Le rapport selon lequel le ventre des munto abritait sans conteste des parasites nous parvint de la cité-château au crépuscule de ce jour-là.
« Il s'agit à l'origine d'un parasite qui vit dans les insectes et les bêtes des berges. On dit que l'hôte parasité voit son appétit croître jusqu'à en devenir féroce, mais ce parasite est fragile, incapable de survivre hors de l'eau ou des fluides corporels. Il a donc dû rendre l'âme dès qu'on l'a extrait du ventre du munto. »
D'après le messager, Fermes s'était exprimé en ces termes.
« De plus, comme l'avait relevé, ce parasite change d'hôte à chaque prédation. Toutefois, ayant atteint une telle taille, il aurait été déchiqueté au moment de la capture ; seuls les spécimens indemnes ont pu parasiter le munto et le rendre féroce. On peut supposer qu'implanter ce parasite dans les hiko fait partie de la sorcellerie : il jouerait un rôle pour provoquer leur pullulation ou leur gigantisme. »
Une fois de plus, l'érudition de Fermes forçait l'admiration.
Pourtant, même lui ne voyait aucune solution efficace.
« Le seul moyen valable serait d'incinérer les carcasses des hiko, mais rassembler les cadavres sur des rochers pour y mettre le feu en pleine forêt est périlleux. D'un autre côté, évacuer des dizaines de milliers de cadavres hors de la forêt demanderait un effort démesuré. Je laisse donc le jugement aux personnes en vue de Genos et aux gens de Moribe. »
Les trois chefs de clan estimèrent qu'il valait mieux affronter les munto enragés que de s'embarrasser de telles peines.
« Si l'on forme des groupes de cinq chasseurs ou plus, quel que soit le nombre de munto qui nous encerclent, le danger restera maîtrisé. Jusqu'ici nous opérions par groupes de trois environ, donc l'extermination des hiko prendra d'autant plus de temps, mais la priorité absolue reste la sécurité de nos frères. »
« Oui. Et les munto fuient l'odeur du fruit de rigi. Nos brassards n'ont guère d'effet, mais du jus frais versé dessus les fait fuir. Si nous en appliquons autour des maisons, les familles ne courront aucun risque. »
Cette réunion se tint lors du banquet chez les Sauti. Graf=Zaza y séjournant, Donda=Ruu s'y était rendu pour transmettre le message du messager. C'est Rudo=Ruu, qui l'accompagnait, qui nous en rapporta le contenu par la suite.
« Grâce aux chasseurs du Nord, les terrains de chasse des Sauti sont à peu près nettoyés. Dès lors, c'est le moment d'attaquer le vrai travail pénible. »
Ce travail pénible consistait à étendre les recherches jusqu'en des contrées trop lointaines pour un aller-retour en une demi-journée. Il fallait pénétrer la forêt dès l'aube, dépasser les territoires de chasse habituels et exterminer les hiko tapis dans l'inconnu.
« Nous aussi, nous devions entamer ce travail dès demain. Les clans installés au nord de la famille Ruu y sont déjà passés. »
C'est ce qu'avait dit . Elle et les trois membres de la famille Sudra formaient une équipe distincte pour prêter main-forte à la famille Dai, tandis que les lignées Fou, Gaz, Ratz et Beimu, ainsi que Din et Ridd, avaient déjà franchi ce cap.
Plus au nord encore, les parents Zaza et Lavitz, de même que les familles Sun et Mim, accomplissaient leur tâche dans les foyers alliés des Ruu et des Sauti. Les clans ayant achevé l'extermination sur leurs terrains se partageaient : la moitié s'enfonçait au cœur de la forêt, l'autre reprenait la chasse au giba.
Les chasseurs de Moribe supportaient vraiment un fardeau accru.
La chasse au giba restait tout aussi éprouvante, yet jusqu'alors on pouvait vaquer tranquillement jusqu'au zénith et s'accorder un repos tous les quelques jours. Mais depuis le début de la Lune bleue, ils restaient en forêt de l'aube au crépuscule. Même si les hiko sont des proies faciles, la vigilance face aux giba affamés et aux munto enragés en faisait une peine considérable.
