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Isekai de Tochi wo Katte Noujou wo Tsukurou

Chapitre 1222

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Chapitre 1222

Chapitre 1222

Chapitre 1222/126197%~9 min de lecture1 750 mots

Moi… Kimeri me trouvais à bord d'un train intermonde pour un essai.

Jusqu'alors, tout s'était déroulé sans le moindre incident, bien au contraire : j'étais même accablée par le confort.

Le convoi que nous avions pris filait à une vitesse folle, laissant les paysages alentour disparaître derrière nous.

Je pouvais observer la scène par la vitre, mais quelle vue était terrifiante, surpassant toutes mes imaginations !

Voir les scenery défiler à une telle cadence…

Jamais je n'avais même esquissé une image pareille dans mon esprit.

Et puis, l'extraordinaire limpidité des fenêtres du wagon, qui permettaient d'admirer ce spectacle insolite sans la moindre distorsion, m'éblouissait également.

Une vitre aussi parfaitement transparente, aux reflets impeccables… Qui sait seulement si un tel verre existait jusque dans le château du Roi des Démons ?

De surcroît, les sièges capitonnés de cuir offraient un maintien impeccable et un assise idéale.

La sensation du dossier venant soutenir fermement mes fesses. Mais que diable avaient-ils donc rempli à l'intérieur pour créer une telle élasticité ?

J'en étais presque venue à vouloir décrocher ces coussins pour les installer dans mon propre bureau.

Mais avant toute chose, je ressentais une certaine crainte face au fait que ce train en mouvement ne vacillait pas d'un millimètre.

C'était précisément parce qu'il restait aussi stable que je profitais d'un tel luxe.

Je savais pertinemment à quel point cela était remarquable.

Après tout, quand on empruntait un carrosse pour les longs trajets, ça tangait tellement qu'on aurait juré rouler sur une mer démontée.

Et alors que notre véhicule filait bien plus rapidement encore que lui !

Surtout si ça bougeait tant, qu'après une journée entière dedans, mes fesses étaient si endolories que je devenais incapable de m'asseoir sur une chaise en bois.

Pour y repenser, courir à des centaines de fois la vitesse d'un carrosse, sans aucune vibration perceptible…

Il n'y avait aucun doute possible : n'étais-je pas en train de rêver ?

Est-ce que c'était juste ça ? Un rêve sans secousse ni bruit de moteur ?

……Non, bien sûr que non.

Quel que soit le caractère intolérable de la réalité, il n'appartenait pas au gouverneur de Londmeult de fuir devant elle.

Tout en restant hypnotisée par le panorama défilant, une voix résonna soudain depuis l'intérieur du wagon.

« Vente à bord ! Du thé, des collations, ainsi que des bento de gare sont disponibles ! »

……Le Saint ?

Qu'est-ce que fichait-il, là-dedans ?

« Là, maintenant, je suis juste un vendeur itinérant ! En guise de récompense pour cet essai public, tous les articles sont proposés à prix zéro yen ! »

Il se contentait juste d'inviter les gens, après tout ?

Très bien… Je vais peut-être goûter à ce fameux « bentō », alors ?

Oh là, comme c'est charmant. Il y a des mets rangés dans une boîte en bois. Apparemment, ils ont pensé à la consommation à bord en privilégiant les plats sans sauce.

« Aujourd'hui, c'est le bentō shumai ! Le bentō de gare, synonyme de shumai !! »

À quelle région correspond exactement ce cliché ?

Au hasard, je piquai un morceau avec ma fourchette et le portai à mes lèvres.

……!?

MAGNIFIQUE !!!

Que était-ce que ce plat en forme de boulette de viande enrobée d'une fine pâte !?

Dès que je mâchai, un jus de viande chaud et savoureux explosa dans ma bouche !

Même froid, ça reste carrément délicieux !!

