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Isekai Ryouridou

Chapitre 366

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Chapitre 366

Chapitre 366

Chapitre 366/40092%~17 min de lecture3 369 mots

« Tiens, on dirait que l'histoire a pris une tournure vraiment inattendue, hein ? »

Alors que je l'interpellais ainsi, Ai=Fa, qui dévorait la viande de giba du dîner, acquiesça d'un « hum » en hochant la tête.

C'était le soir du cinquième jour de la Lune d'Argent, après avoir terminé notre travail en ville-château et être rentrés à la maison. En passant par le village des Ruu sur le chemin du retour, nous avions appris la proposition que les chefs de clan s'étaient vu confier par Melfried.

« J'aurais jamais cru que les exigences de Gamlay et sa troupe passeraient aussi facilement. Même avec des relations dans la noblesse, je pensais qu'on rejetterait ça d'emblée. »

Premier point : cette affaire.

La demande de Gamlay et les siens de capturer un giba vivant pour l'exhiber avait été officiellement acceptée au nom du marquis Marstein de Genos.

Apparemment, la barde Niya avait séduit une princesse d'une famille vicomtale liée au marquisat de Genos par son chant envoûtant, et c'est par ce biais qu'elle avait réussi à transmettre les demandes du directeur de la troupe à Marstein.

Mais jusque-là, c'était dans mes prévisions. Le problème, c'est que ça ait été accepté aussi simplement.

Pourquoi une telle chose a-t-elle pu passer ?

En posant la question, il s'avère que c'est le résultat d'un enchevêtrement complexe entre la partie conservatrice et la partie proactive de Marstein.

« La forêt qui s'étend au pied du mont Morga est immensément vaste. La zone que les gens de Moribe utilisent comme terrain de chasse n'en représente qu'une infime partie. (…) Et il semblerait qu'il n'existe aucune loi interdisant de pénétrer dans la forêt de Morga, hors des terrains de chasse de Moribe. »

Gazlan=Rutim, qui accompagnait les chefs de clan, expliqua cela de sa voix habituellement posée.

« En revanche, pénétrer dans la montagne de Morga elle-même est un tabou très fort. On dit que si l'on offense les loups Valbu qui gardent la montagne, le grand serpent Madarama ou les sauvages rouges, Genos périrait. Cependant, ce qui est strictement interdit, c'est uniquement de pénétrer dans les profondeurs montagneuses où ces bêtes font leur tanière ; chasser les giba au pied de la montagne est permis à tous. »

« Effectivement, pour Genos, moins il y a de giba, mieux c'est, donc ils n'ont pas de raison d'interdire ça spécialement. »

« Oui. Mais bien sûr, pénétrer sans autorisation dans la zone utilisée comme terrain de chasse par les gens de Moribe est interdit par la loi de Genos. Imprudemment, on risquerait de perdre la vie dans les pièges tendus par les gens de Moribe, c'est donc tout à fait logique. (…) Ce qui veut dire qu'Asuta, qui a rencontré Ai=Fa sur ce terrain de chasse, enfreignait la loi de Genos dès le départ. »

Je ris « ahaha » en me grattant la tête, et Gazlan=Rutim sourit aussi avant de retrouver une expression sérieuse.

« Pour en revenir au sujet : le mont Morga est entouré de forêt sur ses quatre côtés. Notre terrain de chasse se limite au côté ouest de cette forêt, à la zone située entre la ville de Genos et le mont Morga. Comme on ne peut pas passer la nuit dans la forêt, nous ne pouvons chasser que dans la zone où l'on peut faire l'aller-retour avant le coucher du soleil. En d'autres termes, n'importe qui est autorisé à entrer dans la forêt de Morga dans les zones situées à plus d'une demi-journée des villages de Moribe. (…) Précisément, comme il n'existait à l'origine aucun citadin tentant de pénétrer dans une forêt infestée de giba dangereux, il n'y avait pas de sens à établir une loi pour l'interdire. »

C'est là qu'est apparu un groupe d'originaux : la troupe Gamlay.

Autrement dit, même s'ils se font refuser l'accès aux villages et terrains de chasse de Moribe par les nobles de Genos ou les gens de Moribe, ils peuvent chasser le giba dans une autre zone.

