Si c'avait été lui d'avant, il s'en serait moqué, mais je pensais qu'il pouvait être suffisamment triste maintenant. Parce qu'on s'entend mieux à présent.
Leah a l'air de croire qu'il doit être déçu, elle a alors immédiatement tendu son autre main.
« Père, alors allons-y main dans la main ! »
Il a doucement pris sa main.
« Merci. »
Ainsi Leah est au milieu, tenant nos mains de chaque côté.
« À propos, Leah. Je me demande depuis un moment, pourquoi tu m'appelles "Maman" et lui "Père" ? »
Oh, enfin, mon mari commence à faire attention à son titre aussi.
Ma fille a l'air perplexe.
« Parce que tu es mon père ! »
« Papa. »
« Père. »
« Papa. »
Leah a souri. « Mon père est mon père. »
« … … . »
Tu es drôlement déterminée, ma fille.
Je l'ai regardée avec un air fier.
Comment tu te sens Rupert, ça fait longtemps qu'on m'appelle "Maman", tu ne m'envies pas ?
Naturellement, il a saisi le sens enfantin de mon regard.
Rupert a grogné, secouant la tête comme s'il abandonnait. « C'est ça, je suis le seul à être mis de côté. »
***
À notre entrée dans la salle, beaucoup de gens étaient surpris de voir à quel point l'ambiance entre nous trois était amicale.
Un bourdonnement de murmures est parvenu à mes oreilles.
« J'arrive pas à croire que je les ai vus ensemble avant de mourir… … . »
« C'est elle, la jeune demoiselle Ainel ? C'est la première fois que je la vois. »
Je n'ai jamais été embarrassée par ce genre d'attention excessive
« Ils font pas semblant d'être amicaux, là ? Ils sont tous les deux devenus fous à la fin… … soupir. »
Hé, c'est qui le dernier qui a soupiré ? Qu'il se montre tout de suite !
J'ai regardé autour de moi et j'ai soupiré. Je m'attendais pas à ce que ce soit autant.
« J'aurais pas dû amener Leah ici. »
« Elle s'y habituera toute seule. »
C'est impressionnant. Je pense que ce serait pas mal d'imiter son attitude.
« Leah, si quelqu'un t'embête, dis-le-moi tout de suite. »
« Tu vas les gronder ? »
« Ouais, je ferai en sorte qu'ils puissent plus t'embêter. »
En l'écoutant, j'ai secoué la tête.
'On dirait qu'il va les enterrer dans le jardin… .'
Bien sûr, Leah, qui ne pouvait pas comprendre le sens sanglant de ses pensées, a hoché la tête gaiement.
« D'accord ! »
Puis il a jeté un coup d'œil à ceux qui s'approchaient de lui et leur a lancé un regard agacé.
« Noelle, tu devrais faire visiter la salle à Leah. »
Ça veut dire que les gens qui arrivent ne sont pas très fréquentables. Ni Rupert ni moi on veut les mettre en contact avec Leah.
J'ai compris ce qu'il disait et j'ai hoché la tête. « D'accord, à plus tard. »
J'ai pris la main de Leah et on est allées au coin restauration.
« T'as pas faim ? »
« Non, ça va ! »
À ce moment-là, quelqu'un a parlé derrière nous.
« ―Marquise Ainel, ça fait longtemps. »
Je suis pas assez aimable pour recevoir un accueil chaleureux la première.
Je me suis retournée.
C'est une dame de mon âge, ses beaux cheveux auburn lui donnent un air soigné.
Je sais qui elle est. C'est quelqu'un que je fréquentais avant mon mariage.
Bon, ça s'est pas bien passé.
Quand même, j'ai souri aimablement.
« Carla, ça fait longtemps. »
Carla Hoffen. Elle est connue dans le monde mondain pour des raisons différentes des miennes.
En entendant ma salutation, elle a marqué une pause.
« Pourquoi tu m'appelles soudain par mon prénom… ? »
'Parce que je pensais que tu venais pour être sarcastique ?'
Je crois qu'elle s'est approchée pour se battre, mais comme j'étais aimable, elle était gênée.
Carla et moi on a une mauvaise relation depuis. Maintenant que j'y pense, ma faute était plus grande que la sienne.
'Alors, soyons gentille d'abord.'
C'est le bal auquel j'assiste après longtemps au milieu de ma mauvaise réputation, donc je peux pas me montrer à me battre avec Carla dès le début.
J'ai dit sur un ton triste. « Je suis désolée, Carla. On s'appelait comme ça avant mon mariage, non ? »
C'était vrai. Même si on ne s'appelait pas sur un ton amical.
« … … . »
Pendant qu'elle restait figée de choc face à mes paroles, j'ai pris les devants.
« Maintenant, Leah, c'est la comtesse Carla Hoffen, une amie à moi. Dis bonjour. »
Leah a attrapé le bas de sa jupe et a fait une révérence polie.
« Bonjour, Comtesse. Je m'appelle Leah Ainel ! »
'Elle peut pas chercher la bagarre dans cette situation.'
C'est son image qui serait ruinée si elle, que je présentais comme mon amie et qui venait d'être saluée par un gamin de cinq ans, s'en prenait à moi.
Au final, Carla a répondu mal à l'aise.
« …oui, enchantée. »
Puis elle m'a regardée et a dit : « Lady Ainel, vous avez beaucoup changé depuis qu'on ne s'est pas vues longtemps. Je vous ai presque pas reconnue. »
Elle doit être déçue de pas pouvoir demander directement « Pourquoi ta personnalité a autant changé ? »
J'ai ri brièvement. « Oubliez le passé, maintenant que j'ai une fille mignonne, je dois agir en adulte. »
« Je vois, vraiment… … . »
Carla a étouffé sa voix avec une expression de « je savais pas quoi dire ».
