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Isekai Ryouridou

Chapitre 1062

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Chapitre 1062

Chapitre 1062

Chapitre 1062/112095%~18 min de lecture3 506 mots

« Au final, participe à toutes les réunions, c'est ça ? ! »

C'est en ces termes que s'exclama Meiton, l'un des membres de l'équipe de charpentiers venue au stand.

Nous étions le 5e jour du mois vert. Deux jours s'étaient écoulés depuis la dégustation organisée par les gardiens du feu de Moribe. Jiza=Ruu avait tenu sa promesse en rapportant tous les détails à Donda=Ruu, puis avait obtenu l'aval de Dali=Sauti et Graf=Zaza, si bien que toutes les demandes avaient été acceptées.

« Des cours de manipulation des ingrédients, un banquet pour accueillir les membres de la famille royale à Moribe, sans compter deux dégustations... Boucler tout ce travail en une dizaine de jours, c'est pas de la tarte ! »

« En effet. Et pour tout dire, un banquet d'adieu sera sans doute organisé au moment du départ de la famille royale, et nous devrons probablement y participer également. »

« Quel ramdam ces gens-là font ! ... Espérons que ça ne vous dégoûtera pas des gens de Jagar ? »

« Ahaha. Impossible. Même si la famille royale s'avérait composée de monstres, je ne mettrais pas tous les Jagar dans le même sac. »

D'ailleurs, je suis convaincu que les membres de la famille royale ne sont pas de mauvaises personnes. C'est pourquoi je m'efforçais d'aborder positivement toutes les épreuves qui m'attendaient.

« Donc aujourd'hui, c'est cette fameuse séance d'examen ? En plus du stand qui tourne à plein régime, vous n'êtes pas sorti de l'auberge ! »

« Mais disons que rentrer à Moribe revient aussi à suivre des cours de cuisine. Pour aujourd'hui, la charge n'est pas si lourde. Et puis, cette séance d'examen est un travail rémunéré avec une prime, ce qui n'est pas négligeable. »

À ce moment, un autre membre de l'équipe de charpentiers, qui patientait avec Meiton en attendant les plats, prit la parole :

« Cela dit, les gens de la famille royale qui peuvent goûter si souvent à la cuisine d' et des siens, ça force le respect. ... Bien sûr, nous aussi, on a la chance de manger presque chaque jour au stand. Mais l'avant-veille, vous n'avez servi que des plats inédits, introuvables d'habitude au stand, non ? »

« C'est exact. Toutefois, je pense que les plats de Reyna=Ruu et de Maimu seront bientôt proposés au stand. »

« Ah bon ? Mais quand même, les autres plats et pâtisseries nous intriguent aussi. »

L'homme dit cela en riant, un peu gêné.

« Enfin, me plaindre à ne sert à rien. C'est juste qu'en entendant le patron et les autres, j'ai fini par envier tout ça. »

« faud pas trop en vouloir non plus. Nous non plus, on est enviés par les autres groupes. Après tout, on est assez proches des gens de Moribe pour être invités à leurs festins ! »

En disant cela, Meiton donna une tape amicale sur l'épaule de son camarade.

« Et en plus, on aura droit à un autre banquet à notre départ ? Si on se met à râler, le ciel nous tombera sur la tête ! »

« C'est exact. Et comme vous séjournez deux mois, j'espère bien vous inviter à nouveau à un festin pendant cette période. »

« Vraiment ? » Les yeux de l'homme brillèrent.

« Bien sûr », répondis-je en souriant.

« La dernière fois, c'était sur invitation du clan Ruu. Cette fois, laissez-nous vous inviter. Les membres des clans qui ont participé au précédent festin ont aussi exprimé le souhait de faire votre connaissance. »

« C'est vrai ? Ça fait plaisir. , tu dois être débordé, mais compte sur nous ! »

À ce moment, les plats furent prêts. Meiton et ses compagnons regagnèrent le restaurant en plein air.

Aussitôt, d'autres clients affluèrent au stand. Bien que le zénith soit passé, l'affluence restait soutenue.

Après avoir servi ces clients, je pus enfin souffler. L'une des femmes de Ratts qui m'aidait poussa un soupir.

« Hier comme aujourd'hui, l'affluence dépasse l'ordinaire. Est-ce lié au fait qu' et les autres ont reçu une médaille ? »

« Difficile à dire. »

Quoi qu'il en soit, la prospérité des affaires est une bénédiction.

Le flux de clients ne faiblit pas par la suite. Nous écoulâmes tout le stock bien avant l'heure de fermeture habituelle, et nous nous mîmes à aider le restaurant en plein air.

