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Isekai Ryouridou

Chapitre 1202

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Chapitre 1202

Chapitre 1202

Chapitre 1202/129093%~21 min de lecture4 174 mots

Puis, après une concertation entre les trois chefs de clan, les deux requêtes présentées par Ticatras furent acceptées sans encombre.

Ticatras et les siens séjournèrent dans le village abandonné de la lisière de forêt, et ils furent invités au festival de la récolte conjoint des six clans.

Bien entendu, pour ce qui concernait le festival de la récolte, ce fut l'intention des six clans organisateurs qui fut respectée. et les autres furent convoqués à la réunion des trois chefs de clan, où ils discutèrent jusqu'à être satisfaits.

« Ce festival de la récolte devait accueillir les gens de la ville-relais, à commencer par Yumi ! Même s'il s'agit du vœu d'un noble, nous ne pouvons pas modifier nos plans ! »

« En effet. De plus, si un noble assiste au banquet, il conviendrait de déployer des soldats pour la sécurité, comme d'habitude. On ne sait quel danger pourrait survenir si des hors-la-loi s'invitaient dans une fête réunissant les invités de la ville et de jeunes enfants. »

« Alors pourquoi ne pas inviter aussi les nobles de Genos ? Eux aussi surveillent les agissements de Ticatras, ils accepteraient sûrement avec joie. Cela donnerait un prétexte tout trouvé pour mobiliser des soldats. »

La concertation aurait progressé dans ce sens.

Ces demandes furent transmises à Ticatras et aux nobles de Genos, qui les acceptèrent toutes sans réserve, ou du moins c'est ce qu'on m'a rapporté.

Pour ma part, depuis que j'en ai entendu parler lors du dîner chez les Ruu, je m'étais préparé mentalement. Après avoir convié tant de personnes de haute naissance à nos banquets, je ne pouvais pas refuser Ticatras seul, j'avais fait mon deuil de cette éventualité.

C'est pourquoi ce qui me surprit le plus fut l'autre requête : le souhait de séjourner dans le village abandonné.

Ce n'était pas simplement une demande d'hébergement, mais le désir de parcourir librement la lisière de forêt du matin au soir. Je m'attendais à ce qu'on la refuse sans difficulté.

« Pourtant, c'est aussi ce que vous permettiez à Puran=Rido et Riko. Refuser seulement à Ticatras aurait été délicat. »

De retour de la concertation chez les Ruu, me l'avait dit d'un air amer.

Bien sûr, on ne pouvait pas laisser un homme comme Ticatras en liberté totale. Pour accéder à sa demande, on dut soigneusement lui rappeler les engagements déjà imposés à Puran=Rido, Riko et les autres.

Premièrement, comprendre toutes les règles de la lisière de forêt et s'y conformer.

Deuxièmement, ne jamais mettre les pieds dans la forêt en dehors des villages.

Troisièmement, lorsqu'il visite un village, saluer d'abord le chef de la famille principale ou son équivalent, et obtenir l'autorisation de visiter.

En gros, trois points.

Les règles de la lisière de forêt sont celles qui s'accompagnent de sanctions. Ne pas louer indûment l'apparence du sexe opposé relève des coutumes, pas des règles, donc pas de peine. Mais il existe bien d'autres règles strictes dans la lisière.

« S'il entre dans une maison sans la permission du maître, on lui coupe les orteils. S'il voit le corps nu d'une femme qui n'est pas de sa famille, on lui crève les yeux. S'il met à la bouche les dons de la forêt, on lui scalpe le crâne. Celui qui erre dans les villages de la lisière sans connaître ces règles, c'est l'invité qui en fera les frais. »

C'est ce qu'avait déclaré Graf=Zaza lors de la concertation. Ce devait être par souci de la sécurité des invités, mais venant de Graf=Zaza, l'intimidation était doublée, pour ne pas dire plus.

Quoi qu'il en soit, Ticatras accepta toutes nos conditions et séjourna dans les villages de la lisière.

Le lendemain du dîner chez les Ruu, la concertation des trois chefs eut lieu, et le surlendemain, la réponse fut transmise à Ticatras. Celui-ci accepta sur-le-champ, et dès cette nuit-là, il s'installa dans le village de la lisière.

« Ah, c'est vraiment aimable ! Je compte bien rendre visite à la maison Fa également, à ce moment-là, je compte sur votre hospitalité ! »

Ticatras, venu à l'étal, le dit avec un large sourire.