« Cependant, il est difficile pour les citadins de distinguer la frontière entre la forêt et la montagne. S'ils s'aventurent inconsciemment dans la forêt, ils risquent de pénétrer par erreur dans la montagne et d'attirer la colère des Valbu, de Madarama ou des sauvages. »

Dès lors, mieux vaut confier la surveillance et la gestion à des chasseurs de Moribe, ce sera bien moins dangereux. En résumé, c'était ça.

« À la suite de cette discussion, l'idée d'établir une loi interdisant purement et simplement de pénétrer dans la forêt de Morga a aussi été évoquée. Mais quelle que soit la loi, il est impossible de surveiller en permanence les abords de cette forêt immense. »

« Je vois. Mais est-ce que pénétrer dans le mont Morga est vraiment un tabou si fort ? Même s'ils mettent en colère les loups Valbu et les autres, on a l'impression que seuls eux en feraient les frais. »

« Je ne sais pas. Ce tabou existe depuis avant que nos ancêtres ne s'installent en lisière de la forêt de Morga. (…) Peut-être que lorsque les gens de Genos ont bâti leur ville ici, ils ont tenté de défricher la forêt et la montagne de Morga, et ont alors ressenti une terreur incommensurable. »

Quoi qu'il en soit, les nobles de Genos ont décidé de ne ni laisser faire ni rejeter ce groupe suspect qu'est la troupe Gamlay, mais de les surveiller en coopérant.

« Heureusement ou malheureusement, les alentours du village Ruu viennent juste de sortir de la période de repos, le nombre de giba n'est pas encore très élevé. Il faudra encore un bon moment avant que la bénédiction de la forêt ne se rétablisse complètement et que beaucoup de giba ne reviennent, donc d'ici là, on peut faire entrer les citadins sur le terrain de chasse sans trop de danger. »

Comme Gamlay et les siens veulent capturer des giba vivants, tant qu'on peut ramener ceux pris aux pièges en toute sécurité, leur affaire est réglée.

« Bien sûr, quelle que soit la période, entrer dans la forêt comporte un certain danger. Quels que soient les accidents qui leur arrivent, les chasseurs de Moribe n'en portent pas la responsabilité. De plus, si on leur remet les giba capturés par nos pièges, ils devront payer en pièces de cuivre l'équivalent de ce qu'on tire des défenses, cornes, peaux et viande. (…) Sur ces conditions, la rémunération journalière est de dix pièces de cuivre blanc, et on demande d'accompagner les gens de la troupe Gamlay à la chasse au giba. Telles étaient les paroles de Melfried. »

Melfried personnellement ne semblait pas éprouver de sentiment particulier face à cette histoire absurde. Tant que la loi de Genos est respectée, il se fiche du reste.

« De notre côté non plus, si c'est juste accompagner des citadins, ce n'est pas un effort démesuré. En cette période, on se contente de faire la ronde pour voir si les pièges ont donné quelque chose, sans avoir à chercher ou pourchasser spécialement les giba. »

Gazlan=Rutim avait dit ça.

« C'est pourquoi, comparé à ça, les chefs de clan semblent bien plus préoccupés par l'autre affaire. »

« La caravane de Shim, les "Ailes Noires du Vent" ? Effectivement, celle-là dépasse de loin l'histoire de Gamlay. »

Sicyclus entretient des relations depuis sept ans, et cette fois la grande caravane de Shim, les "Ailes Noires du Vent", a apporté de nombreux ingrédients dont des gyama vivants. Son chef, un certain Kukurueru, a fait une proposition qui surpasse même Gamlay.

À savoir : « Nous voudrions qu'on aménage une route traversant la forêt de Morga pour rejoindre Shim. »

« Nous contournons le mont Morga en passant par la zone frontalière libre au sud, pour aller de Shim à Genos. Mais sur cet itinéraire, les gens de Jagar ont maintenant établi un village. »

Ce personnage nommé Kukurueru aurait raconté ça.

