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I'm the Villainess, So I'm Taming the Final Boss

Chapitre 133

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Chapitre 133

Chapitre 133

Chapitre 133/33140%~7 min de lecture1 300 mots

Quelqu'un parle. Dans le demi-sommeil, la conscience ne se précise pas.

« Libère-moi. Si je ne rentre pas, l'impératrice douairière me traitera de traître et fera brûler le village. »

« L'impératrice douairière "sama", hein. Tu t'es diablement bien acclimaté à la vie de l'autre côté, toi. »

« On dirait que tu prétends porter seul le destin de nous tous. Depuis quand es-tu devenu si important ? »

« Ce n'est pas ça !... Moi aussi je veux sauver le village, c'est pour ça que... »

« C'est toi qui as empêché la résurrection du Roi Démon pour ça, bordel, Éléphas ! »

Roi Démon, Éléphas.

Irène ouvre les yeux. Mais elle ne peut pas se lever. Ses deux mains et ses deux pieds sont entravés par des chaînes. Un sol dallé de pierre froide, devant elle des barreaux de fer et l'ombre de plusieurs hommes. De l'autre côté du couloir, il y a aussi une cellule. À l'intérieur comme à l'extérieur, une dispute se poursuit.

« On sait que tu as réécrit de ton propre chef le rituel secret d'éveil du Roi Démon ! Jusqu'où vas-tu faire le weathercock ? Si le Roi Démon s'était éveillé en dragon, la capitale impériale serait déjà tombée... »

« Tant qu'il y a l'Épée Sainte, même si le Roi Démon s'éveille, on ne peut pas en faire un atout majeur ! Et il y a beaucoup de femmes et d'enfants otages dans la capitale, impossible de les abandonner ! »

« Quelques sacrifices sont inévitables ! Eux aussi, c'est encore mieux que d'être élevés en cage par la famille impériale ! »

« Il n'y a pas de raisonnement aussi stupide ! De toute façon, ce n'est pas le moment de se battre, il faut garder la tête froide. »

« Hé, Éléphas. C'est pour quand, ça ? Dans dix ans ? Vingt ans ? »

Aux mots rauques du vieillard, le silence remplit l'espace. Irène fixe la cellule d'en face tout en tendant l'oreille. Impossible de voir qui s'y trouve, masquée par les hommes qui font le guet devant.

« On continue à subir les femmes et les enfants comme otages, et le nombre de mages a pas mal diminué. À l'avenir, il n'y aura plus de forces militaires supérieures à maintenant. »

« ...C'est... je comprends. Mais justement, il faut penser à une autre solution. »

« Qu'est-ce qu'un traître qui remue la queue pour l'impératrice douairière a à dire ! De toute façon, tant que toi tu t'en sors, le reste t'est égal, hein ! »

« D'hier à aujourd'hui, votre famille ne pense qu'à lèche-bottes. »

« Arrêtez. C'est parce que le père mort de ce gars a supplié la vie à l'Empire d'Elmeia qu'on a pu survivre, même en cage. ...C'est juste que c'était une peine perdue. »

Le dernier mot craché semble raconter la position d'Éléphas.

« La discussion est finie. Notre rituel d'éveil du Roi Démon fonctionne. Il suffit de le manipuler et d'attaquer la capitale en plein chaos. Vous envoyer votre tête à l'impératrice douairière, c'est la limite de la pitié familiale. La femme que tu as amenée, on l'emmène pour l'exemple. C'est une noble, elle a de beaux vêtements. »

« On s'en occupera bien plus tard, tiens. »

« ...Mo... »

« Hein ? »

« — Des mages qui ne font pas le poids contre moi, même en groupe, qu'est-ce qu'ils comptent faire ? Violenter une femme sans défense ? »

Un bruit éclatant de verre brisé résonne. Une bouteille de vin a dû heurter les barreaux. Des éclats volent jusqu'au-devant de la cellule où gît Irène.

« Juste parce qu'il a un peu de pouvoir magique, il se la pète ! »

« Hé, là il est à sec, on n'a qu'à le traîner dehors et lui faire comprendre avec le corps. »

« Euh, euh, euh ! Le re-repas, je l'ai apporté ! »

La perspective de bagarre est coupée par une petite voix d'enfant. Les adultes, visiblement réticents à faire du grabuge devant un gamin, font claquer leur langue et remontent l'escalier au fond en file indienne. À leur place, un enfant porteur d'un plateau se précipite vers la cellule d'en face.

