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I'm the Villainess, So I'm Taming the Final Boss

Chapitre 90

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Chapitre 90

Chapitre 90

Chapitre 90/19047%~9 min de lecture1 787 mots

Il toussa, réalisant qu'il respirait encore.

Des flammes dévorantes et une fumée noire s'élevaient devant ses yeux. Le bruit de la demeure qui s'effondrait en brûlant lui parvenait par fragments. À genoux sur la pelouse, Kyle posa une main sur sa poitrine et inspira à nouveau. Il vivait.

« Claude-sama !? Walt, où es-tu ? »

« Je suis en vie, bien que j'aie cru mourir. »

Walt, qui répondit en levant la main en diagonale derrière lui, semblait incapable de se lever et restait assis par terre. Kyle ressentait lui aussi un intense sentiment de prostration dans tout son corps.

« Comment se fait-il qu'on soit en vie... N'avons-nous pas été éliminés ? »

Dès qu'il eut prononcé ces mots, leur poids s'accrut. Eux, armes humaines dirigées contre le Roi Démon, avaient été jetés comme des kleenex.

Sans savoir qu'ils seraient sacrifiés, on les avait utilisés pour attirer le Roi Démon, et au final, on les avait éliminés.

( Ce n'était pas censé se passer comme ça. )

Il y réfléchit, puis se moqua de lui-même. Il avait oublié qu'il n'était qu'un outil, et sans s'en rendre compte, il avait commencé à espérer un avenir où le camp du Roi Démon et celui de l'Église s'entendraient, un espoir de ne pas avoir à tuer le Roi Démon.

Le résultat fut ce spectacle désolant.

« C'est le Roi Démon qui nous a sauvés, non ? »

À la phrase décontractée de Walt, la poitrine de Kyle s'alourdit lourdement.

« Même en tenant compte de ça, on s'est bien fait avoir. Je n'avais jamais entendu dire que la magie d'autodestruction pouvait être déclenchée de force, moi. »

« ... Walt. Toi, tu as l'air bien tranquille. »

« Pas du tout, j'ai le corps en compote. Mon impression honnête, c'est plutôt "comment se fait-il qu'on soit encore en vie ?" »

« Ce n'est pas ça ! On a été éliminés, je te dis ! Qu'est-ce qu'on va faire maintenant... »

« On est enfin libres. »

Libres. Il ne fit que répéter le mot dans sa bouche. Face à ce Kyle, Walt afficha un air soulagé et sourit.

« Toi aussi, Kyle. Bien fait pour ta gueule. »

« Qu-qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Dorénavant, on ne pourra plus nous utiliser pour les salamalecs de l'Église. Cet aspect de toi me tapait sur les nerfs. Bon, moi aussi je tergiversais, ceci dit. »

Tout en regardant la demeure qui brûlait flamboyamment, Walt poursuit.

« Maintenant, on n'est plus liés à l'Église. Alors, moi, je sers le Roi Démon. »

« ... »

« Et toi, tu fais quoi ? »

« ... Je suis un homme de l'Église. Je ne connais pas d'autre façon de vivre. »

« Alors que tu as hurlé au Roi Démon de fuir ? »

Oui, cet instant-là.

S'il n'avait pensé qu'à l'Église, il n'aurait pas dû formuler un tel vœu. La bonne réponse était de s'accrocher, d'entraîner le Roi Démon dans sa propre explosion et de tenter de le tuer.

Mais il n'avait pas su saisir la bonne réponse.

« ... Je me suis demandé si Airi... ne pleurerait pas. »

« À mon avis, elle serait plutôt furibonde et nous tuerait sur le champ, non ? »

« Et puis, au tout dernier moment... »

Si seulement j'avais pu devenir un vrai garde du corps.

Si tous ces jours avaient été, du début à la fin, authentiques.

Il l'avait toujours souhaité. Sans même en avoir conscience.

Des larmes coulèrent abondamment. Walt recula, surpris.

« Hein, mensonge, tu pleures ICI ? Arrête, ça me fait rien qu'un mec pleure devant moi. »

« Claude-sama... »

Peut-être parce qu'il pleurait pour la première fois depuis un temps immémorial, il n'arrivait pas à bien reprendre son souffle.

« Me pardonneras-tu ? Ne penseras-tu pas que c'est trop tard ? »

« ... Boah ? »

« Là, tu dois dire que c'est bon ! »

« T'es vraiment chiant, au fait !? Et avant ça, où est passé Claude-sama ? J'doute qu'il ait été pris dans l'explosion, mais... »

« M'as-tu appelé ? »

Surgissant soudain devant eux, il faillit les faire hurler. Les larmes de Kyle séchèrent net. À côté de lui, Walt plissa les yeux.

« Qu'est-ce que vous avez là ? Pas possible... »

« Des cookies en cadeau. Je vous ai sauvés et fait sortir, mais j'avais oublié. Je suis retourné les chercher à la demeure. Regardez, ils ont un peu brûlé mais ils sont intacts. »

« Vous êtes idiot de retourner dans une maison qui brûle ! Et s'il vous arrivait quelque chose ? »

« Croyez-vous qu'il puisse m'arriver quelque chose ? »

« Ah, un autre... » Walt se cache le visage, et à côté, Kyle répond calmement.

« Ce n'est pas parce que Claude-sama est sain et sauf qu'il est acceptable que vous risquiez votre vie. Je vous prie d'éviter les actions dangereuses. »

Claude garde le silence. Alors que Kyle craint d'avoir dit une bêtise, il aperçoit de petites fleurs qui s'épanouissent aux pieds de Claude. Intrigué, il lève les yeux et voit Claude esquisser un doux sourire.