« C'était un point d'eau rare dans la zone frontalière libre désolée. Des gens de Jagar chassés par la guerre y ont émigré. Ils cultivent la terre en utilisant l'eau, font des briques en cassant des rochers, et déjà plusieurs centaines de personnes y vivent. Si ça continue, ils pourraient bâtir une forteresse solide en moins de quelques années. »

Une fois une forteresse construite, il deviendrait difficile pour les gens de l'Est de simplement passer à côté.

« Dans ce cas, nous ne pourrions plus sortir vers Selva que par le côté nord de Morga. Le nombre de marchands voulant se rendre à Genos diminuerait drastiquement. Si on passe par le nord, il est bien plus facile d'aller vers d'autres villes. »

Mais cette zone est infestée de brigands dangereux, donc eux aussi veulent éviter cet avenir.

« Cependant, si on parvenait à ouvrir un chemin du bord ouest au bord est de la forêt de Morga, nous pourrions établir un nouvel itinéraire à partir de là. Ce serait, en quelque sorte, établir une troisième voie reliant Shim et Selva. (…) J'ai entendu dire qu'on avait déjà tenté d'ouvrir une telle route deux fois par le passé ? »

C'était la route qu'avait essayé d'ouvrir le père du garçon Reito, ainsi que le beau-frère de Mirano=Masu.

Mais cette tentative avait été écrasée sans pitié par Zatz=Sun et les siens.

La seconde tentative, c'était l'histoire où Melfried, accompagné de Kamyua=Yoshu, avait déguisé une caravane pour tendre un piège à la famille Sun. Le fait que ce fût une supercherie n'est pas secret, mais on n'en parle guère en public.

« Mis à part les manigances de Melfried, la première tentative était bien motivée par le désir de "pouvoir voyager vers Shim plus en sécurité". Si cette route s'établissait, Shim et Genos pourraient commercer plus facilement qu'à présent. (…) L'avis de ce Kukurueru serait de vouloir absolument la réaliser. »

L'ambition du père de Reito refait surface dix ans plus tard. C'est une histoire qui réchauffe le cœur, en soi.

Mais pour les gens de Moribe, c'est une proposition difficile à accepter simplement.

« Mais ça veut dire qu'ils veulent pas juste nous faire servir de guides à chaque fois, ils veulent tracer une route dans la forêt de Morga où n'importe qui pourrait passer librement, c'est ça ? Est-ce que concrètement, c'est seulement possible ? »

« Ce n'est pas totalement impossible, apparemment. La zone où sortent les giba prend une demi-journée à une journée de marche, et le reste devient un chemin rocheux. »

Je me rappelle que Kamyua=Yoshu avait dit quelque chose de semblable. Le guide d'un chasseur n'est nécessaire que pour le premier jour, ensuite on suit les rochers pour sortir de la forêt.

« De plus, si on abat les arbres à fruits qui poussent autour, les giba ne viendront plus sur la route défrichée. C'est la même chose que dans les villages où les giba n'apparaissent pas sur les chemins. Dans ce cas, n'importe qui pourrait passer. »

« Mais il y a quand même des problèmes, non ? »

Même avec mon raisonnement d'amateur, je voyais un ou deux gros points noirs.

D'abord, tracer une route aussi longue réduirait d'autant l'aire d'activité des giba. S'ils ont faim, les champs de Dareimu subiront une menace encore plus grande qu'avant. Personne ne souhaite un tel avenir.

Ensuite, qui va assumer un chantier d'une telle ampleur ? Même en empilant les pièces de cuivre, les gens de Moribe ne peuvent pas dégager ce temps, et les citadins non plus n'auront pas envie de travailler dans une forêt grouillante de giba.

« Concernant les champs, les nobles de Genos ne semblent pas si inquiets que ça. Ces derniers mois, les champs de Dareimu n'ont pas été ravagés. (…) Du coup, la prime a été augmentée à 1,5 fois son montant. »

De plus, il y a un projet pour construire progressivement une clôture à la frontière de la forêt jouxtant le territoire de Dareimu.

Pour les gens de Dareimu, c'était la meilleure nouvelle qui soit.

