Quand Rizzly transmit le message de fin d'entraînement, Rivelia eut du mal à le croire au début et restait incrédule même après qu'on le lui eut répété une seconde fois. Elle partit immédiatement demander confirmation à elle-même. Pendant ce temps, les volontaires restaient stupéfaits devant cette fin brutale de leur entraînement. Pas une seule âme ne cria de joie ne sauta sur place à l'annonce. Ils étaient simplement trop épuisés, corps et esprit confondus. La première chose qui traversa l'esprit des volontaires quand ils reprirent leurs sens fut de manger. Ils envahirent la cuisine dans une frénésie, poussés par une faim insatiable, dévorant tout ce qui s'y trouvait, cuit ou non. Une fois rassasiés, ils s'effondrèrent tous au sol, privés de sommeil depuis si longtemps. Le duc et ses instructeurs reçurent la nouvelle de la fin de l'entraînement et décidèrent de passer voir, pour tomber sur ces volontaires en plein festin vorace. Ils restèrent sans voix, témoins de ce qu'avait été un groupe d'étudiants brillants de lignée noble, devenu une bande de maraudeurs, dévorant tout ce qui était comestible avant de s'effondrer au sol pour dormir.
Après avoir dormi un temps considérable, la raison des volontaires commença à revenir. Une gêne s'installa tandis qu'ils se souvenaient de leurs propres comportements troublants, mais ce ne fut que passager. Tous ici avaient déjà vu les autres à leur pire.
La suite pour les volontaires fut de se nettoyer. Ils furent si méticuleux dans leur toilette que l'eau du bain dut être changée trois fois. Ils retrouvèrent leur apparence d'antan une fois revêtus d'habits propres.
« ... Je suis impressionné par votre détermination à accomplir cet entraînement ardu, et je vous demande de préserver cette parole en tant qu'agents de la Centrale à la Direction de la Sécurité, en accomplissant vos missions au mieux de vos capacités. »
« ... »
s'envola vers le Campus comme s'il avait attendu cet instant dès qu'il apprit la fin de l'entraînement, et il apporta les uniformes et les manteaux de protection de la Centrale pour les volontaires.
La vue de trente agents pleinement équipés et en uniforme créa une sacrée atmosphère, mais ils restèrent d'un silence de mort quand eut fini son discours. fut alarmé par cet enthousiasme inattendu et céda la place à maladroitement.
Dès qu' monta sur l'estrade, les agents saluèrent d'un seul mouvement avant de reprendre la position de repos.
EDN : Voici une image, et voici un site avec du contexte.
parla en dévisageant les agents de ses yeux froids.
« Retardés. »
« ... »
Pas la moindre réaction des agents face à l'insulte d'. Cette brève insulte n'était rien comparé à tout ce qu'ils avaient vécu jusqu'ici.
« Des retardés qui se sont portés volontaires, tentés par les récompenses. Rappelez-vous ça. La Centrale a fermé les yeux quand j'ai essayé de vous tuer. Ce qui veut dire que vous êtes tous jetables. Aucune organisation ne chérit ses jetables. On les met de côté quand on en a besoin. »
« ... »
« Je ne prendrai que les missions que la Centrale trouve difficiles à gérer, et je les réglerai d'une manière qui ne plaira pas à la Centrale. Si vous souhaitez revenir vivants et restaurer l'honneur de votre famille ou finir votre vie les pieds dans l'or, faites preuve d'une obéissance absolue à chacun de mes ordres et survivez du mieux que vous pouvez. »
Sur ces mots, descendit prestement de l'estrade, remplacé par Reisha qui hurla :
« C'est fini ! Allons manger ! »
Le cri de Reisha dispersa les agents. Pas un seul hourra, aucune excitation, ni ce sentiment d'accomplissement qu'on voit d'habitude après une épreuve.
L'événement s'étant déroulé plutôt vite et dans le silence, s'approcha d' en fronçant les sourcils pour se plaindre.
