Le dirigeable accéléra en direction du château, son équipage dans une légère panique ayant remarqué l'anomalie également. Le navire atterrit violemment sur la zone d'atterrissage du toit du château et débarqua prestement tout le monde comme des bagages non réclamés avant de redécoller.
Une tension régnait parmi les agents de la Sécurité, leurs visages crispés à la perspective d'être jetés au combat juste après avoir fini leur entraînement. Il semblait que les agents vétérans aient expliqué la signification de l'anomalie aux autres.
« Où ce navire se rend-il maintenant ? »
« C'est ici que le personnel est déposé. Le navire se rend maintenant à la zone d'atterrissage de l'autre côté pour y déposer ses fournitures. »
« Mais cet endroit semble plutôt vide pour l'instant. »
« C'est une urgence. Rendons-nous au quartier général pour l'instant. »
descendit résolument, le visage grave. Mais ne broncha pas, observant le dos de tandis qu'il sortait une cigarette et la portait à sa bouche.
restant sur place, Rivelia comme les agents de la Sécurité tinrent leur position également, observant avec attention l'humeur d'.
se gratta le cou face à cette atmosphère familière. Cette sensation lourde et glaciale. Ce picotement de méfiance contre quelque chose, peu importe quoi. Ce sentiment familier auquel il ne voulait pas s'habituer. Le pressentiment d'une bataille à venir.
« Comment expliquer ça... »
« Qu'est-ce que tu fous ? Dépêche-toi de venir par ici ! »
hurla sa frustration en voyant planté là, immobile. répondit par une haussement d'épaules paresseux.
« Toi, va faire ton truc. Moi, je vais faire le tour du château. »
« Quelles conneries tu racontes ?! »
revint vers à grands pas, et exhalla tranquillement une bouffée de fumée en répondant.
« À quoi bon y aller quand c'est évident que ce sera la course et le bordel là-bas ? Ce sera bien mieux de regarder les lieux au lieu de rester coi dans cette pièce. »
« C'est de te laisser seul ici qui m'inquiète le plus ! »
« Tu pourrais emmener cette demoiselle en détresse à la place. »
« ... Ma mission est d'assister le Directeur de la Sécurité. »
Le refus net de Rivelia figea , qui piétina nerveusement. C'est à ce moment qu'un homme corpulent, la sueur ruisselant sur tout son corps, apparut en leur parlant tout en s'essuyant le front avec un mouchoir.
« I, cela fait un moment, seigneur . »
« Saints ? Tu étais ici ? »
« Hé hé... »
Les deux semblaient se connaître, fronça les sourcils tandis que Saints s'aplatissait honteusement tout en continuant à s'essuyer la sueur.
« Tu le connais ? »
« ... Il travaillait pour moi quand j'étais encore au Département des Approvisionnements. Peu importe, qu'est-ce qui se passe ? Je n'ai reçu aucune nouvelle d'un état d'urgence ? »
« Le vent s'est mis à souffler soudainement il y a une heure et n'a fait que gagner en force depuis. »
« Sans aucun signe avant-coureur ? »
« Oui. Le vent a commencé à souffler brutalement, sans aucun avertissement. »
« Impossible ! Et le général Noxvil ? »
Saints hésita à répondre à mais craqua sous son regard furieux.
« Le général Noxvil a été déployé en mission de reconnaissance à longue distance il y a trois jours. »
« Pile maintenant ! »
claqua la langue de frustration. Un chef de corps menant une mission de reconnaissance, c'était absurde. Sans compter que rien dans les Terres Interdites ne justifiait des missions de reconnaissance.
C'était la manière de Noxvil de montrer son mécontentement, sa désapprobation face à la nouvelle Direction de la Sécurité et son nouveau Directeur. Il ne voulait pas les voir. Ce geste concédait pas mal de terrain à , et aurait été ravi d'apprendre l'absence de Noxvil si ce n'était pour le vent. Mais en cet état d'urgence, l'absence du chef de corps était critique.