« Et pour la question de qui va faire ce travail… les nobles comptent y affecter les esclaves de Turan. »

« Hein !? Ce sont les gens de Mahyudra, non ? »

« Oui. Pendant la saison des pluies, il n'y a plus de travail de culture du fuwano, donc c'est le moment idéal pour les occuper. Il semble que la clôture construite autrefois à Turan ait aussi été avancée ainsi à chaque saison des pluies. »

Ces gens robustes du Nord seraient convoqués dans la forêt de Morga pour y faire le travail de défrichage.

Je ne savais plus quel sentiment avoir face à cette histoire.

« (…) Faire travailler dans la forêt de Morga sans la protection des chasseurs, c'est pas dangereux, ça ? »

« Oui. La demande est de nous faire conseiller sur la façon de faire avancer le travail le plus sans danger possible. Des soldats de la ville feront la garde pendant que les gens du Nord travailleront, donc ils craignent surtout qu'un danger ne pèse sur eux. »

Après avoir dit ça, Gazlan=Rutim m'adressa un sourire apaisant.

« Mais tant qu'on abat les arbres à la hache et à la serpe, les giba n'approcheront pas facilement. Les giba détestent la présence et le bruit des humains. »

« Gazlan=Rutim, tu es pour cette histoire ? »

« Disons que je ne m'y oppose pas. Cette route passerait juste à côté du village des Sauti, donc Dari=Sauti faisait une grimace très contrariée, mais ça pourrait aussi devenir une occasion de briser la barrière avec les citadins, non ? »

Je n'arrivais pas à trancher.

Mais cette lisière de Morga est de facto le territoire de Genos, donc le pouvoir de décision revient à Marstein.

« Cependant, nous n'avons pas l'intention de mépriser la volonté des gens de Moribe. Pour Gamlay comme pour le chantier, on discutera jusqu'à ce que vous soyez convaincus. Graf=Zaza et Dari=Sauti vont consulter leurs parentés dans leurs maisons respectives, et reviendront demain au village Ruu. »

J'avais entendu tout ça il y a environ une heure.

Je poussai un soupir en regardant Ai=Fa manger à grandes bouchées.

« Vraiment, tout le reste passe au second plan avec des histoires pareilles. La réconciliation avec la famille Satolas, l'augmentation de la prime, normalement ce serait déjà des gros dossiers. »

Au passage, le banquet de réconciliation avec la famille comtale Satolas est déjà décidé. Les gens de Moribe sont invités en tant qu'« hôtes d'honneur », mais si on veut leur faire sentir notre force, on pourrait préparer un ou deux plats, nous a-t-on suggéré.

« L'histoire de Gamlay, encore, mais faire tracer une route dans Moribe par des gens du Nord… ça me paraît totalement irréel. »

« Inutile que nous nous tourmentions. Les histoires compliquées, on les laisse aux chefs de clan. »

Après avoir dit ça, Ai=Fa me tendit son assiette en bois vide avec un geste sec.

« Oui, oui », je lui remis de la soupe qui restait au chaud dans le pot en fer. Ce soir, c'était une soupe au lait de karon bien garnie.

« De toute façon, ce sont les gens de Ruu qui vont s'embêter pour l'histoire des saltimbanques, et ceux de Sauti qui vont être embêtés pour le chantier. Si c'était "les citadins vont aller et venir devant cette maison", là je me creuserais un peu la tête, mais… »

« Non, mais, les gens de Ruu et de Sauti sont pas à plaindre, eux ? »

« À plaindre, oui. Mais ce n'est pas une affaire où l'on puisse leur prêter main-forte. »

Les dents blanches d'Ai=Fa déchiquetèrent la pâte du poïtan grillé.

Elle avait l'air bien plus concentrée sur son repas que sur notre conversation.

Certes, quoi qu'on dise ici, ça n'allègera pas le fardeau des chefs de clan. Moi aussi, je changeai d'état d'esprit et repris mon repas interrompu.

« Ceci dit, t'as une sacré faim, toi. Bon, c'est vrai qu'on dîne plus tard que d'habitude. »

« Hum. Et depuis trois jours, j'ai recommencé l'entraînement de chasseur, alors j'ai une faim dévorante sans raison. »

Effectivement, jusqu'ici elle avait moins l'occasion de bouger, alors son appétit avait baissé. Pour rattraper le retard, Ai=Fa déployait un appétit phénoménal.