« Qu'est-ce que je deviens si tu expédies ça si vite ? »
avait soigneusement ciselé son discours en repoussant les limites de son vocabulaire, parlant pendant plus de dix minutes. balaya la plainte de sans s'en soucier.
« C'est dans l'intérêt de tout le monde de passer au plus vite cette cérémonie de fondation que personne n'aime. »
L'ordre de fondation de la Direction de la Sécurité arriva en même temps que la fin de l'entraînement des agents. assista à cet événement, portant sur lui l'ordre écrit scellé par l'Empereur et l'approbation du Grand Conseil. Mais cet événement était plutôt maigre, pour célébrer la fondation de la nouvelle direction de la Centrale.
Non, il était difficile de l'appeler un événement. Personne de la Centrale n'avait assisté à la cérémonie hormis , et aucun des instructeurs du Collège ni le duc n'étaient présents.
« Bref, je rentre, alors appelez-moi quand y a du boulot. »
éclata de rire comme si avait fait une bonne blague.
« Où crois-tu aller ? Ton travail n'est pas fini. »
« Wow ! C'est dur, ça. Moi j'allais leur accorder quelques mois de congé après cet entraînement, et toi tu veux les déployer direct ? No wonder la Centrale est cruelle jusqu'à la moelle, avec des supérieurs qui donnent l'exemple comme ça. »
« ... Je me pose des questions sur pourquoi la Centrale est cruelle et pourquoi un congé durerait des mois. Mais il y a une procédure que toutes les recrues doivent suivre. »
« Laquelle ? »
« Visiter les Terres Interdites. »
« Les Terres Interdites ? Pourquoi là-bas ? »
« C'est une sortie de terrain. Ils visitent le lieu d'apparition des Portes et voient le bataillon qui protège la zone. La vérité, c'est que les recrues ne sont pas considérées comme de vrais agents de la Centrale tant qu'elles n'ont pas visité les Terres Interdites. »
« De telles mauvaises pratiques doivent rester derrière nous. Par conséquent, la Direction de la Sécurité ne participera pas à ce genre de comportement... »
« Ce n'est pas une mauvaise pratique mais une procédure formelle. »
« Tss ! C'est pour ça que les bureaucrates sont chiants... Bon, emmène les agents et vas-y. Moi je rentre quand même. »
« Je te l'ai déjà dit. C'est une procédure formelle. Si tu n'y vas pas, tu n'as aucun pouvoir réel en tant que Directeur de la Direction de la Sécurité. »
« Est-ce que j'ai seulement la permission d'utiliser cette soi-disant autorité ? »
« Ils peuvent montrer les crocs en secret, mais pas au grand jour, au moins. »
« Mais c'est quand même chiant d'y aller... »
soupira en voyant réfléchir sérieusement à savoir s'il avait envie d'y aller ou pas. Être forcé de composer avec quelqu'un d'aussi mesquin qu' était misérable.
« Fais pas ça. Regarde, j'ai même réservé un transport spécial pour ça. »
« Transport spécial mon cul... »
grogna en regardant le dirigeable géant devant lui.
« C'est un transport spécial, spécialisé pour voyager dans les Terres Interdites. »
Quand dit « transport spécial », il ne voulait pas dire qu'il était réservé aux Directeurs mais un transport conçu spécifiquement pour aller dans les Terres Interdites. continua à grogner qu'on l'avait berné et leva la tête pour regarder le corps sphérique géant du vaisseau.
« Ce truc va exploser ? »
« Hindenburg ? »
« ... Tu connais bien. »
« L'hydrogène et l'hélium ne sont pas les seuls moyens de voler. »
« ... C'est de la magie aussi ? »
« Bien sûr. »
« Je jure, cette magie ne peut pas être la réponse à tout... »
sourit amèrement aux marmonnements d' et le quitta quand le capitaine du navire l'appela. Seul, regarda le dirigeable, insatisfait, quand Kunette et Reisha s'approchèrent de lui avec hésitation.
