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I'm the Villainess, So I'm Taming the Final Boss

Chapitre 142

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Chapitre 142

Chapitre 142

Chapitre 142/24059%~8 min de lecture1 492 mots

« C’est… fait ? »

Tandis que la cloche continuait de sonner, Irène murmura, hébétée. Elle chancela, et Lilia s’appuya contre le mur. Élefas, depuis le couloir en ruines, leva un regard inquiet vers le ciel.

« Le sort devrait être levé à présent… mais si elle avait déjà été envahie par le parfum magique… »

« — C’en est assez, Irène. »

Des pas bruyants, plusieurs à la fois, résonnèrent sur le sol du couloir avant de s’aligner.

Ce fut Marks qui s’avança en tête.

Il fronça les sourcils à la vue du couloir délabré, puis redressa la posture et annonça :

« C’est l’ordre de l’Impératrice douairière. Irène Lauren Dautriche. Toi et tes complices êtes arrêtés pour violation de l’édit impérial, et vous serez exécutés ! »

— Tiens, ce problème était encore en suspens.

Élefas et Amande, le visage pâle, se placèrent devant elle pour la protéger. Marks en jeta un coup d’œil latéral avant de se tourner vers Lilia.

« … Toi aussi, Lilia. Vu le scandale, un interrogatoire… s’impose. »

Lilia, qui avait le dos au mur, releva la tête. Et, mignonne, elle secoua la tête.

« C’est votre travail ? C’est inévitable, si on explique bien, on sera comprises. Je n’ai fait que protéger ce qui est cher à l’Impératrice douairière. »

« Toi, tu as l’aplomb de… ! »

« Mais c’est la vérité, non ? Ahaha, c’est triste. Qui aurait cru que la fin d’Irène-sama serait l’exécution ? »

Lilia se glissa dans l’ombre de Marks. Celui-ci frémit des sourcils, mais, fidèle à sa réputation de jeune as de l’Ordre, il planta son regard dans celui d’Irène.

« Arrêtez-les. … L’Empereur a ordonné qu’on n’hésite plus à tuer les monstres. »

« Irène-sama, fuyez avec Amande. Je peux les retenir un moment. »

« Non ! Si on ne s’occupe pas de cette femme maintenant, elle retrouvera l’Épée Sainte… »

« Mais il ne vous reste plus aucun moyen de combattre ! La magie qui couvrait l’ombre a disparu, et l’Épée Sainte ne blesse pas les humains. »

Au constat d’Élefas, Irène serra les poings. Même si elle invoquait à nouveau l’Épée Sainte qui avait pulvérisé celle de Lilia, il ne lui resterait presque plus de force, et de toute façon l’arme ne fonctionne pas contre les humains. Sans la magie de l’ombre, elle ne peut plus emprunter la force des autres monstres.

Les chevaliers dégainèrent leurs épées face à Irène. Devant la multitude de pointes qui brillaient, elle mordit sa lèvre.

Fuir maintenant, ou foncer en acceptant la mort.

Pendant qu’elle hésitait — les épées des chevaliers furent tranchées d’un seul coup, et les pointes tombèrent.

« Sur qui pointez-vous vos lames ? »

Une silhouette aux longs cheveux noirs brillants flottait naturellement dans les airs, et cette voix demanda.

Un regard trouble, froid comme la glace, et des sourcils légèrement mécontents qui n’en restaient pas moins beaux. Même sous le soleil, sa beauté parfaite ne s’altérait pas, elle rayonnait plutôt.

Une présence qui hébète quiconque la contemple, le roi aux allures démoniaques.

« Claude… -sama… »

Ses deux prunelles étaient rouges, et elles dominaient tout.

Tournant le dos à Irène, Claude posa le pied devant elle et annonça calmement :

« Qu’est-ce que vous faites à ma fiancée ? Rengainez vos épées. »

« … C-C’est l’ordre de l’Empereur, Altesse impériale le Prince héritier… »

« Je suis d’humeur exécrable, en ce moment. J’ai envie de m’en prendre à n’importe qui. »

Un craquement sec se fit entendre, et quelque chose qui ressemblait à de la puissance magique s’éleva du dos de Claude.

Amande poussa un petit cri et s’accrocha à elle, tremblante.

« Vous comprenez ? Je me suis réveillé, il s’est passé plein de choses, mais c’est presque réglé, du coup je n’ai nulle part où évacuer cette colère. Et là, vous désobéissez à mon ordre. C’est une proie de choix. Je tiens à ne pas passer pour un Roi Démon cruel, mais — s’il ne reste plus personne, il n’y aura pas de problème. »

« Vo-votre… mémoire, est-elle revenue ? »

Au milieu des chevaliers tétanisés qui se serraient les uns contre les autres, Marks lança la question avec courage. Comme il protégeait Lilia derrière lui, il ne voulait pas montrer une mine misérable. Cette attitude méritait des applaudissements.

Mais le mot « mémoire » attisa encore la colère de Claude et fit souffler une rafale explosive.