Tandis que je m'affairais à la plonge, Rei=Matua, qui partageait la même tâche, m'appela en souriant :

« On a demandé à Marfila=Naham si les plats vendus tout à l'heure au stand étaient de sa propre invention ! C'est donc bien la nouvelle de sa médaille qui s'est répandue dans la ville-relais ! »

« Ah bon ? Eh bien, comme presque tous les patrons des grandes auberges étaient présents, l'info a dû circuler vite. »

« Exact ! Et les clients des auberges s'intéressent beaucoup aux résultats de la dégustation ! Les gâteaux de Tour=Din se sont aussi vendus plus vite que d'habitude ! »

Donc l'effet de la dégustation se manifeste concrètement.

« Quand les nouveaux plats de Reyna=Ruu et Maimu arriveront au stand, ça risque de faire encore du bruit ! Est-ce si difficile de proposer les plats d' et de Marfila=Naham au stand ? »

« Hum. Nos plats coûtent cher en ingrédients. Si on les vend à deux pièces de cuivre rouge, les portions seraient trop légères. »

Alors que je répondais cela, Marfila=Naham s'approcha en trottinant, une pile d'assiettes en bois vide dans les bras.

Rei=Matua lui posa la même question. Marfila=Naham eut les yeux qui papillonnèrent à toute vitesse.

« Euh, oui. Je n'ai pas fait de calcul précis, mais je pense que les ingrédients coûteraient plus cher que pour les plats en sauce de Reyna=Ruu. Et puis, ces plats demandent un temps de préparation considérable... »

« C'est dommage ! Si vos plats étaient au stand, ils feraient un tabac ! »

« Vendre mes plats au stand, c'est bien trop d'honneur pour moi. Et puis... »

Tout en lavant ses propres assiettes, Marfila=Naham jeta un regard timide de mon côté.

« Si je me mettais à vendre mes propres plats... ne faudrait-il pas que j'ouvre mon propre stand, comme Tour=Din ? »

« Ah, je vois. Mais avec tes compétences, tu n'aurais aucun souci à te faire... »

« Non, non ! Je veux... je veux encore apprendre auprès d' ! Quitter pour faire mon commerce... je ne peux même pas l'imaginer ! »

Le regard de Marfila=Naham brillait d'une lumière suppliante.

Et sans détourné les yeux, elle me fixa droit devant elle.

Rei=Matua pouffa : « Ahaha », et enlaça le long bras fin de Marfila=Naham par le côté.

« C'est ça ! Moi aussi, je veux continuer à travailler avec Marfila=Naham ! Continuons ensemble à nous donner à fond ! »

« Oui, oui », répondit Marfila=Naham en souriant, confuse.

Marfila=Naham est une gardienne du feu d'un talent exceptionnel, mais elle n'aide au stand que depuis moins d'un an, et elle n'est pas à l'aise pour diriger une équipe. Certes, son travail lors de la fête des moissons suggère qu'elle a des aptitudes pour la gestion, mais aptitudes et souhaits personnels ne coïncident pas nécessairement.

(Rien n'impose qu'un excellent gardien du feu doive ouvrir son propre stand. Tant qu'elle ne le souhaite pas, je n'ai aucune intention de la forcer.)

Je lui adressai un sourire chargé de cette pensée. Marfila=Naham, sorprenamment perspicace, sourit à nouveau, ravie.

À l'approche de l'heure de fermeture, le second quart de la descente du soleil, les clients du restaurant en plein air se dispersèrent rapidement. Comme nous avions vendu tout le stock plus tôt, le rangement put s'achever en avance.

C'est à ce moment qu' apparut sur une autre charrette. Elle prenait une demi-journée de congé de son travail de chasseuse pour accompagner la séance d'examen.

« Merci pour votre peine. Je vous donne bien du mal, . »

« ... C'est moi qui ai souhaité t'accompagner. Je ne peux pas me plaindre. »

La dégustation datait de l'avant-veille, aussi le clan Ruu tournait avec Shin=Ruu et Gazlan=Rutim. s'ajoutait à eux pour la simple raison qu'elle ne supportait pas l'idée de me laisser partir seul à la ville-château. Je me sentais coupable de lui imposer cela, mais en même temps, son affection me réchauffait le cœur.

Le travail du jour étant l'enseignement, le groupe se rendant à la ville-château était trié sur le volet. J'avais demandé l'aide de Reyna=Ruu, Rimi=Ruu, Tour=Din et Yun=Sudra, soit quatre personnes.

