Aller au contenu principal

Isekai Ryouridou

Chapitre 1072

Isekai RyouridouIsekai Ryouridou
Chapitre 1072

Chapitre 1072

Chapitre 1072/112096%~17 min de lecture3 232 mots

Deux jours après avoir convié les charpentiers au banquet de la lisière de forêt — nous étions le 14e jour de la Lune verte.

Ce jour-là se tenait la cinquième séance de dégustation, une épreuve consacrée aux pâtisseries, réunissant des participants triés sur le volet parmi la lisière de forêt, la ville-relais et la ville-château.

Un seul point différenciait cette séance des précédentes : alors que les autres commençaient en soirée, celle-ci était fixée au zénith.

Cela allait de soi, dès lors que le thème était la pâtisserie. On disait qu'en ville-château, nombreux étaient ceux qui prenaient des douceurs sucrées en guise de collation de midi, mais nulle part n'existait l'usage de se contenter de pâtisseries pour le repas du soir.

« Si l'on se contentait de pâtisseries pour le dîner, on ne pourrait pas absorber les nutriments nécessaires à l'être humain ! Il est hors de question de nuire à une vie saine au prétexte d'une dégustation ! »

Le prince Dakarumas aurait tenu ces propos. Et son argument avait fait pas mal de bruit dans la lisière de forêt.

« Certes, il est inconcevable de se contenter de pâtisseries pour le dîner. Cela dit, si l'on goûte aux créations de six gardiens du feu, l'estomac se trouve passablement rempli… Heureusement que Dakarumas est un homme sensé. »

Même s'était exprimée en ces termes.

C'est pourquoi l'heure de rendez-vous pour la dégustation avait été fixée à une demi-heure avant le zénith. On se retrouvait à la porte de la ville à ce moment-là, ce qui laissait le loisir de gagner le palais de l'Oiseau rouge sans se presser.

Toutefois, cela ne concernait que ceux qui endossaient le rôle de jurés. Les personnes chargées de préparer les pâtisseries devant avoir terminé leur travail au zénith, la plupart avaient dû se rendre en ville-château dès l'aube.

« C'est dur pour Rimi=Ruu et Tour=Din.… Cela dit, les plus à plaindre sont peut-être les hommes qui les accompagnent. »

« Oui. Mais Rudo=Ruu se lève plutôt tôt, et pour sa jolie sœur, il ne se plaindra pas, je pense. »

Et ce jour-là, je décidais de tenter une nouvelle expérience.

Je confiai la gestion de l'étal à Gaz et aux femmes de Ratz, en tant que responsables par intérim.

Quelques gardiens du feu, moi en tête, ne pourraient pas participer à la vente, mais cela ne posait aucun problème pour les préparatifs. D'ailleurs, le programme se bornait à se rendre en ville-château pour déguster de délicieuses pâtisseries. Et comme nous devrions être de retour à la ville-relais à l'heure de la fermeture de l'étal, nous pourrions au moins en assurer la restitution. Je jugeais que la charge resterait légère pour toutes deux, qui n'avaient encore jamais assumé la responsabilité principale.

Notons que les jurés se rendant en ville-château étaient, cette fois : moi, Yun=Sudra, Marfila=Naham, Rei=Matua, ainsi que Fei=Beimu et la cadette de Naham. Lors de la dégustation précédente, moi et Marfila=Naham avions reçu une décoration, ce qui nous permettait d'être accompagnés chacun d'un aide-cuisinier.

Hormis ces membres, les suivantes par ordre d'ancienneté et de fiabilité étaient les femmes de Ratz et de Gaz. Surtout celles de Ratz, plus âgées que moi, d'une grande douceur mais dotées d'une capacité de décision et d'action remarquable, qui ne se laissaient pas démonter par la moindre difficulté.

Du côté de la famille Ruu, on avait également prévu de maintenir l'activité de l'étal.

Là-bas, Rimi=Ruu et Lara=Ruu étaient chargées de la confection des pâtisseries, tandis que Reyna=Ruu, Maimu et les femmes de Rei tenaient le rôle de jurés. Les deux responsables, Reyna=Ruu et Lara=Ruu, étant absentes, c'étaient pourtant des gardiens du feu de plus en plus compétents qui prenaient le relais. Cette fois, on confiait l'intérim à Zwai=Rutim et aux femmes de Min.

Seul l'étal de pâtisseries de Tour=Din allait donc fermer.