Il passa ainsi plusieurs jours dans la lisière avant le festival conjoint — disons que, contre toute attente, il ne vint pas à la maison Fa pendant cette période. Ticatras fit du village abandonné le plus au nord son lieu de couchage, et commença son inspection par le village des Zaza.

« On dit que le mode de vie diffère grandement selon les clans dans la lisière ! Puisque c'est l'occasion, je souhaiterais tous les voir de mes propres yeux ! »

Ticatras arriva dans la lisière le 25 du mois des Cendres, et dès le lendemain matin, il entama l'inspection du village des Zaza.

Dès l'aube, il se rendit au village des Zaza, où il rencontra enfin le dernier des trois chefs de clan, Graf=Zaza. Après avoir loué sa stature martiale et l'éclat de son âme, il inspecta le village dans ses moindres recoins.

Quand le zénith fut atteint et que les hommes partirent en forêt, il fit galoper son totos pour retourner à la ville-relais, mangea à notre étal, fit la tournée de la ville-relais et de la ville-château, puis revint à la lisière avant la nuit pour y être festoyé, avant de regagner le village abandonné — tel était son emploi du temps de base.

« Les chefs de famille de la lisière semblent mal à l'aise qu'on reste chez eux pendant leur absence ! Moi aussi j'ai encore des affaires en cours, je pense continuer ce rythme encore un moment ! »

La vitalité de Ticatras semblait surpasser celle du prince Darumassu et d'Alvaha. Ou peut-être n'était-ce pas une question de vitalité, mais de dignité nobiliaire — quoi qu'il en soit, Ticatras courait littéralement du matin au soir, bien décidé à goûter à fond la vie dans toute la lisière, et même dans tout Genos.

Au milieu de cela, notre étal reçut des visiteurs inattendus le troisième jour du séjour de Ticatras. Fermes et Gemdo arrivèrent incognito, cachant leur visage sous des manteaux à capuche de voyageurs.

« Ticatras-dono a donc obtenu le droit de circuler librement dans les villages de la lisière. C'est une prouesse que je ne saurais accomplir. »

Fermes, qui parlait ainsi, avait le bas du visage caché par une écharpe, son expression était illisible, mais ses yeux noisette brillaient d'une lueur poignante.

« C'est normal, Fermes. Vous résidez à Genos en tant que diplomate. Comparé à Ticatras qui est venu en simple curieux, votre liberté d'action est forcément limitée. »

« En effet. Et je n'ai pas non plus l'endurance de Ticatras-dono. … Ticatras-dono a-t-il déjà rendu visite à la maison Fa ? »

« Non. Depuis le premier jour où il est venu avec vous, nous ne l'avons pas convié à la maison Fa. Il semble procéder à son inspection en partant du nord. »

« C'est ainsi. … Alors je n'aurai pas à souffrir de jalousie. »

Face au regard de jeune fille amoureuse que me lança Fermes, je ne pus que rire nerveusement « ahaha » pour masquer mon trouble.

« Cependant… cela veut dire que Ticatras-dono ne porte pas un intérêt particulier à Asta en tant qu'individu. Cela m'échappe. »

« Je suis tous les jours à l'étal. Tant qu'il peut goûter ma cuisine, il est satisfait, non ? »

« Percevoir l'origine exceptionnelle d'Asta, mais ne s'intéresser qu'à son talent culinaire. C'est décidément au-delà de ma compréhension. »

Fermes parla ainsi, mais je n'y prêtai pas plus d'importance. L'intérêt marqué de Fermes pour moi relève surtout, je pense, de la curiosité intellectuelle. Fermes, à la trempe de savant, et Ticatras, à la sensibilité d'artiste, ne cherchent pas la même chose, c'est ainsi que je l'interprétais.

***

Puis vint le 29 du mois des Cendres —

Cinquième jour du séjour de Ticatras dans la lisière, ce jour-là se tint le festival de la récolte conjoint des six clans.

À l'origine prévu à la mi-mois des Cendres, il avait été repoussé jusqu'ici à cause du nouveau mode de chasse au giba. Cela faisait plus de neuf mois depuis le dernier festival. Les gardiens du feu rassemblés au village des Fou bouillonnaient tous de joie.

« En plus, cette fois c'est Tour=Din qui dirige ! Tout le monde chez nous a de grandes attentes sur la splendeur des plats qui seront servis ! »

C'est ce qu'avait dit la femme de Rido, qui aide Tour=Din à l'étal depuis longtemps.

