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Isekai Ryouridou

Chapitre 1393

Isekai RyouridouIsekai Ryouridou
Chapitre 1393

Chapitre 1393

Chapitre 1393/151092%~23 min de lecture4 447 mots

Le lendemain du jour où nous avions convié les nobles de Gerd à la maison des Fa — le 20e jour du mois du Thé.

Ce jour-là se tenait dans la ville-château la grande cérémonie du thé « Réunion de la Brise Gracieuse », à grande échelle.

La « Réunion de la Brise Gracieuse » en était à sa deuxième édition ; la précédente ayant eu lieu peu avant la fête de la Résurrection, cela faisait environ deux mois.

Cependant, cette fois-ci, divers aspects différaient. Les organisatrices étaient à nouveau des dames nobles menées par Euriphiia, mais la volonté de la princesse Dakarumas s'y reflétait désormais en partie. D'ailleurs, la tenue de la « Réunion de la Brise Gracieuse » à cette période même provenait d'une proposition de la princesse Dakarumas.

« Lors des banquets et dîners officiels, ce sont tout de même les plats qui tiennent le rôle principal, bien plus que les pâtisseries ! Je souhaite de tout cœur goûter sans reste le talent de pâtissière de dame Tour=Din ! »

C'est ainsi que la tenue de la « Réunion de la Brise Gracieuse » fut décidée.

Les différences avec la fois précédente portaient principalement sur deux points : les personnes chargées de confectionner les pâtisseries et le nombre de participants. Cette fois, Tour=Din était seule mise en vedette, et le nombre de convives était passé de 120 à 150.

Lors de la précédente « Réunion de la Brise Gracieuse », les pâtisseries avaient été préparées par cinq personnes : Tour=Din, moi, Rimi=Ruu, Diaa et Karusu.

Mais cette fois, l'équipe se composait de Tour=Din, la princesse Deruchea et Puratika ; qui plus est, on avait ordonné à Tour=Din de préparer trois sortes de pâtisseries. Tour=Din assumait donc à elle seule le travail de trois personnes.

L'augmentation du nombre de participants s'expliquait par la présence de nombreux invités extérieurs, ce qui avait poussé du côté de Genos des personnalités influentes à se manifester. La « Réunion de la Brise Gracieuse » étant un événement centré sur les dames nobles, Marstein et Melfried n'y avaient pas assisté la fois précédente. Mais puisque la princesse Dakarumas et Alvaha y participaient cette fois, Marstein et les siens n'avaient pas d'autre choix que de s'y rendre également.

S'agissant des gens de Moribe, deux personnes seulement avaient été ajoutées.

Tour=Din et Zei=Din, moi et , Rimi=Ruu et Rudo=Ruu, Lara=Ruu et Shin=Ruu, Yamiru=Rei et Rau=Rei, Sufira=Zaza et Georu=Zaza : jusqu'ici, la même composition que la fois précédente, à laquelle s'ajoutaient Rem=Domu et les femmes de Ridd, pour un total de 14 personnes.

« Vraiment, on ne sait jamais comment les choses peuvent basculer à cause d'un seul déclencheur. Si les épreuves s'étaient un peu plus accumulées, j'aurais fini par regretter d'avoir participé au tournoi martial. »

Sur le chemin vers la ville-château, Rem=Domu disait cela en haussant les épaules. Elle n'avait jamais mis les pieds dans la ville-château auparavant, mais en moins d'un mois depuis sa participation au tournoi, c'était déjà sa troisième visite.

« Toi, tu as participé au tournoi de ton plein gré, alors tu peux encore t'y résoudre. Moi, j'ai l'impression d'avoir été frappée par la foudre. »

C'est d'un visage froid que Yamiru=Rei lui répondait ainsi. Elle non plus n'avait aucun lien avec la ville-château, mais depuis que Tikutorasu l'avait remarquée, la fréquence des invitations avait grimpé en flèche.

Pourtant, pour la « Réunion de la Brise Gracieuse », ce n'est pas seulement l'intention de Tikutorasu qui s'y reflète. La précédente édition ayant eu lieu après le retour de Tikutorasu à la capitale royale, elle n'avait absolument rien à voir avec elle. Ce sont de jeunes dames nobles, fascinées par la beauté de Yamiru=Rei, qui désiraient sa présence.