« Que le goût subsiste même refroidi, voilà l'essence du bentō. Le réchauffer au jet thermique est possible, mais comme l'a prouvé un mercenaire solitaire, c'est la catastrophe assurée ! »

Le Saint laissait de nouveau échapper des absconsités incompréhensibles.

Mais ce bentō était si bon que je m'en souciais totalement !

J'en enchaînais les bouchées !

Un panorama exceptionnel vu par la fenêtre, le parfum envoûtant de ce bentō de gare.

On aurait cru que j'étais devenue une reine ou une princesse !!

Ah, paradis, pur paradis.

J'aurais bien laissé filer le train et sombrer dans une torpeur heureuse, mais l'événement organisé par le Saint ne s'arrêtait jamais si facilement.

« ……Information à destination des passagers. »

Tiens donc ?

Était-ce la voix de ce golem autonome ?

Une acoustique capable de porter jusqu'à l'intérieur, vraiment une fabrication de qualité.

« Nous venons de repérer plusieurs silhouettes sur la voie avant, en train de préparer un obstacle. Il s'agirait très probablement d'une bande de brigands. »

Des brigands !?

Misère, pourquoi pas… Aux yeux des malfaiteurs, notre convoi devait ressembler à une proie digne de tous les appétits.

Il transportait le chargement de dizaines de chariots. N'en voler qu'un infime bout aurait constitué une fortune pour des pillards.

De plus, grâce à la logique même des voies ferrées, il leur suffisait de connaître l'itinéraire, et de manière infaillible.

Pour eux, capturer ce gros poisson sans effort équivalait à plusieurs années de revenus. Ils devaient bien penser que c'était le job le plus rentable qui soit.

Au final, c'était plutôt notre étourderie. Nous aurions dû anticiper une situation pareille.

« Jirô, que font les voleurs ? »

« Ils alignent des barricades directement sur les rails afin de nous forcer à l'arrêt. Ensuite, ils prévoient de monter tranquillement dans le wagon, de maîtriser l'équipage et de piller les marchandises. Et précision inutile : je suis Bêta, pas Jirô. »

Le Saint et le golem échangeaient leurs informations avec un calme désarmant.

Cette sérénité, loin de m'inquiéter, me rassurait paradoxalement.

« Bien, rien de bien sorcier. Bêta, exécute le plan convenu à l'avance. »

« Comme je vous le disais, je ne suis pas Jirô… Attendez ! »

À en juger par mes prévisions, les bandits empilaient des rochers et des madriers pour fermer la voie.

Si nous continuions sur notre lancée, le convoi écraserait les obstacles et se transformerait en désastre.

Sauf à choisir la collision, nous étions obligés de freiner.

Ces vauriens… recouraient à une tactique ignoble, mais redoutablement efficace.

Ils ne pourraient jamais rattraper notre vitesse de croisière. Leur seule option consistait donc à nous ralentir, voire à nous stopper net.

La procédure normale aurait été de mettre le train à l'arrêt et de neutraliser les agresseurs avec nos gardes du corps embarqués…

Or, nous avions bel et bien intégré des escortes.

« Gardez votre élan ! Accélération maximale ! »

« Affirmatif ! »

MAIS NONNNN !!

Alors que n'importe qui aurait serré les freins, il ordonnait un coup de gaz à fond ??

Le train s'engouffra à pleine vitesse dans les barricades.

« Technique Béta : Écrasement Fugitif !! »

L'impact ne transmit pratiquement aucune secousse. Je sentis seulement quelques débris imploser et éclater sous nos roues.

Avions-nous réussi à briser la barrière préparée par les brigands ?

« Durant ma circulation, je peux enrober mon enveloppe d'une bulle protectrice issue d'un choc sonique saturé de mana. J'ai baptisé cette stratégie offensive « Technique Béta : Écrasement Fugitif » lorsque je fonce sur la cible ennemie. »

Il n'y avait pas moyen de faire preuve d'un peu plus de talent pour les noms ?