« La maternité c'est vraiment formidable. Vous avez tellement changé que je croyais parler à quelqu'un d'autre. »
Ouais, on peut pas être plus sarcastique dans cette situation touchante.
« Ouais, on dirait que vous le saurez bientôt. »
J'ai jeté un coup d'œil à son ventre. Elle porte une jupe ample, mais assez pour savoir qu'elle est enceinte.
'Elle est près du terme ?'
Assister au bal dans cet état….
« Je pense que vous feriez mieux de vous asseoir, Carla, c'est pas trop dur ? » ai-je demandé avec inquiétude.
Elle a l'air choquée. Comme si elle pensait : « Tu es quelqu'un qui peut se soucier des autres ? »
« …c'est pas au point de pas pouvoir bouger. Il reste environ deux mois avant la date prévue. »
J'ai ri. « Ah bon, j'espère que vous aurez un bébé en bonne santé. »
« …me- merci. »
Elle était tellement choquée qu'elle a bégayé et elle est partie au final.
Je l'ai regardée s'éloigner en pensant : 'On dirait que j'ai choqué une femme enceinte par accident.'
Bref, la première crise est passée sans encombre.
C'est difficile pour des adultes ordinaires de parler sarcastiquement ou de se battre avec une mère devant son enfant.
'Si elle ignore une telle situation et cherche la bagarre avec moi, c'est un personnage brisé.'
D'habitude, on peut pas faire ça même si on a de la dignité sociale.
« Et Carla a cette dignité. »
Elle est objectivement fière d'elle-même, mais elle a encore du bon sens.
Je me suis rappelé plus de choses sur Carla. En fait, c'est un des personnages du roman. Mais dans le roman, elle avait déjà perdu son enfant.
'C'est l'enfant dans son ventre maintenant ?'
Il s'est passé quelque chose pendant l'accouchement ? Si c'est le cas, y a peut-être une limite à ce que je peux faire pour aider.
Dans le cas d'un accouchement naturel, y a pas mal de variables qu'on peut difficilement prévoir même avec la médecine moderne.
'Mais je l'aiderai si elle a besoin d'aide un jour.'
Elle a dit qu'il reste encore deux mois, donc je devrais me concentrer sur mon propre problème pour l'instant.
À ce moment-là, Leah a légèrement agité sa main qui tenait encore la mienne.
« Maman, cette personne aussi c'est ton amie ? »
J'ai regardé dans la direction qu'elle montrait. Un homme avance d'un pas décidé vers nous.
En voyant son visage, j'ai froncé les sourcils.
'Qu'est-ce qui lui prend ?'
Un homme dans la fin de la vingtaine aux cheveux blond foncé. C'est mon grand frère, Goth Opion.
« Noelle, je vois enfin ton visage. »
« Goth, tu fais quoi ? » ai-je répondu en cachant Leah derrière moi.
« Regarde-moi pas comme ça, je suis ton grand frère que t'as pas vu depuis longtemps. T'es pas contente de me voir ? »
« Pas vraiment. »
Goth est un exemple type de mauvais être humain.
Dès son plus jeune âge, il était plus grand et plus fort que ses pairs. Il le savait bien, alors il avait l'habitude de battre les jeunes domestiques et bonnes du manoir.
Bien sûr, moi aussi, j'étais souvent battue. Y a eu plein de fois où j'ai pris une gifle et j'ai saigné du nez.
'Peut-être que la raison pour laquelle ma personnalité était tordue avant que je retrouve mes souvenirs passés, c'était à cause de cet environnement familial.'
Mes parents ne gronder pas Goth parce qu'il était l'aîné qui ferait réussir la famille. Au lieu de ça, ils le protégeaient avec l'excuse absurde que « la violence, c'est viril. »
Résultat d'avoir grandi dans un tel environnement, Goth est devenu un homme qui aime les jeux d'argent, toutes sortes de divertissements, et qui a même un tempérament violent.
« Tu as ignoré les lettres de nos parents. Depuis que t'es devenue la femme du marquis, t'es devenue si arrogante. »
Puis il a jeté un coup d'œil à Leah cachée derrière moi.
« Oh, c'est ma nièce ? »
« De quoi tu parles, ma fille est la jeune demoiselle Ainel, et tu ferais mieux d'être poli parce que mon statut est plus élevé que le tien », ai-je dit sèchement.
Je sais pas pour le reste, mais je veux pas le voir faire n'importe quoi à ma fille.
Goth a froncé les sourcils. « T'es drôlement arrogante après avoir fait une fille avec un demi-marquis, et maintenant tu parles même à ton grand frère comme si t'étais au-dessus du ciel ? »
J'ai prévenu d'une voix basse : « Tu ferais mieux de surveiller ton langage, Goth. Envers mon mari et envers ma fille. Tous les deux valent cent fois mieux que toi. »
« Ha, t'es toujours grossière. » Il a grincé des dents furieusement. « Si t'étais pas la marquise, j'aurais fait enfler ton joli visage comme avant. »
Goth a alors tendu la main vers Leah derrière moi.
« Pourquoi tu caches autant le visage de ta fille ? C'est quoi le problème qu'un oncle voie sa nièce ? »
C'est un homme qui sait pas contrôler sa force. Leah a grimacé de douleur quand son bras a tiré fort contre son visage.