Le festival de la récolte conjoint est dirigé à tour de rôle par les six clans. La première fois, ce fut les Fou, la deuxième les Rido, la troisième les Ran, et cette fois-ci le tour revint à la famille Din.

« M-mais, les cuisiniers sont les mêmes, et le menu a été décidé centré sur Asta, donc peu importe qui dirige, le résultat ne changera pas, je pense… »

Tour=Din répondit avec une mine confuse, et la femme de Rido répliqua énergiquement « Non ! »

« Moi aussi je le pense, mais ça fait neuf mois qu'il n'y a pas eu de festival, et pas de grand banquet non plus ! Je n'arrivais pas à calmer l'attente de ma famille ! »

Autour de la femme de Rido qui parlait en souriant, les autres arboraient la même expression. La présence de Ticatras ne semblait pas les assombrir.

(Enfin, inviter des invités au festival de la récolte, on a l'habitude. Même si un original s'y mélange, ça ne change pas grand-chose.)

Lors du festival précédent, il y a environ neuf mois, beaucoup d'invités avaient été conviés. À l'époque, sous prétexte de servir de modèle pour le festival conjoint, presque tous les clans de la lisière avaient été invités. En plus des gens de la ville-château et de la ville-relais, le total dépassait cinquante personnes.

Finalement, cette fois aussi, c'est un effectif comparable. À la base, on devait inviter non seulement les jeunes de la ville-relais menés par Yumi, mais aussi les cuisiniers de la ville-château souhaitant observer la cuisine, et les parents de sang des Zaza voulant assister au festival de leur clan. S'y ajoutèrent la suite de Ticatras et les nobles de Genos — et on accepta même une demande personnelle de Ticatras.

« Ce n'est pas obligatoire, mais si c'est possible, j'aimerais rencontrer ceux qui apparaissaient dans la pièce de marionnettes ! Dans la mesure du possible, bien sûr ! »

Ticatras l'avait réclamé ainsi.

Les gens de la lisière ayant figuré dans la pièce de marionnettes et encore en vie sont au nombre de huit. Moi, , Donda=Ruu, Dan=Rutim, Dali=Sauti, Yamil=Rei, Diga — et Shimiral=Ririn qui y figurait comme représentante des gens de l'Est. Parmi eux, ceux que Ticatras n'avait pas encore rencontrés étaient Dan=Rutim, Diga et Shimiral=Ririn, trois personnes. Mais —

« Si Ticatras le réclame, moi et Yamil aussi nous y assisterons ! La fois précédente, seuls les parents des chefs de clan avaient été conviés, nous avions dû ronger notre frein ! »

Sous l'impulsion de Rau=Rei qui revendiquait ainsi, Yamil=Rei fut aussi invitée. Lors du festival précédent, les parents des chefs de clan avaient été les seuls exclus, et Rau=Rei s'en plaignait depuis.

D'autres s'ajoutèrent : Diga insista pour ne pas y aller seul, Dodd fut convié avec lui ; on jugea bon de faire rencontrer Gazlan=Rutim à Ticatras à cette occasion. Le nombre d'invités gonfla progressivement.

Mais quoi qu'il en soit, plus d'invités de la lisière, c'est rassurant. et les autres chefs acceptèrent volontiers.

Dans ces conditions, jusqu'au zénith où commence l'épreuve de force, place aux préparatifs du banquet.

Tour=Din, qui s'était confondu en excuses face aux propos de la femme de Rido, est rodé à la direction de banquets dans le village du nord, il n'a pas son pareil. Sous ses directives, nous avançâmes efficacement.

Les chefs d'équipe nommés furent au nombre de trois : moi, Yun=Sudra, et l'épouse du chef de la famille Din. Tour=Din assumant aussi ce rôle, les gardiens du feu des six clans furent répartis en quatre équipes. Mon équipe mélangées des femmes de divers clans, y compris Sarisu=Ran=Fou, l'amie d'enfance d'.

« Le portrait d' peint par le noble Ticatras était d'une facture remarquable, dit-on. Moi qui ai des enfants, je ne peux me rendre à la ville-château pour le travail… mais cette fois, ne pouvoir voir ce portrait est un regret. »

Quand Sarisu=Ran=Fou dit cela, , qui se tenait contre le mur, grimaça : « Qu'est-ce que tu racontes ? »

« Quelle que soit la qualité, un tableau n'est qu'un tableau. Se réjouir d'une telle chose, c'est propre à des originaux comme Jou=Ran. »

« Vraiment ? Yun=Sudra et Tour=Din disaient aussi que c'était magnifique… Et toi, Asta, qu'en as-tu pensé ? »

« Eh bien. C'était si réussi que j'en ai eu le cœur serré. … Quoi, le mensonge est un péché, non ? »

« Tais-toi. » me lança un regard humide. Sarisu=Ran=Fou pouffa.