« Alors quelles mesures avez-vous préparées ! »
« Ç, c'est... »
Le sourcil de se courba vers le haut quand Saints ne parvint toujours pas à répondre.
« Mais qu'est-ce que vous avez fichu pendant la dernière heure ! »
Saints paniqua au son du rugissement assourdissant de . soupira, réalisant que rien n'avancerait s'il restait là. lança un regard noir à , qui refusait toujours de bouger, puis se retourna vers Saints. Le cou de Saints se rentra dans ses épaules sous le regard de , et lui parla, déçu.
« J'imagine qu'il n'y a pas le choix. Je vais me rendre au quartier général. Tu restes avec lui et tu lui fais visiter la garnison. »
« Hein ? Moi ? »
Saints répondit avec une telle surprise que ses yeux écarquillés finirent par percer à travers les épaisses couches de graisse. lui répondit avec une agacement patent.
« Alors c'est moi qui le ferai à la place ? »
« N, non monsieur ! »
Saints secoua vigoureusement la tête, projetant de la sueur sur son visage. tressaillit, recula d'un pas et se tourna vers .
« Ne fais pas de scène ! Fais juste un tour rapide et viens au quartier général ! On ne sait pas comment la situation va évoluer ! »
« Ça marche. »
répondit avec nonchalance, comme si les événements qui venaient de se dérouler sous ses yeux étaient de l'eau passée. grogna, mécontent de l'attitude d', et s'éloigna à grands pas. Il ne restait plus que Rivelia, qui observait prudemment les alentours, et Saints, qui dérobait des regards furtifs à Rivelia. écrasa sa cigarette et se tourna vers Saints.
« Hé hé hé. »
Saints sentit le regard d' sur lui et s'aplatit immédiatement avec un rire pitoyable. esquissa un sourire et demanda.
« Alors, ton nom c'est Saints ? »
« O, oui monsieur ! C'est un honneur de vous rencontrer, Directeur . »
« Tu sais qui je suis ? »
« P, pourquoi vous êtes , Directeur de la Sécurité. »
« Je vois que tu as fait tes devoirs. »
« Hé hé, merci. »
« Je peux comprendre qu'une porte s'ouvre quand le vent souffle, mais pourquoi est-ce un problème ? »
Saints eut un air perplexe en entendant la question d', incertain de savoir si ignorait vraiment la raison. Mais cela changea vite quand Rivelia lança un regard meurtrier à Saints, qui se mit immédiatement à expliquer.
« La Centrale peut détecter les phénomènes étranges qui se produisent quand une Porte s'ouvre. Donc quand c'est détecté, la Centrale déploie des troupes dans les Terres Interdites pour préparer la défense. »
« Mais le souffle sans de tels phénomènes ? »
« C'est exact. Placer ces drapeaux fait partie de notre stratégie défensive pour discerner l'emplacement aléatoire de la Porte. »
« Le vent souffle juste avant l'ouverture d'une porte, donc la porte sera située là où le vent souffle. »
Le n'est que de l'air en mouvement. La différence de pression atmosphérique qui se produit à l'ouverture d'une porte est utilisée pour en discerner l'emplacement.
« Alors pourquoi tout ce remue-ménage ? »
« Pour faire simple, il n'y a pas assez de troupes ici actuellement pour faire face aux forces expéditionnaires qui arrivent. »
accueillit l'explication de Saints avec un air perplexe.
« N'avez-vous pas dit que c'était une garnison ? Ne devriez-vous pas avoir assez d'hommes pour défendre la Porte par vous-mêmes ? »
Saints hésita d'abord à répondre, mais les regards insistants d' le forcèrent à répondre, bien que trop honteux pour croiser le regard d'.