« Mémoire ? Ah oui, la mémoire. C’est ça. Vous m’avez méprisé à outrance et vous m’avez couvert de honte. Que feriez-vous si Irène me détestait à cause de vous ? Vous devriez tous vous excuser auprès de moi, non ? »

L’instant d’après, Marks et tous les chevaliers alignés dans le couloir s’effondrèrent au sol, comme écrasés par un poids invisible. Lilia, privée de l’Épée Sainte, ne put résister et ne fit que ramper.

En contemplant la scène où tous gisaient à ses pieds, Claude adoucit légèrement le ton.

« Tiens, vous savez écouter quand on vous le demande poliment. C’est un spectacle assez agréable. Je reprends un peu de sang-froid. Vous ne seriez pas, par hasard, de mon camp ? »

« C-Claude-sama… Je comprends vos sentiments, mais à présent, arrêtez… »

La différence de puissance était si écrasante qu’on en avait pitié. Marks et les autres ne font qu’exécuter l’ordre de l’Empereur.

Marks posa le poing au sol et, le visage déformé par la désespérance, releva la tête. Son front était perlé de sueur froide.

« A-Altesse impériale le Prince héritier… c-c’est un édit impérial… Nous devons… exécuter l’ordre. »

« Ah. L’édit impérial. Je vois. J’ai eu tort, moi aussi. Il faut effectivement garder son sang-froid. — Écoutez bien, tous, détendez-vous. L’édit impérial a été révoqué. »

« … Quoi… ? »

« C’est bien ce que je dis, Cédric. »

Interpellé, Marks se tourna vers le fond du couloir.

La pression de Claude semblait s’être dissipée ; Lilia se relevait lentement, à son rythme.

Le front plissé, Cédric contempla les chevaliers prosternés et soupira.

« … C’est exact. C’est pour ça que tout le monde, reculez. »

« … Cédric ! Quelles sont vos intentions ? Selon le stratagème de Lord Lester… »

Marks tenta de saisir Cédric par le col, mais sa voix se brisa et il recula d’un pas.

Lilia se redressa et poussa une voix tremblante.

« C-Cédric. Qu’est-ce que tu racontes ? Lester ferait… »

« Julian, Gilbert, Gray… ils ont tous trempé dans des histoires plus ou moins grosses. Commandites d’assassinat contre l’Église, ventes aux enchères clandestines, transactions illégales, grosses sommes d’origine inconnue servant de pots-de-vin. »

« At-attends un peu. De quoi tu parles ? Dis-moi, Marks. »

« Toi, tu es trop honnête pour avoir participé à ces machinations. Mais tu as quand même arrêté des innocents sur la base de preuves forgées. On t’a bien utilisé. »

« Qu-quoi… »

Marks resta planté là, comme hébété. Lilia lui secoua le bras en le suppliant.

« Marks ! Cédric a perdu la tête. Il doute de ses camarades ! »

« Rassure-toi, Lilia. Tout le monde dit que tu n’y es pour rien. Tout le monde agit pour toi… Quelle femme terrifiante. On ne peut pas la laisser en liberté. N’est-ce pas, mon frère ? »

En tournant légèrement le corps, Cédric regarda Claude. Celui-ci répondit par un soupir.

« … Sans doute. Mais elle n’a rien fait de ses propres mains, non ? »

« La responsabilité de la dérive de Lester et des siens incombe à leur seigneur, c’est-à-dire à moi. Je vous prie de me punir. »

Devant Cédric qui s’agenouilla de son plein gré devant lui, Marks et Lilia restèrent bouche bée. Irène cligna des yeux, stupéfaite.

Claude toisa son demi-frère à genoux, haussa les épaules.

« … Dans ce cas, ma fiancée est complice du même chef. Je vous infligerai une sanction proportionnée. Disons, pour commencer, l’assignation à résidence. »

« Bien. Ma vie a encore de la valeur, frère aîné. Quand viendra votre règne, il n’y a personne de plus apte que moi pour endosser le rôle du meneur de l’opposition et être exécuté comme instigateur. »

« Qu… Cédric, mens pas ! Pourquoi ! »

« C’est ça, Lilia. C’est de ma faute si je suis pitoyable. Pardonne-moi. »

Tout en s’excusant, Cédric souriait. Lilia recula d’un pas, effrayée.

Cette peur n’était pas jouée, Irène en fut certaine.

Face à cette réalité indéniable, elle comprit enfin le sens des actes incompréhensibles de Cédric.

Il voulait trahir Lilia. Lui faire comprendre qu’elle n’était pas un personnage qu’on peut manipuler à volonté.

Qu’il est un être humain vivant.

« Mais mon amour pour toi ne changera jamais, toute ma vie. »

Dans les yeux sombres de Cédric brillait une joie cruelle. Irène eut l’impression d’avoir déjà vu ce même éclat quelque part, mais elle fit semblant de ne pas reconnaître à qui il appartenait.

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