« Mouss ! »
« Chéri, tais-toi un peu. »
« Mouss… »
Le Roi des sirènes vient de dire quelque chose sur le champ, mais il s'est fait immédiatement gronder par sa femme et a baissé la tête.
C'était sans doute un « Mouss » au sens de « Permission accordée ! », non ?
Même si on exprime toutes les intentions par le seul mot « Mouss », ça pose problème.
« …… Arowana-chan. »
La Reine, se retournant à nouveau.
Face au couple formé par le Prince Arowana et le fils de Puffa.
« Maman t'aime du fond du cœur. Je souhaite que ta vie soit heureuse du début à la fin. »
« Alors, accorde-nous la permission de nous marier. »
Le Prince Arowana presse.
« Moi aussi, je connais ma place. Je veux me marier avec la bénédiction de mon père et de ma mère que je respecte et chéris ! »
Il pousse fort, hein.
Ce tempérament envahissant du Prince Arowana, l'aurait-il acquis lors de son voyage d'entraînement ?
Je ne crois pas qu'il l'avait avant.
Ça deviendra probablement un élément majeur pour prendre l'initiative en politique.
« C'est vrai, au fait, vous avez dit Puffa-san, n'est-ce pas ? Quelle école avez-vous fréquentée ? »
« …… Aucune en particulier. J'ai maîtrisé la magie pharmaceutique presque en autodidacte. »
À chaque pas sur la glace fine, un son d'hallucination comme un craquement sec — *pari, pari* — résonne dans toute la pièce.
Qu'est-ce que cette tension !?
« Ce n'est pas bien, ma chère. Si la Reine est une inculte, cela nuirait à la dignité de la nation. »
« Dire que ne pas avoir fait d'études équivaut à être inculte, n'est-ce pas là l'ignorance même ? Les potions magiques que je fabrique sont mieux réussies que celles des élites hautement diplômées ! »
« Vous êtes plein d'assurance. Plus une jeune fille ignore le monde, plus ses prétentions sont grandioses. »
« Même si je dis ça, j'ai fait le tour du monde avec le Prince Arowana. Si vous traitez celle qui l'a accompagné d'ignare, cela revient à dire que le voyage de votre fils n'avait aucun sens, non ? »
*Pshi-psi-psi-psi-psi… !!*
Un bruit d'effondrement parfaitement audible alors que rien n'est cassé !?
C'est effrayant !
Un choc d'aura formidable entre la Reine Sheila et Puffa !?
L'air grince sous la pression !?
Serait-ce l'une des choses les plus terrifiantes au monde… ?
La guerre belle-mère / belle-fille !?
« Mère ! Puffa ! Calmez-vous, toutes les deux… »
« Mouss mouss mouss mouss… »
Le Roi et le Prince des sirènes ne font que s'affoler.
Les hommes, c'est inutile.
Cela dit, moi dont la relation est encore plus distante, je n'ai ni la place ni le courage pour intervenir.
Qui donc doit faire office de médiatrice !?
« …… Là, c'est à moi de sortir… »
Celle qui s'est portée volontaire en disant ça…
Oh !
C'est ma femme, Platy.
La fille bien-aimée de la Reine Sheila, et la mauvaise amie de Puffa.
Autrement dit, sa position ici est celle de la belle-sœur !
« Se tenir entre la belle-mère et la belle-fille pour les arbitrer, c'est le rôle de la belle-sœur ! Cette princesse sirène Platy, pour une fois, va accomplir son devoir royal ! »
Compte sur toi, ma femme !
Détends un peu cette tension grâce à ton talent !
« Platy-chan, tais-toi. »
« Platy, tire-toi. »
Rejetée en un mot, elle est revenue en rampant.
La belle-sœur, c'est faible.
« Non, je ne perds pas ! »
Me voilà qui croyais ça, et la voilà qui se reprend.
« Moi aussi, je suis maintenant une mère ! Une mère, c'est fort ! Puissance maternelle, pas de géant ! »
Vas-yー.
« Maman ! Écoute ce que j'ai à dire ! »
« Donc je te parlerai, toi et moi, après avoir réglé son compte à celle-là… »
« Tais-toi et écoute ! »
Devant l'intimidation de sa fille, la Reine Sheila rectifie provisoirement sa posture.
C'est fort, Platy.
« En fait, moi aussi, je suis pour le mariage de mon frère et de Puffa ! »
D'abord, elle clarifie sa position.
« Pourquoi ? Parce que ça a l'air marrant ! »
La motivation est pourrie, ceci dit.