« Cela ne fait pas longtemps que la garnison a été fondée. Nous n'avons même pas fini de structurer notre garnison, il nous manque donc beaucoup de choses. »
« Cela ne fait pas longtemps qu'elle a été fondée ? »
« Oui. La vérité, c'est que cet endroit servait à l'origine de point de ralliement pour les troupes régulières déployées ici et de base arrière pendant les combats. Auparavant, c'était une simple base avancée pour détecter le phénomène d'ouverture de la Porte. Le bâtiment était pourvu du strict minimum d'hommes pour maintenir les installations essentielles. Mais après avoir frôlé l'anéantissement total lors du dernier combat, le général Noxvil a insisté sur la nécessité d'un nouveau bataillon capable de soutenir les troupes régulières dans un engagement immédiat. Mais le processus a été difficile, surtout à cause de certains problèmes de recrutement. »
« Hum, j'ai cru me tromper une seconde quand tu as dit que c'était une garnison, mais c'est bien ce que je soupçonnais. »
Bien qu'ils fussent tous assez compétents pour entrer à la Centrale à titre individuel, ils n'allaient pas tous être intègres. Il y en avait forcément quelques-uns qui abuseraient de leur autorité pour la corruption.
Comment la Centrale traiterait-elle de tels actes ? La réponse serait simple pour les crimes graves, mais se débarrasser des criminels aux charges légères ou de ceux qui montraient un potentiel de changement serait un gaspillage extrême de main-d'œuvre. Les Terres Interdites étaient un monde coupé du reste du monde, mais quelqu'un devait y être déployé. Il n'y avait pas de meilleur endroit qu'ici pour exiler ces petits criminels.
crut cette prédiction fausse quand expliqua que c'était une garnison avec même un chef pour la diriger, mais maintenant tout avait du sens pour . Personne de la Centrale n'apprécierait d'être déployé ici, où il n'y avait aucune voie vers la réussite ou le mérite.
Naturellement, ceux qui étaient déployés — plus exactement exilés — ici étaient ceux qui n'avaient pas les faveurs de la Centrale. Bien sûr, ils ne pouvaient même pas s'organiser correctement.
plongea dans une profonde réflexion, mais quand il remarqua Saints le regardant nerveusement, il remit ses idées en ordre et demanda.
« Alors qu'est-ce que t'as fait pour te retrouver ici ? »
« Pardon ? »
« Je comprends que cet endroit est une destination d'exil, alors dis-le-moi. Si tu as l'air utile, je pourrais peut-être t'emmener avec moi hors d'ici. »
Les yeux de Saints brillèrent et il se frotta immédiatement les mains en s'aplatissant.
« Hé hé, en vérité, je suis innocent. »
« C'est ce qu'ils disent tous. »
« Cela vous concerne aussi, Directeur . »
« Moi ? »
« Oui. Hé hé hé. La vérité, c'est que j'étais celui qui gérait les fonds de la Centrale au casino de Port City... »
La voix de Saints s'éteignit au fil de sa phrase, et esquissa un sourire face au comportement de Saints. Les capacités de Saints étaient essentiellement prouvées s'il était en charge des opérations de blanchiment d'argent de la Centrale. Il avait probablement été exilé ici parce qu'il avait eu le malheur d'être pris dans l'incident qui avait mené à une enquête révélant une partie de ses détournements, mais sa position au sein de la Centrale était probablement élevée s'il faisait partie du corps des officiers, ne serait-ce que de nom. se souvint à quel point Cordnell avait souffert de surcharge de travail.
« D'accord. Tu bosses pour moi maintenant. »
« V, vraiment !? »
« Il n'y a qu'un seul homme qui gère mon fric, et il en chie à cause de la charge de travail. Tu pourrais s'avérer utile. Personnellement, je m'en fiche des détournements à petite échelle, alors bosse dur. »
« Je vous jure ma loyauté ! »
Saints hurla en se prosternant devant .
Qu'est-ce qu'il ne ferait pas pour s'échapper de cet endroit ! Et New Port City était la ville de tous les rêves ! Cuisine de tout l'empire, des nuées de belles femmes, et assez d'alcool et de jeux pour assouvir vos rêves les plus fous ! C'était le paradis pour Saints.
Rivelia eut une envie profonde d'intervenir en regardant la scène se dérouler, mais elle se contenta de refouler ses sentiments au fond d'elle-même.
