Je m'appelle Ritesius.
Je suis un étudiant d'échange de la race humaine qui étudie à la ferme.
À partir d'ici, je veux faire avancer l'histoire du point de vue de nous, les étudiants d'échange.
………………
Le déroulement jusqu'ici était un tableau d'enfer.
Tout a commencé par l'idée de « connaître concrètement le niveau de force de la ferme », et s'est transformé en un match en cinq manches opposant le représentant de la ferme à nous, les étudiants d'échange.
Les trois premières manches sont terminées, et nous avons perdu les trois.
Qui plus est, d'une manière proche d'une déroute, unilatérale.
Bélena, la princesse Lettuce Rate et madame Platy, qui ont participé aux combats, ont toutes trois fait preuve d'une force d'une tout autre dimension, submergeant les dizaines d'étudiants d'échange que nous sommes.
J'étais évidemment du lot, et je n'ai fait que subir la même écrasement.
Moi aussi, depuis mon arrivée à la ferme, j'ai vécu toute sorte de choses que je n'avais jamais connues auparavant, et je croyais avoir gagné en force…
Mais cette assurance a été pulvérisée en un instant.
La ferme, c'est d'une profondeur abyssale…
Moi comme les autres, presque tous les étudiants d'échange avaient le moral brisé et étaient abattus.
« Pourquoi en est-on arrivé là !? »
« C'est parce que quelqu'un a dit une connerie, non ? »
« Qui, bordel ! Qui a osé demander "qui est le plus fort de la ferme ?" ? »
On en était déjà à chercher le coupable qui avait attiré le malheur en ouvrant sa grande gueule.
« Oui, oui, oui, c'est un peu tôt pour se plaindre »
Remplaçant la sainte qui gardait les enfants, madame Platy assurait l'animation.
« Parce que le match n'est pas fini. Sur les cinq manches, seulement trois sont jouées. La réflexion, ce sera pour après, quand tout sera terminé. »
« Il y en a encore !? »
Nous, on a déjà le cœur cassé en mille morceaux, hein !?
« Bien sûr. Au contraire, c'est maintenant que le vrai combat commence. Ce qu'on a vu jusqu'ici, c'était de l'échauffement. »
« Vous appelez ça de l'échauffement, nous qui n'avons pas pu lever le petit doigt !? »
Un des élèves hurle, mais ça ne change rien.
« Ils attendent ailleurs, alors je vais vous y emmener. Priez pour faire de votre mieux. »
Disant des choses qu'elle ne pensait pas, madame Platy nous aspergea de potion magique.
C'est quoi, ça !?
Une potion de téléportation forcée !?
Par l'effet de la potion collée à notre peau, nous fûmes tous, sans exception, téléportés de force on ne sait où.
………………
Et nous voilà arrivés.
Hum, c'est où, ici ?
« Une forêt !? »
Tout autour, une multitude d'arbres alignés, la lumière du soleil bloquée par le feuillage, une atmosphère sombre et dense, c'est bel et bien une forêt.
On sent la présence de beaucoup de gens aux alentours, et il semble que nous ayons tous été projetés ensemble en plein milieu de la forêt.
« Déjà, téléporter de force un tel effectif est hors normes !? »
Y a-t-il seulement quelque chose de normal dans cette ferme !?
« Et pourquoi en pleine forêt !? »
Jusqu'ici, les trois matches s'étaient déroulés sur une place ouverte, idéale pour se battre.
……Non.
Tout le monde le pressent plus ou moins.
C'est pour ça que tout le monde est tendu.
Qui est le prochain adversaire ?
La plupart ont déjà une idée.
Si on y réfléchit, c'est bizarre.
Le concept des adversaires apparus lors des trois premiers matches.
Humains, démons, hommes-poissons, on a dit qu'on avait sélectionné le plus fort de chaque race pour la ferme.
Pourtant, c'est un match en cinq manches.
Alors les deux restants, sur quel critère ont-ils été choisis ?
Ce n'est pas un critère totalement différent ?
Oui, au tout début, il y a eu la remarque qui a tout déclenché.
De qui parlait cette remarque ?
« Monsieur Orcbol et Gobukichi s'entendent bien, donc je pense pas que ça arrivera, mais s'ils se battaient, qui serait le plus fort ? »
Autrement dit, les deux qui nous attendent… !?
« Il est làaaaaaaaa !! »
La voix d'un camarade s'éleva.
Une voix qui se brisa dans la peur et la confusion.
Je me tournai vers l'origine du cri, et il était bel et bien là.
Brandissant une grande faux, un chevalier tout bleu… !!
« C'est Gobukichi-saaaaan !! »
L'un des deux piliers qui dirigent la légion de monstres de la ferme.
Gobukichi-san, le gobelin.
Monté sur son cheval bien-aimé, Mimic Octobus-gō, armé de sa grande faux agricole favorite, il avait complètement l'allure d'un chevalier de la mort.