« Euh, sunbaenim... »
« Quoi ? »
« Hé hé. On peut ne pas y aller ? »
« Hein ? »
plissa les yeux face aux deux, entendant la requête suppliante de Reisha. Leur langage corporel criait pratiquement à de les laisser sécher le trajet, même s'ils essayaient de garder contenance par politesse. se tourna pour regarder les visages des agents montant dans les dirigeables. Il y trouva deux réactions distinctes.
L'excitation et le dégoût.
Ceux qui venaient de sortir du Collège étaient excités, tandis que les agents vétérans avaient un léger froncement de sourcils en forçant leurs pieds à avancer, comme du bétail mené à l'abattoir.
Même ce vicieux de avait une expression mal à l'aise, contrairement à son attitude habituellement féroce. se retourna vers Kunette et Reisha, qui répondirent par un rire gêné.
demanda aux deux, voyant que même Kunette, qui refusait de rester à plus d'un bras de lui, ne voulait pas suivre .
« Quelle est la raison ? »
« Ça fait whooosh et swooosh ! »
« Et pooof et fwooosh. »
Reisha et Kunette agitaient les bras dans tous les sens en mimant toutes sortes de bruits. Puis Rivelia, et un vieil homme, qui était le capitaine du navire, revinrent vers .
« Qu'est-ce qu'elles ont, ces deux-là ? »
« Elles disent qu'elles veulent pas y aller. »
Le capitaine sourit amèrement, et soupira comme pour approuver les deux.
ne put s'empêcher de s'inquiéter en voyant même Rivelia, qui était totalement dénuée d'émotion sur son visage depuis ce jour, froncer légèrement les sourcils en acquiesçant.
« Quelle est la raison ? »
Rivelia expliqua vite pour Reisha et Kunette, qui agitaient les bras et faisaient du bruit.
« Ça tremble. Beaucoup. »
« Tremble ? C'est pas comme ça que marchent les dirigeables. C'est différent dans ce monde ? Bon, y a pas de raison d'emmener quelqu'un qui veut pas y aller. Rentrez chez vous. »
passa sur le problème, pensant que les deux n'aimaient simplement pas subir les turbulences. Dès qu' leur donna son accord, Kunette et Reisha grinçèrent et disparurent vite de la scène — presque comme si elles avaient peur qu' change d'avis s'il en avait l'occasion. Pendant ce temps, Rivelia perdit sa chance d'entrer plus dans le détail. La bouche ouverte pour l'air, elle n'eut pas le temps d'expliquer qu' avait mal interprété son acte.
« Quoi, toi non plus tu veux pas y aller ? Alors pourquoi tu rentres pas chez toi ? »
« ... Non, monsieur. »
Rivelia se contenta de fermer sa gueule face au visage agaçant d'. Il saurait une fois qu'il l'aurait vécu. acquiesça sans se soucier de la réponse de Rivelia et parla au capitaine.
« Je peux pas monter dans ce dirigeable banal en tant que Directeur de la Centrale. Préparez un avion plus sûr et plus solide pour moi. »
Le capitaine regarda d'un air vide un instant, puis éclata de rire. Il marcha immédiatement vers ses matelots et répéta ce qu' avait dit, et tout le groupe s'effondra à genoux de rire.
regarda la scène en silence, furieux, quand dit à en soupirant.
« Tous les grands directeurs du passé sont allés aux Terres Interdites en dirigeable. Tu crois vraiment qu'ils auraient un avion personnel rien que pour toi ? Sans compter que seuls les dirigeables peuvent entrer dans les Terres Interdites. »
« Pourquoi ça ? »
« Je te l'ai dit avant, il y a constamment une tempête de mana. »
« Alors comment vous avez fait pour mener toutes ces batailles pour défendre la Porte dans un environnement si dangereux ? »
« Je te l'ai pas dit ? »
« Qu'est-ce que tu m'as pas dit ? »
« Peu importe la férocité de la tempête, son centre est calme. »
« ... L'œil de la tempête ? »
Le dirigeable embarquant les agents partit tranquillement et secrètement sans un seul adieu du Campus. Laissant de côté la question de savoir si les dirigeables peuvent voyager jusqu'à la stratosphère ou non, le dirigeable lent offrait une vue magnifique contrairement aux avions rapides, donnant aux passagers l'impression de marcher sur les nuages.