Une fois le rangement du restaurant en plein air terminé, le retour du stand fut confié au groupe de retour. La charrette sur laquelle était arrivée leur fut confiée, tandis que nous utilisions celle de Giruru. Le clan Ruu avait aussi prévu une charrette supplémentaire pour les gardes, il en restait donc une à notre disposition.

Pendant que nous rangions le stand, des visages connus affluèrent. Les personnes liées aux auberges, conviées à la séance d'examen.

« On vous a attendu ! Les autres arriveront au fur et à mesure, alors partons ! »

C'est Yumi qui prit la parole, comme représentante du groupe. Ce jour-là, une personne par auberge était désignée, aussi le stand était-il confié à Luia et une autre amie.

Comme tout le monde allait à pied, nous avançâmes tranquillement vers la porte de la ville, tenant les rênes des totos. Sur le chemin, le président de la guilde commerciale, Tapass, nous héla :

« Bonjour, bonjour. Aujourd'hui encore, je compte sur vous, . ... Depuis l'arrivée des gens de la famille royale, vous n'avez guère de répit. »

« C'est vrai. Mais vous non plus, président, vous n'avez pas chômé ? »

« C'est le moins qu'on puisse dire. Le fait que les aubergistes ne manifestent aucune insatisfaction est notre seule consolation. »

Effectivement, les aubergistes avaient l'air de s'amuser aujourd'hui encore. C'était notre cinquième venue à la ville-château, et à chaque fois, leurs visages semblaient plus réjouis.

Aujourd'hui, nous ne faisions que délocaliser à la ville-château les cours de manipulation des ingrédients qu'ils tiennent d'habitude lors de leurs réunions. Mais pour eux, simplement se rendre à la ville-château constitue un événement majeur. Comme ils sont du côté des élèves, pas de stress, et ils attendent peut-être avec impatience de découvrir les ingrédients de la capitale du Sud, goûtés lors de la première dégustation.

Arrivés à la porte, nous fîmes la queue au guichet avec une aisance rodée et obtînmes nos laissez-passer. Nous nous répartîmes par groupes de dix dans les charrettes à totos, comme d'habitude, dans une atmosphère d'excursion.

Mais la destination était cette fois le pavillon des hôtes d'honneur, et non le palais de l'Oiseau rouge. La plupart n'y avaient jamais mis les pieds. Comme nous allions travailler en cuisine, tous durent se purifier aux bains publics.

Seuls les aubergistes ayant participé à la préparation de la dégustation précédente connaissaient les bains de la ville-château. Les nouveaux venus poussaient des cris d'étonnement dans la vapeur blanche.

D'ailleurs, les bains peuvent accueillir une quinzaine de personnes simultanément, mais il n'y en a qu'un. Avec près de quarante personnes entre gens de Moribe et aubergistes, nous dûmes nous purifier en trois groupes.

À la sortie, des tenues de rechange étaient préparées pour tous. Pour la majorité, ce fut la première fois qu'ils enfilèrent une tenue de cuisine. La présence attendue de la famille royale interdisait sans doute les vêtements civils en cuisine.

Pour éviter la confusion sur place, des chasubles écarlates étaient aussi prêtes. De quoi distinguer les cuisiniers de la ville-château. L'association d'une tenue blanche et d'une chasuble écarlate faisait un ensemble pour le moins insolite.

Compte tenu de l'effectif, les groupes entrèrent en cuisine dans l'ordre où ils finissaient de s'habiller. Les femmes se purifiant en dernier, avait confié à Gazlan=Rutim et ses compagnons : « Je compte sur vous pour . »

Gazlan=Rutim et Shin=Ruu, en uniforme d'officiers, se dirigèrent vers la cuisine avec moi. En chemin, Gazlan=Ruiu me sourit :

« J'ai su pour l'affaire Fermes. Ne pouvoir manger de viande de bête et se sentir mal à l'aise pour ça, c'est triste. »

« Oui. Aujourd'hui encore, le prince Dakarmas doit faire profil bas pour ne pas attirer l'attention. Si l'occasion se présente, Gazlan=Rutim, occupez-vous de lui. »

« Je ne saurais remplacer . Mais si l'occasion se présente, j'aimerais m'en charger. ... Si sa frustration s'accumule, son obsession pour risque de grandir. »

C'est précisément ce que je voudrais éviter. Je souhaite approfondir mon lien avec Fermes par d'autres biais que cette obsession.

Tenant ce genre de conversation, nous parvînmes à la cuisine.

