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I'm the Villainess, So I'm Taming the Final Boss

Chapitre 128

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Chapitre 128

Chapitre 128

Chapitre 128/26049%~11 min de lecture2 170 mots

On l'avait traînée quelque part, et c'était la salle de bal. Elle comprit : si c'était là que se jouait la scène, cette affaire ne se terminerait pas en simple mascarade.

On la bouscula dans le dos, elle faillit trébucher mais releva la tête.

La salle était en émoi face à cette irruption spectaculaire. Sur l'estrade, la famille impériale au grand complet, empereur compris, était assise en rang. L'empereur la fixait d'un air sévère. L'impératrice douairière cachait sa bouche derrière son éventail, mais ses yeux riaient. Son visage, sans une ride, gardait une beauté juvénile.

(Une terrifiante créature… Certes, vu son âge réel, elle en a l'air, mais…)

Mais puisque Élephas est un personnage du jeu, c'est de ce côté qu'il faut se méfier.

« Quel est ce tumulte ? Pourquoi retenez-vous Irène-sama, Lester ! »

La fiancée du second prince, réputée pour sa gentillesse, relevait les sourcils, donnant le signal de départ de la pièce.

C'est son pion, qui ignore être un pion, ce pitoyable bouffon, qui répondit.

« Elle avait répandu du parfum magique dans la salle d'attente. C'est pour cela qu'on l'a arrêtée. »

« Du parfum magique ? »

Face aux interrogations autour d'eux, Lester repoussa ses lunettes et annonça avec emphase.

« Je ne peux pas donner les détails. Disons simplement que c'est un parfum qui attire les monstres. En d'autres termes, elle comptait faire envahir cette salle par des monstres. Comme quand Claude-sama a été enlevé par des monstres. »

Un frisson d'inquiétude parcourut l'assistance.

Claude, dont on avait prononcé le nom, observait calmement les alentours. Il savait qu'agir ou parler à la légère sans saisir la situation serait une sottise. Elle aimait cette lucidité chez lui.

« Je te l'avais dit, Lilia. C'est cette femme qui a ourdi cet enlèvement. »

« Pas possible, Irène-sama m'a sauvée des monstres ! Tu l'as dit toi-même ! »

« Je sais que tu es gentille. Mais mes yeux ne se laissent pas duper. »

Dans l'attitude d'un justicier révélant une douloureuse vérité, Lester marqua une pause.

« Cette mise en scène d'enlèvement était un auto-complot. Pour gagner la confiance de Claude-sama. »

« Qu'est-ce que tu racontes ? »

« Tu as fait enlever Claude-sama par des monstres rendus fous par le parfum magique, puis tu l'as sauvé. En te glissant parmi les apprentis chevaliers et en risquant ta vie, tu l'as ému. C'est d'une simplicité enfantine. Et il n'a pas soupçonné le piège. »

Claude fronça les sourcils, impossible de savoir s'il le croyait ou non.

Lester se tourna brusquement vers Irène.

« Tu as voulu faire passer ça pour un sauvetage du prince héritier afin d'échapper à l'accusation de violation de l'édit impérial, mais c'est raté. L'enquête a déjà révélé que du parfum magique avait été placé dans la voiture. »

« C'est la première fois que j'en entends parler. Tu ne surinterprètes pas, par hasard ? »

Ne rien dire aurait été suspect, alors elle énonça les faits, en guise d'avertissement aussi.

Mais Lester ne fit que ricaner.

« Le commandement parfait de ces monstres. S'il ne s'agissait pas d'une comédie, une telle stratégie serait impossible. Moi-même, je n'en serais pas capable. »

« C'est juste que tu es incompétent. Contrairement à toi, mes subordonnés sont excellents. »

C'est Isaac qui a conçu et dirigé la stratégie utilisant Amande et les autres, Doni, Ruck et Quartz, qui s'entendent bien avec les monstres, ont aidé à l'entraînement. Tant qu'on ne contrevient pas aux ordres du Roi Démon, on peut obtenir ce genre de résultats en bâtissant une relation de confiance avec les monstres.

Provoqué, Lester eut un tressaillement des lèvres, mais ne mordit pas à l'hameau.

« … Cela revient à admettre que tu faisais subir un entraînement militaire aux monstres. »

« … En effet, je les ai entraînés. »

« Tu as aussi amassé du parfum magique. On a confirmé que tu trafiquais lors de ventes aux enchères clandestines. »

Il a dû d'abord formuler une hypothèse, puis rassembler les preuves pour l'étayer. Et inconsciemment, il n'a collecté que les éléments qui l'arrangeaient, aboutissant à une conclusion biaisée. Classique.

« En résumé, tu cherches à ramener le prince héritier à son état de Roi Démon et à dominer ce pays par les monstres ! »

L'histoire prenait une ampleur démesurée, mais cela tiendrait-il la route ? Le scénario ne s'effondrerait-il pas ?