Tour=Din étant à la ville-château dès le matin, c'était inévitable. Les habitants de la ville-relais qui attendaient ses pâtisseries n'avaient d'autre choix que de patienter.

Bref, moi aussi je passai la matinée à travailler comme d'habitude jusqu'à l'heure du rendez-vous.

Seule différence : et Dari=Sauti descendaient elles aussi en ville. Après la dégustation, elles devaient retrouver les chefs de famille de Vera pour se consacrer à la chasse au giba.

J'effectuai les préparatifs habituels, me rendis comme toujours chez les Ruu, puis descendis à la ville-relais. Arrivé à l'auberge Queue-de-Kimusu pour récupérer l'étal, je trouvai une femme qui d'ordinaire aide en salle le soir.

« Aujourd'hui, Rebi part en ville-château, donc c'est moi qui vais aider à tenir l'étal. Messieurs-dames de la lisière de forêt, je compte sur votre bienveillance. »

Ce jour encore, Rebi et Teria=Mas figuraient parmi les jurés. Ensuite, ce seraient Rarz et cette femme qui géreraient l'étal.

« Moi, la qualité des pâtisseries, je n'y connais rien. Rebi non plus, d'ailleurs, mais pour ce jeune, ce sera une bonne leçon. »

Rarz, toujours placide, souriait en disant cela.

Une fois partis vers la zone des étals, nous constatâmes que le village d'étals des auberges était déjà passablement animé. Sans doute les seules auberges à ouvrir étaient celles qui avaient pu sécuriser un responsable. Pour des établissements qui n'avaient jusqu'ici assumé que le rôle de jurés, cette journée était de loin la plus chargée.

Une fois installés à notre emplacement, nous commençâmes le commerce.

Après avoir absorbé la pointe du matin, il fallut déjà songer au départ.

« Eh bien, je vous laisse. Je sais que je vous cause du travail, mais je compte sur vous. »

« Oui, laissez faire. » Les femmes de Ratz répondirent avec leur sourire habituel. Cette douceur inspirait une solide confiance, c'était ce genre de personne.

Je lançais aussi un mot aux femmes de Gaz, puis je montai dans la benne du chariot avec Rebi. Avant de rejoindre la porte de la ville, nous devions nous changer. Inutile de craindre les regards indiscrets, l'ouverture de la benne était gardée par et Dari=Sauti.

« Comment ça va, Rebi ? La cuisine version ville-château, tu penses pouvoir en adapter quelque chose ? »

« Hum… c'est difficile. Comme on ne peut pas gaspiller les ingrédients, on n'ose pas trop essayer. »

« Je vois. Le chitt mariné de chamcham ferait un bon garnissage pour des ramen, ceci dit. Enfin, moi non plus je n'ai pas encore essayé moi-même. »

« Ah. Et puis nous avons nous-mêmes une dégustation qui nous attend… Bon, avec ce panel, impossible de viser une décoration, mais en tant que gens de la Queue-de-Kimusu, on ne peut pas présenter quelque chose de honteux. »

Rebi afficha son sourire habituel. Apparemment, la dégustation dans deux jours ne lui pesait pas outre mesure.

Une fois changés, nous sortîmes de la benne et trouvâmes Yumi, Ruia et Teria=Mas réunies près d'. Elles portaient bien sûr l'habit de cérémonie léger de la ville-château.

« Salut ! Enfin la dégustation de pâtisseries ! Avec plus de dix jours d'intervalle, on a l'impression que ça fait une éternité ! »

« Mais les gens de la lisière de forêt recevaient les membres de la famille royale entre-temps. Vous n'avez guère eu le temps de souffler, non ? »

« C'est vrai. Je trouve que ce sont des jours très riches. »

Peu après, Yun=Sudra et Reyna=Ruu apparurent depuis un autre chariot. Fei=Beimu, la cadette de Naham et les femmes de Rei, qui siégeaient pour la première fois comme jurés, portaient des tenues neuves préparées à l'avance. Yumi brillait des yeux en les voyant.

« Hé, ça te va super bien ! Si tu laissais tes cheveux détachés, ce serait encore mieux, non ? »

« Les femmes ne délient leurs cheveux que pour les banquets, la baignade et le sommeil. »

C'est Fei=Beimu qui répondit. Elle avait le visage anguleux de son père, l'air habituellement renfrogné, mais l'habit de ville-château, qui rappelait une robe élégante, lui allait à ravir.