« Alors fais-moi visiter cet endroit. »
« Hein ? O, où voudrais-tu aller ? »
« Hum ? Je me demande ? »
songea à quelques endroits avant de demander.
« Y a-t-il un espace de stockage où vous gardez l'équipement volé aux forces expéditionnaires ? »
« Oui. En dehors des quelques-uns qu'on renvoie pour la recherche, ils n'ont pas le droit de quitter cet endroit et sont stockés ici. »
« Bien. Allons-y. »
« M, mais seuls ceux de grade chef d'équipe et au-dessus peuvent entrer là-bas. »
« Vraiment ? D'accord. Tu as entendu ça ? »
se tourna vers Rivelia qui répondit immédiatement.
« Je leur dis de rester ici ? »
« Peu importe... »
allait acquiescer à son initiative, mais sa tête se tourna ; une puanteur nauséabonde avait été portée par le vent. observa ses agents immobiles comme des statues, couverts de vomi de la tête aux pieds. demanda à Saints
« Y a-t-il un endroit où ils peuvent se nettoyer ? »
« Nous connaissons bien l'état des nouvelles recrues quand elles arrivent ici, donc nos bains sont correctement entretenus en permanence. »
« Tu as entendu ça ? »
confirma auprès de Rivelia, qui hocha la tête et se tourna vers les agents.
« Tous les agents doivent se reformer après s'être nettoyés, sous la direction des agents vétérans. »
Les agents répondirent à l'ordre de Rivelia par un salut silencieux, et se tourna vers Saints, qui avala sa salive avec admiration.
« Guide-nous. »
et Rivelia suivirent Saints et parcoururent les couloirs du château, observant les lieux avec excitation. Le couloir était éclairé par des ampoules espacées régulièrement, reliées entre elles par des enchevêtrements de fils éparpillés au sol.
« Vous utilisez l'électricité ici. »
« Oui. La dépense de mana est trop grande pour utiliser des cristaux de mana dans les Terres Interdites. »
« Mais comment vous gérez quand même ? Il devrait y avoir une quantité limitée d'énergie. »
« Nous utilisons les ressources récupérées que les forces expéditionnaires ont laissées derrière elles, bien sûr. »
« Et vous pouvez tenir dix ans avec ça ? »
« Le problème, c'est qu'il y en a trop pour qu'on puisse gérer. On ne peut même pas les jeter, donc on agrandit constamment l'espace de stockage. »
s'arrêta net, surpris par l'explication de Saints. Saints regarda nerveusement, inquiet d'avoir fait une erreur.
« ... Vous en avez tellement qu'il faut agrandir votre stockage ? »
« Oui. C'est exact. »
« Allons-y d'abord. »
« C'est à côté de l'endroit où nous allions à l'origine de toute façon. »
Rivelia remarqua le changement d'expression d' et l'observa attentivement avec une lueur dans les yeux. Saints se demandait pourquoi agissait ainsi et guida les deux.
De nombreux agents les croisèrent pendant leur chemin, mais ces agents semblaient trop préoccupés par le vent. Aucun d'eux ne daigna même jeter un coup d'œil à Rivelia tandis qu'ils se précipitaient pour accomplir leurs devoirs.
Les unités de stockage dont parlait Saints étaient en vue dès qu'ils sortirent des portes du château. Des dizaines de grands entrepôts étaient alignés, et au loin, le dirigeable déposait ses fournitures.
« Hein ? Où est toute la sécurité ? »
« ... Est-ce que vous en avez même en temps normal ? »
Il n'y avait pas de clôtures, et les entrepôts n'étaient même pas fermés à clé.
« B, enfin il y en a pas mal qui s'approchent par curiosité donc... »
Saints marmonna en regardant autour de lui, quand il remarqua deux agents sprintant vers le château. Saints hurla vers les deux.