« Frère Éléphas, ça va ? »

« ...Ouais, ça va. Mais toi, qu'est-ce que tu fais ici ? »

« Ma sœur a dit d'apporter ça, le riz. ...Vraiment plus une once de pouvoir magique, qu'est-ce qui t'est arrivé ? »

« Ah... Disons que j'ai fait un excès pour une certaine personne... »

L'enfant pousse un soupir ahuri.

« Frère Éléphas, à sec de pouvoir magique... Quel monstre as-tu affronté pour ça ? »

« — Plus que ça, c'est vrai qu'on va attaquer la capitale ? »

Éléphas s'approche des barreaux pour prendre le repas, et son visage devient enfin visible. Peut-être à cause de l'obscurité, la fatigue semble profonde. Sa voix a perdu sa douceur habituelle.

« Ouais, ça a l'air vrai. ...Eux, depuis hier, ils enferment tous ceux qui s'opposent en les traitant de traîtres, ils prennent les familles en otage, personne ne peut plus rien dire. Désolé de ne pas avoir pu les arrêter, frère. »

« Ce n'est pas à toi de t'excuser. ...C'estやっぱり le déclencheur d'hier, hein. »

« Oui... Le pouvoir magique du Roi Démon s'est réveillé, hein. Notre rituel s'est activé, du coup beaucoup s'emballent. Ils disent que le Roi Démon est contrôlable, que c'est l'heure de se battre... »

L'éveil, c'est sans doute au bal, quand l'œil de Claude est redevenu rouge. Si c'est le cas, ils tirent des conclusions bien hâtives. Par une ironie du sort, c'est Éléphas lui-même qui en donne la raison en soupirant.

« Ne pas avoir expliqué la situation jusqu'ici s'est retourné contre nous. Même quand j'ai dit que ce n'était pas l'éveil du Roi Démon, personne ne m'a cru. »

« Moi et ma sœur, et ceux que t'as aidés, on te croit ! À la base, eux aussi ils peuvent rester au village grâce à toi ! C'est toi qui as négocié avec l'impératrice douairière pour tout gérer seul, du coup, à part les otages, tout le monde vit au village. Et maintenant ils disent qu'ils vont sauver le village, quelle arrogance... »

« C'est pas si simple, y a des circonstances. ...Écoute, le moment venu, tu fuis. »

« ...Mais, fuir, ça veut dire... »

« Je ferai quelque chose. J'ai pas servi d'esclave à la famille impériale aussi longtemps pour rien. »

L'enfant regarde Éléphas avec inquiétude. Ce n'est pas l'angoisse pour l'avenir, mais de l'inquiétude pour Éléphas lui-même. Éléphas s'en rend-il compte ?

Une fois le repas fini, Éléphas lui dit de rentrer vite. L'enfant monte l'escalier en se retournant sans cesse. Ce n'est qu'après son départ, quand le silence est si total qu'on entendrait le crépitement des bougies, qu'Éléphas expire longuement.

Nous sommes deux.

Bientôt l'heure, pense Irène, et elle se redresse.

« Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant ? »

« ...Irène-sama. Vous étiez réveillée. Depuis quand ? »

« Faut les arrêter vite, sinon cette fois le clan Levi sera vraiment détruit. Une attaque surprise est possible, mais... »

« En effectifs, on perdra c'est clair. Au final, la prophétie de Lilia-sama s'est réalisée. »

Les yeux d'Irène se glacent.

« ...Ton maître, c'est Lilia ? Pas l'impératrice douairière ? »

« Si on parle de maître, la bonne réponse c'est l'impératrice douairière. Lilia-sama, c'est moi qui... quoi cette tête comme si je regardais de la merde. Un peu blessant, ça. »

« ...Je ferai un effort pour l'expression. Continue. Selon les cas, je te laisse tomber. »

« Je ne suis pas encore abandonné ? C'est surprenant. »

Éléphas ricane en se moquant. Et il commence à parler par bribes.

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