J'avais appris, le jour où j'avais rouvert mon étal, que les hommes de Fou étaient épuisés.
et les chasseurs des Ruu tombèrent dans le même état trois jours plus tard.
Pour des raisons de commodité auprès de la famille Dai et de sécurité nocturne, et moi logions chez les Ruu. Les messagers de la cité-château se présentant souvent, jugeait préférable de rester là.
Ainsi passâmes-nous plusieurs jours consécutifs chez les Ruu, mais au fil du temps les chasseurs devinrent de plus en plus silencieux. était taciturne de nature, mais Donda=Ruu et Jiza=Ruu ouvrirent de moins en moins la bouche, et finalement même Rudo=Ruu mangea son dîner en silence, l'air somnolent.
« , dès qu'elle se couche, s'endort tout de suite. Elle semble plus fatiguée que lorsqu'elle affrontait le seigneur de la forêt. »
C'est Rimi=Ruu, qui partage sa couche, qui me l'apprit.
Pourtant, Rimi=Ruu ne se laisse pas abattre, c'est là sa force.
« Alors, je vais lui préparer plein de bons plats pour le dîner ! On ne peut pas utiliser d'aria, mais aujourd'hui, faisons des hamburgers ! »
« D'accord. Je vais contacter la cité-château pour qu'on nous livre du chatt. Ça coûtera un peu plus cher, mais c'est dommage que Rudo=Ruu ne puisse plus en manger pendant des mois. »
« Oui, faisons ça ! »
Tout ce que nous pouvons, c'est cuisiner.
Mais je n'avais plus le loisir de ruminer mon impuissance. Mes tourments n'allégeaient pas la peine d' et des siens. Nous ne savons que cuisiner, pourtant nous seuls pouvons les réconforter par de bons plats.
C'est ainsi que j'en vins à utiliser le moule à takoyaki acheté à Diaru.
Le mystérieux ingrédient nunyonpa, ni poulpe ni calmar, venant de la capitale de l'Ouest, circulait normalement. Je préparai d'abord des nunyonpa-yaki classiques, et Reyna=Ruu et les autres poussèrent des cris d'admiration.
« Cette plaque n'a que des demi-cercles percés, et pourtant on obtient de si parfaites boules ! C'est mystérieux ! »
« Oui. L'apparence rappelle des dango ou des manjû, mais la texture est tout autre. Cela pourrait faire sensation. »
Le problème restait la garniture. Notre étal vise à faire connaître la saveur du giba, donc des nunyonpa-yaki ordinaires manqueraient le but.
Pourtant, les idées ne manquaient pas ; je ne savais laquelle choisir parmi tant de candidates.
Les takoyaki maison sont le terrain de jeu de la fantaisie. Dans mon monde d'origine, j'en avais créé d'innombrables variantes. Cette expérience trouva là une application inattendue.
Finalement, je retins l'association : bacon de giba, fromage séché de gyama, yural-pa semblables à des ciboules et tempura émietté.
Faute de légumes à Doreimu, la sauce Worcester étant difficile à produire, je les servis avec mayonnaise et piment chitt à sept saveurs. Au dîner chez les Ruu, même Rudo=Ruu, si peu loquace, sourit en disant : « Drôle de plat, celui-là ! »
se contenta de « C'est bon », l'air encore endormi, mais son regard était plein de satisfaction.
Voir afficher une telle fatigue était inédit. Inquiet, je demandai un moment seul avec elle avant le coucher ; elle me regarda avec douceur et dit : « Ne t'inquiète pas. »
« Mon corps réclame du repos pour donner le meilleur en forêt. Les chefs ont ordonné aux chasseurs trop fatigués de se reposer sans forcer. Il n'y a aucun danger. »
« Je ne doute pas de ton jugement, mais… »
« Hmm. N'ayant pu participer à la讨伐 de la secte du dieu maléfique, je pense devoir accomplir plus de travail qu'aucun autre clan. Mais si je me blesse par excès, je ne ferai que m'exposer à la honte. Je ne me montrerai jamais dans un tel état. »
Elle m'enlaça doucement.
