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Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou

Chapitre 149

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Chapitre 149

Chapitre 149

Chapitre 149/28153%~9 min de lecture1 771 mots

Je suis un soldat régulier de l'armée du Roi des Démons, Orba.

La sinistre réputation du Lessardragon résonne au sein même de l'armée du Roi des Démons.

Dragon déchu, dragon inférieur, dragon qui n'est plus un dragon, rebut de dragon.

À l'origine, un dragon n'est pas un adversaire que les démons peuvent affronter : s'ils lui sont hostiles, ils ne peuvent que périr.

Pourtant, les dragons possèdent une sagesse à la hauteur de leur force écrasante ; ils ne deviennent pas ennemis sans raison, et il arrive même qu'ils acceptent de discuter.

Mais le Lessardragon est une bête à qui l'on a retiré l'intelligence du dragon.

Pourquoi en arrive-t-on là reste une énigme séculaire : suite à un quelconque déclencheur, le dragon perd sa puissance magique et son intelligence, et se transforme en un Lessardragon violent.

Une fois devenu tel, il est pire qu'un vrai dragon.

Même s'il a perdu sa magie et son intelligence, son corps gigantesque et robuste demeure, ce qui le rend plus redoutable que n'importe quel monstre.

De plus, dépourvu de raison, il se déchaîne sans motif ; sitôt sa présence confirmée, il faut le combattre et le soumettre.

Car plus on le laisse faire, plus les dégâts s'étendent.

Dragon déchu s'il l'est, il n'en reste pas moins un dragon. Son éradication est d'une difficulté extrême.

Une violence calamiteuse, affranchie du joug de la raison.

Voilà ce qu'est le Lessardragon.

…………

Baram et moi chevauchions de concert, nos rênes côte à côte.

À vitesse maximale, peu importait si les chevaux s'effondraient d'épuisement.

C'était inévitable : une menace tangible nous poursuivait depuis l'arrière, et à une vitesse féroce.

« Ce dragon idiot… ! Il nous colle encore aux basques… ! »

« C'est inévitable. Le sort en était jeté dès l'instant où il nous a repérés au moment où nous le confirmions. »

Seules des traces et des présences avaient été signalées, mais en venant vérifier sur place, c'était un Lessardragon.

Ce n'est pas un adversaire que nos unités respectives, celle de Baram et la mienne, peuvent gérer. Il faut déployer l'armée principale du Roi des Démons depuis la capitale magique.

Baram a ordonné la retraite sur-le-champ, jugeant qu'un affrontement frontal ne mènerait qu'à l'anéantissement total.

L'idée était qu'en se dispersant pour fuir, le Lessardragon ne pourrait pas tous nous poursuivre et que l'anéantissement total serait évité, mais…

« Pourquoi courons-nous ensemble !? Si on ne se disperse pas, ça n'a aucun sens !! »

« Je comprends ta pensée ! Tu comptes te servir de leurre pour laisser fuir le plus de soldats possible !? »

Sinon, il n'aurait pas eu besoin de zigzaguer exprès, de provoquer le dragon qui nous pourchasse.

Baram, vice-commandante des Quatre Rois Célestes, elle aussi est une vétérane issue du peuple, ayant gravi les échelons par ses propres forces.

Pareil à elle…

« … C'est pour des moments comme celui-ci qu'on fait mine de monter à cheval avec arrogance. Avec des jambes de fantassin, on ne peut pas semer ce dragon sans cervelle. On ne ferait que se faire bouffer un par un. »

« Alors j'accompagne aussi ! Moi aussi, j'ai le rang qui me permet de monter ! Si je ne fais que fuir lamentablement, mon honneur… !! »

« Danger !! »

Hurlée par Baram, je fais volte-face instinctivement.

La griffe du dragon effleure le tout dernier centimètre.

« Déjà si près !? »

Les chevaux sont eux aussi épuisés.

Nous ne pouvons plus maintenir cette vitesse maximale.

« Il ne faut pas perdre de soldats, mais le commandant doit survivre jusqu'au bout ! Alors pourquoi te jeter toi-même dans le danger !? »

« Mais dans ce cas, vous non plus !? »

« C'est pour ça qu'on est venus à deux ! L'un de nous doit survivre pour porter l'urgence à Lady Belphégamilia ! Toi, le noble, tu as bien plus de raisons de survivre ! Alors fonce !! »

« Mais… !? »

Mon hésitation a été fatale.

Projeté violemment par l'arrière, je fus désarçonné et vole en l'air avec mon cheval.

« Orba !? »

Ce n'est qu'une fois l'impact reçu que je compris : j'avais été fauchée par le bras du Lessardragon.

Tandis que je tourbillonnais en l'air, je me sépare de ma monture.

Et là où je tombe, la grande gueule ouverte du dragon m'attend.

« Orbaaaaaa !! »

Le cri désespéré de mon collègue appelle mon nom.

*Crunch !*

Un choc résonne dans tout mon corps.

Le Lessardragon n'a réussi qu'à m'attraper à moitié : le haut de mon corps dépasse de sa gueule.

Autrement dit, je suis mordue au niveau du torse, et je sens l'acuité des crocs du dragon des deux côtés, ventre et dos.

Mais ce n'est qu'un instant : je saisis que je vais être coupée en deux net.

Pardonnez-moi, Mère. Il semble que je ne pourrai pas hériter de la succession.

Et je ne reverrai plus jamais cette fille non plus…

*Vyaaaaaaaaaaaaaaa !!*

Le cri de douleur du Lessardragon fait vibrer mes tympans.

Au même instant, un choc me frappe de plein fouet.

C'est l'impact de la chute au sol ?

Je suis encore en vie ?

Pourtant j'ai été saisie par les crocs du dragon !?