« … Alors, le nouveau "yaki-myamuu" avec de la racine de keru, c'est comment ? C'était de l'improvisation totale, mais je trouve que c'est plutôt réussi. »

« Hum, c'est bon. »

« À la base, c'est ce goût que je voulais pour le "yaki-myamuu". Je compte proposer à Reyna=Ruu et aux autres de l'adopter. »

« C'est ça. »

Tout en hochant la tête, Ai=Fa me tendit à nouveau son assiette vide.

« Hein ? Tu viens d'avoir du rab, non ? T'as vraiment un estomac sans fond. »

« C'est parce que ta cuisine est bonne. »

Mais il ne restait plus grand-chose de cette bonne cuisine. La soupe au lait de karon, c'était le dernier bol.

Comme j'avais mis de l'entrain dans la conversation, j'en étais encore à peu près la moitié de mon repas. Quelques dizaines de secondes plus tard, je me faisais dévisager de profil par Ai=Fa qui avait tout nettoyé proprement.

« (…) Euh, tu réclames une part, là ? »

« Ne dis pas de bêtises. Toi aussi, mange bien, sinon ton corps ne tiendra pas. »

Elle disait ça, mais son regard ne quittait pas mon visage.

Comment qu'on le prenne, c'étaient des yeux qui réclamaient.

« Bon, d'accord, j'ai compris, je vais faire un plat en plus. »

« Ce sera après que tu auras fini ton repas. »

« Je peux pas manger tranquille si tu me mates comme ça ! Remets du bois dans le kamado. »

Je déplaçai le pot en fer vide au sol, posai la plaque de fer appuyée contre le mur sur le kamado. Pendant qu'elle chauffait, je découpai vite fait du tino et de la viande de porc.

« Il reste de la sauce et de la mayo, donc ce sera de l'okonomiyaki. En bonus, je te fais un œuf au plat de kimusu. »

« Hum. »

« Mais jusqu'ici non plus t'as pas mangé si peu que ça. J'avais peur que tu grossisses par manque d'exercice, mais à t'empiffrer comme ça, c'est pas plus dangereux ? »

« Ne dis pas de bêtises. Ça fait seulement trois jours que j'ai recommencé l'entraînement, mais j'ai déjà réussi à éliminer toute cette graisse inutile ! »

Et là, alors que j'éminçais du tino sur une planche posée au sol, Ai=Fa s'approcha à genoux jusqu'à mon visage.

Et me présenta son ventre ferme et sec.

Un ventre incroyablement ciselé, où les abdominaux apparaissaient au moindre effort. La peau bronzée était lisse, et même la forme du nombril était belle.

« Je sens que ma force revient correctement, jour après jour. C'est grâce à toi qui me prépares les bons repas, Asuta. »

« C'est un honneur immense. »

« Si je récupère à ce rythme, je pourrai retourner en forêt sans attendre la demi-lune. La promesse avec Rem=Domu sera bientôt tenue. »

« C'est la meilleure nouvelle qui soit. (…) Juste, cheffe de famille, si tu t'approches trop, le serviteur Asuta se sent un peu gêné, tu sais. »

Sans un mot, Ai=Fa recula à genoux.

Je soupirai de soulagement et posai le couteau de cuisine à côté de la viande découpée.

À l'instant, ma tête reçu un coup.

« Itai ! Tu fais quoi ! »

« C'est parce que tu dis des trucs inutiles ! J'ai attendu que tu poses le couteau pour te frapper, alors sois reconnaissant ! »

Ai=Fa hurlait ça le visage écarlate.

« Non, mais si toi tu rougis, moi je suis encore plus gêné ! »

Elle m'asséna encore plusieurs coups.

C'est l'effet secondaire d'une relation où on peut tout se dire ? En tout cas, même ces coups de gêne avaient une puissance de nature à me donner une commotion cérébrale.

« Ch-chotto matte ! Si tu continues à me taper, je vais pas pouvoir travailler demain ! »

« Ferme-la ! Dépêche-toi de préparer le repas ! »

Et ainsi, la nuit chez les Fa s'écoula solennelle, encore ce soir.

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