« H, hé ! Où allez-vous tous les deux ?! »
« Pourquoi tu veux le savoir, gros tas ?! »
« Vous croyez vraiment qu'on va juste garder le stockage tranquillement pendant que le vent souffle ?! Pourquoi tu n'arrêtes pas de te balader et tu aides à déplacer les fournitures toi aussi ! »
Les deux agents abreuvèrent Saints d'injures et disparurent avant qu'on ne puisse les rattraper. résuma la situation après avoir assisté à la scène.
« Quel bordel de merde. »
« C, c'est parce que notre chaîne de commandement n'a pas encore été structurée correctement... »
« Peu importe. C'est évident que leurs attitudes ont tourné au vinaigre après avoir été exilés. »
« E, exil ? Comment pouvez-vous dire ça ! Nous sommes... »
« Ferme-la et ouvre. »
coupa la parole à Saints par un ordre, et Saints vérifia le numéro de l'entrepôt et l'ouvrit avec une mine renfrognée.
« C'est ici qu'on garde les biens qu'on a volés. »
« ... »
ne put s'empêcher d'allumer une cigarette quand toutes les lumières à l'intérieur des entrepôts s'allumèrent pour révéler leur contenu. C'était bien plus qu'il ne l'avait imaginé. L'entrepôt faisait la taille de deux terrains de foot, et tout l'entrepôt était bourré jusqu'au plafond de colonnes de cinq barils.
« C'est tout ça ? »
demanda à Saints, et Saints regarda le panneau devant l'entrepôt et répondit.
« Non. Tout ce qu'il y a dans cet entrepôt, c'est un carburant appelé "essence". On stocke quelque chose appelé "kérosène" séparément, et on en a à peu près la même quantité. »
Note : Pour ceux qui ne connaîtraient pas la différence, l'essence (abréviation de pétrole) désigne le pétrole brut tout juste extrait du sol ; le kérosène est essentiellement une version raffinée. Le pétrole brut est composé de divers liquides, distingués par leur point d'ébullition. Comme le kérosène a un point d'ébullition plus élevé, on peut l'extraire en "brûlant" les parties du pétrole qui ont un point d'ébullition plus bas, ne laissant que le kérosène et d'autres liquides aux points d'ébullition encore plus élevés. Voir ce site pour une explication plus détaillée. Chaque partie a ses propres usages (par exemple, le kérosène est utilisé comme carburant pour les réacteurs, etc.).
« Tous ces barils sont pleins ? »
« Oui. La majeure partie de la dépense en cristaux de mana ici vient de la maintenance de ces entrepôts. J'entends dire que ces marchandises de l'autre monde se gâtent vite si on les laisse sans surveillance ne serait-ce qu'un instant. »
« Parlons de mettre la charrue avant les bœufs. »
« Pardon ? »
Saints inclina la tête, incapable de comprendre ce qu' avait dit. laissa Saints derrière lui et quitta l'entrepôt, regardant la longue file des autres entrepôts.
« Tout ça, c'est tout le carburant que vous avez volé ? »
« Non monsieur. Euh... Il y a cinq entrepôts pour le carburant, dix pour l'équipement de combat capturé, et un entrepôt chacun pour les munitions, l'équipement personnel et les rations. Le reste ce sont des entrepôts utilisés par la garnison. »
pencha la tête. Si autant de carburant et de nourriture avaient été volés, cela signifiait que sur la durée de la bataille de plusieurs jours, les forces de réserve chargées de la logistique avaient traversé la Porte et créé une ligne de défense à un moment donné. Qu'est-ce que ce monde avait bien pu faire jusqu'à ce que cela arrive ?
« Je pose la question parce que je ne sais vraiment pas, mais comment se déroule habituellement la bataille pour la Porte ? »
« Hein ? Qu'est-ce que vous voulez dire ? »
« Je veux dire, la porte est ouverte. Comment vous réagissez, vous ? »
« Eh bien... On attend que nos troupes régulières arrivent. Une fois qu'elles arrivent, on organise les troupes et on marche vers la porte. »
« Combien de temps ça prend ? »
« Pardon ? »
fronça les sourcils et hurla avec agacement, frustré que Saints continue de répondre par des questions.