Il y avait à peine du tangage dans le navire, donc trouvait difficile de comprendre pourquoi Kunette et Reisha étaient si catégoriques pour ne pas y aller. Il se souvint de leurs gestes d'agitation des mains et des mots qu'elles avaient utilisés pour décrire leur raison et en déduisit que c'était parce qu'elles avaient eu une mauvaise expérience en tombant sur une tempête par malchance.
Leurs actions rendirent nerveux au début, mais le voyage s'était bien passé jusqu'ici. La nourriture était bonne et il était traité comme il se doit, à part les matelots qui le dévisageaient comme s'ils étaient prêts à cracher dans sa bouffe à tout moment.
Flottant dans le ciel pendant trois jours, fit l'expérience de l'immensité de cet Empire et maudit silencieusement sa bêtise de n'avoir jamais soupçonné la possession par l'Empire de la technologie du transport aérien. C'était nécessaire si l'Empire voulait administrer de tels vastes territoires avec un maximum d'efficacité. entendit par l'annonce de bord qu'ils venaient de passer les réserves du nord et arrivaient aux Terres Interdites.
« ... C'est ça, la tempête de mana ? »
ne put s'empêcher de pousser un cri d'étonnement au moment où il entra dans le poste d'observation et vit la puissance de la nature en plein élan.
Devant eux, un mur de nuages rouge foncé s'étendait dans toutes les directions comme une muraille leur barrant la route. À gauche, à droite et même au-delà de l'horizon, les nuages étaient omniprésents avec des éclairs irréguliers qui zébraient l'espace comme les lumières d'une boîte de nuit.
« C'est pas une blague. »
admira la vue devant lui en savourant sa cigarette, quand il réalisa que le dirigeable avait cessé d'avancer.
« Merde ! Y repenser me file la nausée. »
et Rivelia entrèrent dans le poste d'observation. Ils avaient l'air d'avoir cherché tout ce temps. Quand vit la tempête de mana, son corps trembla.
« Ce chemin dont tu parlais est sûr, hein ? J'ai vraiment pas envie de voler dans les cieux avec mon corps seul. »
« Hein ? De quoi tu parles ? Faire quoi avec mon corps ? »
« Quoi ? On se posait pas ici et on continuait à pied ? »
Rivelia tourna lentement la tête tandis que ricana et répondit.
« C'est une façon de se suicider. »
« ... Tu veux pas me dire qu'on fonce dans cette tempête à bord de ce dirigeable ? »
« C'est exact. »
« C'est l'ordre du Directeur. Faites demi-tour immédiatement. »
haussa les épaules face à .
« La chaîne de commande dans un dirigeable est la même que sur un navire de mer. Le capitaine est roi ici. Tu peux essayer de convaincre le capitaine si t'es confiant. »
« Comment un dirigeable est censé traverser ça ?! On serait en morceaux bien avant d'arriver ! »
« Ce serait le cas si on s'y jetait sans réfléchir. »
« Alors tu dis qu'il y a une méthode ? »
« Bien sûr ! Tu crois vraiment qu'on utiliserait des dirigeables pour rien ? »
« Merde ! J'ai été con de croire tes paroles... Donc c'était pour ça qu'elles étaient si désespérées pour sécher. »
gémit en souffrant d'un mal de tête massif concocté par les secousses constantes du navire. Les mouvements et les sons que Reisha et Kunette avaient faits n'étaient pas exagérés le moins du monde.
s'était demandé pourquoi il existait un jeu de sangles de retenue sur le siège jusqu'à ce qu'il l'expérimente. La méthode dont parlait était la plus brutale et la plus téméraire qui soit.