« n'aime pas qu'on regarde son visage, hein. Pourtant, elle a la beauté de sa mère, c'est dommage. »

« Toi aussi, Sarisu=Ran=Fou, tais-toi. Je ne suis pas douce comme ma mère Mei, et un chasseur n'a pas besoin de douceur. »

« possède la gentillesse de Mei=Fa et le courage de Gil=Fa, c'est pour cela qu'elle est si belle. C'est une chose dont il faut être fière, je trouve. »

Devant la familiarité de son amie d'enfance, se gratta vigoureusement la tête châtain.

« Plutôt que ça, méfie-toi bien de ce noble Ticatras. Et de ses serviteurs anormalement méfiants. »

« Mais ça fait presque un mois qu'ils sont arrivés à Genos, et il ne s'est rien passé. Le danger n'est pas exclu, peut-être ? »

« … L'affaire du portrait n'était donc qu'une bagatelle pour Sarisu=Ran=Fou. »

« Oh, je n'avais pas cette intention. Si j'ai contrarié , pardon. »

Sarisu=Ran=Fou faisant mine de s'excuser sincèrement, se remit à se gratter la tête en silence.

C'est dommage pour , mais pour moi, c'est un échange apaisant. Les autres femmes retenaient leur souffle avec discrétion, observant chaleureusement leur complicité.

C'est alors qu'une agitation monta, juste au moment où les préparatoires s'achevaient et qu'on allait commencer la cuisine à proprement parler.

« Hé hé ! Travailler dès si tôt, c'est dur ! Je me demande quel festin va être préparé, j'en suis tout excité ! »

Bientôt, guidé par Bardo=Fou, l'origine du tumulte apparut dans notre salle du fourneau.

« Oh, est déjà là ! Toujours aussi belle ! Je suis curieux de voir ton habileté, et l'épreuve de force des chasseurs aussi, j'ai hâte ! »

se contenta d'un signe de tête, sans un mot.

Les autres femmes, qui voyaient Ticatras pour la première fois, s'inclinèrent toutes correctement. En ce mois, les rumeurs sur Ticatras avaient beaucoup circulé, son apparence et son comportement excentriques ne les troublaient plus. Pourtant, toutes le surveillaient d'un œil sans défiance.

« Merci pour votre peine, Ticatras. Hier soir, vous avez été convié au banquet au village des Dina, j'imagine ? »

« Oui ! En quatre jours, j'ai enfin fait le tour des cinq clans apparentés aux Zaza ! Trente-sept clans, dit-on, combien de jours pour tous les couvrir ? »

Le nez pointu comme un bec de totos relevé, Ticatras éclata d'un grand rire. Degion, qui avait déposé son sabre en entrant, gardait son allure sombre.

« Bien, ça suffit ? Les gardiens du feu ont du travail, nous les accompagnerons jusqu'au zénith. »

Sur l'arrangement de Bardo=Fou, Ticatras quitta la pièce prestement.

Aussitôt, les femmes cessèrent de se contenir et se mirent toutes à parler à la fois.

« Ce noble se promène vraiment en tenue de banquet ! On l'avait ouï-dire, mais pas à ce point ! »

« Un tissu aussi somptueux, je n'en ai jamais vu ! Les ornements d'argent et de pierres précieuses, une splendeur qui n'a rien à voir avec nous ! »

« Et ses deux serviteurs ! Ils ont bien une force qui ne le cède en rien aux chasseurs de la lisière ! »

Il y a ici beaucoup de femmes qui ne sont jamais allées à la ville-château. Les nobles de Genos portent des tenues sobres quand ils viennent à la lisière, c'est la première fois qu'elles voient un homme si faste.

« Mais… ce noble est certes insouciant comme un enfant… il n'est sûrement pas que cela. »

Sarisu=Ran=Fou parla d'un air pensif.