Pour Rem=Domu, c'est à peu près la même chose. Mais ici, ce ne sont pas seulement de jeunes dames nobles ; l'intention de la maison du marquis de Genos s'y reflète aussi. Menée par Odifia, la famille du marquis semble avoir pris Rem=Domu en grande affection. Rem=Domu accordant une certaine importance à ses échanges avec Odifia, c'est peut-être pour cela qu'elle n'affiche pas le même mécontentement que Yamiru=Rei.

Quoi qu'il en soit — la plus dure épreuve incombe à Tour=Din. La « Réunion de la Brise Gracieuse » commençant à midi, les préparatifs sont plus éprouvants que pour un banquet ordinaire. La quantité de travail qu'on peut accomplir le matin étant limitée, cette peine s'étend jusqu'à la veille.

« Mais ne t'inquiète pas, aujourd'hui on t'aide sérieusement. N'hésite pas à nous commander quoi que ce soit. »

Quand je lui lançais cela, Tour=Din répondait « Merci beaucoup » en rougissant légèrement.

Malgré l'ampleur de la tâche qui lui incombait, elle ne montrait aucun signe de timidité. Au contraire, la joie de pouvoir offrir de nombreuses pâtisseries à Odifia semblait l'emporter. Plus on confiait de grands travaux à Tour=Din, plus cela se liait directement à la joie d'Odifia — et la joie d'Odifia se liait directement à celle de Tour=Din.

C'est ainsi que nous prîmes la route de la ville-château.

Le lieu était à nouveau le palais Hongniao. Depuis l'arrivée de la délégation de la capitale du Sud il y a une demi-lune, nous étions convoqués au palais Hongniao à chaque jour de repos.

( mais bon, comparé à la fois précédente où s'enchaînaient les dégustations, l'épreuve est peut-être un peu moindre )

Lors de la visite précédente, la princesse Dakarumas avait dû agir de manière assez forcée pour vérifier les compétences des cuisiniers de Genos. Et cette fois, sur la base des connaissances et de l'expérience acquises lors de la visite précédente, on dirait qu'elle organise l'événement en ciblant précisément. C'est pour cela que Tour=Din se retrouve seule dans le viseur.

Par la suite, on dirait qu'ils préparent divers projets : me confier à nouveau la cuisine d'un banquet, m'inviter à un banquet de Moribe, etc. Et ils profitent sûrement entre-temps du talent de Valcas, Diaa et Timaro. Il se peut qu'un jour, la pointe de leur intérêt se tourne aussi vers les gens des auberges de la ville-relais.

( bon, de notre côté, on ne fait que répondre à chaque fois. Quoi qu'il arrive, les événements proposés par la princesse Dakarumas sont souvent porteurs de sens pour Genos, alors )

Tout en rumant ces pensées, je finis par pénétrer dans la ville-château dès l'aube aux côtés de mes 13 camarades.

Les gardiens du feu présents aujourd'hui devenaient bien entendu tous assistants de Tour=Din. C'est aussi pour cela que les femmes de Ridd, partenaires de longue date de Tour=Din, avaient été choisies pour faire équipe avec Rem=Domu. Elle paraissait même plus fière que Tour=Din elle-même, les joues rougies.

Une fois arrivés au palais Hongniao, nous nous purifiâmes aux bains, puis enfilâmes nos tenues de cuisine ou les uniformes de servantes qu'on nous avait fournis. Ensuite, nous nous séparâmes en deux groupes pour commencer le travail. Avec ce nombre, nous aurions pu tous tenir dans une seule cuisine, mais pour maximiser l'efficacité, on avait décidé de diviser les cuisines exprès.

« Alors, je confie la direction de l'autre cuisine à Rimi=Ruu. Si j'ai les mains libres, j'irai aussi de ce côté, donc »

« Oui ! Je pense que ça ira, mais s'il y a un problème, j'irai demander à Tour=Din ! »

Rimi=Ruu, qui avait l'air d'une adorable servante, s'élança dans le corridor avec entrain. La suivaient Lara=Ruu et Yamiru=Rei. Les gardes, les trois chasseurs partenaires respectifs, les suivaient à leur tour.