« Vous, les gens de la lisière de forêt, vous portez n'importe quel vêtement avec aisance ! Si quelqu'un était amoureux de toi, il retomberait sous le charme, c'est sûr ! »

« Yu, Yumi ! Toi qui envisages de te marier dans la lisière de forêt, tu devrais apprendre une tenue digne de ce rang ! »

« Quoi ! Moi, ça n'a rien à voir ! »

Yumi et Fei=Beimu, le visage rouge, se criaient dessus.

Au milieu de tout cela, quatre silhouettes, deux grandes et deux petites, s'approchaient en groupe. Toutes portaient l'habit de cérémonie léger de Jagar, au col haut.

« Ah, bonjour. Vous êtes ensemble, du coup. »

« Hmpf. Puisqu'on vise le même lieu à la même heure, on finit par croiser des gens qu'on n'apprécie pas. »

C'est le patron Balan qui parla ainsi. Derrière lui : Aldas, Dels, Wads. Les deux grands sourirent largement, Dels ricanait.

« Ah, c'est vous. Vous aussi, bon courage ! »

Yumi les héla légèrement, et le patron renifla de nouveau.

« Ce n'est pas une question de courage. Être convoqués à une pareille heure, c'est une nuisance, rien d'autre. Nous, contrairement à certains, nous sommes là pour le travail. »

« Hé hé. Moi, je n'ai rien à faire et on me force à rester ? Si tu es jaloux, je peux prendre ton travail à ta place. »

Dels, un sourire mauvais aux lèvres, lança cela. Son travail s'était terminé dès la livraison du miso, pourtant il séjournait à Genos depuis près de deux semaines.

« Ne dis pas de bêtises. Toi qui as abandonné ton travail pour le jeu, qu'est-ce que tu sais faire ? Si tu manches le maillet, tu ne feras qu'agrandir les trous dans la maison. »

« Ah oui ? Bah, un type revêche comme mon frère ne pourrait pas être colporteur. Chacun a le métier qui lui va. »

Le patron et Dels, aux expressions diamétralement opposées, se toisaient.

Un peu inquiet, je glissai à l'oreille d'Aldas :

« Ces deux-là, c'est toujours comme ça ces temps-ci ? »

« Ah. On dirait qu'ils parlent de plus en plus. Disons que c'est la preuve que le fossé se comble. »

Aldas rit gaiement, puis lança d'une voix forte :

« Bon, si on traîne, on va rater l'heure. Si tout le monde est prêt, on y va. »

Nous nous mîmes en route à pied vers la porte de la ville-château.

Par précaution, nous traînions un chariot, mais avec ce nombre, tout le monde ne pouvait pas monter ; menait le toto. C'était une sécurité au cas où la dégustation s'éterniserait et nous empêcherait de rejoindre le groupe de l'étal. Rimi=Ruu et Tour=Din avaient aussi leur chariot, donc le retour était assuré.

Sur la route, nous croisions des visages connus, de plus en plus nombreux à mesure que nous approchions de la porte. Aujourd'hui encore, une trentaine de personnes des auberges étaient invitées.

« Quelle affluence, comme d'habitude ! Combien serons-nous aujourd'hui ? »

« Ah, Tour=Din a dit qu'il y en avait un de plus que la fois dernière, donc 112 personnes. »

« 112 ! Un seul de plus, mais qui ? »

« Les ajouts, ce sont les aides-cuisiniers de ceux qui ont reçu une décoration la fois dernière : moi, Reyna=Ruu, Marfila=Naham. Par contre, deux personnes de la ville-château et deux de la ville-relais ont été réaffectées à la préparation, donc au total ça fait ce chiffre. »

« Ah, c'est vrai ! La fois dernière, et les autres étaient du côté préparation, donc ils n'étaient pas comptés ! Mais nous, on était une petite fournée de 90, ça a bien gonflé depuis ! »

« Oui. À l'époque, le patron et les autres n'étaient pas là. Et puis, à chaque dégustation, le nombre d'aides autorisés à accompagner a augmenté. »

Tenant ce genre de propos, nous atteignîmes la porte.

La dégustation remontait à onze jours, mais une séance d'examen avait eu lieu entre-temps, donc cela faisait neuf jours que nous n'étions pas sortis en ville-château. Pourtant, les gens de la ville-relais avaient des allures d'écoliers en excursion.