« Les gardes du corps sont des inquiets, hein. »

« C'est notre travail. »

Walt, qui répond, a déjà décidé de prêter allégeance à Claude. Cet homme devance toujours Kyle.

( Il est temps que je l'accepte, moi aussi. )

Il serre le poing, et s'agenouille sur son corps épuisé. La tête baissée, fixant l'ombre dense tombant au sol, il ouvre la bouche.

« Claude-sama, j'ai quelque chose à vous dire. »

« J'écoute. »

« J'ai reçu l'ordre de l'Église de vous assassiner. C'est moi qui ai proposé cet entretien secret. ... Je n'imaginais pas qu'on nous utiliserait nous-mêmes comme armes contre vous. »

Il effleure sa gorge du bout des doigts et finit par rire, amer.

« Mais il n'en reste pas moins que je vous ai mis en danger. Toute la responsabilité m'incombe. Walt n'y est pour rien. »

Walt l'appela sur un ton de reproche, mais il continua sans s'arrêter.

« C'est pourquoi, je vous en prie, punissez-moi seul. »

« Le but de l'Église cette fois-ci n'était pas moi. C'était vous deux. »

Cette affirmation fit relever la tête à Kyle, qui la tenait baissée.

« L'Église ne voulait pas que je sois au courant des informations et connaissances que vous possédez. Et elle sait elle-même que vous êtes d'excellents gardes du corps. Elle n'avait aucune raison de vous laisser gratuitement à mes côtés. »

« ... Même si c'est le cas. Le fait que je vous aie trahi... »

« Mais toi, tu as poussé l'Église à la réconciliation et tu as essayé de m'aider. »

Il mord sa lèvre avec force. Pendant qu'il hésite sur la réponse à donner, cette voix calme lui accorde déjà son pardon.

« Ça n'a pas marché, c'est tout. Inutile de t'en faire. À la base, c'est Irene qui vous a arrachés de force à l'Église. Il y a forcément des décalages. »

« Ordre d'assassinat et explosion, vous appelez ça un décalage mineur... Bon, tant mieux. »

« En plus, j'ai su par Walt, en secret, que l'Église vous avait ordonné de m'assassiner. »

Au moment où il laisse échapper un souffle, Walt attrape Claude par le col.

« Pourquoi balancez-vous comme ça un secret qu'on vous a confié !? »

« Tu m'as dit : "Si tu protèges Kyle de l'Église, je te jure fidélité", et tu m'as tout raconté. »

« C'est pour ça qu'il faut pas tout étaler ! Je vous ai dit confidentiel, moi !? »

« Walt, toi... »

Il se redresse tant bien que mal. Walt se détourne alors brusquement.

« Je voulais juste te devancer, c'est tout. »

« J'ai été très triste d'entendre ça. »

« !? »

La conversation prend une tournure si soudaine que Kyle et Walt se retrouvent à pivoter ensemble vers Claude.

Claude n'en a pas l'air — mais probablement, il vient de laisser tomber les épaules, déçu.

« Tu ne veux pas me prêter serment, c'est ça ? »

« Vous balancez une demande d'une lourdeur incroyable sur le ton de la confidence ! Non, Claude-sama, d'habitude on dit "si vous faites quelque chose pour moi, je vous sers", non ? »

« Suis-je un seigneur si dénué de charme qu'on ne me sert que si je donne quelque chose en échange... ? »

On lui réclame une fidélité gratuite qui n'existe pas, mais face à ces sourcils fins qui forment un "ハ", une culpabilité et une angoisse extraordinaires le submergent. La beauté du Roi Démon est un péché.

« Walt ! Toi, présente tes excuses à Claude-sama... ! »

« Toi aussi, excuse-toi ! Cela dit, le Roi Démon, par moments, il est vraiment gamin... ! Alors que devant Airi-chan, il fait le cool. »

« C'est naturel, non ? »

Dit sur un ton frais, cela leur coupe le souffle à tous les deux.

( En fait, on se fait complètement mener en bateau, là... )

Une fois qu'il s'en rend compte, tout lui semble dérisoire.

Cet homme acceptera sans doute tout : leur culpabilité, leurs tourments, le tout en bloc. C'est ce genre de seigneur.

« Bon, vous deux. C'est tout ce que vous vouliez me dire ? Moi, je veux être un roi qui écoute. »

La première fois qu'on lui avait parlé de garde du corps, il avait dit la même chose. Kyle et Walt se regardent, puis s'agenouillent côte à côte devant lui.

Les flammes qui brûlent encore ressemblent à s'y méprendre aux feux de l'enfer, d'une beauté saisissante.

« Walt Lizanis. Comme promis, je vous jure fidélité. Cette vie, usez-en longtemps et avec soin. »

« — Kyle Elford. De même, je vous jure fidélité. Cette fois, de ma propre volonté. »

« Soit. »

Il crut entendre un claquement de doigts, et la demeure en flammes disparu.

Non, elle n'a pas disparu. C'est eux qui ont été déplacés.

Le hou-hou d'un hibou. Un chemin pavé de pierres. Un clocher familier, si haut qu'il faut lever la tête.

C'est la cathédrale de l'Église.

La statue de la Vierge à l'Épée Sainte domine le Roi Démon de sa hauteur.

« L'invitation de l'Église stipulait : "Nous souhaitons discuter du traitement de Walt et Kyle." »

Face à Walt et Kyle qui écarquillent les yeux devant cette nouvelle, le Roi Démon, tenant son cadeau chamuscé d'une main, leur tourne le dos.

« Il faut saluer correctement. Il serait impoli de ne pas le faire. »

Ses yeux rouges brillent. Au même instant, la foudre s'abat sur la pointe du clocher.

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