C'est bien les quatrième et cinquième manches du match en cinq, ces deux-là.
« Fuyeeeez ! On peut pas gagner contre Gobukichi-saaaan !! »
Un des élèves tente de s'enfuir en hurlant, mais…
À cet instant, Gobukichi-san était déjà dans son dos.
Sa grande faux posée contre la nuque du gars.
« Bouge pas… Si tu bouges, cette grande faux à faucher l'herbe, en manametal, te fauche le cou comme une mauvaise herbe. »
« C'est une faux à faucher l'herbe !? Mais c'est une grande faux !? »
« Plus c'est grand, plus on fauche d'un coup, non ? »
Face à ça, pas un doigt ne peut bouger.
L'étudiant qui a la faux sous le nez a une tête à se pisser dessus.
Mais depuis quand Gobukichi-san s'était-il approché ?
Au moment où Gobukichi-san est apparu, et au moment où l'étudiant a crié, il y avait plus de cinquante pas entre eux.
Je n'ai pas pu voir comment il a comblé cette distance.
Normalement, il faut courir ou marcher pour s'approcher, mais ce processus a été purement et simplement sauté, le déplacement a été instantané.
Comme s'il avait utilisé de la magie de téléportation.
« Bon, passons au suivant. »
Dit-il, et la silhouette de Gobukichi-san disparut !?
…Non, il était déjà dans le dos d'un autre élève !?
Il utilise vraiment de la magie de téléportation ?
« Hmm… À vitesse normale, vous ne comprenez pas ce qui se passe, hein… »
Dit Gobukichi-san avec un air dédaigneux.
« Alors je vais ralentir un peu. Si vous vous faites écraser sans rien comprendre, ça ne sert à rien pour l'étude. »
« …Hein ? »
« Vous êtes des étudiants, donc vous devez apprendre dans ce combat. Pourquoi vous ne pouvez strictement rien faire contre moi. "J'ai perdu sans comprendre" ne va pas. »
C'est严厉 !?
« Alors d'abord, regardez les pattes. Celles de mon cheval bien-aimé, Mimic Octobus-gō. »
Les pattes ?
Qu'est-ce que les pattes de la monture de Gobukichi-san peuvent bien avoir ?
Le cheval de Gobukichi-san est, comme son maître, petit et trapu, genre âne.
Il n'a rien de particulier en apparence, mais… !?
…….
Hii !? Q-Qu'est-ce que c'est !?
Les pattes du cheval monté par Gobukichi-san se mettent à se tordre.
Et pas à moitié !?
Les pattes du cheval se tordent, se tordent… jusqu'à former des cercles !?
Et pas content de faire des cercles, ils s'enroulent en plusieurs spires !?
« Mon seigneur appelle cette forme "état ressort". Mon cheval bien-aimé, Mimic Octobus-gō, est un cheval homoncule créé par dame Zos Saira, la sirène. En y intégrant la nature d'un certain monstre pieuvre, il possède une souplesse et une force explosive impensables pour un cheval. »
État ressort… ?
Les quatre pattes transformées ainsi, le cheval de Gobukichi-san accumula sa force explosive…, et à un certain moment, il explosa.
Un bond d'une vigueur terrifiante.
Il s'envola haut au-dessus de nos têtes.
« Là, j'ai ralenti considérablement. Vous voyez bien, hein ? »
Ça, c'est "considérablement ralenti" !?
On a du mal à suivre des yeux, nous !?
Comme on est dans une forêt dense, le saut ne prend pas tant de hauteur que ça.
Parce que c'est une forêt. S'il sautait trop haut, il percuterait les branches étendues.
Mais Gobukichi-san n'en a cure.
Le voilà qui s'accroche à l'un des troncs d'arbres alignés, utilise le rebond et plonge vers le sol.
À une vitesse folle.
« Hyaa !? »
L'élève qui se trouvait sur la trajectoire de la chute de Gobukichi-san pousse un cri de terreur et de surprise.
Mais à ce moment-là, Gobukichi-san avait déjà atterri en douceur et s'était placé dans son dos.
Sa grande faux favorite posée contre la gorge.
« Voilà comment ça marche. »
C'est comme ça que Gobukichi-san passait derrière nous les uns après les autres.
Là, il a ralenti pour qu'on puisse à peu près suivre, mais s'il y allait sérieusement, on ne saurait même pas ce qui s'est passé.
C'est littéralement un gobelin ultra-rapide !?
« Maintenant que vous avez compris, allons-y sérieusement. Je m'arrêterai juste avant, alors ne bougez pas bêtement. Ma grande faux est une faux à faucher l'herbe, je tiens pas à lui faire boire du sang d'animal. »
Disant cela, Gobukichi-san disparaît de notre champ de vision.
En réalité, il fonce à une vitesse telle que nos yeux ne le captent pas.
Le piétinement à haute vitesse commence.
Non mais, on se fait piétiner combien de fois, nous !?