« Combien de temps ça prend après l'ouverture de la porte pour que la bataille commence !? »
« Ça varie, mais la plupart du temps ça prend un ou deux jours après l'ouverture de la porte. »
« Pourquoi ? »
« Parce qu'on ne peut pas s'approcher près de la porte pendant le premier ou les deux premiers jours après son ouverture. »
« Vous ne pouvez pas l'approcher ? »
Saints regarda comme s'il posait une question rhétorique. Juste au moment où allait gifler Saints par mécontentement, Rivelia intervint.
« Il n'y a pas de mana dans les Terres Interdites. Mais quand la porte s'ouvre, elle commence à aspirer le mana environnant. »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? Comment peut-elle aspirer le mana alors qu'il n'y en a pas pour commencer ? »
demanda en retour en fronçant les sourcils, et Rivelia tapa sur les cristaux de mana de son manteau et de sa poitrine.
« Il y a du mana ici. »
« Hum, donc quand la porte s'ouvre, la zone où le mana est drainé s'étend, et si tu te tiens dans cette zone, non seulement le mana des cristaux mais même le mana à l'intérieur de ton corps est aspiré ? »
« Oui. Jusqu'à ce que la Reine découvre ce phénomène, nous devions utiliser des soldats et des armées ordinaires au lieu des agents de combat de la Centrale. Nous devions utiliser le nombre pur pour défendre notre position. Les pertes étaient horribles. »
« Il n'y a pas une seule chose dans laquelle cette vieille n'a pas mis son nez. Ça veut pas dire que le combat dans son ensemble est impossible ? »
« Cette zone s'étend sur environ 1 kilomètre et disparaît après 2 jours. »
« Et il n'y a aucune mission jusqu'alors ? »
« Hein ? Quelles missions ? »
« Incroyable. »
De penser qu'ils attendraient que l'ennemi entre et finisse de préparer ses défenses. Ne devraient-ils pas utiliser tout ce qu'ils peuvent, comme l'artillerie dont ils disposent, pour les harceler ? La Centrale, qui possédait le plus de connaissances du monde précédent, devait certainement posséder des connaissances militaires, et ils n'avaient certainement aucune raison de rester inactifs aussi stupidement.
« Alors combien de temps avant que la porte ne se referme ? »
« Bien que cela change à chaque fois, c'est généralement 4 à 5 jours. »
se tourna vers l'entrepôt contenant le carburant et sorti une cigarette.
Les chiffres ne collaient toujours pas. Même si le corps logistique finissait les préparatifs, ils devaient encore battre en retraite avant que la porte ne se referme. Mais c'était trop de carburant et de rations. Il n'y avait aucun moyen que ces forces expéditionnaires viennent se battre et repartent sans raison. Est-ce qu'ils s'engageraient vraiment dans de telles batailles d'usure sans sens, surtout quand il y a autant de malins dans ce monde ? Quand la valeur monétaire de tous ces biens serait astronomique ? Et ils jetteraient tout ça ? À chaque fois jusqu'à présent ? Alors qu'ils n'ont pas des fonds infinis ?
« Allons voir les autres entrepôts. »
Saints guida le chemin vers une autre unité de stockage sans broncher.
« C'est ici que l'armement lourd est stocké. »
« Hein. »
Ce n'était pas que de la nourriture ou du carburant. Des dizaines de véhicules de tous types étaient alignés, recouverts de bâches et de vinyle plastique. Pas seulement des véhicules blindés, mais des chars, de l'artillerie et des canons TOW. On aurait dit un marché d'armes. Le visage d' se raidit quand il regarda les entrepôts contenant l'équipement de combat personnel.
Note : Les canons TOW sont des missiles antichars américains. Article Wikipédia.
« C'est pas pour le combat ? Qu'est-ce qui se passe ? »
Du matériel flambant neuf était contenu proprement dans des caisses en bois, et ces boîtes remplissaient tout l'entrepôt organisées par type sur des palettes. C'était suffisant pour armer des milliers de soldats au minimum. Il n'y avait aucune raison d'apporter autant d'équipement personnel comme fournitures.
