On dit que les beaux visages sont des atouts majeurs.
…mais je suis venue voir le surintendant, alors pourquoi je m’adressais à celui-là ?
Je fixais ses yeux dorés sous ses lunettes et j’avalais ma salive.
« Êtes-vous le surintendant de cette prison ? »
Je le redis, mais le surintendant occupait une position intermédiaire dans la hiérarchie du pouvoir. Dans une entreprise, il serait adjoint de service, tout au mieux chef de service.
« Oui. »
Alors quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi je parlais à un gros bonnet.
L’homme qui me faisait face se nommait Lenag Tuge Valtege.² Il était un personnage secondaire important du roman en tant que marquis de l’Empire³ et administrateur en chef de la prison de Kambrakam.
En clair, le patron.
C’était un cas particulier car, après l’antagoniste numéro un, Chaser Rube Domulit, c’était le deuxième type le plus dangereux du livre.
Pourquoi ? Parce qu’il se rangeait du même côté que ce vilain personnage nommé Chaser. Lenag et Chaser avaient collaboré pour pousser l’héroïne dans une cellule de prison et l’emmêler avec lui.
Le roman principal laissait volontairement planer le doute sur la raison pour laquelle Lenag avait aidé Chaser, mais comme j’avais lu les histoires parallèles, je savais pertinemment.
Il était amoureux de la petite sœur de Chaser, non ? Ce Lenag, disons-le.
Le fait que l’homme même qui tenait la main à ce vilain méchant nommé Chaser fût en réalité un type si innocent me choquait. Mais ce n’était pas vraiment le sujet maintenant.
« J’ai entendu dire que vous aviez demandé à me voir. »
Pourquoi ce marquis jouait-il les gardiens de prison, je n’en avais aucune idée. J’essayais d’avoir l’air calme et détendu, bien que nerveuse et instinctivement sur mes gardes.
« Oui. J’ai une demande. »
« Quel genre de demande pourrait-il s’agir ? »
La plupart du temps, lorsque les détenus demandaient à rencontrer le surintendant, c’était pour faire rentrer un objet précis depuis l’extérieur.
Toutefois, même s’ils sont des nobles, cela ne signifie pas que toutes les demandes sont acceptées. Par exemple, il y a pas longtemps, une comtesse avait harcelé le surintendant pour obtenir une robe, ce qui avait été refusé.
« On m’a dit que tous les détenus ici recevaient le même traitement, est-ce vrai ? »
« En apparence, oui. »
…Bizarrement, il était franchement honnête, et ce genre de réponse, c’était comme s’il y avait une histoire derrière.
Mais j’avalais ma frustration et hochais la tête. Car honnêtement, le fait que le traitement ne soit pas équitable, c’était quelque chose que même moi je connaissais.
« Si nous appliquons ce principe, à partir du moment où ils n’ont pas commis de trahison ni de grands crimes, tous les condamnés disposent d’un créneau quotidien pour se rendre à l’extérieur ou participer à une activité dans la salle commune. C’est bien ça ? »
« Exact. »
Je contenais mes émotions. Ce qui allait suivre était crucial pour l’acceptation de ma demande.
Zolen : Règle générale, la hiérarchie habituelle est la suivante :
Baron
= Possède un château, dispose généralement d’une poignée de gardes. Ce titre est une récompense courante pour un général militaire.
Vicomte
= Possède un château et une petite ville, a le droit de lever un peloton.
Comte
= Contrôle une vaste étendue territoriale, incluant généralement plusieurs bourgs, peut former une petite armée.
Marquis
= Détient un territoire considérable et commande généralement quelques comtes. On n’acquiert pas ce titre, il faut avoir un lien quelconque avec la royauté.
Duc
= Dispose des droits territoriaux d’un ou deux marquis et entretient des liens avec la famille royale, ce qui lui confère un fort poids politique.
Empereur/Impératrice
= Possède l’Empire.
littlemetaball : *salue profondément devant l'immense savoir de Zolen*
Zolen : Une prison remplie de nobles, ces pauvres gardes.
littlemetaball : Tu vois ? Genre,
pauvres
gardes, parce qu'ils ne sont pas AUSSI RICHES que les criminels !? hahahahahahaha—