Les Terres Interdites étaient comparables en taille au continent nord-américain. Et cette tempête d'une échelle massive faisait rage sans arrêt depuis des centaines d'années, englobant totalement cette zone.
La méthode pour entrer et sortir de la tempête était presque trop simple à dire. La tempête était une spirale menant vers le centre. Donc si on jetait son corps et qu'on se laissait porter par le vent, la tempête les mènerait naturellement là où se trouvait la Porte. On arrivait en un instant si on attrapait le bon vent, mais si on avait pas de chance, on restait bloqué dans la tempête pendant des jours.
Quand elle entendit l'annonce de bord dire qu'ils étaient maintenant en mouvement, Rivelia prit l'un des sièges de l'observatoire et mit toutes les ceintures de sécurité au point d'avoir l'air plus d'un pilote de chasse que d'une passagère.
regarda la scène d'un air hébété, luttant pour comprendre. énuméra les raisons pour lesquelles elles agissaient comme ça juste avant que le navire ne s'apprête à plonger dans la tempête, et , dans une panique furieuse, prit place pour s'attacher. L'instant où il eut fini de s'attacher, tout l'enfer se déchaîna.
La direction du vent était toujours la même dans la tempête, mais la force de ses vents variait énormément. put comprendre pourquoi ils utilisaient un dirigeable au lieu d'un avion après être entré dedans. Aucune quantité de renforcement de la structure de l'avion ne pourrait survivre dans ces vents.
Comme une feuille morte tourbillonnant dans le vent, le navire bougeait dans toutes les directions au gré des vents, ayant le mal de mer en plein ciel. Sans les retenues, beaucoup seraient morts sur le coup.
« Tu devrais te considérer chanceux. Les secousses dans cette partie du navire ne sont pas aussi graves qu'avant grâce à l'accord magique. »
« C'est ça ? »
Les secousses étaient si intenses qu'on entendait tout le navire craquer. On s'inquiéterait de savoir si le navire peut réellement survivre, pourtant appelait ça la « meilleure partie. »
répondit à , expliquant l'enfer encore pire qui existait.
« Je parierais que là où sont les agents de la Direction de la Sécurité en ce moment, c'est un cauchemar vivant. Tu n'as aucune idée de à quel point c'est pire chaque fois qu'on mène un groupe de recrues ici. Nous, au moins, on peut s'asseoir comme ça et regarder dehors, mais les agents doivent s'allonger sur un lit et s'attacher. Imagine si l'un d'eux n'arrive pas à retenir la nausée et vomit — seulement au lieu de regarder ça couler par terre, ça atterrit sur leur visage. Parce que le navire tremble tant, les gouttelettes de vomi sont obligées d'éclabousser partout dans le navire. Donc quand un vomit, ça déclenche une réaction en chaîne, et même ceux qui tenaient bon lâchent prise. C'est un cycle constant de vomir et d'étouffer sur le vomi — et ce sera probablement même pas le tien. »
« Wow. Ça a l'air dégoûtant. »
« Ouais ? Heureusement pour moi, j'ai eu un vol court où on a traversé en juste 1 heure, mais j'ai aussi entendu que ceux après moi ont eu le pire vol. »
« Combien de temps ça leur a pris ? »
« Ils ont attrapé le pire courant possible, prenant le vent le plus externe de la tempête. Ça leur a pris environ 3 jours. »
« Ouah. Passer trois jours attaché dans cet endroit ? C'est une façon de transformer quelqu'un en cadavre. »
« Ouais ? Et tu peux même pas penser à avoir un repas correct ici. Pire encore, tu perds le contrôle de ton esprit et tu peux t'empêcher quand il s'agit d'excrétion. Pense-y. Tu es couvert de ta propre pisse et de tes propres merdes. Quel cauchemar. »
« Wow ! C'est horrible. Tu l'as subi toi aussi ? »
Le corps de Rivelia frissonna quand demanda, comme si elle se souvenait de ces temps cauchemardesques. Elle serra les dents et acquiesça. pinca les lèvres et maudit.
