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I Met the Male Lead in Prison

Chapitre 6

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Chapitre 6

Chapitre 6

Chapitre 6/4115%~6 min de lecture1 004 mots

« Personne ne dit que tu es un gamin. Je t'aide juste à manger, c'est tout, puisque bouger les mains alors qu'on est enchaîné au mur, ça doit être galère. »

« C-ce, ce quelqu'un qui me donne à m, manger com, me ci, c'est la pre, première… »

J'avais rapidement poussé le pain dans ses mains.

Pas cette histoire de premières fois encore.

« …Mange-le par toi-même. »

Mais comme je m'y attendais, les chaînes qui l'entravaient représentaient un obstacle énorme quand il essayait de manger. Il devait plier complètement ses poignets pour porter une bouchée à sa bouche, et sa posture était si antinaturelle que j'en ressentais de l'inconfort rien qu'en le regardant.

« Viens ici. »

Je n'en pouvais plus de voir ça, alors j'avais repris le pain et j'avais lâché un long soupir.

« Je vais seulement détacher des petits morceaux et te les donner. On peut pas faire autrement, tu vois ? Et je dois partir bientôt, alors vite. Et garde tes histoires de premières fois. Je t'aide juste, c'est clair ? »

Oui oui, oui, cocotte, mon gentil garçon. Tu pourrais le faire tout seul mais je te file juste un coup de main. Compris ?

J'avais découpé rapidement le pain en deux, puis j'avais arraché de petits morceaux dans chaque moitié.

« Ouvre la bouche. »

« Mmm… »

« Allez, vite. »

Le réticent Rick Dorian avait entrouvert les lèvres. Ce n'était qu'une petite ouverture, alors pourquoi l'atmosphère était-elle devenue aussi ambiguë autour de nous.

J'avais tourné doucement la tête après avoir aperçu la peau blanche comme neige sous ses vêtements déchirés. Tant mieux, il mangeait sans broncher, et bien sûr, son visage était rouge, comme toujours.

J'avais attrapé la gourde, lui avais fait boire quelques gorgées, puis avais retué ma gibecière.

« Je me demandais si tu allais manger, mais tu as vraiment beaucoup bouffé. »

Ma gibecière était désormais vide. Plutôt que de laisser des restes, c'était nettement plus satisfaisant.

Au fait, pourquoi…

Je n'avais aucune idée pourquoi le héros tremblait dans le coin comme s'il venait de se faire baisser ou un truc du genre.

« …Hé, la seule chose que j'ai faite, c'est commettre le crime de… enfin, de t'aider à manger. Qu'est-ce qui se passe ? »

« T-tu, ta main a touché mes l-lèvres ! »

« Enfin oui, évidemment, vu que je te donnais à manger avec mes mains. Je devrais où autre ? Dans tes narines ? »

« E-elle a touché m-ma joue… »

« Je l'ai essuyée. Je devrais laisser des miettes sur ta gueule plutôt ? »

Malgré tout cela, Rick Dorian avait continué de me fixer avec reproche. Finalement, j'avais levé les mains au ciel et j'avais capitulé.

Bon bref, tant qu'il ne repartait pas dans l'histoire des premières fois. Ah, il devrait être temps que Hans m'appelle.

J'avais gaspillé le peu de temps qui m'était imparti ici à batailler avec le héros pour le nourrir.

'Et aujourd'hui, j'avais aussi un truc à lui dire.'

Rick Dorian rougissait comme d'habitude, la bouche ouverte puis refermée. Allait-il seulement réussir à entendre ce que j'avais à dire dans cet état.

J'avais claqué des mains.

« Vous savez. C'est pas trop sombre, ici ? Il n'y a aucun rayon de soleil et ça sent la mousse. Même l'air est mauvais dans cette cellule. »

Même si cette cellule était au sous-sol, l'endroit qui dégageait le pire air était en réalité le petit coin à Rick Dorian.

« Les détenus sortent généralement se promener une fois par jour. Bien qu'à l'extérieur, il n'y ait surtout de l'herbe sèche et des fleurs fanées. »

On pouvait sortir se promener parce qu'on étaient des nobles, donc si des prisonniers comme nous pouvions bénéficier des installations grâce à notre statut, Rick Dorian ne pourrait-il pas lui aussi avoir droit à une balade dehors ?

Et comme Rick Dorian n'avait pas fini de grandir, s'il perdait le contrôle de ses pouvoirs, même les gardes de niveau moyen pourraient le maîtriser.

« Hé, ça te dirait pas de sortir te promener ? »

Bien qu'une promenade soit quelque chose de simple et ennuyeux pour moi, ça devait être extrêmement rare pour Rick Dorian. En tout cas, jusqu'à l'apparition de l'héroïne quatre ans plus tard.

« Se p-promener… c'e-st quoi, ça ? »

J'avais fixé Rick Dorian avec un air ahuri.

Putain. Ne me dis pas que je dois commencer à expliquer depuis le début.

On ne peut pas comprendre un terme qu'on n'utilise pas. Tout comme une personne qui n'a jamais vu de lunettes ne saurait ce que c'est.

« Ça veut dire sortir dehors. »

« J-J-Je peux pas sortir… »

« Et si tu pouvais sortir ? Tu irais ? »

Il m'avait regardé, perché en position accroupie. Nous avions maintenu nos regards un moment ainsi, sans qu'il ne réponde.

J'avais observé la lumière dans les yeux du héros s'éteindre lentement. Ils brillaient auparavant, avant de ternir comme si le feu qui y pétillait s'était éteint, tels des océans empoisonnés. C'était lugubre.

Entretemps, j'avais entendu Hans m'appeler.

« Ah, il faut que j'y aille. »

Le héros avait ouvert et fermé la bouche, mais je n'avais pas capté sa voix.

« À la prochaine. »

Je me retrouvais avec un petit projet en vue. Il s'intitulait Faire sortir le héros se promener. Le terme faisait un peu bizarre pour un projet, mais tant pis.

Il n'y avait pas de vraie raison pour laquelle je faisais ça. Honnêtement, j'avais marre de cette vie de prison, juste à manger, dormir et croiser du monde tous les jours.

Le but habituel d'une prison, éduquer et réformer les criminels ? Que dalle, ici.

Comme ils venaient tous de milieux nobles prétendus supérieurs, ils partageaient tous le même état d'esprit : c'était juste la prison.

La seule bonne personne ici, c'était moi. C'était ce que je me disais, moi qui utilisais cigarettes et alcool pour corrompre les gardiens.

Je ne suis pas effrontée. Pas du tout.

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