L'équipe principale menée par Tour=Din se composait de moi, Sufira=Zaza et les femmes de Ridd. Étant plus nombreux, nous prenions en charge la plus grande part du travail. Les préparations laborieuses avaient été terminées la veille, mais je comptais bien donner le meilleur de moi-même pour défendre l'honneur et la fierté de Tour=Din.

« Cependant, Tour=Din s'est vu confier un rôle bien important. Dans la ville-château non plus, on ne trouve pas souvent un jeune de 13 ans auquel on confie une telle responsabilité, non ? »

Rem=Domu, qui assurait la garde de la cuisine avec , le disait d'une voix teintée d'amusement. Tour=Din étant occupée à donner des instructions, c'est , qui observait par la fenêtre dans un coin, qui répondit « Hum ».

« Simplement, je pense qu'entre Moribe et la ville-château, ça n'est pas comparable. Les gens de la ville-château ont probablement une période d'apprentissage encore plus longue que nous. »

« Hé ? Pourquoi pense-t-elle ça ? »

« J'en juge d'après mon entourage. Les disciples de Valcas, Roy et Shili=Rou, ont mon âge ou plus, et sont encore apprentis, à ce qu'il semble. »

« Alors c'est encore plus remarquable que Tour=Din brille autant. En tant que membre du même clan, je n'en suis que fière. »

Quand Rem=Domu dit cela, esquissa un léger sourire amer.

« Rem=Domu, tu cherches à attirer l'attention de Tour=Din ? Tour=Din est en plein travail important, alors en tant qu'aînée, contente-toi de la veiller. »

« Oh, tu es méchante. Alors, c'est à de me consoler. »

Tout en entendant ce badinage léger, nous avançâmes dans le travail.

Pour moi, travailler avec une telle équipe était une première, ce qui me donnait une impression de fraîcheur. Et je ne pouvais qu'admirer l'habileté de Sufira=Zaza et des femmes de Ridd.

« ……Au fait, comment se débrouillent les femmes qui séjournent actuellement chez les Din et les Ridd ? »

Sufira=Zaza posa la question au détour d'une tâche.

Le clan Zaza, depuis le milieu du mois dernier, fait séjourner de jeunes membres chez les Din et les Ridd. Tout comme le clan Sauti qui séjourne au village des Fou, ces gardiens du feu aidaient pour le commerce ambulant et les préparations.

« Cette équipe non plus ne manque de rien, je pense. Qui qu'on embauche officiellement, il n'y aura pas de problème. »

« C'est vrai. Les membres qu'on y a envoyés en sont déjà au troisième groupe…… et pour l'instant, pas un seul inapte. Donc, inversement, aucun gardien du feu ne se détache particulièrement non plus ? »

« Oui. À la rigueur, ce sont ceux qui avaient déjà de l'expérience de séjour auparavant. Chez les Sauti, certains sont venus plusieurs fois à la maison des Fa…… et chez les Zaza, c'est tout de même Sufira=Zaza qui me semble la plus douée. »

« ……Est-ce votre sincérité qui parle ? »

« Ahaha. Le mensonge est un péché, non ? Et pour la cuisine, je m'efforce de ne pas faire de compliments. »

« Je vois », fit Sufira=Zaza en laissant échapper un long souffle.

« Entendre cela de la part d' est un honneur. Et j'ai pu honorer l'enseignement de Tour=Din. »

« C'est Sufira=Zaza qui a reçu l'enseignement de Tour=Din depuis le plus longtemps, après tout. Les résultats sont certains, je pense. »

Sufira=Zaza avait séjourné au village des Ruu juste après le tumulte de la maison du comte Turan, puis avait maintes fois utilisé la charrette pour aller demander l'enseignement de Tour=Din. Le temps passé avec Tour=Din devait être parmi les plus longs, même au sein du clan.

De leur côté, les femmes de Ridd aidaient Tour=Din depuis qu'elle avait commencé à vendre des pâtisseries sur son stand. Ces dernières années, les Din et les Ridd avaient chacune gagné une membre de plus, mais celle en qui on avait le plus confiance restait elle.