« Quel dommage. Si j'avais su, je t'aurais envoyée avec les agents. »
ricana au marmonnement d', pendant que Rivelia plantait ses regards en dagues dans de toute sa force. remarqua le regard noir de Rivelia et changea de sujet.
« Mais vous devriez pas trouver une autre méthode à ce stade ? Disons, heu... Vous mettez des cloisons entre les lits pour limiter les dégâts au maximum ou un truc du genre. »
« C'est vrai que de telles discussions ont été soulevées par le passé, bien que toutes aient été finalement rejetées. »
« Pourquoi ça ? »
hésita à répondre à , alors reporta ses yeux sur Rivelia. Rivelia répondit de sa voix calme.
« La raison est que cela interfère avec la camaraderie des agents. »
« La camaraderie ? »
sourit en coin en expliquant.
« Tu sais que ces recrues sont des élites qui pensent être au sommet du monde parce qu'elles sont diplômées du Collège, bien avant d'être recrutées dans la Centrale. Et une fois qu'elles apprennent la vérité derrière ce monde, il est facile pour elles de devenir trop confiantes et de se promener comme si elles étaient des élues. On les force alors à se couvrir de leur propre vomi et de leurs excréments ensemble, que ce soit homme ou femme. Elles se verraient à leur plus bas. Il n'y a rien de mieux pour écraser leur arrogance, non ? Et le fait qu'elles aient subi la même indignité crée un lien entre elles. Mais imagine si on met des barrières entre elles, et que seules celles qui n'ont pas pu se retenir souffrent. Ça ne causerait que de la mutinerie. »
« Vrai, seules celles qui ont vomi seraient raillées. »
« Eh bien, c'est la raison en surface. La vraie raison est différente. »
« La vraie raison ? »
« Tous les agents de la Centrale l'ont refusé. »
« Dis pas que c'est cette excuse de « Vous devez le subir parce que moi je l'ai fait ». »
« Bien sûr que c'est ça. Je n'ai pas pu m'empêcher d'être d'accord après l'avoir vécu moi-même. »
« J'imagine que ça donne l'impression de s'être fait avoir. »
Les humains veulent être récompensés pour leurs peines. ricana et continua.
« Je te raconte un truc marrant ? »
« Quoi ? »
« Ton frère. »
« Lequel ? »
« Le vicieux, pas l'idiot. »
« ? »
« Ouais, lui. »
« Bien que je n'aie pas de pitié pour lui, c'est un pauvre type. Mais quoi sur lui ? »
« Kukuku ! Il était dans l'équipe qui a mis 3 jours pour traverser. »
« Puhahaha ! »
éclata de rire au moment où finit, et même Rivelia baissa la tête pour cacher le léger changement de son expression. Juste imaginer comment ce visage froid et vicieux aurait changé après s'être couvert d'excréments était une joie pure.
Une fois qu' se fut habitué aux secousses au point de pouvoir savourer sa cigarette dans ce navire turbulent, un dernier choc parcourut l'appareil avant que tout ne devienne calme.
« On est sortis. C'est plus vite que je m'y attendais. »
marmonna en enlevant la retenue et en se levant. Les autres suivirent et se levèrent aussi.
« Donc on est arrivés ? »
« Non, il nous faudra encore 2 heures de voyage pour atteindre la Porte. »
« Je croyais qu'on était sortis de la tempête de mana ? »
« On est sortis, je suppose, puisqu'on est entrés dans l'œil de la tempête. »
« Quel endroit désolé... »
Dit en regardant les Terres Interdites en bas, une cigarette à la bouche. Regarder la vaste plaine vide où pas un seul brin d'herbe n'existait lui donnait un sentiment morne.