« Et puis… si je pourrissais en forêt, je ne pourrais plus vivre avec toi. Penses-tu que je renoncerais à ce bonheur ? »
« Pas du tout. » Je la serrai dans mes bras avec la même force.
***
Les jours s'écoulèrent encore — le dixième jour de la Lune bleue.
Dix jours après le fléau des hiko, sept jours après le départ de Gazlan=Rutim, six jours après la réouverture de l'étal.
C'aurait dû être la date de l'assemblée annuelle des chefs de famille. Bien sûr, elle fut reportée à la fin des troubles. En guise de substitut, plusieurs événements se superposèrent ce jour-là.
D'abord, les charpentiers revinrent à la ville-relais ce jour-là. Le trajet aller-retour jusqu'à l'extrémité sud de Doreimu prenant plus de deux heures en charrette, ils y avaient campé.
« Yo, ! Ça fait une dizaine de jours, non ? T'as l'air en forme, tant mieux ! »
C'est Aldas qui lança cela en arrivant à l'étal.
« Bon, on avait entendu dire que vous alliez bien, mais on est pas tranquilles tant qu'on a pas vu vos tronches. »
« Hein ? Des rumeurs sur moi couraient en ville ? »
« Rumeurs… disons que des gens de Moribe sont venus cuisiner pour nous. n'était pas au courant ? »
Je ne savais pas. Donda=Ruu et les autres étant muets, seules les nouvelles cruciales nous parvenaient.
« Les gens du bout sud de Moribe, les Sauti, c'est ça ? Leur lignée a assuré les repas. C'était pour les villageois de Doreimu, mais comme nous logions sur place, on a pas été oubliés. »
Apparemment, les villageois étant mobilisés pour les champs, on avait confié la cuisine aux femmes des Sauti. La demande émanait des notables de la cité-château, et les femmes Sauti allaient et venaient sous escorte de la garde civile.
« Vu le nombre, c'était surtout des soupes simples, mais avec de la viande de giba, c'est déjà un festin. »
« Ah. Les premiers jours, c'était de la soupe de kimusu fade, les villageois étaient déprimés. Les nobles ont dû faire appel aux gens de Moribe pour remédier à ça. Eux non plus n'avaient jamais mangé de giba, ils étaient ravis. »
Meiton compléta en souriant. Les habitants du sud de Doreimu, les plus touchés, recevaient manifestement les soins les plus attentifs.
« Au fait, la fille du forgeron est passée y a un moment. Elle est bien arrivée à la cité-château, j'espère ? »
L'air boudeur, le patron posa la question. Je répondis par un sourire affirmatif.
« J'ai aussi eu des nouvelles du patron par Diaru. Tiens, voilà l'arme secrète que je lui ai achetée. »
« Qu'est-ce que c'est ? Une plaque de fer avec des trous ? »
« Voulez-vous goûter ? Pour l'instant, les clients l'apprécient. »
Je versai la pâte dans le moule et préparai ma spécialité.
Pour faire simple, j'appelle ce plat « Boulettes de giba ». « Yaki-giba » ne voudrait rien dire pour les clients.
« Hmm. Cuire pâte et garniture sur plaque, ça ressemble au plat de cette Yumi. »
« C'est proche de l'okonomiyaki du « Vent d'Ouest ». Mais la forme et la cuisson diffèrent, ce qui donne une saveur unique. »
Les « Boulettes de giba » se vendent par six pour deux pièces de cuivre rouge ; une fournée nourrit dix personnes. Les charpentiers étant vingt, tous voulurent en acheter, donc deux fournées.
Heureusement, ils avaient apporté leurs grands plateaux découverts lors de la fête de la Renaissance, donc seulement deux hommes firent la queue, les autres allant aux autres étals. Devant moi restèrent le patron Baran et Meiton.
