai plus, jamais ! » C'était nos retrouvailles depuis ce jour.

« J'ai entendu l'histoire. Toi, Tour=Din, tu offres des friandises à la maison du marquis de Genos tous les quelques jours ? Et le marquis en personne viendrait les chercher jusqu'à l'extérieur du mur d'enceinte ? C'est pas banal, comme histoire. »

Sur cette parole de Roy qui ne connaissait pas la réserve, Shirii=Rou releva brusquement la tête.

Et ses yeux nous fusillèrent à nouveau, moi et Tour=Din.

« C'est pour ça que le silence ne sert à rien. Tu es venue exprès hors les murs juste pour nous fusiller du regard ? »

« ……… »

« Mauvais. Probablement qu'elle a honte d'avoir chialé comme une gamine, alors elle fait la tête. Ça fait deux mois, elle ferait mieux de faire comme si de rien n'était. »

« Qu, qui a chialé comme une gamine ! »

« Toi. Tu n'as pas arrêté de pleurer après être revenue dans la salle d'attente. »

Shirii=Rou, le visage écarlate dans l'interstice de sa capuche et de son écharpe, se mit à tapoter la poitrine de Roy.

Roy, grimçant « Ça fait mal », lui saisit les deux poignets.

« Au fait, vous êtes invités à l'Étoile d'Argent, non ? Comme c'est gênant de se croiser au travail après une telle séparation, elle est venue s'excuser. »

« Po, pourquoi devrais-je présenter des excuses !? »

« Si c'est pas ça, t'es venue faire quoi ? »

Shirii=Rou secoua violemment la main de Roy.

Et nous foudroya à nouveau de son regard.

« … L'autre fois, je me suis laissé emporter par l'émotion. Je considère qu'un cuisinier qui dirige sa colère vers son adversaire sous prétexte qu'il a perdu un concours de dégustation commet un acte indigne. »

« Voilà, elle s'excuse. »

« Ur, ursez ! … Asuta, Tour=Din, vous êtes vraiment conviés au banquet de l'Étoile d'Argent ? »

« Oui », acquiesçai-je.

« C'est ce que je vois », fit Shirii=Rou en aiguisant son regard.

« Je vous le dis d'avance : parmi les six plats servis, la friandise et celle qu'on mange en collation l'après-midi sont deux choses totalement différentes. Même si Valcas présentait une friandise peu travaillée lors du banquet, je ne tolérerai jamais qu'on sous-estime ses capacités pour autant. »

« À peine excusée, la revoilà qui repart. Sois un peu plus humble, bon sang. »

Et Roy lui retapa sur la tête.

« Qu, qu'est-ce que vous faites, vous ! » s'emporta de nouveau Shirii=Rou.

« C'est trop risqué de te laisser faire. T'es vraiment une ojou-sama dans l'âme. »

« Ne, ne dites pas n'importe quoi ! Certes, je suis une servante de la maison Rou, mais vous n'avez pas à me calomnier ! »

« C'est parce que tu cries ton statut d'ojou-sama à plein poumons que c'est problématique. Si un hors-la-loi te remarque, ce sera la galère. »

Roy se gratta la tête par-dessus sa capuche et se tourna vers moi.

« Désolé d'avoir fait du bruit pendant votre travail. L'affaire a l'air réglée, on va manger et rentrer. »

« Ah, vous êtes venu pour la cuisine au giba !? »

« L'objectif, c'est de veiller sur toi. Mais depuis qu'on est là, repartir les mains vides serait bête. … Qu'est-ce qu'il y a aujourd'hui ? »

« Ha, hai. Aujourd'hui, c'est du giba poêlé-frit. Et puis des pâtes et des nikuman. Du côté des Ruu, il y a du grillé aux aromates et un ragoût à la crème. »

L'autre jour, lors de l'atelier pâtisserie, on en avait parlé, alors je proposais à nouveau le poêlé-frit après longtemps. Cuisiné à l'huile de Reten, version ville-relais.