« Grâce à cette manœuvre, la menace des brigands est contournée. Votre sécurité est garantie, toutefois laisser ces hors-la-loi impunis entraînerait tôt ou tard des dégâts inutiles. Afin d'extirper ce mal à la racine, veuillez patienter un instant. »

Hein ? Pourquoi ?

Sans saisir l'entièreté du contexte, le train effectuait un freinage d'urgence.

Je guettais ce qui se tramait dehors à travers la vitre.

Aïe ! La tête du convoi se détachait… et volait dans les airs ??

Puis l'ensemble du reste du train virait complètement vers l'arrière ??

« Changement de configuration ! Mode de combat indépendant de Béta ! »

Et l'avant-du-convoi changeait de silhouette pour prendre la forme d'un humanoïde !?

« Contrairement aux autres matériels ferroviaires venus d'ailleurs, je peux opérer seule pour basculer en mode guerre ! Et contre de vulgaires bandits, c'est un jeu d'enfant ! Rayon « Reculez sous la ligne jaune s'il vous plaît » !! »

« « « WAAAARGH !!!! » » » » »

« « Interdiction de poser l'échelle sur le quai, mitrailleuse ! » »

« « « GROUUUUGGH !!!! » » » » »

« « Hache anti-fausse-accusation de harcèlement sexuel ! » »

« « « GYAAOOOORRRRGGGHH !!!! » » » » »

Incroyable. Sous les assauts de ce golem humanoïde, les criminels tombaient les uns après les autres sans pouvoir riposter.

Cela expliquait finalement pourquoi il n'y avait aucun garde à bord de ce wagon.

Parce que le train lui-même tenait lieu d'escorte indestructible.

« Mon Seigneur, les brigands sont neutralisés. Que faisons-nous de leur dépouille ? Faute de moyens d'embarquement, souhaiteriez-vous les enfouir ici même ? »

« Supprime ces vieilles pratiques cruelles héritées de l'époque des Royaumes combattants concernant la gestion des captifs. »

« Les attacher avec des cordes et les traîner accrochés à l'arrière du convoi, alors ? »

« Une mort virtuelle intégrale !? »

Au final, ils se contentèrent de ligoter les bandits et de les abandonner sur place.

Il était prévu que des renforts venus du Royaume Agricole viennent récupérer le lot ultérieurement.

Le sort qui les attendait dépendrait de la juridiction où les méfaits avaient été commis. Mais si l'affaire risquait de se corser, nous verrions à les enterrer quelque part à ce moment-là.

***

C'est ainsi que notre wagon arriva enfin au sein du Royaume Agricole.

« Nous vous remercions d'avoir choisi les trains intermondains aujourd'hui. Veuillez excuser le léger retard occasionné par l'arrêt momentanée. Nous présentons nos excuses pour la gêne occasionnée dans vos agendas chargés. »

Néanmoins, arriver nettement plus vite qu'un carrosse demeurait une prouesse indéniable.

……Tiens donc.

Un autre convoi d'essai arrivait bien du côté du Royaume Humain, après tout.

Ariaros, le dirigeant de la cité, s'y trouvait parmi les passagers…

Nous devions donc nous retrouver au point médian, ici même au Royaume Agricole…

En fixant attentivement la piste venue de l'autre camp, voici ce que je découvris…

……La voilà. YAAAAAAAAAAAAAAAAN !!

Le train emmenant les personnalités du Royaume Humain englua effectivement le quai de la gare locale à vive allure…

……Puis passa son chemin.

Hein ?

Pourquoi ?

« YAOUHAHAHAHAHHH !! Tu te pose bien tranquillement ici, Bêta ! Moi j'ai remporté la victoire !! »

« Je n'ai engagé aucune course à l'arrivée contre toi, Alpha. »

Attendez un instant !!!

Ariaros se trouvait dans ce véhicule !

Nous étions arrivés jusqu'ici, et nous allions nous louper l'un l'autre JUSTE LÀ !!?

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