« Bo, bon travail, -sama. »

Alors que je recevais le laissez-passer et me dirigeais vers le chariot, je retrouvai Gardel, neuf jours après. Visage dur, mine craintive, inchangé.

(Je me souviens, Gardel s'inquiétait que les gens de la famille royale ne m'emmènent à Jagar.)

Lors du récent banquet, le prince Dakarumas m'avait demandé de devenir cuisinier dans son manoir à la capitale. J'avais refusé sur le champ, et Poalas m'avait enjoint de ne pas en parler en ville, donc Gardel n'en a probablement pas entendu parler.

(Je n'irai nulle part, soyez tranquille.)

Je lui adressai un sourire porteur de cette pensée, puis montai dans le chariot.

Arrivés au palais de l'Oiseau rouge, seuls les chasseurs en charge de la garde devaient se changer. Les gardes du jour étaient , Dari=Sauti et Jiza=Ruu, trois seulement. Rimi=Ruu devait être accompagnée de Rudo=Ruu, Tour=Din de Zei=Din.

Pendant qu' et les autres se changeaient, la cadette de Naham, en habit de ville-château tout mignon, ne tenait pas en place. C'était sa deuxième venue ; le simple fait d'être en ville-château l'exaltait. Mais ses yeux pétillaient, une excitation positive, évidente.

De son côté, les femmes de Rei discutaient gaiement avec Maimu. Sans doute le sang des Ruu, qui ne craint rien. Surtout les femmes de Rei : à voir la famille de Rau=Rei et Uru=Rei=Ririn, elles ont toutes un fond très solide.

Yun=Sudra et Rei=Matua étaient dans leur jovialité habituelle, et Marfila=Naham s'était passablement assagie lately. Fei=Beimu non plus n'avait pas l'air crispée, peut-être grâce à son rôle de juré.

Au milieu de tout cela, Reyna=Ruu ne parlait à personne, fixant le vide d'un air grave. Cela m'intrigua, je quittai le groupe pour l'aborder.

« Qu'est-ce qui te prend, Reyna=Ruu ? C'est une dégustation de pâtisseries, tu as l'air terriblement sérieuse. »

« Euh ? Ah, excusez-moi. Je réfléchissais un peu… »

Reyna=Ruu esquissa un vague sourire.

Elle n'avait pas encore décidé quel plat présenter à la dégustation de après-demain.

Pour cette fois et la suivante, il n'avait pas été imposé d'utiliser les ingrédients de Geld. Comme c'était la dernière séance, on nous avait demandé de préparer librement notre plat de prédilection. De plus, comme les gardiens du feu de la lisière de forêt n'étaient pas les seuls à cuisiner, il n'était pas nécessaire de trop surveiller les chevauchements de menu. Tant que les plats n'étaient pas trop similaires, cela ne nuirait pas à l'intérêt.

(Mais justement, l'absence de contrainte rend le choix plus difficile, non ?)

Moi et Marfila=Naham avions déjà tranché. Marfila=Naham n'avait que deux plats originaux dans son répertoire, pas de choix possible. Moi, j'avais enfin pris ma décision la nuit où j'avais invité le patron et les autres au dîner. Du coup, Reyna=Ruu était la seule à rester dans l'embarras.

(Pour Reyna=Ruu, le plat de la dernière dégustation est sa création la plus récente et sa meilleure réussite. Ses autres spécialités sont déjà utilisées pour l'étal… c'est normal qu'elle hésite.)

Pendant que je cherchais les mots justes, et les autres revinrent. Une apparition saisissante, en tenue d'officiers.

« Alors, je vais vous guider vers la salle. »

Aujourd'hui, un page inconnu servait de guide. Sheira et Chiffon=Chel devaient être restées auprès de leurs maîtresses respectives.

La grande salle bourdonnait comme il y a onze jours.

Cuisiniers de la ville-château et gens de la ville-relais : une trentaine chacun. Autres invités : 17. Gardiens du feu de la lisière de forêt : 9. Hors personnalités nobles, près de 100 personnes.

« Ah, les voilà ! et les autres, bon travail ! »

Yumi, déjà installée, nous agita les bras. À ses côtés : Roi et Shili=Rou.

« Yo, ça fait un bail… enfin, pas tant que ça, mais comme on se voyait tous les deux-trois jours, ça fait bizarre. »

Roi, inchangé.