Pendant qu'elle s'inquiétait toute seule, l'impératrice douairière intervint pour corriger la trajectoire.

« En d'autres termes, cette femme, par soif de pouvoir, a fait semblant de sauver mon adorable petit-fils tout en lançant des monstres à ses trousses ? Comme c'est effrayant. Exécutons-la sur-le-champ, Pierre. »

Le fait qu'elle prononce le mot "exécution" avec un sourire angélique et une telle légèreté était encore plus terrifiant.

Mais dans ce pays, c'est le jugement de l'empereur qui pèse le plus lourd. L'empereur, un tant soit peu trop doux — pour ne pas dire lâche — jeta un coup d'œil au chancelier, le père d'Irène, qui se tenait en retrait.

« Qu'en est-il, Rodolphe ? C'est ta fille, non ? A-t-elle sauvé mon fils, ou l'a-t-elle séduit ? Selon ta réponse, toi non plus tu ne t'en tireras pas à bon compte. »

« Cela signifie-t-il que la maison Dautriche est elle aussi sous le coup des soupçons ? Dans ce cas, je devrai défendre l'honneur de ma fille de toutes mes forces. »

« J'ai ouï dire que vous étiez bien embarrassé par l'inconduite de votre fille, mais qu'en est-il vraiment ? »

Couper les ponts avec sa fille pour sauver la maison. C'est ce que l'impératrice douairière laissait entendre.

Et son père, qui adorait précipiter sa fille dans l'abîme, acquiesça d'un air entendu.

« En effet, elle me donne du fil à retordre. »

Elle le dirait à ses frères et à sa mère. Absolument.

« Mais elle reste ma fille. Je souhaite l'entendre correctement. »

Qui plus est, il esquivait habilement le jugement en jouant l'attentisme, ce qui était exaspérant. L'impératrice douairière pensa sans doute la même chose, mais son expression ne changea pas, et ses lèvres fraîches s'entrouvrirent.

« Le flagrant délit de parfum magique ne suffit pas ? »

« Évidemment. Si les monstres sont entraînés, ils peuvent attaquer ce lieu sans parfum magique. L'argument est contradictoire. Les jeunes devraient soigner leurs mises en scène, voyons. »

En guise de coup de grâce, elle attisa Lester. Bien sûr, c'est Irène qui encaisserait le contrecoup.

« Le problème ne s'arrête pas là. … Prince héritier, vous avez l'intention de la désigner à nouveau comme votre fiancée, mais je vais vous prouver que c'est une erreur. »

« … Que veux-tu dire ? »

Claude répondit avec une pointe d'agacement. Lester sourit des lèvres seulement, et méprisa Irène.

« Bien que fiancée du prince héritier, elle est soupçonnée d'avoir eu des relations avec plusieurs hommes. Vous le savez bien, Claude-sama, vous l'avez vue entourée de tant d'hommes. »

Là, Irène comprit le rôle qu'on lui faisait jouer. La preuve : Élephas, qui était resté en retrait jusqu'alors, s'approcha discrètement.

D'un ton irrité, Claude rétorqua :

« Je ne suis qu'un simple vassal, ai-je entendu dire. »

« Ce n'est qu'une formule de politesse. Vous ne l'avez pas prise au pied de la lettre, j'espère ? »

« … Claude-sama. Croyez-moi, je n'aime que vous seul. »

Elle le dit avec une fausseté apparente, mais c'était la pure vérité. Élephas murmura derrière elle.

« Je vous pardonne celui-là. Avouer si franchement aurait manqué de naturel. »

Claude regarda Irène, puis Lester. N'ayant pas ses souvenirs, son hésitation était naturelle.

« Allez, trompez Claude-sama. … Si vous tenez à la vie de ce monstre. »

« Cela dit, je comprends qu'on veuille le croire. Claude-sama, vous connaissez cet homme, n'est-ce pas ? Il était censé être près d'Irène-sama. »

Élephas se tint aux côtés d'Irène et s'inclina devant Claude. Le silence de ce dernier confirma qu'il le connaissait.

Lester afficha un sourire tordu.

« Toute cette dénonciation vient de lui. — Il parait qu'il passe ses nuits avec Irène-sama. »

« Quoi… »

« Claude-sama, je vous présente mes plus humbles excuses ! »

S'effondrant des genoux, Élephas s'aplatit au sol. Claude écarquilla les yeux face à cette posture.

« Je ne me cacherai pas derrière le prétexte qu'on m'a séduit. Je suis un homme, moi aussi. Mais je… non, nous vous avons trahi. »

« … "Nous" ? »

« Un instant, toi, qu'est-ce que tu… »

La voix de James s'éleva, mais Isaac le retint. Comme lors de la rupture des fiançailles de Cédric, ils restaient spectateurs. Walt et Kyle firent un pas en avant, mais Keith les arrêta.