Le clan Zaza rattrape le clan Ruu à force de progrès constants. Tout cela grâce à Tour=Din, une gardienne du feu exceptionnelle qui tire le groupe en tête. Et plus encore, c'est sans doute le charisme de Tour=Din qui exerce une attraction d'autant plus forte.

( Quand on s'est rencontrés, c'était une fille si frêle…… la vie, on ne sait jamais comment elle tourne )

La Tour=Din d'alors, aux yeux troubles comme un poisson mort, fait maintenant scintiller ses prunelles comme des étoiles pour accomplir sa lourde tâche. Moi qui suis lié à Tour=Din dès les tout premiers temps, j'ai le cœur comme un parent qui verrait grandir son enfant.

« Hum ? On dirait qu'il y a des visiteurs. »

La porte de la cuisine fut frappée, et s'y dirigea d'un pas vif.

De l'autre côté se tenaient Georu=Zaza et Zei=Din. Après un bref échange à voix basse, se tourna vers moi — mais avant d'ouvrir la bouche, elle se ravisa et se tourna vers Tour=Din. Elle avait dû se rappeler que la responsable d'aujourd'hui était Tour=Din.

« ……Tour=Din. Arauto, Karusu et Sai, tous trois, souhaitent observer le travail de la cuisine. L'autorises-tu ? »

« Ah, oui. Bien sûr. »

ouvrait la porte, et les trois entraient. C'étaient les retrouvailles avec Arauto après cinq jours ; il affichait aujourd'hui encore un visage pur et limpide.

« Excusez-nous. Comme nous observions la cuisine de la princesse Deruchea et de Puratika, nous avons pris beaucoup de retard. Est-il encore possible de visiter à partir de maintenant ? »

« O, oui. Je ne sais pas si je pourrai être utile à Karusu, mais »

« Cela dépendra sans doute de Karusu lui-même. Nous veillerons à ne pas déranger, alors continuez votre travail, je vous en prie. »

Il n'y a sans doute pas eu de réunion commerciale aujourd'hui. Qu'Arauto et son serviteur Sai viennent jusqu'à la cuisine, c'est la première fois depuis bien longtemps.

« Ah, voilà Rem=Domu-dono. Lors du récent banquet, nous n'avons pas eu beaucoup de temps pour échanger, mais j'espère que nous pourrons devenir proches. »

Arauto, courtois envers qui que ce soit, s'inclina devant Rem=Domu qui se tenait près du mur. Rem=Domu le toisa d'un regard sans retenue, passant les trois visiteurs au peigne fin.

« Tu es Arauto de la maison du marquis de Banam, c'est ça ? Ces temps-ci, les occasions de croiser des nobles ont soudainement augmenté, alors rien que retenir les visages et les noms, c'est déjà une corvée. »

« Oui. Moi, je n'ai pas de grande position, alors si vous pouviez juste me laisser un coin dans votre mémoire, je m'estimerais heureux. »

« Modeste, hein. Si tu dis ça, une apprentie chasseuse comme moi, il n'y a même pas la peine de me laisser un coin. »

« Pas du tout. J'ai entendu parler de vos exploits au tournoi martial. Qu'une femme y soit classée, ce n'est pas une mince affaire. Moi, je ne suis qu'un épéiste de nom, je ne peux qu'admirer. »

Arauto reste d'une politesse irréprochable.

Sous le regard fixe de Rem=Domu, celle-ci haussa les épaules avec familiarité.

« Tu ressembles un peu, quelque part, à ce noble Reirisu. Reirisu a une sacrée carrure ; mais toi, tu as dû concentrer tes efforts sur autre chose que l'escrime, pas vrai ? »

« En effet. Avec mon frère aîné, je me suis consacré à hériter de la volonté de notre père. L'entraînement à l'épée, je l'ai laissé à d'autres, car j'avais besoin d'apprendre le commerce. »

« Et celui qui s'est chargé de l'entraînement à l'épée, c'est lui, je suppose ? »

Rem=Domu posa sur Sai un regard un peu plus aigu.