Y a-t-il… ?

Mon bas-ventre est encore relié à mon buste.

Je ne suis pas coupé en deux pour mourir en pleurant…

« Hé, ça va !? Tu vis !? »

Accourue en panique, Baram et moi levons les yeux vers la tête du Lessardragon en question.

« Les crocs… ! Ils sont… brisés !? »

C'est la douleur qui le fait se débattre ?

« Ne reste pas planté là ! C'est maintenant qu'il se tord de douleur, c'est notre chance ! On met un maximum de distance !! »

…………

Ayant miraculeusement échappé au Lessardragon, nous rallions immédiatement les soldats dispersés pour les réorganiser.

Nous dépêchons un messager urgent vers la capitale magique et attendons l'arrivée de l'armée principale menée par le Roi des Démons.

L'élimination d'un Lessardragon suit un protocole précis.

D'abord, prendre une distance suffisante, puis tir groupé de sorts à longue portée.

Et pas par un ou deux mages. Des milliers, simultanément. Et comme l'attaque magique se relaie maintes fois, l'offensive d'ensemble atteint l'échelle de dizaines de milliers.

Le Lessardragon, dépourvu d'intelligence et de discernement, tente de résister de front, se fait contenir et gaspille inutilement son endurance.

S'il s'agissait d'un vrai dragon, il aurait ourdi une contre-mesure avant d'en arriver là, ou aurait tout balayé avec la magie draconique, bien supérieure à la magie des démons.

Mais le Lessardragon n'utilise pas sa tête.

Une fois qu'il a épuisé ses forces sans stratégie, le Roi des Démons lui porte le coup de grâce avec l'Épée Sainte de la Colère, Einrot.

Même les écailles de dragon qui ne laissent passer aucune arme ne résistent pas au tranchant de l'Épée Sainte ; tout se déroule selon la procédure, et sans une seule perte, la tête du sous-dragon tombe.

…………

« Belle ouvrage. »

Face au cadavre du Lessardragon, je reçois les louanges directes du Roi des Démons Zedan.

Quel honneur.

C'est la gloire suprême d'un soldat démoniaque, et tout mon être en tremble.

« Le vice-commandant Orba, ainsi que Baram. Votre réactivité, de la découverte du Lessardragon au rapport, est remarquable. Éviter un combat inutile et opérer une retraite sans perdre un seul homme : on s'attend à ce jugement de la part des vice-commandants de Belphégamilia. »

« Mais non, ce sont eux qui sont excellents par eux-mêmes. »

Le Roi des Démons et Lady Belphégamilia, qui avait participé à la sortie sans finir par rien faire d'autre qu'observer, prend la parole.

« Orba est zélé, et Baram sait faire la part des choses. Pourquoi ne pas me virer et les nommer Quatre Rois Célestes à ma place ? Comme ça, je pourrais entrer sans scrupules dans la vie de rêve de la retraite. »

« Point du tout, il me faut encore que tu restes en activité. »

Le Roi des Démons, contre toute attente, accorde une haute estime à Lady Belphégamilia.

« Tu es le seul général à qui je peux confier mon absence en toute tranquillité. Je devrai encore compter sur toi, alors pas question de prendre ta retraite. »

« Bon, bon, quel employeur exigeant. »

Et Lady Belphégamilia d'esquisser un bâillement retentissant.

Quel culot, devant Sa Majesté le Roi des Démons.

« … Cela dit, d'après le rapport, Orba. Tu vas vraiment bien ? »

« Ha !? »

Que Sa Majesté daigne s'inquiéter de moi !

Je mets cette émotion de côté pour d'abord rendre un rapport précis et rapide !

« O-oui. J'ai bien été pris dans les crocs du dragon, mais par un hasard mystérieux, je n'ai pas la moindre blessure… »

« Il arrive des choses étranges, hein. Moi aussi, en entendant le rapport, j'ai cru que mon cœur allait s'arrêter. »

Encore une remarque hors de caractère de la part de Lady Belphégamilia.

Même moinsardisé, il est impossible qu'un corps de démon résiste ne serait-ce qu'une seconde aux crocs d'un dragon.

Moi-même, quand je me suis retrouvée coincée entre la mâchoire supérieure et l'inférieure, j'étais pleinement résignée à mourir ; pourquoi suis-je encore en vie ?

« Si je devais chercher une explication… »

Je baisse les yeux sur le sous-vêtement d'armure qui recouvre encore mon corps.

Un tissu d'une propreté improbable pour aller au combat, émettant même une lueur diffuse.

Est-ce lui qui m'a protégé ?

« Juste après m'être extirpée des crocs du dragon, l'armure était percée d'un grand trou. En revanche, ce sous-vêtement n'avait pas la moindre déchirure. »

« Les crocs d'un dragon qui traversent une armure métallique comme du beurre auraient été arrêtés par un simple morceau de tissu ? Quelle absurdité !? »

Baram, à côté, le dit avec incrédulité, mais je suis entièrement de son avis.

Pourtant, il n'y a pas d'autre explication.

Mère, d'où as-tu bien pu te procurer un vêtement aussi extraordinaire ?

« … On dit que le tissu en soie d'adamant repousse même la magie draconique. Il en irait de même pour les crocs. »

!?

L'expression du Roi des Démons change, devenant celle de quelqu'un qui a tout percé, douce et compréhensive.

« Votre Majesté, si par hasard Votre Majesté avait une idée !? Quel est l'origine de ce sous-vêtement !? »

« Non, je l'ignore. Et quand bien même je le saurais, je ne pourrais le dire. »

Cette personne sait !

Elle est terriblement mauvaise menteuse !!

« Une seule chose peut-être peut être dite… Oui, l'amour est grand, voilà tout. »

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