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Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou

Chapitre 376

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Chapitre 376

Chapitre 376

Chapitre 376/54170%~9 min de lecture1 670 mots

La suite se passe au ranch à moutons.

« Pas de laine !? »

Les moutons sans poils paissent paisiblement dans le pré.

Ils marchent où bon leur semble et mangent à satiété.

C'est exactement une scène pastorale, mais…

« Sans laine, on n'a pas de fil, et sans fil, on ne peut faire ni pulls ni ceintures ventrales !? »

« C'est quoi, du fil, au fait ? »

Même Bati, qui est une pro de la confection, ne connaît pas l'existence même du fil. C'est donc un concept totalement absent de ce monde.

Avec des moutons dans cet état, on n'est pas sortis de l'auberge…

La peau de mouton sert de matière première au papier.

Dans un monde où cette valeur domine, on a peut-être fini par sélectionner des moutons sans poils, génération après génération, pour obtenir du parchemin plus facilement.

Parce que si on traite la peau, les poils qui poussent dessus ne sont qu'une gêne.

Un parchemin qui garderait des poils doit être horriblement désagréable à écrire.

Les gens dont le métier est de produire du parchemin ont sans doute fait des efforts pour empêcher les moutons de faire des poils, dans un souci d'efficacité.

Même sans connaître la notion d'amélioration génétique, ils ont pu croiser empiriquement les bêtes qui leur convenaient le mieux.

En répétant ça pendant des centaines d'années, les moutons sans poils sont devenus la norme.

Ou plutôt, il ne restait plus que des moutons sans poils.

Des moutons sans poils adaptés à la production de parchemin.

« Mais alors, qu'est-ce qu'on fait… ? »

Je soupire en regardant les moutons nus du ranch.

Pour répondre à la demande de Bati, il faut vraiment des pulls et des culottes en laine tricotée.

Mais si les moutons qui devraient en être la source ne produisent pas de laine, on ne peut rien y faire.

Moi non plus, depuis que cette histoire a commencé, j'ai envie de passer l'hiver bien au chaud dans un pull. Alors, qu'est-ce qu'on fait… ?

« faudrait que j'aille encore trouver un monstre qui fait pousser un truc genre laine dans un donjon… ? »

Ça va encore me coûter des os.

Alors que je me laisse aller à cette pensée décourageante…

J'aperçois quelque chose qui bouge dans l'immense prairie du ranch. Ce n'est pas un mouton.

« …C'est un humain, ça ? »

Non, on est au pays des démons, donc c'est un démon.

Mais il a des vêtements tout usés, genre paysan, et un chapeau de paille.

On voit bien que les démons ne diffèrent en rien des humains.

« Euh, excusez-moi… »

Je l'interpelle machinalement.

Le démon âgé qui a l'air de travailler au ranch se rend compte de ma présence et vient vers moi.

« C'est rare d'avoir des visiteurs dans un coin pareil. Qu'est-ce qui vous amène dans mon ranch ? »

Pas « travaille » : c'est le propriétaire lui-même.

Je redresse ma posture et continue.

« Non, je suis juste un visiteur. Je me disais qu'il y a plein de moutons en forme. »

Moi non plus, je n'avais pas de but précis en lui parlant.

Je me disais qu'en discutant un peu, je pourrais peut-être glaner un indice sur l'existence de moutons à laine dans ce monde — un fil, rien que pour le fil.

« …Visiter un truc aussi banal, y en a qui ont des goûts bizarres. Enfin, si ça vous chante, regardez autant que vous voulez. »

« Merci. »

« De toute façon, c'est un ranch qui va bientôt fermer. Si vous voulez voir, c'est maintenant. »

« Hein ? »

Il me lâche un truc invraisemblable d'entrée de jeu, je suis sidéré.

« Fermer ? Vous arrêtez le ranch ? Pas juste une pause temporaire ? »

« Ah, c'est une vraie fermeture. Plus de rentabilité. À continuer d'élever des moutons, je n'ai que des pertes. »

Le propriétaire rit avec un air triste.

C'était le rire sec de quelqu'un qui a tout abandonné.

« Comment ça… !? Alors les moutons qui sont ici… !? »

« Ceux qui ont une bonne lignée seront repris par d'autres ranchs… mais les autres, ce sera la poubelle. Les vieux moutons sentent fort, ils ne sont même plus bons à manger… »

J'ai entendu un truc d'une cruauté… !

Même si je sais que c'est la dureté des affaires, ça me laisse un goût amer…

« Non, mais c'est bizarre, quand même ! »

Bati, qui écoutait sur le côté, coupe court.

« Ici, c'est censé être un ranch sous contrat direct de l'armée du Roi Démon, non ? Les moutons élevés ici sont tous transformés en parchemin et livrés à l'armée. Y a pas de raison qu'ils ne s'écoulent pas ! L'administration n'arrêtera jamais d'avoir besoin de papier !! »

C'est exactement ce que dit Bati.

Même dans mon ancien boulot, si j'imagine qu'on puisse fonctionner sans papier, c'est clair que c'est impossible.

