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I'm the Villainess, So I'm Taming the Final Boss

Chapitre 46

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Chapitre 46

Chapitre 46

Chapitre 46/19024%~10 min de lecture1 812 mots

La mode est le plaisir de la fille de duc — non, on peut dire de toutes les femmes. Pour soi bien sûr, et d'autant plus quand le matériel est de qualité.

Et quand c'est son propre fiancé, on s'y met avec tant d'entrain que le jour décline avant qu'on s'en rende compte.

« Claude-sama, celui-ci. Essayez aussi celui-là, je vous en prie. »

« Encore m'en mettre un... »

« Mais Claude-sama, vous êtes splendide quoi que vous portiez ! »

« Lequel choisir ? »

« Pathétique, mon Roi Démon. »

« C'est pas mal non plus, de s'entendre si bien. »

« Ça fait déjà cinq heures. Le Roi Démon qui supporte ça est admirable. »

« Roi Démon-sama, quoi que vous portiez, ça vous va, c'est incroyable. »

« Naturellement, je suis un roi. »

« Grâce à la rénovation du château, les bagages rentrent maintenant, alors moi aussi je dois m'y mettre. »

« À la base, Roi Démon-sama n'a presque ni meubles ni vêtements. Même mon oncle en a un peu plus. »

Sur l'ordre d'Irène, les personnes rassemblées travaillent dans un coin de la pièce en souriant avec ironie.

Irène lui tend joyeusement un ensemble complet, et Claude fait claquer ses doigts. Le changement de tenue est instantané grâce à la magie.

La nouvelle cravate virevolte, et il se transforme en tenue de cérémonie coordonnée, basée sur un bleu marine profond. Sa propre sélection, qui dépasse même ses attentes, laisse Irène en extase.

« Finalement, choisissons celui-ci. La forme traditionnelle est bien, mais il faut aussi suivre la pointe de la mode ! »

« C'est ça. D'ailleurs, quand tu auras fini, il sera bientôt... »

« Le manteau ! Que ferons-nous du manteau ? En tant que prince héritier, la dignité est nécessaire, n'est-ce pas ? »

« ... N'avait-on pas déjà décidé tout à l'heure ? »

« Ah, mais la couleur intérieure a changé, il faut donc recommencer la sélection. »

« ... »

« Claude-sama, courage. »

Depuis le coin de la pièce encombré de vêtements, Keith lance des encouragements. Irène sourit.

« Ah, une fois que Claude-sama aura décidé, nous nous occuperons de tout le monde ensuite. »

« Hein ? »

« Ah, nous on ne participe pas à la soirée, donc ça ne nous concerne pas, non ? »

« ... Heureux de ne pas être nobles. Dis, Isaac. »

« Moi j'irai pas, absolument pas ! »

« Moi j'aimerais bien y aller une fois ! Je me demande à quoi ressemble l'intérieur du château. »

« C'est normal, Doni. Moi, c'est cet uniforme militaire qui me plaît. »

« C'est vrai... Effectivement, pour Belzébuth, l'uniforme militaire convient peut-être le mieux ? Et pour Keith-sama ? »

« Moi, une tenue ordinaire suffit, ne vous en faites pas ! »

« Claude-sama, des boucles d'oreilles vous iraient aussi bien. De la même rougeur que vos yeux. Fufu, avec ça, les demoiselles seront toutes folles de vous... »

« Toi, ça te va ? »

Interrogé avec scepticisme, Irène serre le poing.

« Bien sûr ! C'est la première soirée où vous êtes présenté en tant que prince héritier. Ce ! Visage ! Si vous ne le montrez pas, à quoi bon, Claude-sama ! »

« C, c'est vrai. »

« Fufu, j'ai hâte de voir les visages de tous ceux qui s'inclineront devant votre beauté, Claude-sama. »

« Je n'ai pas particulièrement l'intention de les faire s'incliner... mais bon, c'est réjouissant. »

« Ah, Claude-sama aussi ? »

Je pensais qu'il n'était pas du genre à s'exposer volontairement en public, mais peut-être me trompé-je.

Devant Irène qui incline la tête, Claude esquisse à peine un sourire.

« Je me demandais si je pourrais me faire des amis. »

Le choc fut tel qu'il surpassait la foudre tombant trois fois de suite derrière son dos.

Non seulement Irène, mais tous les présents restèrent figés. Quelqu'un renversa probablement son thé, pourtant personne ne bougea.

Au milieu de ce silence, Claude poursuit d'une voix étrangement enjouée.

« À la soirée, il y aura des gens de mon âge. »

« ... »

« Je n'ai jamais eu d'ami jusqu'à présent. »

« ................ »

« Cela fait longtemps que je n'ai pas fréquenté le monde. Je veux rencontrer quelqu'un que je puisse appeler ami. »

« ................................ »

Retenant son souffle, Irène échange des regards avec ses compagnons.

Celui qui pointerait les faits ici, c'est le genre de truc qui finit mal.

Lui dire "t'es le Roi Démon quand même" ou "le Roi Démon avec des potes, c'est quoi ça" ou encore "en plus t'es prince héritier", bref, la logique est interdite.

Et pourtant, Belzébuth acquiesce largement.

« Si le roi le désire, je coopérerai aussi. »

« C, c'est... c'est bien ça !!!!??? »

« Irène-sama, votre voix a flippe ! Calmez-vous, mon seigneur. Permettez-moi de vous le dire franchement. »

C'est Keith qui bouge en disant cela. Comme on s'y attend d'un fidèle vassal, il va le dire. Tous, humains comme monstres, retiennent leur souffle en le regardant.