« Tout a l'air bon. Y a-t-il une recommandation ? »

« Les nikuman, vous les avez déjà mangés plusieurs fois. Alors pourquoi ne pas partager les quatre autres plats à deux ? Si vous voulez, je peux prêter des assiettes pour partager. »

« Ah, c'est une bonne idée. Shirii=Rou, ça te va ? »

« ……… »

« Les pâtes, tu les as déjà goutées, non ? Le plat chasca de Valcas avait des airs de ressemblance, mais c'était tout à fait différent. Comme ça risque de sortir au banquet, réjouis-toi d'avance. »

« Oui, merci. »

Je dressai la viande fraîchement frite et la salade de tino émincée sur des assiettes, pendant que Tour=Din préparait la carbonara avec les pâtes tout juste cuites. Entre-temps, Sheila=Ruu et Lara=Ruu avaient fini le grillé aux aromates et le ragoût à la crème.

Roy paya en pièces de cuivre et se dirigea vers la salle à manger.

Quand Shirii=Rou s'apprêta à le suivre en silence, Tour=Din s'écria : « Ah ! »

« Shirii=Rou, merci d'être venue exprès aujourd'hui. J'ai hâte de vous revoir dans deux jours. »

Shirii=Rou, tenant les assiettes des deux mains, ne tourna que la tête vers Tour=Din.

Elle resta figée trois secondes environ, puis baissa la tête raide.

Et s'empressa de courir après Roy. Cette silhouette, précaire comme un enfant qui craint de perdre ses parents, était pourtant touchante.

« Ma foi. Shirii=Rou est une personne d'une grande pudeur. »

« Oui. … Mais j'étais angoissée à l'idée qu'elle me haïsse… J'ai l'impression que mon cœur s'est allégé. »

En disant cela, Tour=Din sourit doucement.

Moi aussi, j'éprouvais un sentiment similaire. Bien qu'on se heurte souvent, je souhaite qu'on puisse se respecter mutuellement et s'élever ensemble.

« La prochaine fois qu'on invite des gens de la ville aux Moribe, j'aimerais convier Shirii=Rou et les siens. Ils semblent plus abordables que Valcas. »

Quand je dis cela, Tour=Din sourit gaiement : « J'y pensais aussi. »

***

Par la suite, notre commerce achevé, nous rentrâmes aux Moribe.

La séance d'étude du jour se tenait à la maison Fa, alors nous nous séparâmes de Sheila=Ruu et des siennes au village des Ruu pour remonter le chemin vers le nord.

En arrivant à la maison Fa, j'eus l'impression qu'il y avait plus de monde que d'habitude.

Même des gens des Fou et des Ran, qu'on n'avait pas vus la veille, étaient rassemblés.

« Tiens ? Que se passe-t-il ? Pour la préparation, on devait encore emprunter la main-d'œuvre de Gaz et Ratz un moment, non ? »

« Oui. Ce midi, la viande à vendre en ville est prête, alors nous avons les mains libres. Nous sommes venues dans l'espoir de pouvoir aider Asuta dans son travail. »

Une jeune femme des Fou dit cela en souriant.

« Déjà prêt ? C'est bien plus tôt que prévu. »

« Oui. La viande elle-même s'est réunie rapidement, il n'y a pas eu de gros problème. La façon de peser les portions, Asuta nous l'a apprise minutieusement. »

En effet, sur les quatre cent cinquante kilos de giba au total, la moitié seulement incombait aux Fou. Comme le travail avait débuté depuis trois jours déjà, la charge n'était peut-être pas si déraisonnable.

« Bien sûr, il nous est arrivé de couper la viande trop petit par inadvertance, mais on peut la manger nous-mêmes. La viande arrive en quantité illimitée, donc ce n'était pas si difficile. »

« Les pièces de cuivre confiées par la maison Fa sont aussi gérées à part de celles de la maison, sans mélange. Il semblerait qu'il en reste encore assez pour un achat de viande supplémentaire. »

L'argent pour l'achat de la viande de travail des Fou avait été fourni en fonds de démarrage par la maison Fa. La maison Dai devait, elle, détenir l'argent confié par les Ruu.