« Non… ! C'est pourtant vrai, mademoiselle. L'armée du Roi Démon nous l'a dit : les moutons qu'on produit ici, ils n'en veulent plus. »

« Pas possible !? »

« Pareil qu'ils ont trouvé un substitut. Un papier bien plus beau, bien plus solide, et qu'on peut produire en bien plus grande quantité que celui fait avec la peau de nos moutons… »

Quoi… !?

Un papier de cette qualité se fabriquerait maintenant au pays des démons ?

« C'est la compagnie Pandemonium, paraît-il. Ils ont sorti ce papier incroyable. Du coup, tous les services de la capitale l'utilisent. Même la guilde des papetiers de la capitale est en plein marasme… »

« C'est une histoire douloureuse… »

J'approuve le monologue de Bati.

Le progrès technique est indispensable, mais il ne devrait pas menacer la vie des gens.

On devrait correctement prendre en charge ceux qui subissent le contrecoup d'un changement de paradigme.

C'est la compagnie Pandemonium qui a développé ce nouveau papier.

Je connais Shax, le président de cette compagnie.

Je vais lui dire un truc de ma part… attends ?

« Saint… c'est pas possible… !? »

Bati a l'air d'avoir réalisé elle aussi, et me lance un regard inquiet.

Notre ferme.

En fait, on fait aussi du papier.

On abat les arbres cultivés au verger du donjon, et l'équipe orques-gobelins les transforme en papier.

Je m'étais dit que ça pourrait servir pour des carnets de notes, mais comme l'usage était plus limité que prévu, j'allais arrêter.

C'est là que Shax de la compagnie Pandemonium a les yeux qui brillent…

« Arrêtez pas de produire ! Si vous n'en voulez pas, vendez-le-nous ! On paie ce que vous voulez !! »

…Il m'a dit ça, et comme j'avais pas de raison de refuser, je lui ai vendu.

En disant : « Nous on n'a pas d'usage pour l'or, on serait même embêtés de le recevoir. »

Depuis, on continue de faire du papier juste pour que Shax vienne le chercher…

Récemment, on l'utilise aussi pour les cahiers des étudiants en échange, mais…

« Bati… ce nouveau papier qui circule… c'est pas… !? »

« Neuf chances sur dix, voire dix sur dix, c'est notre production… !! »

Quasiment cent pour cent !?

C'est nous qui avons failli faire couler ce ranch !?

Quelle gueule j'ai, à venir faire une visite guidée !?

« Bon, comme Sa Majesté le Roi Démon nous protège généreusement, il finira pas à la rue du jour au lendemain. Il compte réduire l'activité petit à petit en cherchant son prochain boulot. Enfin, à cet âge, changer complètement de métier, c'est dur. Il pense essayer d'élever d'autres bêtes… »

« H-ha… ? »

« J'ai fait que des moutons toute ma vie, et ça me retombe dessus. Vaches, chèvres, c'est pas pareil que les moutons. faudrait trouver de nouveaux acheteurs, ça me déprime. Mais faut bien le faire, sinon on mange pas. »

« Ah ah ah ah… »

Je ne peux que rire sec.

Ce type ! La source du malheur qui s'abat sur lui, c'est nous !?

Une impatience frénétique monte en moi : il faut faire quelque chose.

Je n'ai pas les nerfs assez solides pour faire semblant de ne pas voir un problème que ma responsabilité a créé !

Je n'ai pas le cœur recouvert de poils !

Même si les moutons de ce monde, eux, n'en ont pas !

« Al-alors ! Propriétaire, est-ce que je peux toucher un mouton !? »

« Toucher pour faire quoi ? Drôle de client, vous… »

Déjà que ma simple visite le trouvait bizarre, mon comportement suspect ne fait qu'augmenter sa méfiance.

Mais comme il n'a plus d'avenir, il est résigné.

Ce sentiment aidant, il accepte ma demande inconvenante sans broncher.

Peu après, il attrape l'un des moutons qui flânait dans la prairie, le tire par la nuque et l'amène.

Ça ne surprend pas, un pro de l'élevage manie le bétail sans hésiter.

De près, c'est vraiment une peau lisse, totalement nue.

Voir un mammifère sans poils de si près donne une impression bizarre.

« Allez-y, touchez autant que vous voulez. »

« Merci ! …Allez, brave bête, sois sage… guh !? »

Il m'assène un coup de tête sans prévenir !?

Féroce !?

Contrairement à l'image qu'on s'en fait, les moutons sont féroces !?

« C'est bon, c'est bon. Si tu restes tranquille, ça ira vite… guh !? »

J'encaisse le deuxième coup, douloureux, mais je parviens à poser mes deux mains sur le mouton.

Voilà longtemps qu'elles n'avaient pas servi.

Ces deux mains qui abritent le « Porteur Suprême ».

Mes deux mains portent un don du dieu : elles peuvent faire ressortir le potentiel latent de tout ce qu'elles touchent au-delà du maximum.

Si ce pouvoir agit sur les moutons…

Sur ces moutons qui ont perdu la capacité de produire la laine, si utile aux humains…

Moko moko moko moko moko…

Avec un bruit d'effet sonore qui semble dire "moko moko", la laine pousse à une vitesse folle.

La laine moelleuse que je connais bien.

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