Comment était-il censé analyser ça ?
Le simple fait que le vent se soit mis à souffler juste à son arrivée était déjà assez suspect. Mais ne pouvait même pas plaisanter. Ces armes, ce carburant et ces rations suffisants pour armer une division entière. C'étaient des armes neuves, sorties d'usine, encore dans leurs caisses. Plutôt que d'avoir été abandonnées, elles avaient simplement été données. Pour qui ? Quel était le prix ? jeta un coup d'œil à son manteau et demanda.
« Tous les agents participant au combat portent ça ? »
« Oui. Sans ça, on n'a aucun moyen de percer la puissance de feu des forces expéditionnaires. »
« J'imagine qu'il y a des pertes ? »
« Quand le manteau encaisse plus de chocs qu'il ne peut en supporter, il cesse de fonctionner pendant un court instant. Il n'y a aucune possibilité de survie si on se fait concentrer par leurs tirs dans cette brèche. »
« Les cristaux de mana restent les mêmes même si le porteur meurt, non ? »
Saints explosa de rage quand posa cette question.
« Ces forces expéditionnaires cruelles récupèrent les corps de nos morts quand elles se retirent ! »
« C'est donc comme ça. »
Une chose qu' n'avait pas comprise quand il avait entendu parler de la Porte, c'était pourquoi les forces expéditionnaires continuaient de tenter le coup malgré l'absence de garantie que la Porte resterait ouverte.
C'était une terre désolée, complètement stérile et dépourvue de ressources à cause de la tempête constante. Avec la porte instable, il n'y avait aucun moyen d'établir une ligne de ravitaillement correcte. Les Terres Interdites étaient pour les explorateurs, pas pour les soldats réguliers.
Quelle était la raison pour laquelle ils continuaient d'ouvrir ces portes malgré la certitude qu'ils ne pouvaient pas y résider ?
se souvint que Yoo-rah avait mentionné qu'ils faisaient d'énormes profits à chaque aller-retour et finit par comprendre.
Après le combat, simplement reprendre 3 ou 4 cristaux de mana sur un cadavre serait un profit énorme. n'était pas entièrement sûr de pourquoi ils prenaient les corps au lieu de juste arracher le manteau. Peut-être pour la dissection. Il y aurait sûrement aussi beaucoup de prisonniers, tous subiraient d'indicibles atrocités trop horribles pour être imaginées.
Est-ce que cela voulait dire que ces fournitures étaient laissées comme prix pour les cristaux de mana ? Alors qui était l'acheteur ? La Centrale ? Pendleton ? Yoo-rah ? Le Ciel ? L'Enfer ? Ou une autre partie inconnue ? Non, est-ce qu' pouvait même confirmer cette théorie ?
« Merde ! »
hurla sa frustration. Le cri soudain surprit Rivelia et Saints, qui regardèrent . tira une longue bouffée de sa cigarette et regarda les entrepôts. Plus il pensait à comment il s'était retrouvé empêtré là-dedans juste pour mener une vie fatigante, plus il était frustré.
sentit que rester là plus longtemps n'apporterait aucune réponse et chassa ses pensées. Quel que soit celui qui trammait, tout ce qu' avait à faire était de le surpasser. Il ouvrit machinalement une caisse près de lui et laissa échapper un marmonnement épuisé.
« J'aurais jamais cru voir la baguette magique d'Allah ici. »
Un RPG-7. Une arme qui avait été achetée en masse auprès des marchands d'armes quand l'armée essayait désespérément de bricoler une réponse au manque de puissance de feu dû au manque de fournitures. se remémora comment lui et ses hommes avaient ricané en recevant des cargaisons de ces roquettes, plaisantant entre eux qu'ils étaient devenus de vrais terroristes. Un sourire amer apparut sur le visage d'.
Les RPG-7 bon marché et efficaces avaient apporté de bons moments, mais être acculé dans un coin où même ces roquettes étaient trop peu nombreuses pour être utilisées n'était pas un souvenir agréable.