« Je ne l'ai pas trouvé méchant… mais je comprends maintenant le sens des mots d' nous enjoignant à la vigilance. Tout à l'heure, j'ai parlé trop légèrement, pardon, . »

« Inutile de t'excuser à chaque fois. Mais si toi aussi tu le penses, c'est rassurant. »

répondit d'une voix basse, tout en fixant intensément la porte par où Ticatras était sorti.

Peu après, ce fut au tour des cuisiniers de la ville-château, venus pour observer, d'arriver. Il y avait la princesse Delchea, Puran=Rido, Nicola, Roy, Shilii=Rou, Bozuru.

« Salut, merci de nous accueillir ! Beaucoup sont à leur première rencontre, mais on ne gênera pas la cuisine, comptez sur nous ! »

La princesse Delchea rayonnait comme le soleil. Depuis sa décision d'étudier à Genos, elle avait été rattrapée par le trouble de la secte du dieu maléfique, et cela faisait trois mois et demi qu'elle n'était pas venue.

« Ticatras-sama a l'air d'être déjà là ! Passer ses nuits dans la lisière tous les jours, quel bonheur ! Nous, on va observer par paires pour ne pas gêner, à plus tard ! »

La princesse Delchea quitta la salle du fourneau d'un pas sautillant. La suivaient son officier Rode et Bozuru. Ce dernier, en tant que compatriote du Sud, s'était chargé de veiller sur la princesse.

Quoi qu'il en soit, se faire observer par ce genre de monde est devenu routine. Ticatras ne s'approcha plus après les salutations initiales, nous pûmes nous concentrer sereinement.

Au fil du temps, l'extérieur devenait de plus en plus animé. Comme la venue matinale de Ticatras était connue, les invités des autres clans étaient arrivés tôt. Tandis que nous travaillions posément, les suivants à venir saluer furent les gens de la ville-relais menés par Yumi.

« Tout le monde, bon travail ! Merci de nous inviter ! Ces gamins ne feront pas de bêtises, soyez tranquilles ! »

La fois précédente, Yumi et Teria=Masu étaient venues à deux. Cette fois, Rebi, Tara, Ben et Kago s'étaient joints. Strictement, Tara n'est pas de la ville-relais mais de Doreimu, mais comme elle avait été invitée au festival des Ruu, l'exclure seule aurait été cruel, on l'avait ajoutée.

Et une dernière personne, se tortillant sur place — Bia, qui travaille désormais à l'étal du « Vent d'Ouest » à la place de Ruia.

« Cette gamine a causé du tort aux gens de Ran ! C'est réglé, mais pour ne pas laisser de rancœur, je l'ai amenée au banquet d'aujourd'hui ! »

Elle avait volé les pièces de cuivre de la recette de l'étal et fait porter le chapeau à une femme de Ran. Pourtant, sur la demande de cette dernière, elle continuait à aider à l'étal, il fallait bien sceller le lien.

« M-merci de permettre à une criminelle comme moi d'assister ! Je… je ferai attention à ne pas vous déranger ! »

Bia, au corps rondouillard, s'inclina profondément, le front presque sur les genoux.

Bien sûr, personne dans la lisière ne méprise qui se repent — mais pour Bia, venir jusqu'au village de la lisière a dû demander un courage considérable. De plus, elle est parente de Shiru, la mère de Yumi, et n'avait pas de lien avec Ben ni Kago, ce qui ne facilitait pas les choses.

« Tu vas te mettre à genoux partout ? C'est bien d'être scrupuleuse, mais ici il y a des gens qui ne sont pas de la famille Ran, tu vas les mettre mal à l'aise. »

Yumi la réprimanda avec un sourire amer, et Bia redressa la tête d'un « Non ! ».

« M-mais ce sont des gens qui m'ont permis d'être ici ! Je ne peux pas ne pas m'incliner ! »

« C'est les six chefs de clan qui l'ont permis. Pas la peine de t'incliner devant nous. »

Sarisu=Ran=Fou répondit d'une voix douce.

« Mais tout le monde souhaite sans doute tisser un vrai lien avec toi. Bienvenue, Bia. »

« O-oui ! C'est moi qui vous prie de m'accueillir ! »

Sarisu=Ran=Fou sourit à Bia, crispée, puis promena son regard sur les autres.

« Bienvenue à la maison Fou, à tous. Désolée, au final ce sont les invités de la lisière et de la ville-château qui sont les plus nombreux. »

« Ça, c'est pas à nous de m'excuser ! »

« Exact ! Nous, on est juste les bonus de Yumi ! »

Ben et Kago répondirent gaiement, et Sarisu=Ran=Fou sourit à nouveau.