« Tu es…… le jour où Diga=Domu a reçu son nom de clan, tu faisais partie de ceux qui ont reçu l'instruction à l'épée avec nous, non ? »

Sai, serviteur fidèle et ami d'enfance d'Arauto, au visage tendu, répondit « Oui ». Pour sceller le lien légitime avec Diga=Domu, ils s'étaient rendus au village des Domu le jour de la cérémonie. Là, un temps avait été prévu pour l'instruction à l'épée sous la direction de Gemudo et Sanjura.

« Si c'est une question impertinente, ignore-la ; mais en tant qu'épéiste, quel est ton niveau ? »

« ……Quel niveau, dites-vous ? Honteusement, comparé à Rem=Domu-dono ou Reirisu-dono qui ont été classés au tournoi, je ne vaux pas la peine d'être comparé. »

« Alors, comparé aux soldats qui rodent par là, comment ça se passe ? »

Ne sachant comment prendre la question de Rem=Domu, Sai se tut.

C'est alors qu', qui observait silencieusement, prit la parole.

« Rem=Domu. C'est effectivement une manière impertinente de parler. Pour cultiver un lien légitime, mieux vaut cesser les questions qui manquent de courtoisie. »

« Mais je ne sais pas discerner la force des gens comme , et je n'ai presque jamais croisé les soldats de Genos. La force de ce garçon, je l'ai connue le jour de la cérémonie ; mais celle des soldats, je n'en ai aucune idée. »

En disant cela, Rem=Domu lança un regard provocant à .

« Du coup, je n'ai aucun moyen de comparer ce garçon et les soldats. Si tu veux bien, tu ne pourrais pas me répondre,  ? »

« En parler devant la personne concernée, c'est aussi manquer de courtoisie. »

C'est alors qu'Arauto dit « Non ».

« Si -dono possède un tel discernement, nous aussi, nous voudrions entendre votre avis. Comparé aux soldats de Genos, quel est le niveau de Sai ? »

« ……Les soldats sont nombreux, je ne peux pas les comparer un par un. Simplement … un soldat ayant la force de Sai, je n'en ai presque jamais vu jusqu'à présent. »

« C'est vrai », fit Arauto avec un sourire innocent.

« Sai est encore jeune, alors il ne peut pas trop viser haut. Mais entendre cela de la part d'-dono, le héros de Moribe, est un honneur. »

Cela semblait venir non pas du maître, mais de l'ami d'autrefois. La preuve, Sai gardait son visage tendu, mais ses joues se teintaient légèrement de rouge.

« Du coup, Rem=Domu-dono, pourquoi vous souciiez-vous du niveau de Sai ? »

« Ah, je me disais juste que si les soldats de Genos avaient la force de Sai, mon instruction ne servirait à rien. Désolée de vous avoir embêtés pour rien. »

« Je vois. C'était ça. Pour l'instruction, j'en ai aussi entendu parler. S'ils sont instruits par Rem=Domu-dono, les soldats de Genos ne pourront que gagner en force. »

« Hmph. Dans ce cas, autant le confier à Vikezzo. Même sans arme empoisonnée, elle a une force qui me surpasse. »

Quand Rem=Domu balança cela, Arauto laissa échapper un « Ah… ».

« La fille de Tikutorasu a autrefois battu Rem=Domu-dono dans un duel au shinaï, dit-on. Rem=Domu-dono, -dono, Vikezzo-dono : qu'il y ait autant d'épéistes d'exception parmi les femmes, c'est vraiment surprenant. »

« Hmph. Si on me met au même niveau qu' ou Vikezzo, elles doivent être furieuses, cela dit. »

« Pas du tout. Rem=Domu-dono a été classée au tournoi ; à ce stade, il est prouvé que vous êtes l'une des meilleures épéistes de Genos. »

En disant cela, Arauto posa sur Sai un regard profond.