Les cuisiniers de la ville-château y étaient déjà rassemblés. Eux aussi devant se purifier, ils avaient dû être convoqués avec un décalage par rapport à notre groupe de la ville-relais.

« Yo. Se croiser si souvent, c'est quand même bizarre. »

Roy m'accueillit avec un sourire ironique.

À ses côtés, Silii=Rou promena un regard acéré autour de moi.

« Êtes-vous seul aujourd'hui ? Face à cet effectif, il me semble qu'il manque des mains. »

« Non, les femmes sont en train de se purifier. Elles seront là à l'heure prévue. »

La séance d'examen devait commencer au troisième quart de la descente du soleil, et se terminer à la mi-quatrième quart.

Les aubergistes découvrant le pavillon pour la première fois s'émerveillèrent bruyamment en examinant la salle. Une cuisine grande comme deux salles de classe réunies dépassait probablement leur imagination. Mais cette ampleur était nécessaire pour accueillir tout ce monde.

« , je vous attendais. »

C'est Pratica qui s'approcha. Autorisée à participer aujourd'hui, elle portait sa propre tenue de cuisine bleu indigo.

Elle était accompagnée de Yan et Nicola. C'est un sentiment étrange, et pourtant réjouissant, de retrouver ces gens tous les quelques jours.

Pendant que nous reprenions notre conversation interrompue l'avant-veille, les femmes arrivèrent à leur tour. Silii=Rou lança un regard perçant aux gardiennes du feu de Moribe, mais Yumi, plus rapide, lui posa la main sur l'épaule en s'écriant « Ya ! » :

« Content de te revoir ! Dommage que Luia n'ait pas pu venir ! »

« Euh, ah, merci. V-vous avez l'air en forme, tant mieux. »

Silii=Rou, prise de court, répondit en bégayant.

Notons que côté aubergistes, seules Yumi et Jize étaient présentes parmi les femmes. Comme le thème était l'examen des ingrédients, Teria=Mas avait cédé sa place à Rebi, et Rema=Geito à un chef de cuisine.

« Tout le monde en même tenue, c'est marrant ! Mais ça donne l'impression d'être une équipe, c'est pas désagréable ! »

« C-c'est vrai. Mais nous ne sommes pas des camarades, nous sommes des rivaux qui s'affrontent par leur art. »

Tout en se laissant enlacer par Yumi, Silii=Rou reprit contenance et planta son regard dans celui de Reyna=Ruu.

« Surtout Reyna=Ruu et ... vous allez devoir rivaliser avec Valcas lors de la prochaine dégustation... Je ne nourris aucune hostilité, mais je mettrai tout en œuvre pour l'honneur de Valcas. »

« Oui. Moi aussi, je ferai de mon mieux pour ne pas avoir honte devant Valcas. »

Reyna=Ruu, qui se motivaient secrètement, rencontra le regard de Silii=Rou sans ciller.

Face à cette confrontation visuelle, Yumi éclata de rire.

« Vous êtes motivées ! Mais la dégustation, c'est pour plus tard, non ? Si vous êtes déjà à ce point, vous tiendrez pas le coup ! En plus, c'est pas un combat de boxe, alors amusez-vous ! »

Je partage l'avis de Yumi. Pour changer de sujet, je pris la parole :

« Au fait, Valcas est encore en attente dans la pièce à part ? Valcas, qui n'aime pas la foule, a du pain sur la planche de ce côté-là aussi. »

« Ah. Avec l'effectif habituel, ça irait, mais aujourd'hui c'est le double. Par précaution, il se repose jusqu'à l'heure du rassemblement. »

Roy répondit décontracté.

« Donc aujourd'hui, vous allez nous montrer comment cuisiner les ingrédients de la capitale du Sud ? Vous allez nous refaire les plats de la dégustation précédente ? »

« En gros. Et je compte aussi transmettre les idées qui m'en sont venues depuis. »

« Généreux. Y a des gens ici qui se battent à coups de dégustation, et vous leur donnez vos recettes... Bon, vous vous fichez des concours de cuisine, c'est ça ? »

« Oui. Je tiens à honorer la demande venue du château de Genos. Si les nouveaux ingrédients ne se vendent pas, les finances de Genos en pâtiront. »

Concernant le commerce avec la capitale du Sud et Geldo, Genos pratique une sorte de troc. On échange des ingrédients de Genos contre ceux de Geldo, qu'on rééchange avec la capitale du Sud. Les écarts de qualité ou quantité sont compensés en pièces de cuivre, mais ça reste marginal.