« Je vais peu à la ville-relais, je suis ravie de vous recevoir. Profitez bien du festival. »

« Ah ! Moi, depuis hier soir, je n'arrête pas de m'exciter ! »

« Faut bien vérifier à quel point le futur mari de Yumi est un chasseur respectable ! »

« T-taisez-vous ! Vous aussi, apprenez un peu la retenue ! »

Le visage rouge, Yumi les entraîna dehors. C'était leur première fois à la lisière depuis longtemps, ils étaient surexcités. Mais s'ils ne sont pas déstabilisés par la présence des nobles menés par Ticatras, tant mieux.

(Enfin, à la ville-relais, la réputation de Ticatras n'est pas mauvaise non plus.)

À mesure que la place s'animait, notre travail touchait à sa fin.

« Il reste un quart de koku avant le zénith. Bon point d'arrêt, on s'arrête là. À ce rythme, on finira avec de la marge. »

« Oui. Quand c'est Asta qui dirige, ça avance remarquablement bien. »

Sur ces aimables paroles de Sarisu=Ran=Fou, nous quittâmes la salle du fourneau.

La place était déjà remplie de gens de toutes conditions. Et depuis l'arrivée de la princesse Delchea, des soldats de garde devaient être déployés autour du village.

« Oh, Asta a fini le travail ! Parfait, viens avec ! »

Ticatras agitait les bras au loin, je m'avançai aux côtés d', le visage fermé.

Dans un coin de la place, plusieurs gens de la lisière faisaient face à la suite de Ticatras. En voyant leurs visages, je compris. C'étaient tous ceux qui avaient figuré dans la pièce de marionnettes.

« Voilà, les personnages du "Gardien du feu de la lisière Asta" sont tous réunis ! Quelle émotion ! »

« Hmph. Au final Donda=Ruu n'est pas venu, mais c'est pour céder sa place à Jiza=Ruu, c'est inévitable. »

Rau=Rei acquiesça familièrement. Il n'apparaît pas dans la pièce, mais il accompagne sa partenaire importante.

Les sept personnages hors Donda=Ruu — moi, , Dan=Rutim, Dali=Sauti, Yamil=Rei, Diga. Dodd, l'air inquiet, se tenait caché derrière Diga.

« Cependant, je n'aurais cru que Yamil=Rei était la sœur aînée des Sun ! Le marionnette de Riko dégageait bien une aura envoûtante, mais c'est une surprise ! »

« En effet. Les noms de ceux qui ont expié leur faute ne doivent pas être divulgués, ceux de Yamil et Diga ont été tus. »

« Hmm ! Ce Diga, je l'ai vu au village des Domu ! Mais c'était toi, le frère aîné des Sun qui a tenté une chose indécente avec ! »

« A-ah. Le moi d'alors était vraiment un vaurien sans espoir. »

Diga fronça les sourcils comme pour endurer une douleur, et répondit ainsi.

Dan=Rutim clignait ses yeux ronds comme des glands, observant l'échange.

« Et alors ? Ta curiosité est-elle assouvie ? »

« Oui ! Pleinement ! Toi, tu es exactement comme dans la pièce ! Le fait que Vikezzo et les siens soient si tendus prouve que tu es un chasseur d'une puissance exceptionnelle ! »

« Vos gens ne sont pas en reste. Vous n'atteindriez pas ni moi, mais vous feriez jeu égal avec Rau=Rei. »

« Quoi, vraiment ? Alors je veux t'affronter à l'épreuve de force en guise de divertissement ! »

Rau=Rei fit briller ses yeux et se pencha en avant, Vikezzo le toisa d'un regard ardent.

« Notre mission est de protéger Ticatras-sama. Nous ne nous affaiblirons pas en pleine tâche. »

« Aujourd'hui, il y a assez de soldats pour que Vikezzo et les siens puissent se détendre ! Et avec tous ces chasseurs présents, aucun hors-la-loi n'oserait approcher — si les chasseurs de la lisière deviennent ennemis, nos vies ne tiendraient qu'à un fil, non ? »

Ticatras rit joyeusement.

« C'est dur pour Vikezzo, mais se retrouver face à une force irrésistible, ça fait battre le cœur ! C'est peut-être ce qu'on ressent sur un navire en pleine tempête ! Ah, vraiment, la lisière ne laisse pas le temps de s'ennuyer ! Mon cœur bat la chamade avant même que le festival ne commence ! »

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