« À Genos, d'excellents épéistes foisonnent. Sai doit avoir le cœur serré ; mais c'est la même chose pour moi et Karusu. »

« Hum ? Pas possible que ton gardien du feu, lui aussi, pratique l'épée ? »

« Karusu en tant que cuisinier, moi en tant que noble. Qu'il y ait de nombreux cuisiniers exceptionnels à Genos va de soi ; il en va de même pour les nobles. En fréquentant le marquis de Genos, Melfried-dono et Poruasu-dono, j'ai pris conscience de mes insuffisances. C'est sans doute le même genre de sentiment que Sai éprouve face à Rem=Domu-dono et -dono. »

« ……Je vois. C'est ça, le chemin que tu as choisi. »

« Oui. En tant que noble qui doit montrer la voie droite à ses sujets, je veux donner le meilleur de moi-même. Moi, Sai et Karusu, dans ce Genos, nous avons pris conscience de nos manquements, et nous avons pu apprendre bien des choses. »

« ……Cet homme, il est encore en plein entraînement, après tout. »

Rem=Domu lança un regard ironique à Karusu. Depuis qu'il était entré, Karusu ne regardait que la cuisine, absorbé par l'observation, ne prêtant aucune oreille à la conversation d'Arauto et des autres.

« C'est exact. En tant que maître de Karusu, je ne peux qu'en être rassuré. »

Arauto sourit sans arrière-pensée, et Rem=Domu releva le coin des lèvres, amusée.

Rem=Domu faisait preuve d'une adaptabilité inattendue face aux nobles, mais visiblement, ses qualités s'exprimaient pleinement même face à l'innocent Arauto.

***

Par la suite, Arauto et les siens firent le tour de la cuisine dirigée par Rimi=Ruu, puis de celle où travaillaient la princesse Deruchea et Puratika ; en un clin d'œil, plusieurs koku s'écoulèrent.

Une demi-heure avant midi, heure de début de la « Réunion de la Brise Gracieuse », les trois sortes de pâtisseries furent achevées juste à la limite du délai prévu. Tandis qu'on les chargeait sur des chariots sous les yeux des pages, Tour=Din poussa un profond soupir.

« Grâce à vous tous, nous avons réussi à terminer toutes les pâtisseries. Je tiens à vous exprimer ma gratitude du fond du cœur. »

« Pas du tout. Cela faisait longtemps que je n'avais pas aidé Tour=Din, et moi aussi, je me suis bien amusé. »

Quand je dis cela, Tour=Din sourit doucement, les yeux légèrement embués.

« Me faire aider par pour la pâtisserie, c'est le comble de l'impolitesse. Mais… moi aussi, j'ai été vraiment heureuse. »

« Oui. Hâte de voir leurs visages ravis, à Odifia et aux autres. »

Tandis que nous discutions tranquillement, Shiera, servante de la maison du comte Dareimu, vint nous parler avec hésitation.

« Le temps presse, alors, puis-je vous guider pour vous changer ? »

« Ah, oui. Merci. »

Les 14 gens de Moribe suivirent Shiera vers la pièce d'habillage. Récemment, l'habillage des femmes est devenu si minutieux que même une demi-heure est limite. De plus, la « Réunion de la Brise Gracieuse » étant un rassemblement centré sur de jeunes dames nobles, les tenues de banquet sont aussi luxueuses que pour un banquet ordinaire, sinon plus.

( mais aussi, la fois précédente, portait l'uniforme de cérémonie d'officier. Cette fois non plus, l'intention de Tikutorasu ne semble pas trop s'y refléter…… alors n'attendons rien et attendons )

Tout en gardant cette pensée pour moi, je me laissai faire par le page qui m'attendait dans la pièce d'habillage.

Ce qui m'était préparé, c'était une tenue de banquet orthodoxe à Genos : un pourpoint sans manches, un manteau de cérémonie court, et un pantalon ample style ballon. J'avais déjà reçu de Rittia une tenue du même style, mais celle-ci, offerte par Tikutorasu, en est une version plus somptueuse.

Pour les cinq autres hommes, c'était encore l'uniforme de cérémonie d'officier. Cela ressemble à un uniforme militaire, rigide, mais les broderies et ornements sont de haute qualité, somptueux, à la fois vaillants et beaux. Comme on l'avait senti lors de la précédente « Réunion de la Brise Gracieuse », cet uniforme allait à merveille à Rudo=Ruu et aux autres.

