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Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou

Chapitre 571

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Chapitre 571

Chapitre 571

Chapitre 571/75176%~8 min de lecture1 546 mots

Je suis Shakuzo.

Le dirigeant de la Compagnie Pandémonium.

Aujourd'hui, j'ai eu une visite plutôt éprouvante.

Le Saint qui vit à la ferme possède une foule de connaissances précieuses que nous n'avons pas, et cela débouche souvent sur des opportunités commerciales.

C'est pourquoi je me rends chez lui aussi souvent que possible pour ne pas laisser l'intervalle se creuser, mais cette fois, c'est le Saint lui-même qui m'a fait une proposition.

C'est rare.

D'ordinaire, c'est moi qui me prosterne pour supplier, et qui finis par convaincre un partenaire peu enthousiaste d'autoriser l'affaire.

Là, c'est lui qui a proposé.

Et avec une insistance assez soutenue.

Apparemment, le Saint brûle de faire connaître cette étrange boisson appelée « café ».

En gage de son sérieux, il m'a même offert un kit complet de préparation du café.

Naturellement, il y avait les grains de café (déjà torréfiés) en ingrédient principal…….

Mais aussi un moulin pour les réduire en poudre.

Un filtre pour l'infusion à l'eau chaude.

Une bouilloire dédiée à la préparation du café.

Et des tasses.

C'est trop complet.

Qu'est-ce qui pousse le Saint à ce point pour le café ?

Je l'avais jugé comme quelqu'un de peu cupide.

Mais bon, puisque c'est l'occasion, essayons de m'en préparer une tasse moi-même.

La méthode, le Saint me l'a apprise dans les moindres détails…….

Moudre les grains au moulin demande pas mal de force.

Une fois réduits en poudre fine, je les mets dans le filtre, et quand je verse l'eau chaude, la poudre de café gonfle, c'est amusant.

Une fois la tasse remplie…… comme je suis encore débutant, je mets beaucoup de sucre…….

…… Oui, c'est bon.

Le goût est indéniablement bon. Je comprends pourquoi le Saint le recommande si fort, et en tant que marchand aguerri, je suis certain que c'est un produit qui rapportera.

Surtout, il a un effet éveillant.

Pour ceux qui s'épuisent au travail quotidien, le café se vendra comme des petits pains s'il leur permet d'oublier la fatigue ne serait-ce un instant…….

……。

Ah, mince.

J'ai bu du café juste avant de dormir.

………………

Comme on pouvait s'y attendre, cette nuit-là, même au lit, je n'ai pas réussi à m'endormir facilement.

Quand la somnolence est enfin venue, il me semble que la lumière du matin filtrait déjà par l'interstice du rideau.

Bref, j'ai peu dormi, la tête lourde, et je me suis réveillé de force avec du café, enclenchant un cercle vicieux, pour aller rencontrer un certain personnage aujourd'hui.

Le Maître de la Guilde des Izakaya, Samijura.

Nous avons connu ensemble l'apprentissage dans la même boutique durant notre jeunesse, partageant peines et joies, mais nous étions restés longtemps sans nouvelles l'un de l'autre.

C'est grâce au Saint que nous avons renoué.

C'est pour ça qu'un simple rendez-vous suffit à nous voir normalement.

« Alors, quelle affaire aujourd'hui ? »

Le Maître de Guilde Samijura, imposant par sa carrure massive, dégage une présence lourde.

Moi, je ne sais pourquoi, plus je grimpe dans la hiérarchie, plus je maigris, alors face à lui, je suis écrasé.

« On a réussi à retrouver notre complicité d'antan à notre âge, mais tu ne crois pas que je suis venu pour le plaisir ? Maintenant, on a tous les deux une position à tenir. »

« C'est évident. Vous êtes Maître de Guilde, je suis directeur de Compagnie. Quand nous deux nous faisons face, impossible de conclure sans parler affaires. »

L'autre le sait pertinemment. Un homme d'affanie qui a bâti de rien les plus grandes tavernes de la capitale démoniaque.

Si je fais le familier en ami, je ne sais pas quelle claque je recevrai.

« Cela dit, je refuse les propositions où on me croque une partie. Les grosses compagnies comme la vôtre, je sais comment ça marche : vous écrasez les petites structures sans même y penser. »

« Vous n'avez pas changé, toujours aussi rancunier. Mais notre Compagnie, elle aussi, a pas mal de gens dont il faut surveiller la mine. Cette fois, c'est l'un d'eux qui mandate la démarche. »

« Hé, un gros bonnet, hein ? C'est pas le Roi Démon par hasard ? »

Le Roi Démon est bien sûr quelqu'un dont il faut surveiller la mine au maximum, mais comme on peut prévoir ce qu'il va dire, c'est encore un partenaire gérable.

Celui-ci, par contre, ne sort que des idées totalement imprévisibles, c'est un pur casse-tête. Jusqu'ici, pas une seule fois je n'ai pu anticiper ce qu'il dirait ou ferait.