« C'est toujours dérangeant, peu importe le nombre de fois où je viens ici... »
acquiesça avec , quand Rivelia vint vers eux avec deux verres de vin couleur citrouille. l'attrapa sans réfléchir, mais fut momentanément paralysé, hésitant à prendre un verre avant de décider de le faire.
« Apportez-moi de la glace s'il y en a. »
« Oui, monsieur. »
vit Rivelia, la Vice-Directrice, être commandée comme une secrétaire. Quand elle disparut sans un mot vers la cuisine, se plaignit à .
« Merde ! Je t'ai dit de t'occuper d'elle, alors pourquoi a-t-elle tant changé ? »
« Les héros sont des êtres solitaires. »
« Quelle connerie est-ce que c'est ? »
ignora la réplique de et sirota son vin tranquillement. Il regarda à nouveau en bas avant de dire.
« C'est plutôt vide. »
« Les Terres Interdites étaient autrefois un royaume humain avant les 7 Jours du Cataclysme. Elles se vantaient des terres les plus fertiles du continent, et maintenant c'est devenu ça. »
« Tout a une fin. »
Marmonna avec une cigarette à la bouche. jeta un coup d'œil à et dit.
« Je vais commencer par quelques avertissements puisqu'on a encore le temps avant d'arriver à la base. »
« Quoi ça ? »
« On ne peut pas utiliser la magie dans les Terres Interdites. »
« Ça n'a rien à voir avec moi alors. »
« Il n'y a pas de mana dans les Terres Interdites. Les raisons sont encore un mystère, alors ne me demande pas. Bref, pour utiliser la magie ici, il faut utiliser des cristaux de mana. »
« Et alors ? »
répondit à contre-cœur, frustrant . Il grogna en continuant.
« Tu sais que les cristaux de mana absorbent le mana des environs, non ? Donc les cristaux de mana qui ont été vidés de leur mana peuvent être rechargés, bien que pas à leur capacité d'origine. Mais dans les Terres Interdites, il n'y a pas de mana. Donc le seul moyen d'utiliser la magie est d'utiliser le mana contenu dans ces cristaux. Par conséquent, les cristaux de mana qui alimentent ce manteau en qui tu as tant confiance se vident beaucoup plus vite dans les Terres Interdites. »
« Je pige ça, mais quel rapport avec moi ? »
soupira et dit.
« Tu as causé des incidents et te suis fait des ennemis partout. Et ce titre de Directeur de la Sécurité est aussi un problème. Le général Noxvil, le commandant de la garnison de la Porte, est un maître d'épée et a combattu dans trois batailles distinctes pour défendre la Porte. Il était aussi un ami proche du duc Lopez, l'ancien instructeur en chef du Collège. »
pouffa et sourit.
« Il est si haut et puissant qu'il peut aller contre les ordres de la Centrale ? »
« Il a le plus grand respect pour les règles et les principes mais... »
« C'est bon alors. S'il est aussi têtu que tu dis, peu importe à quel point c'est dégoûtant, il viendra s'incliner puisque je suis plus haut gradé. Et s'il est juste fier, il n'aimerait pas non plus que je me prosterne devant lui. »
soupira et secoua la tête.
« Quoi qu'il en soit, tout ça n'est qu'une formalité, et on partira dès qu'on aura fini le ravitaillement, alors reste hors d'ennuis jusqu'à là. »
« Alors pourquoi m'as-tu amené dans cet endroit ? »
« Pour apaiser le mécontentement, même si son effet sera minime. Je te l'ai déjà dit, mais la Centrale est dans un peu de chaos à cause de ton ascension au poste de Directeur. Mais si tu devais sauter la formalité que tous les agents de la Centrale traversent, il y aurait des arguments pour dire qu'ils ne peuvent pas t'accepter comme Directeur. C'est pour ça que j'agirai et te traiterai comme mon supérieur quand les autres sont là. »
« Tss tss ! Il te manque encore quelques formalités de base. Le culot de dire que tu n'agiras que quand je serai reconnu comme ton supérieur... »
claqua la langue et secoua la tête en se moquant. Avant que ne puisse crier, dit.