« C'est vrai, c'est vrai ! À la « Réunion de la Brise Gracieuse », c'était ce genre de tenue ! Bah, peu importe comment sont habillés les hommes ! »

Rau=Rei, qui avait aussi passé un bon moment au banquet de dégustation il y a cinq jours, affichait aujourd'hui encore une mine réjouie. Yamiru=Rei possède maintenant quatre tenues de banquet, donc elle doit trépigner d'impatience de savoir laquelle on va sortir. S'attendre aux tenues des femmes, dans Moribe, c'est peut-être moi et Rau=Rei seulement.

( Bon, Rudo=Ruu aussi, au fond, doit être ravi de voir la jolie tenue de Rimi=Ruu )

Pendant que nous patientions dans la salle d'attente pendant un quart d'heure environ, les femmes arrivèrent enfin.

Tour=Din et Rimi=Ruu portaient les tenues de banquet style robe de soirée offertes par Rittia lors de la précédente « Réunion de la Brise Gracieuse ». Les jupes à volants gonflées étaient adorables, et ça leur allait à ravir.

Lara=Ruu et les femmes de Ridd portaient, elles, la tenue de cérémonie traditionnelle de Seruva. Une longue robe fine épousant la silhouette, et une longue robe sans manches style gilet par-dessus ; la tenue en elle-même est sobre, mais l'ornementation est plus somptueuse que pour les autres.

Yamiru=Rei portait la tenue vert foncé préparée pour le deuxième banquet, Sufira=Zaza la tenue indigo préparée pour le banquet de dégustation ; mais pour les deux restantes, j'en eus les yeux arrachés. portait la tenue de banquet cramoisie préparée pour son portrait, et Rem=Domu la même coupe en noir de jais.

« Quoi, et Rem=Domu aussi, je croyais qu'elles seraient en uniforme comme nous, mais cette fois c'est différent ? »

« Eh bien. J'ai enfin compris la peine d' et des siennes. Ce genre de tenue, c'est juste difficile à bouger, non ? »

Rem=Domu le dit d'un air dégagé, haussant les épaules. L'encolure était ouverte à la limite de l'indécence, le buste moulant, le bas évasé comme une grande fleur ; une tenue d'une somptuosité extrême. Même en tissu noir, les broderies dorées et les innombrables ornements lui donnaient une splendeur qui ne perdait face à personne.

De plus, Rem=Domu avait une musculature d'homme, mais conservait en même temps des proportions féminines. Ses épaules et ses bras nus montraient des muscles saillants, mais ses abdominaux ciselés étant cachés, sa ligne de corps élégante en ressortait d'autant plus.

Qui plus est, Rem=Domu refusant de porter la tenue de cérémonie même aux banquets de Moribe, c'était la première fois que je la voyais les cheveux défaits. Ses cheveux brun-noir, habituellement attachés n'importe comment, étaient soigneusement peignés et tombaient jusqu'à son dos ; elle en paraissait d'une séduction incomparable. C'est la plus vaillante des femmes, et pourtant elle ne manque pas de charme féminin ; ce contraste en était d'autant plus frappant.

Quant à , c'était un cramoisi vif qui éblouissait. Moi qui m'attendais à l'uniforme d'officier, j'en eus le vertige. Quelle que soit la tenue, est belle, mais l'impact de ce cramoisi est absolu. De plus, bien que le palais Hongniao soit lumineux comme en plein jour, sous le vrai soleil, cette vivacité semble encore s'intensifier.

« A, n'était pas en uniforme d'officier »

« Hum. Neuf fois sur dix, c'est l'intention de Tikutorasu. »

Pourtant, avec cette somptuosité, affichait une mine boudeuse. Quand je restai coi devant sa beauté, Rem=Domu s'approcha en ricanant.

«  a l'air mécontente, mais a l'air ravi. Pourtant, avec une encolure si ouverte, la poitrine ne risque-t-elle pas de déborder au moindre mouvement ? Si on te voit nue, t'as le droit de lui crever les yeux, non ? »

En disant cela, Rem=Domu tira brutalement sur son propre col, si bien qu' grimça « Arrête ». Devant le décolleté féroce de Rem=Domu, je ne pus que cligner des yeux.

Après nous être changés, nous fûmes immédiatement guidés vers la salle de la « Réunion de la Brise Gracieuse ».

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