Shili=Rou, le visage tendu, comme toujours.

En revanche, Bozru n'était pas là. Apparemment, lors des dégustations, il agit souvent séparément.

(Peut-être qu'il est encore mal à l'aise avec Shili=Rou ?)

Bozru a lui aussi reçu une décoration, donc dans deux jours il devra à nouveau rivaliser avec son maître Valcas. La plupart voient ces dégustations comme profitables, mais pour les disciples de Valcas, c'est peut-être un facteur négatif.

« Enfin, quel sera le résultat aujourd'hui ? Franchement, impossible à prévoir. »

À la remarque de Roi, Rei=Matua éclata d'un rire innocent.

« C'est normal, vous n'avez pas encore goûté les pâtisseries. »

« Hmpf. Avec ce panel, personne ne sortira une pâtisserie médiocre. Le chef du château, le chef du comte Doreimu, l'auberge "Bouton-de-Flèche", l'auberge "Longue-Oreille-de-Randoru", sans compter Tour=Din et Rimi=Ruu ? C'est un line-up incroyable, je te dis. »

« Hé ? Toi, c'était ta première dégustation, non ? C'était la première fois que tu goûtais les pâtisseries des auberges, et pourtant tu les portes si haut ? »

« Après avoir mangé ça, impossible de ne pas les estimer. En ville-château, capable de sortir ce niveau, on doit pouvoir les compter sur les doigts. »

Le dialogue amical entre Roi et Rei=Matua avait un air de nouveauté.

Et Shili=Rou, boudeuse comme toujours, subissait les assauts de Yumi.

« Toi non plus tu ne changes pas, avec ta tête de enterrement ! Tu penses encore à Reyna=Ruu et Marfila=Naham ? Quelle que soit ton attitude, le résultat du comparatif ne changera pas ? Arrête de faire la difficile et entends-toi bien avec elles ! »

« Ce, ce n'est pas… »

Shili=Rou rougit, et à cet instant, une clochette claire retentit.

Sur l'annonce du page, les portes s'ouvrirent et les personnalités entrèrent. Dix-huit comme d'habitude — plus Fermes sans droit de vote, soit dix-neuf.

En tête : le prince Dakarumas et la princesse Delshea, suivis de la délégation. J'avais pu longuement parler avec Roburos lors du banquet de la lisière de forêt et lever une bonne partie de ses doutes, mais son visage d'une gravité immuable rendait sa pensée impénétrable.

Les gens des maisons marquisales et comtales, mêmes visages, avançaient avec solennité. Même pour une dégustation de pâtisseries, les dames n'avaient pas remplacé les titulaires. Seule Odifia, suivant sa mère, semblait déjà agiter une queue transparente avec impatience.

« Je vous ai fait attendre. Commençons la dégustation d'aujourd'hui. »

Poalas, d'humeur souriante, déclara l'ouverture.

« Tout d'abord, présentons les six cuisiniers qui ont préparé les pâtisseries d'aujourd'hui. »

Des pages poussant des chariots entrèrent, suivis des six cuisiniers et de leurs six aides.

Tour=Din et Rimi=Ruu en tablier-robe mignons, Ridd et Lara=Ruu en tenue blanche de cuisine. Un temps plus tard, Rudo=Ruu et Zei=Din apparurent en tenue d'officiers.

Daya et Yan, calmes comme toujours.

Le patron de "Longue-Oreille-de-Randoru" semblait tendu, le chef de "Bouton-de-Flèche" affichait sa tête de enterrement. Son aide, une grande jeune fille, avançait d'un pas assuré, sans la moindre crainte.

C'était bien, toutes factions confondues, les meilleurs pâtissiers de Genos, lisière de forêt comprise.

Pour ma part, je sentais Tour=Din au-dessus du lot, mais c'est sans doute parce que je suis le plus proche témoin de sa progression. Reyna=Ruu n'en parlons pas, Yan et Daya, sans oublier les gens de "Bouton-de-Flèche" et "Longue-Oreille-de-Randoru", tous sont capables de produire des pâtisseries que je ne saurais égaler.

(Je ne cherche pas à gagner le comparatif… mais si je l'emportais face à ce panel, ce serait quelque chose d'énorme.)

Tandis que cette pensée me traversait, la dégustation du jour commença enfin.

Swipez pour naviguer

Commentaires

0/2000

Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à en laisser un.