Ils sentent qu'il y a quelque chose. Des subordonnés compétents, vraiment fiers.

« Je pensais qu'il valait mieux me taire. Mais j'ai atteint mes limites. Si c'était le Roi Démon d'autrefois, encore… mais face à vous qui n'êtes qu'un simple humain, c'est insupportable. Non, ce que je ne peux pardonner, c'est moi-même. Avoir convoité la fiancée de mon seigneur, et avoir eu des relations avec elle, c'est une acte de bête. »

Face à cette confession soudaine, Claude resta hébété. Avec ce visage, il était surprenamment pur. Elle l'avait découvert lors de cet épisode d'amnésie. Il ne pardonnerait sûrement pas l'infidélité.

« Mais, je vous en supplie, n'exécutez pas Irène-sama ! Moi, peu m'importe ce qu'il m'adviendra, Irène-sama n'était que… seule… ! »

Désolée de couper la réplique en plein milieu, mais elle lui mit un bon coup de pied. Et le lança froidement.

« Tu mens effrontément. Claude-sama, ne le croyez pas, je vous en prie ? »

Le sourire forcé de la seconde moitié, elle s'en était inspirée chez Lilia. Était-ce réussi ?

Les yeux de Claude, qui venait d'assister à la violence d'Irène, se mirent à vaciller. C'était bon. Elle renifla avec dédain. Comme une véritable vilaine.

« J'ai été stupide. Porter de la compassion à un membre du clan Lévi, des gens si vils… »

« … Il essaie de te sauver, pourtant. Tu n'en as cure ? »

« Je suis la victime, moi ? Comment pouvez-vous dire une chose pareille ? »

Elle joua la déception de Claude. Cela ne lui faisait pas mal.

Comparé à la perte d'Amande…

« Quoi qu'il en soit, cessez ces soupçons farfelus. Je… »

« Comment ça, Irène-sama ! "Je suis seule, console-moi", "Tu es le seul en qui j'ai confiance", c'était des mensonges, tout ça ! »

« — Assez ! »

Claude hurla et se leva. Dans ses yeux noirs flottait du mépris. Pourtant, son regard était planté droit sur Irène.

« … Dis que tu m'aimes. Si tu le dis, je te croirai. Quoi que dise qui que ce soit. »

Ce n'était pas du théâtre. Irène en eut les yeux ronds. Et, chose rare, elle regretta.

(… J'aurais dû dire que je l'aime, tout à l'heure.)

Maintenant, il fallait dire l'exact opposé. Élephas, accroché à ses pieds, la suppliait de ses yeux en croissant. Elle le savait, et esquissa un mince sourire.

« … Quel idiot. »

« Quoi ? »

« — Mais voyons. Normalement, vous ne comprenez pas ? Pourquoi croyez-vous qu'un humain comme moi puisse vraiment aimer un Roi Démon ! »

Ah, c'est horrible. Parce qu'elle l'aime, elle peut choisir les mots qui blessent le plus profondément. Avec une justesse chirurgicale.

« J'ai supporté jusqu'ici. Après tout, vous êtes le prince héritier. Pouvoir utiliser des monstres était commode, mais j'en ai assez ! Vous aimer, rien que ça me donne la nausée… »

« … Qu'est-ce que tu… veux dire ? »

« Vous ignorez votre vraie nature. »

Les prunelles de Claude tremblaient. Pourtant, elle devait enfoncer la lame.

(Claude-sama, Claude-sama)

La blessure d'être rejeté par les humains parce qu'il est un monstre. Irène lui infligeait la même. Il ne lui pardonnerait sûrement pas.

Même si Claude lui pardonnait, elle ne se pardonnerait pas à elle-même. Des larmes montèrent à ses yeux.

« Ce, monstr… »

« NON ! »

Avec un bruit de verre brisé, une forme noire jaillit. Irène eut les yeux grands ouverts.

« NON, NON, Roi Démon-sama ! Irène, MEN-TI-RE — !! »

Ce fut l'affaire d'un instant.

Une balle de pouvoir magique transperça le corps d'Amande.

Des plumes noires voltigèrent, ainsi que des gouttelettes rouges.

« … De l'inutile. »

Relevé sur le buste, Élephas claqua des doigts dans cette position et cliqua de la langue.

Il faut bouger. Elle le pense, mais ne peut faire un seul pas, et regarde cette forme gisant sur le marbre.

(Mensonge)

Une unique convulsion violente, et ce monstre bruyant ne bougea plus.

Une mare de sang rouge s'étendait lentement, engloutissant le nœud papillon de même couleur.

(Mensonge)

« Un monstre ! » hurla quelqu'un. Serrant les poings, la rage au cœur, Irène appela son nom.

« Élephas — !! »

Elle rassembla de la force dans sa main droite pour invoquer l'Épée Sainte, à cet instant précis.

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