« D'abord, faisons de notre mieux pour les salutations ! »

« On commence par là ?!! »

« N, non mais c'est juste, Isaac. Probablement. »

« ... Les salutations, c'est important. »

« C, c'est ça ! En société, celui qui sait pas saluer se fait exclure, alors ! »

« Salutations... salutations, hein. Je vois. L'autre fois, à la soirée, j'ai surgi du ciel... c'était un échec. Ce n'est pas une chose qu'un humain fait, c'est une chose de Roi Démon. »

Que faire, je ne sais même pas par où commencer les remarques.

Mon cher fiancé a l'air mélancolique, faisant battre ses longs cils, et voilà que de la sueur froide me monte.

Seul Belzébuth, pur et droit, laisse tomber les épaules.

« ... Le roi, est-ce que être Roi Démon est une souffrance ? »

« Ce n'est pas ça, Bel. Je veux juste des amis. »

« ... Dis, ça sent pas le vœu qui fait détruire le monde s'il est mal géré ? »

On ne sait si Claude l'entend ou non, mais il lève le visage.

« Irène. »

« O, oui !? »

« Toi qui as plus d'expérience du monde, enseigne-moi. Mis à part les salutations, y a-t-il des points auxquels faire attention pour se faire des amis ? »

Interpellée sérieusement par Claude, Irène panique.

(Si je me trompe de choix, c'est le vœu qui détruit le monde ça ! M, mais comment le faire renoncer...)

Alors que les yeux d'Irène s'agitent, Isaac lui souffle d'abord à l'oreille.

« Dis-le gentiment. »

« Mais transmettez-lui correctement, hein. »

On me refile le bébé. Jasper hoche la tête avec un air entendu.

« Bah, connaître la réalité, c'est la marche vers l'âge adulte. »

« Le monde des adultes est dur, hein. »

« ... Je trouve ça pitoyable, mais... »

Doni et Quartz disent aussi ce qui leur plaît.

Tous comptent me le refiler. Puisque je suis la fiancée de Claude, c'est normal, mais — face à ces yeux qui brillent comme ceux d'un chiot, une telle cruauté.

(Non, ça ne va pas, Irène. Précisément parce que je suis sa fiancée, je dois lui faire bien comprendre.)

Un empereur qui vise le trône ne se fait pas facilement des amis. S'il est Roi Démon, encore moins. Ou plutôt, il n'a pas une tête à se faire des amis. C'est impossible. Comment qu'on y réfléchisse, c'est impossible.

Je dois le lui dire clairement.

Au moment où Irène prend cette résolution, dans ses yeux, Claude sourit comme une fleur qui s'épanouirait doucement.

« Grâce à toi, je n'ai plus à renoncer à rien de ce qui fait l'humain. »

« ................................ C, compris, Claude-sama !! Faisons-le !! Des amis !!!!!!! »

« "HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA!!!????" »

Les quatre poussent un cri qui frôle l'hurlement. Irène se retourne et les foudroie du regard.

« Vous avez tous compris. On va préparer des amis à Claude-sama ! »

« On "prépare" pas des amis, bordel !! »

Devant la réplique à plein tube d'Isaac, Ruck se met à réfléchir sérieusement.

« Si Doni met son âme à faire une poupée, ça pourrait marcher... »

« J, je vais faire de mon mieux, moi ! »

« ... On dit que les plantes grandissent si on leur parle. »

« Donc les candidats amis de mon seigneur, c'est poupée ou plante. »

Devant Keith qui a le regard perdu au loin, Belzébuth grimace.

« Pourquoi tant de bruit. C'est le vœu du roi, accomplissez-le. »

« Irène. »

À l'appel de Claude, elle se retourne. Son fiancé, qui a vécu en réprimant ses émotions au maximum, arbore son habituelle expression impassible.

Mais le vent nocturne entre doucement par la terrasse, et les fleurs dans le vase s'épanouissent comme si elles se souvenaient de leur apogée.

« Je pense vraiment que c'était bien d'avoir fait de toi ma fiancée. »

Il serait temps de rentrer.

Face à ces mots doux comme un souffle sucré, Irène ne comprend pas ce qu'on lui dit, mais hoche la tête machinalement. Un claquement de doigts résonne, et lorsqu'elle revient à elle, elle est sur son propre lit.

(... C'est pour ça que cette visage est une faute, vraiment.)

La tête vide, elle s'enfonce l'esprit tout blanc.

***

« Claude-sama, vous voulez vraiment des amis ? »

Claude, qui tient sa robe de nuit, se retourne face à la question de Keith qui range le lit.

« Je le veux. »

« ... Bel-saan, c'est votre vrai avis ? »

« Le roi s'en réjouit. »

« Non mais s'attendre à se faire des amis, c'est pas "s'en réjouir" ça ! »

« Tu es trop tortueux. Réfléchis plus simplement. Si on se fait des amis, c'est amusant, non ? »

Devant le regard soupçonneux lancé par-dessus ses lunettes, Claude esquisse un fin sourire.

« Si c'est possible, bien sûr. »

« ... Irène-sama, c'est pitoyable. »

« Au fait, Keith. »

« Oui, oui, quoi encore ? »

« Je ne sais pas comment l'enfiler. »

Devant Claude qui annonce cela sérieusement face à sa robe de nuit, Keith laisse tomber les épaules avec un soupir.

« Ce gamin de Roi Démon... C'est parce que vous trichez tout le temps avec la magie ! Je vais vous faire un entraînement spécial pour que vous puissiez vous habiller seul avant la nuit de noces, sinon Irène-sama va être consternée. »

« Mais se faire déshabiller par quelqu'un, ce n'est pas mal non plus, je trouve. »

« Je n'ai rien entendu. »

Belzébuth, sentant le froid de son maître, ferme la terrasse grande ouverte d'un coup sec.

La conversation maître-serviteur ne filtra pas davantage, et la nuit paisible continua de s'approfondir.

***

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