« Ah, le Saint…… Ça, c'est embêtant, en effet…… »

« Absolument. »

« J'ai appris après coup que l'izakaya de Bacchus-sama avait aussi le Saint dans son dos. Si c'est une proposition d'un type pareil, même un directeur de Compagnie comme vous ne peut que la trouver ingérable. Bon, allez-y, dites-moi tout. Je vous filerai un coup de main. »

Il en profite pour faire le fier.

Peu importe. S'il coopère, tant mieux.

Le « Kissaten » que le Saint m'a proposé, d'après ce que j'en ai entendu, mon instinct de marchand me dit « difficile  ».

Parce qu'aucun magasin de ce type n'a jamais existé dans la capitale démoniaque.

Plus précisément, aucun établissement qui ne serve que des boissons non alcoolisées et en fasse son unique marchandise.

Bien sûr, la capitale regorge de restaurants depuis toujours, mais la grande majorité sert des repas en principal.

Pour remplir le ventre.

Sinon, ce sont des bars pour boire de l'alcool.

Pour s'enivrer et se mettre de bonne humeur.

Un truc qui n'appartient à aucune de ces deux catégories, qui ne sort ni repas ni alcool, mais se dit restaurant ? On ne peut que dire « Vous êtes fous ? ».

C'est une énième invention du Saint qui a renversé le bon sens, mais sans une méthode de lancement adaptée, on n'en tirera pas le maximum d'effet.

Le café, je pense qu'en misant d'abord sur son effet éveillant et en le vendant comme un remède miracle, il ferait un tabac assuré.

Mais lancer le magasin lui-même en s'appuyant sur une boisson non alcoolisée encore inconnue, ça me semble un risque trop élevé.

Sur ce point, Samijura est au sommet de la restauration.

Son avis me semblait précieux, d'où cette rencontre…….

« Hum, hum…… Bon, déjà, laisse-moi goûter ce café. Sans ça, la discussion n'avance pas. »

Oh ?

Il goûte ?

Il va faire une expérience qu'il n'a jamais faite ?

Je m'en doutais, j'ai apporté tout le matériel. Les grains de café, bien sûr.

Il me faut juste de l'eau chaude de votre côté.

« Toi non plus, t'es pas en train de devenir accro à fond ? »

Pas du tout.

En simple marchand, je fais des recherches approfondies sur un produit prometteur qui s'annonce lucratif.

Au fait, pour savourer le café le plus délicieux qui soit, mieux vaut préchauffer la tasse.

Comme ça, quand on y verse le café, sa température ne baisse pas.

« T'es complètement obsédé, non ? »

« Ça rentre dans le cadre de la culture générale. »

« C'est relou ! »

Voilà, le café est prêt.

Dégustons-le ensemble.

« Hé, c'est ça le café ? C'est noir comme de l'encre, c'est surprenant ! »

« Les débutants feraient bien d'ajuster le goût avec du lait ou du sucre, c'est recommandé ? Moi, je bois déjà du noir ! »

« Relou !! »

Et un silence s'installe, tous deux concentrés sur la dégustation.

Bon.

Le café est bon.

« Effectivement, une amertume surprenante. Mais dedans, une pointe de douceur fruitée se cache. Un goût assez complexe. »

Il fait le connaisseur dès la première gorgée !

« Ne sous-estime pas un buveur d'alcool ? Sans l'alcool, ma langue travaille avec d'autant plus d'acuité. C'est確かに un goût que je n'ai jamais connu, la nouveauté est là. Mais l'absence d'alcool, ça coince, hein. »

« Comme je pensais……. »

Donc pour la restauration, si ce n'est pas de l'alcool, ça ne marche pas, c'est ça ?

C'est ce que je craignais.

Honnêtement, dans la capitale démoniaque, le concept même de payer pour une boisson qui n'est pas de l'alcool n'existe pas.

Dans ce contexte, un « Kissaten » centré sur le café a de très grandes chances de se planter lamentablement !…….

« Cela dit, cette boisson qu'est le café, elle est bonne en elle-même. »

« C'est vrai……. »

« Si on en fait un cocktail, ce serait encore meilleur, non ? Un spiritueux, genre brandy, irait bien. »

Oh, le buveur d'alcool pense déjà à mélanger du café avec de l'alcool.

« J'ai un bon brandy à la maison. Je vais faire apporter par la servante. »

« Bien ! S'il y a des amuse-gueules, ce sera encore meilleur, non ? »

« Avec cette amertume, le sucré ira à merveille ! Le café a lui-même un goût assez corsé, donc même des accompagnements relevés ne seront pas écrasés ! Ça devient drôlement intéressant ! »

« Y a de quoi faire de la recherche ! »

Et ainsi de suite, on a fini par laisser les affaires de côté pour ne s'enflammer que sur « comment profiter encore mieux du café ».

Deux grands gaillards face à face, qu'est-ce qu'on fait ? me suis-je dit, mais c'était plaisant, à sa manière.

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