Marie poursuivait Landred. Bien qu'il dût être assez âgé, Landred courait si vite que Marie ne parvenait pas à le rattraper. Néanmoins, elle percevait qu'il haletait fortement, si bien qu'elle maintint ses distances, soupçonnant qu'il traminait quelque chose.
« Hu… Huff… S-Si j'arrive jusqu'ici, ça devrait aller… »
Soudain, Landred s'arrêta.
« Toi… Huff… Gamin… Tu vas regretter de m'avoir poursuivi… »
Lâcha Landred, essoufflé.
« Regretter… ? »
Marie sentit un changement dans l'atmosphère ambiante. Des monstres convergissaient vers eux.
« Des monstres ici ? Et en tel nombre… ? »
« Ahahaha ! Grâce à la bénédiction de la Déesse Lunatel, j'ai obtenu la malédiction d'attraction des monstres ! Je ne serai pas attaqué, mais toi, en revanche ! »
Marie balaya les alentours du regard : des dizaines de monstres les encerclaient.
« Hmm. Cela risque d'être un peu fastidieux. »
« Qu'est-ce que tu veux dire par fastidieux !? Fais-toi déchiqueter par les monstres !! »
Sur ces mots, Landred s'élança au milieu des monstres. Ceux-ci l'ignorèrent totalement et foncèrent droit sur Marie. Marie esquissa un sourire et tira l'épée magique Meteor de son sous-espace.
« Il n'y a pas d'habitants par ici, alors je peux y aller à fond. »
Disant cela, elle abattit Meteor, projetant les monstres par l'impact. Les plus petits périrent sur le coup, mais beaucoup se relevèrent et chargèrent à nouveau Marie.
Marie mania Meteor, poings et pieds s'abattant sur les assaillants, les anéantissant tout en riant follement. D'ordinaire, elle bridait sévèrement sa puissance magique pour éviter les dégâts collatéraux. Mais n'ayant plus à se retenir, elle déchaîna sa magie, ses yeux rouges flamboyants, ses cheveux rouges tourbillonnant, son marteau géant virevoltant. Elle était bel et bien un oni, un démon. Celui qui lui avait donné son second nom l'avait dit. D'où son surnom : l'Oni au Marteau Cramoisi.
« Qu… ?! »
Les yeux de Landred s'écarquillèrent, et il s'effondra face au carnage qui s'étalait devant lui. La couleur de ses yeux et de ses cheveux lui indiquait qu'elle était une utilisatrice de magie considérable. Pourtant, il ne comprenait pas pourquoi elle se battait avec une telle joie. Elle dépassait l'entendement.
« Oh ? C'était le dernier, et il est déjà mort. »
Marie rejeta l'amas de chair qui avait été un monstre.
« Bon, je n'ai pas envie de tuer un humain, alors que dirais-tu de venir gentiment ? »
Marie tendit la main vers Landred, qui s'était évanoui et gisait au sol.
« À l'aide~ !! »
Landred hurla de terreur. Et comme en réponse à son cri, un Cyclope, monstre à un unique œil de la taille d'un immeuble de trois étages, jaillit du sol.
« Les Cyclopes vivent-ils sous terre ? »
Demanda Marie,levant les yeux vers le Cyclope. Celui-ci étendit la main pour l'attraper. Marie frappa son bras d'un coup de pied et prit de la distance.
« Avec ce corps géant, ça ne posera pas de problème même si j'absorbe toute sa magie. »
Disant cela, elle dressa Meteor vers le haut. Meteor absorba la puissance magique que Marie lui fournissait, et sa tête en forme de flamme grossit démesurément.
« Oh… Oh… »
Landred ressentit la peur face à la montée en puissance magique, et tout ce qui pouvait sortir de ses orifices en sortit.
Le Cyclope tenta de nouveau d'attraper Marie. Elle le tapa légèrement avec Meteor, l'envoyant valser dans les airs. Puis elle le tapa à nouveau alors qu'il retombait, le projetant une fois de plus. À la troisième chute, elle lança Meteor de toute sa force, catapultant le Cyclope haut dans le ciel. Le monstre s'éleva, puis retomba. Au cours de sa chute, des flammes jaillirent de son corps, le réduisant en cendres avant qu'il n'atteigne le sol.
« Haa… Je me sens revigorée d'avoir libéré toute cette magie accumulée. Il faut vraiment que je la relâche régulièrement. »
Après avoir vérifié qu'aucun autre monstre n'apparaissait, elle rangea Meteor dans son sous-espace. Puis elle s'approcha de Landred et grimça.
« Beurk… Il s'est évanoui après avoir tout évacué… Est-ce que je dois le ramener comme ça ? »
Face à Landred couvert de souillures, Marie hésita sur la façon de le ramener.