« …… Maman, tu t'opposes au mariage parce que Puffa n'a pas de diplôme, mais moi je trouve que ce n'est pas un problème. Car les compétences de Puffa en tant que mage pharmacienne sont les meilleures du Royaume des sirènes ! »
Venir de Platy, qui est elle-même une mage pharmacienne de premier plan, ça a du poids.
« Maman le sait aussi, les "Six Sorcières" dont on parle en ville ? »
« Les "Six Grandes Sorcières Folles", c'est ça ? »
« Inutile de dire le nom en entier. …… Bref, la Puffa qui est ici, tout comme moi, fait partie des Six Sorcières ! Rien ne prouve mieux ses capacités ! »
Être comptée parmi les Six Sorcières revient à être reconnue comme une mage pharmacienne de classe suprême.
« Ça seul en fait une marque plus que digne d'une Reine des sirènes, non !? »
« Mais le terme "Sorcière" implique aussi "enfant à problèmes", non !? »
« Inutile d'en dire plus ! »
La Reine tente vaillamment de contrer.
« Platy-chan, l'école n'enseigne pas que la magie. C'est aussi un lieu pour apprendre les bonnes manières, la sagesse mondaine, l'art de survivre en société. Pour la famille royale, c'est la chose la plus importante. »
« Même si tu dis ça, moi non plus je n'ai pas fait d'école, hein ? »
Dit la légitime princesse sirène Platy.
« Dernier diplôme : Académie des Sorcières Sirènes, abandonnée ! »
Elle le dit avec fierté.
« Une moi pareille arrive à être princesse sans problème et reçoit même des demandes en mariage d'autres pays, alors Puffa aussi pourra devenir Reine sans souci, non ? »
« Platy……!? Toi qui défends Aty à ce point……! T'es vraiment une bonne fille, au fond……!! »
La concernée, Puffa, est en larmes d'émotion.
Quant au Roi des sirènes et au Prince, qui ne font que regarder sans bouger, quelle pitié.
« Parce queー, si une hors-la-loi comme toi devient Reine, le pays va se dérégler et ça a l'air marrant, non ? »
« Cette belle-sœur !? »
« Au fait, moi non plus je ne sais pas quelle école Maman a faite ? Je n'en ai jamais entendu parler, et une Maman pareille n'a pas le droit de critiquer la belle-fille sur son diplôme, non ? »
Le tir de soutien de Platy a visé juste, visiblement, car la Reine a soupiré au lieu de répliquer.
« …… C'est ce que dit Platy-chan. Maman non plus n'a jamais fait d'école. »
« C'est ce que je pensais. Maman est nulle en magie pharmaceutique. Impossible qu'elle ait une expérience d'études. »
La lecture de Platy fait froid dans le dos.
L'argument de la Reine — « Je m'oppose parce que Puffa n'a pas de diplôme » — s'effondre.
« …… Bon, tant pis. Abandonnons cette ligne de critique. »
« Tu n'abandonnes pas l'opposition elle-même !? »
Pourquoi s'obstiner à ce point ?
« Alors, faisons comme ça. Puffa-san, vous avez dit être l'une des Six Grandes Sorcières Folles, n'est-ce pas ? »
« …… Oui. »
« Alors, testons franchement si vous avez les qualités d'une Reine, en tant que Sorcière. En combat réel. »
« Hein ? »
Devant cette sortie soudaine, Puffa comme Platy penchent la tête.
Et les hommes sont totalement hors jeu.
« Tester ses compétences, c'est ça ? Arrête, plutôt. Même en combat simulé, l'adversaire de Puffa, il faut une autre Sorcière pour que ce soit équitable. Même la major de promo de l'Académie des Sorcières Sirènes aurait du mal. »
C'est dire à quel point le niveau de Puffa est haut.
« Dans ce cas, pour juger une Sorcière, le mieux c'est de la confronter à une autre Sorcière, non ? »
« ? »
Les paroles de la Reine deviennent de plus en plus incompréhensibles.
Faire combattre Puffa, qui est l'une des Six Sorcières, contre une autre Sorcière ?
Mais contre qui ?
Platy comprise, les cinq autres Sorcières sont toutes pour le mariage de Puffa et du Prince Arowana, elles ne se rangeront pas du côté de l'opposition…
…… Non, exactement, ce sont quatre personnes ?
Parmi les Six Sorcières, il en reste encore une dont l'identité est inconnue, non ?
« Celle qui se battra, c'est moi. »
« ? »
« C'est une vieille histoire. Il semble que l'heure soit venue de me souvenir du temps où je, Sheila Kanne, étais appelée la "Sorcière des Ténèbres". »
Dit la Reine, sortant l'inattendu.
La guerre belle-mère / belle-fille s'apprête à basculer en duel de Sorcières.