« On a eu des nouvelles de la situation à Moribe par les filles qui cuisinaient. Non seulement les insectes, mais les munto qui les ont mangés se mettent à faire des misères. Vos allers-retours en ville ne sont pas dangereux ? »
« Non. Nous protégeons la charrette avec du jus de rigi pour tenir les munto à distance. Les Sauti faisaient de même, non ? »
« Ah, c'est donc ça… Quelle calamité. Tes camarades partis en讨伐 ne sont pas rentrés, tu ne peux pas être tranquille ? »
« C'est vrai. Mais je n'ai pas le temps de broyer du noir. »
À cette réponse, le patron plissa les yeux et sourit.
Les charpentiers, réquisitionnés en urgence, sont devenus des compagnons partageant la même épreuve. Y songer me donna un surcroît de courage.
La rue grouillait de monde.
Le nombre de gardes n'avait pas changé, mais les passants semblaient aussi nombreux qu'avant le fléau. À cette saison, bien moins de gens portaient des manteaux.
Leurs visages conservaient encore une teinte d'alerte et de tension, pourtant l'animation de la ville n'avait pas faibli.
Si nous n'avions pas rouvert l'étal, cette vitalité serait-elle revenue ?
Impossible à vérifier, mais je pus travailler avec un sentiment de plénitude.
« Salut ! Je suis revenu manger aujourd'hui aussi ! »
Au moment où le patron et les siens partaient vers le restaurant en plein air, Diaru et Larvis apparurent. Leur troisième visite en six jours.
« En fait, l'ustensile qu' a inventé a trouvé preneurs à la cité-château ! Trois boutiques d'un coup ! »
« Hein, c'est rapide. Je leur ai montré comment s'en servir il y a à peine trois jours. »
« Héhé ! C'est moi qui vends l'outil inventé par , c'est normal ! »
Même en se vantant, Diaru reste d'une candeur touchante. Ses cheveux attachés derrière la tête semblaient remuer comme la queue d'un chiot tant il sautillait de joie.
« En plus, j'ai juste eu le temps de transmettre la méthode à Harias ! Si le père et Harias s'y mettent, peut-être que Jagar en achètera aussi ! … J'aimerais bien le proposer à la ville-relais, mais c'est pas le moment. »
« C'est vrai. Si l'occasion se présente, je ferai connaître le prix et l'usage de l'outil. »
« Vraiment ? Ça m'aiderait vachement ! … Mais si ça marche trop bien à la ville-relais, les plats d' ne vont plus se vendre, non ? »
« Je ne comptais pas en faire mon produit phare. J'espère plutôt que quelqu'un inventera une nouvelle recette avec cet outil. »
En disant cela, je souriais à Diaru.
« Et puis… imaginer mon outil vendu jusqu'à Jagar, ça me met de bonne humeur. Comme si la trace de ma vie s'étendait jusqu'en terre inconnue. »
« Ahaha ! Avec ton spectacle de marionnettes, t'es déjà célèbre ! »
« Haha, ça me gêne un peu, celui-là. »
Tout en façonnant les « Boulettes de giba », je riais sans arrière-pensée avec Diaru.
« Ah, et puis ! Grâce à ça, j'ai enfin pu rencontrer les membres de la famille royale ! »
« Ah bon ? Grâce à ça ? »
« Oui ! Ils envoient des messagers tous les jours pour acheter vos plats, non ? Et ils ont adoré ces "Boulettes de giba" ! Du coup, ils se sont intéressés à ma boutique qui fabrique l'outil ! »
Diaru bombait le torse avec fierté.
« En vrai, je guettais l'occasion de m'approcher par tous les moyens, mais en ce moment, les grands banquets et festins sont suspendus à la cité-château. L'approvisionnement en ingrédients manquants est en bonne voie, mais on ne peut pas faire la fête pendant que la讨伐 est en cours. »
« Oui. Doreimu et Moribe sont encore en pleine reconstruction. »
« Exact ! On organise même des collectes de fonds pour eux ! La maison de Polaas doit avoir du fil à retordre. Leurs champs ont été ravagés par les hiko, sans le soutien du marquis de Genos, ils auraient coulé ! »
Pourtant, si les champs du sud de Doreimu ne se relevaient pas, la pénurie alimentaire frapperait directement Genos.