« Honnêtement, recevoir deux cent quarante pièces comme prime pour ça, on se demande si c'est bien normal. Ne faudrait-il pas rediscuter avec les Ruu pour savoir si le prix est juste ? »

« Non, c'est encore une période d'essai. Si on augmente les jours de marché ou les quantités de viande, ce sera d'autant plus chargé. … Et puis, à terme, je voudrais que vous gériez vous-mêmes l'argent. »

« Oui. La gestion de l'argent ? »

« Oui. Calculer la différence entre l'argent pour acheter la viande et celui gagné en la vendant en ville, pour savoir quel bénéfice en sort. Sinon, au conseil des chefs de famille, vous serez embarrassés pour le rapport. Je pense que cette gestion est un travail tout aussi dur que la préparation de la viande. »

Pourtant, j'avais mon idée là-dessus. Pour éviter la confusion, je comptais la leur transmettre après la première participation au marché de la viande.

« Quoi qu'il soit, c'est une excellente chose que la viande soit prête si vite. Une fois le travail de la maison Dai terminé, participons au marché de la viande le plus proche. Plus les feuilles de pico trempent longtemps, plus l'eau s'évapore et plus la viande rétrécit. »

« Oui. Nous sommes prêtes quand vous voulez. Pour la date du marché, on nous a dit qu'on est prévenu la veille, c'est bien ça ? »

« Oui. Tous les deux ou trois jours, des marchands de viande de Dabag viennent. Ils font leur commerce à la ville-château le jour de leur arrivée, et ouvrent le marché à la ville-relais le lendemain. »

Et j'avais appris des gens de la ville-relais qu'un marché s'était tenu précisément aujourd'hui. Le prochain aurait donc lieu dans trois ou quatre jours.

« Si le prochain est dans quatre jours, l'étal est en jour de repos, alors je vous accompagnerai. D'ici là, le travail de la maison Dai sera sûrement fini. »

« Merci. … Mais dans quatre jours, ce sera le vingt-quatrième de la Lune jaune ? »

« Oui. Et alors ? »

« … Ce n'est pas le jour de votre naissance, Asuta ? »

Pourquoi les femmes des Fou savaient-elles cela ? Je fus un peu surpris.

« Je l'ai entendu de Saris=Ran=Fou. Vous en avez dû parler avec Ai=Fa, j'imagine. »

« Ah, c'est ça. Mais non, mon anniversaire n'implique rien de spécial. Tout le monde travaille normalement, hors le banquet du soir, non ? »

« Oui. Mais comme Asuta vient d'un pays étranger, nous pensions qu'il y aurait peut-être une coutume particulière pour fêter ça… d'autant que le travail en ville tombe justement en repos. »

« Le repos de l'étal est une simple coïncidence. Je n'ai rien de spécial de prévu. »

Ai=Fa elle-même avait dit qu'elle irait en forêt ce jour-là, donc c'était certain.

Mais bon, je pensais bien confirmer tout ça dans la journée.

« Alors, je passerai aux Ruu demain pour avoir des nouvelles de la maison Dai. Le marché au plus tôt dans trois ou quatre jours, prévenez les chefs de famille en conséquence. »

« Oui, compris. »

C'est ainsi que nous nous mîmes enfin au travail de préparation.

Comme Gaz et Ratz avaient augmenté les effectifs, nous étions assez nombreux. Mais la base de curry et les pâtes sèches peuvent être préparées à l'avance sans limite, donc pas de main-d'œuvre en trop. Avec les cinq participants au commerce, nous fîmes tout le travail à plein régime.

« Du côté des Sudra aussi, Iia=Fou=Sudra et les siennes sont venues aider. Couper la viande et la peser n'était pas si pénible, apparemment. Tout le monde avait déjà reçu l'enseignement d'Asuta pour la découpe. »

C'est Yun=Sudra qui me parla ainsi pendant le travail.

Elle seule continuait comme principale à l'étal et à la préparation, donc pour la viande à vendre en ville, elle n'avait quasi pas mis les mains.