Cependant, Genos achète aussi de gros volumes d'ingrédients contre ces nouveautés. Si celles-ci s'écoulent mal et pourrissent, c'est une perte nette. Difficile de réduire les échanges avec Geldo et la capitale du Sud, il faut donc tout faire pour écouler les stocks achetés.

« On a dit que vous présenteriez aussi des idées utilisables à la ville-château. Comment ça se passe à l'Étoile d'Argent ? »

« Pose la question à leur tête de mule, tu verras. »

Roy haussa les épaules, et Silii=Rou le foudroya du regard. Pour l'apaiser, Roy enchaîna :

« Chez Valcas, tant que la méthode de cuisson n'est pas établie, on ne sort rien qui pourrait servir de référence aux autres. Et une fois la méthode fixée, la maîtriser demande un travail fou. Résultat, sans devenir disciple de Valcas, impossible d'apprendre à manipuler l'ingrédient. »

« Hum. Et les autres cuisiniers, alors ? Rien qu'à en entendre parler, la méthode de la ville-château me reste floue. »

C'est Rebi qui posa la question.

Roy se gratta la tête :

« Les autres... Honnêtement, révéler sa propre méthode ne ferait que nous désavantager. Ce lieu regroupe nos concurrents directs. »

« Moi non plus, je peux pas être si sympa avec les autres auberges. »

Rebi parlait avec une frustration visible.

Au moment où j'allais répondre, un son de clochette retentit depuis l'entrée. Tous se turent net, comme des chiens de Pavlov.

« Des personnes nobles font leur entrée. Aucun salut particulier n'est requis, restez tels que vous êtes. »

Un page tenant une clochette argentée l'annonça d'une voix de soprano.

La foule s'effaça silencieusement. Les portes de la cuisine s'ouvrirent en grand, et les nobles entrèrent. En tête, le capitaine des gardes Forta, encadré de soldats de Jagar, puis les membres de la famille royale et de la délégation, suivis des nobles de Genos.

Le prince Dakarmas, la princesse Delchea, le chef de délégation Roburos, le secrétaire. Marstein, l'officiel des affaires étrangères, Polaas, Fermes. Les personnes de haut rang se limitaient à cela. Moins nombreux que lors de la dégustation, et même que lors de la première séance d'examen. Cette fois, ni Rifureia ni Torusuto n'avaient été conviés.

« Merci d'avoir patienté. Commençons la séance d'examen. »

C'est encore Polaas qui prit la parole pour l'ouverture, sur le même ton formel.

« L'autre jour, c'est sous la direction de la princesse Delchea que nous avons appris à manipuler les ingrédients de la capitale du Sud. Cette fois, nous souhaitons recevoir cet enseignement sous la direction d', cuisinier de Moribe. Ne vous souciez pas de nous, observateurs, et passez un moment fructueux. »

Polaas, qui avait été décontracté lors de la première séance, adoptait maintenant le même ton cérémonieux que pour la dégustation. Peut-être s'alignait-il sur le prince Dakarmas, qui use de politesse avec tout le monde.

Pourtant, le visage de Polaas restait aussi souriant que d'habitude. Sur ce ton enjoué, il ajouta :

« De plus, aujourd'hui, la princesse Delchea nous fait l'honneur de nous assister. ... Princesse Delchea, je vous en prie. »

« Oui ! » Delchea s'avança. Elle aussi portait une tenue de cuisine blanche.

Mais comme elle était déjà apparue ainsi lors de la première dégustation, personne ne s'en étonna plus.

« Pour alléger la tâche d', j'expliquerai moi-même la manipulation de base des ingrédients ! Les cuisiniers de la ville-château ont déjà entendu ce discours, mais je ferai au plus court, soyez indulgents ! »

Sur cette déclaration, la princesse Delchea sourit.

« Pour les cuisiniers de la ville-château, je l'ai déjà dit, mais comme les gens de la ville-relais sont aussi là, je vais répéter. Tant que je porte cette tenue, oubliez mon rang d'origine et traitez-moi comme une simple cuisinière ! Et accomplissez pleinement votre devoir ! »

Les cuisiniers de la ville-château s'inclinèrent respectueusement, et les gens de la ville-relais s'empressèrent de les imiter.

La princesse Delchea s'approcha de moi d'un pas sautillant.

« Alors, commençons ! J'ai hâte d'entendre ce qu' va nous enseigner ! »

Au fond de la pièce, a dû retenir un soupir.

En pensant à ses sentiments, je baissai la tête : « Je compte sur vous. »

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