« Ah ! Y a une question que je veux poser. »
« Laquelle ? »
Face à la réponse froide de , sortit une nouvelle cigarette et dit.
« Tu as dit que vous aviez fait un chemin à travers la tempête, non ? »
« Je l'ai dit. »
« Vous avez utilisé un dirigeable à l'époque aussi ? »
« Non. Les dirigeables n'avaient pas encore été inventés à l'époque. Donc on a dû traverser à pied. »
« Wow ! Vous avez traversé cette chose horrendous à pied ? »
« C'était difficile. On n'avait pas le choix que de poser des balises en progressant lentement. Les balises étaient faites pour dévier le vent en utilisant la magie, mais comme on ne pouvait pas utiliser le mana, on a dû utiliser des cristaux de mana pour les soutenir. C'est pour ça que nos dépenses en cristaux de mana étaient extrêmement élevées à l'époque. »
« Mais tout ça a changé une fois les dirigeables inventés ? »
« Oui. Bien que brutale, l'utilisation de dirigeables a permis des voyages plus rapides et a considérablement réduit les coûts, donc la route terrestre est devenue obsolète. Elle a été fermée. »
« Mais ça a dû être un travail d'enfer de démolir toutes les balises. »
« Pas besoin. Les balises cesseraient simplement de fonctionner une fois leurs cristaux de mana vides de mana. »
« Je vois. »
acquiesça comme s'il avait tout compris. Quand il attrapa une autre cigarette, vit quelque chose au bord de l'horizon.
« C'est quoi ça ? »
« On y est. C'est la garnison de la Porte. »
« Un hérisson ? »
Marmonna tandis que la forme du bâtiment d'aspect étrange devenait plus claire. dit :
« On réutilise juste le château du royaume qui existait autrefois sur cette terre. Ce sont les seuls bâtiments qui existent dans la Terre des Origines. »
« Tu n'as pas dit que les forces d'expédition avaient fait un camp la dernière fois ? »
Demanda , et répondit avec une expression sombre.
« On ne sait pas comment, mais l'emplacement de l'ouverture de la Porte a changé la dernière fois. Depuis, on a décidé de créer et de doter en personnel une garnison au centre de cette terre afin de réagir en temps voulu peu importe où la Porte s'ouvre. »
« On ne sait pas où la Porte va s'ouvrir, tu dis ? »
« Oui. C'est pour ça qu'on a subi des pertes extrêmes lors de la dernière bataille. On a failli perdre tous nos hommes dans cette défense. »
« Alors quel est l'intérêt de tous ces drapeaux là-bas ? »
Alors que le navire se rapprochait, on pouvait distinguer les silhouettes de nombreux drapeaux plantés sur le château. Certains étaient verticaux, d'autres horizontaux, et ces drapeaux recouvraient pratiquement tout le bâtiment. Bien que les drapeaux aient l'air cool en volant dans l'air, ça semblait plutôt hypnotique à cause de leur nombre.
Clang !
tressaillit en entendant du verre se briser. se tourna pour voir raide comme un pierre alors qu'il fixait le château.
« Tu m'as surpris. Qu'est-ce qui ne va pas ? »
« Les drapeaux... Ils flottent. »
« J'imagine qu'il fait plutôt venteux aujourd'hui. »
« Il n'y a pas de vent dans les Terres Interdites. »
commença à se demander pourquoi agissait ainsi, sa voix devenant plus tremblante alors qu'il continuait. Rivelia arriva à l'observatoire avec un seau de glace, et quand elle vit les drapeaux flotter, elle jeta le seau dans sa main et vint se coller à la vitre, son expression mortellement sérieuse. jeta un coup d'œil aux deux et demanda.
« C'est grave si le vent souffle ? »
« ... Les seules fois où les drapeaux flottent, c'est quand une Porte est sur le point de s'ouvrir. »