Mais pourquoi quelque chose qui était pratiquement un symbole du terrorisme se trouvait-il ici ? Les Américains n'utilisaient sûrement pas ça. Les autres nations qui uniraient leurs forces aux Américains étaient principalement des nations occidentales, mais les nations qui utilisaient ça étaient d'anciennes nations communistes et du Moyen-Orient.
Il n'y avait aucun moyen que les puissances occidentales aient conclu un accord avec d'anciennes nations communistes ou du Moyen-Orient pour cette excellente opportunité. À moins que la politique mondiale n'ait changé pendant qu'il était mort.
« E, euh. Monsieur , si vous l'ouvrez comme ça... »
Saints fit une douce plainte avec un air inquiet quand ouvrit la caisse pour vérifier ce qu'il y avait dedans. Les armes par nature devaient être traitées strictement. Si l'une de ces armes venait à disparaître, ce serait Saints qui en subirait les conséquences.
« Je prends juste quelques-uns en souvenir. »
« Ç, c'est... »
« Tu penses que je peux même pas te couvrir ? »
« Non monsieur. »
Saints recula immédiatement. Saints ne croyait pas aveuglément aux paroles d' non plus. Dans sa tête, il calculait comment il pouvait rester dans les bonnes grâces d', ce qui lui permettrait de faire du stop sur le dirigeable lors de l'évacuation inévitable. Donc Saints devait faire semblant de ne rien voir de ce qu' prenait ou de combien. regarda autour de lui pour prendre quelques articles à son goût et finit de visiter les autres entrepôts aussi.
« C'est bizarre. C'est tout pour les munitions ? »
« Oui. Cet entrepôt seul contient toutes les munitions. »
« ... C'est trop peu. »
Les munitions contenues dans l'entrepôt n'étaient pas seulement pour les armes légères mais incluaient des obus pour chars et artillerie soigneusement emballés dans des caisses et des barils. Mais il n'y en avait que suffisamment pour qu'un bataillon les utilise en deux ou trois batailles. Un régiment épuiserait ses fournitures en une seule bataille.
Note : Un régiment est composé de 2 à 6 bataillons, et chaque bataillon peut avoir une composition spécialisée. Du plus grand au plus petit (en termes militaires américains), c'est brigade > régiment > bataillon > compagnie. Cela peut varier selon les nations, qui peuvent avoir des hiérarchies légèrement différentes le cas échéant.
« Il y a plein de carburant et d'équipement, mais trop peu de consommables... »
Maintenant, commençait à sentir ce qui se passait. Quelqu'un, ou quelque faction, s'était allié aux forces expéditionnaires. En échange, ils recevaient des armes et de l'équipement, mais les munitions utilisées par cet équipement étaient trop peu nombreuses pour s'en servir. Seules les forces expéditionnaires pouvaient fournir ces approvisionnements, donc qui que ce soit qui s'était allié était entièrement dépendant de l'assistance des forces expéditionnaires. C'était l'une des tactiques favorites des superpuissances armées pour inciter les révolutions et alimenter les tensions civiles dans les guerres coloniales.
Note : Ça a du sens ; vendre des armes mais garder une laisse serrée sur les munitions pour garder l'acheteur dépendant de vous. Pour autant que je sache, les rebelles (tels que les Contras nicaraguayens financés par la CIA) étaient équipés avec un approvisionnement suffisant pour atteindre leurs objectifs et demandaient souvent plus d'aide à une superpuissance.
« Comment je dois utiliser ce fait... »
Que la Centrale sache ce fait n'avait pas d'importance. Comment allait utiliser cette carte était le problème.
« Pourquoi on ne rentre pas si t'as fini de regarder ? »
Rivelia conseilla en remarquant que le vent se renforçait. Ces mots ramenèrent de ses pensées, et il regarda les drapeaux flotter dans le vent avant de hocher la tête.
« D'accord. Retournons voir sunbae. J'ai fini de regarder. »