De plus, la baisse des visiteurs nuirait au comte Satolas, et Turan, bien qu'épargnée par les hiko, n'est pas sans lien. Genos échange depuis toujours froment et vin de fruit contre du cuivre avec d'autres territoires, mais actuellement le poïtan manque et doit être suppléé par du froment, donc des mesures ont dû être prises.
En définitive, Genos existe grâce aux trois grandes familles comtales et aux villages de Moribe.
Aussi, tous ceux qui y vivent unissent-ils désormais leurs forces pour surmonter l'épreuve.
« … Et vous savez quoi ? Le prince Darukumas et la princesse Delchia voulaient absolument rencontrer ! Darukumas devait déjà être rentré à Jagar, normalement ? »
« Ah, oui. C'était prévu. Je devais superviser les cuisines du banquet d'adieu… »
« Comme les grands banquets sont suspendus, ils veulent te confier le dîner modeste. Mais tout ça, c'est après l'anéantissement de la secte du dieu maléfique ! »
Au moment où Diaru disait cela, la rue bruissa légèrement, faisant lever la tête à Sati et Jilbe.
Rien d'alarmant dans l'atmosphère. Ce qui apparut sur la route montant vers le nord, c'est un seul officier tenant les rênes d'un toto.
Il portait un manteau d'un rouge vif, mais par-dessous on apercevait la cuirasse en cuir blanc typique de la cité-château. Manteau, cuirasse et bête étaient couverts de la poussière du long voyage, et le visage de l'officier portait les stigmates d'une fatigue profonde.
« C'est un messager de Seruva, non ? Mais sa cuirasse est celle de Genos ? »
Diaru la voix un peu excitée, fit cette remarque.
Je savais que les messagers circulant dans les terres de Seruva portent manteaux ou écharpes rouge sang. La loi du royaume d'Ouest punit de mort quiconque entraverait leur passage.
Mais ce messager portant la cuirasse de Genos signifie—
« Halte. Êtes-vous un messager détaché du corps de讨伐 ? »
Mars, chargé de la garde de l'étal, interpella l'homme devant nous.
Le messager s'arrêta, et malgré l'épuisement, son regard eut une force certaine en croisant celui de Mars.
« En effet. Je suis messager du cinquième bataillon chargé de la讨伐 de la secte du dieu maléfique. Quel est votre besoin ? »
« Non, l'impatience m'a poussé à vous appeler… La讨伐 de la secte du dieu maléfique est-elle achevée ? »
Le messager ferma un instant les paupières, puis d'une voix ferme déclara : « Elle est achevée. »
« Le corps principal du bataillon rentrera dans trois jours. Je suis l'avant-courrier chargé d'en informer le marquis de Genos. Une proclamation suivra pour la ville-relais. »
Sur ces mots, il reprit sa route vers le nord.
Alors, une rumeur parcourt la ville-relais comme une vague, qui se mue bientôt en une acclamation capable d'ébranler le sol.
« ! Les soldats et les chasseurs ont enfin accompli leur mission ! »
Yun=Sudra, à l'étal voisin, me tira la manche, les yeux brillants d'une joie pure.
Les passants se prenaient les mains, partageant cette liesse.
Certains pleuraient. Beaucoup avaient dû craindre que Genos ne retrouve jamais ses jours paisibles.
Nous sommes encore en plein nettoyage après le désastre. L'extermination des hiko n'est pas finie, et les récoltes du sud de Doreimu ne reprendront que dans des mois.
Mais aujourd'hui, il est permis de frémir de joie. L'anxiété, le chagrin, la colère accumulés en dix jours doivent être balayés par l'allégresse.
Reste à confirmer le retour sain et sauf du corps de讨伐.
Les troupes incluant nos frères de Moribe sont-elles toutes indemnes ? Gazlan=Rutim, Rai'erufamu=Sudra, Digdo=Ruu, Dir=Dai, Kurua=Sun, Arishna… Reverrons-nous leur visage vigoureux dans trois jours ? En observant la foule en liesse, je fus saisi d'une impatience qui me rendait impossible de tenir en place.