« C'est rassurant. Reste à voir combien de viande se vendra en ville. »

Mais même ça, en repensant à un épisode de l'atelier pâtisserie, je n'avais pas trop de raison d'être pessimiste. La vraie inquiétude, c'est plus loin : est-ce que les acheteurs réels auront envie de racheter ?

Actuellement, tant à l'étal qu'aux auberges, les plats de giba ont un succès fou. Beaucoup de gens cherchent la viande de giba sur cette vague, mais c'est un produit assez cher. Bien plus que la viande de kimusu sans peau ou la cuisse de karon. Combien de gens accepteront d'en acheter régulièrement ? Ça, on ne le saura qu'en commençant à vendre.

« Mais les aubergistes proches d'Asuta achètent de la viande de giba depuis des mois, non ? Alors les autres aubergistes devraient penser pareil, non ? »

« Comment savoir. C'était peut-être une valeur de rareté parce que peu d'auberges proposaient du giba. Je suis un peu inquiet de l'impact de cette affaire. »

« C'est vrai. Ceux qui sont au sommet n'ont pas de répit. Tout en portant cette responsabilité, vous travaillez plus que nous, Asuta. Je vous en admire sincèrement. »

Après cela, Yun=SDra sourit chaleureusement.

« Moi, je ne fais que cuisiner et vendre en m'amusant, alors je n'ai que de la gratitude pour Asuta. C'est tardif, mais vraiment, merci. »

« Pourquoi tu t'y mets si formellement ? Ta présence est un sacré soutien pour moi aussi. »

« Oui. Je voulais faire une petite demande capricieuse, alors je tenais à vous remercier avant. »

Et Yun=Sudra me regarda de ses yeux levés.

« … Le banquet en ville-château dans deux jours, c'est bien dix personnes max ? »

« Ouais, c'est ça. »

« Je pense ne pas être choisie dans les dix. Alors, pour la prochaine fois, je voudrais qu'Asuta arrange pour que je puisse y participer, et je le demande dès maintenant. »

« Hein ? Tu crois ? Avec dix places, je pensais que Yun=Sudra passerait juste… »

« Non. Avec dix, je suis sûre d'être juste exclue. Asuta, Ai=Fa, Reyna=Ruu, Sheila=Ruu, Rimi=Ruu, Tour=Din, Shimiral, Maimu… Déjà huit, là. »

« Ah, ouais, ces huit sont sûrs. Mais s'il reste deux places… »

« Les deux autres, ce ne sont pas Darumu=Ruu et Vina=Ruu ? Puisque Sheila=Ruu et Shimiral participent. »

Effectivement, outre Ai=Fa, un deuxième garde sera nécessaire. À dix, il y aura deux charrettes, donc la conduite reviendra aux chasseurs.

« Vina=Ruu n'est pas encore décidée, ceci dit. Là-dessus, il faut voir avec les Ruu… »

« Pendant le travail d'aujourd'hui, j'ai parlé avec Sheila=Ruu et Lara=Ruu. Vina=Ruu hésite beaucoup à se porter candidate… Je ne peux pas me résoudre à la pousser de côté pour y aller moi-même. »

En disant cela, Yun=Sudra tira le bas de mon T-shirt.

« Donc, cette fois, j'abandonne. À la place, pour la prochaine occasion, pourriez-vous arranger pour que je puisse y aller, Asuta ? »

« Bo, bon, d'accord. Je ne sais pas quand ce sera ni pour quel motif, mais je ferai en sorte de prioriser Yun=Sudra. »

« Merci. C'est vraiment puéril, excusez-moi. »

En disant cela, Yun=SDra sourit à nouveau.

C'était peut-être puéril, mais c'était un sourire diablement charmant.

Quoi qu'il en soit, entre le marché de la viande, l'invitation en ville-château et mon anniversaire, cette Lune jaune bien chargée touchait à sa fin.

Il ne restait plus que quatre jours avant le vingt-quatrième de la Lune jaune, jour où j'ai rencontré Ai=Fa pour la première fois.

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